Auteur Sujet: Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...  (Lu 71507 fois)

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Hors ligne mam'deCath

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Re : Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...
« Réponse #90 le: 03 Mars 2012 à 10:29:24 »

Bonjour Mélie, Yuna, Angélik et les Autres....

Hier j'ai reçu une lettre du thérapeute rencontré par ma fille, en fin de son parcours médical ! Un "mea culpa"....
D'un côté je l'espérais et de l'autre je me dis : à quoi bon aujourd'hui ? Mais si cela sert  sert à d'autres.....
Dans le code de la santé, l'erreur de diagnostic est rarement une faute, sans compter qu'il est intervenu en dernier !

C'est lui qui a écrit sur une prolongation (pour pôle emploi entre autres) "état dépressif majeur" et  lui avait donné
rendez-vous 17 jours plus tard ,  alors que son état nécessitait des entretiens rapprochés ; elle a mis un terme à
son cauchemar trois jours avant de le revoir !

Il a l'honnêteté (?) et  l'humilité (?) d'écrire :"j'ai manqué de pertinence dans l'évaluation de la gravité de la dépression
de votre fille" "j'aurais dû certes avoir la présence d'esprit de l'orienter vers quelqu'un d'autre" "je me suis contenté
bien sûr d'un minimum insuffisant comme vous l'a montré le geste désespéré de votre fille" "outre la dimension de la
pathologie dépressive, la rupture des liens conjugaux, familiaux, socio-professionnels...  ont participé à aggraver
le vécu de sa dépression.  Mais tout cela ne m'est apparu que bien trop tard, constatant que moi aussi je faisais
partie des maillons faibles qui l'ont enfermée dans l'irrémédiable. Je comprends vos accusations et ne les dénie pas,
je comprends aussi votre chagrin et m'en veux d'être passé à côté" "je vous prie d'accepter mes excuses pour ce mauvais
travail à l'égard duquel j'ai comme d'autres ma part de responsabilités"....

J'ai envoyé copie aux miens (par mail) du fait qu'il  dit également ces mots  : "je n'ai pas même mesuré le largage progressif
par ses proches  sur lesquels il pouvait être logique de compter" !

MAIS A QUI LA FAUTE ? On n'a ni nommé ni reconnu sa maladie ?
Bien sûr dans le doute on devrait s'abstenir.... ce que n'ont pas fait les miens comme vous avez pu le lire dans mon
commentaire précédent !
D'un côté on lui reprochait (un euphémisme) sa perte d'autonomie (pathologique) de l'autre on me reprochait  de la soutenir alors qu'elle avait  quitté le nid vingt deux ans auparavant, que tous ses amis et certains des proches lui avaient plus ou moins tourné
le dos que seule sa mère pouvait être à ses côtés après tous ses déboires !

En fait ma Cath n'a fait que retourner sur elle-même la violence qu'on lui a fait subir parce qu'elle n'était plus dans " la norme" !

C'est à mon tour de vivre un cauchemar.... tous  se sont éclipsés autour de moi s'arrangeant avec leur conscience !
C'est l'inconvénient de m'être trouvée seule avec mon enfant dans cette lourde épreuve pour elle d'abord,  je n'ai pu assumer....

Je garde cette lettre pour ces deux enfants qui sauront un jour que leur maman a lutté,  ne les a pas abandonnés !
Quant à moi, j'ai le sentiment de l'avoir déjà rejointe !

Paix et force à vous Toutes et Tous.      Mammj



Hors ligne Mélie

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Re : Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...
« Réponse #91 le: 04 Mars 2012 à 15:08:47 »
Ce geste du thérapeute est un beau geste; même si cela ne rendra pas votre fille, moi je n'attends plus la réponse des psy aucun n'a eu le courage de répondre à mes interrogations.
 peu connaissent la dépression, nos enfants étaient comme en équilibre sur un fil ...... et qu'il aurait suffi de peu pour que tout soit autrement.....
mes chaleureuses pensées

Hors ligne mam'deCath

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Re : Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...
« Réponse #92 le: 05 Mars 2012 à 09:16:03 »
Je me réveille en larmes, comme tant d'autres dans la douleur sur ce forum....
Je voulais savoir...  je sais maintenant que mon unique enfant a souffert d'une maladie "invisible" mais  bien réelle très  grave....
Autour d'elle :    que de la "morale" la culpabilisant vis à vis de moi sa mère qu'elle fatiguait, vis-à-vis du père qui pendant
quelques mois était seul à s’occuper des enfants, vis à vis du boulot qu'elle ne reprenait pas... etc... etc...
Des paroles qui ne font que rabaisser, qu'enfoncer la tête sous l'eau,  ne permettant certes  pas de retrouver l'estime
d'elle-même, la confiance en elle pour une nouvelle envie  de vivre ! ...

En effet Mélie, " nos enfants étaient en équilibre sur un fil  il aurait suffi de peu pour que tout soit autrement..."
Ma Cath ne faisait plus confiance à personne ;  alors qu'elle était à mes côtés les derniers temps je n'ai même  pas pu lui
prodiguer les gestes affectueux qu'elle attendait... qu'elle était en droit d'attendre... je la faisais régresser selon les miens.
Certes dans son état après sa rupture conjugale et familiale,   elle était devenue dépendante mais je la connaissais
suffisamment  pour savoir qu'une fois mieux, elle serait très vite repartie à sa vie, ce qui aurait été signe de guérison !

Un drame qui aurait pu être évité ?si on l'avait comprise plutôt que de la rejeter,  de la condamner en quelle que sorte ?
Un drame bien dérangeant pour tous aujourd'hui...  qui fait... qu'on préfère m'éviter... que c'est le vide de tous côtés !
J'ai envie de dire : peu courageux voire lâche...  suis-je autorisée à juger ?
Quoi qu'il en soit, de ma famille rien qu'un  : "si on pouvait revenir en arrière après tout ce que l'on sait"....
Je ne leur ai pas encore répondu que dans le doute on s'abstient, ma fille commençait des crises d'angoisse, fatigantes bien sûr, mais on pouvait patienter  une nuit et consulter le lendemain...
Bref, en leur demandant de l'aide, ils sont devenus intrusifs....
Il me semble qu'on s'est tout dit !

Me  voilà plus seule que jamais... avec un chagrin sans nom et mon désespoir !
Il n'en reste pas moins que ce qui  m'est le plus intolérable, le plus insupportable, qui me déchire en continu, me révolte....
c'est la souffrance qu'à subie ma fille dans un état de grand affaiblissement, c'est qu'on n'ait  pas perçu tous ses signes
de détresse  ni ses appels au secours !
Comment lui survivre,  survivre à tant d'incompréhension (qui se prolonge à mon égard maintenant) , tant d'erreurs ?

Merci Mélie.
Douceur et espoir à Tous.  Mammj


« Modifié: 30 Décembre 2013 à 01:25:39 par mam'deCath »

Hors ligne Claudahoa

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Re : Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...
« Réponse #93 le: 05 Mars 2012 à 11:20:17 »
Bonjour Mammj
Comme beaucoup de vos mots pourraient sortir de ma bouche tellement je peux me reconnaître dans des faits,des comportements vis-à vis de nos filles en détresse , démolies et parties à jamais alors qu'elles ne voulaient qu'abréger leur souffrance!! Je pleure,mon ventre est douloureux comme si chaque jour il avait peur que j'oublie que je l'ai mise au monde et que ce monde cruel me l'a assassinée!!Oh!pardon de ne pas être aidante je dois tellement faire semblant face à ceux qui m'aiment que je suis littéralement épuisée!!
Tout mon soutien cependant vous accompagne
Claudia
Une maman qui s'est battue tant d'années pour élever ses enfants et dont la dernière ,abandonnée par son père,soignée par des incompétents, lui a glissé entre les doigts une nuit de fête des pères!!!!

Hors ligne mam'deCath

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Bonsoir Mammj,
Je vous pésente tous mes bons voeux pour 2012 et que vou retrouviez un peu de sérénité et que vous soyez toujours pésente auprés de vos deux petits enfants.

Je vais vous écrire quelquechose qui vous fera surement réfléchir car moi et mon frère, nous pensons l'avoir subit. Mon père avait quité ma mère j'avais 16 ans et mon frère 14 ans. Nous n'avons jamais eu aucun contact avec mon père car il est parti pour une autre femme, et nous lui avons pas pardonné d'avoir laissé maman au bout de 20 ans de vie commune et sans travail. Bref, lorsqu'il est décédé personne ne nous a prévenu, nous ses propres enfants, nous lavons appris au bout de neuf ans. Avait-il laissé une lettre pour nous, sa copine ne nous a rien adressé. Je suis sur qu'il pensé à mon frère, qu'il adorait et à moi. A t il laissé un papier ou une lettre qui s'est volatilisée ? Nous ne le serons jamais.......

pour vos petits enfants, faites ou écrivez des documents et mettez les chez un notaire et demandez qu'à l'age de ..... ans (à vous de voir), ces documents soient remis aux petits. Car ils doivent savoir "la vérité de leur maman" sur sa vie de couple, son vécu que vous seule connaissait, le pourquoi de son geste, ce qu'elle a vécu avec leur papa, car maintenant celui ci va passer pour un dieu aux yeux des enfants (ce que je dis va peut etre choquer certaines personnes, mais cela n'engage que moi). De plus, personne dans votre famille serait mis à contribution.
Je pense que vous devez cela à votre fille.
Bonne soirée



Bonjour Flemming,
Etant donné les multiples questions qui me submergent, et mon isolement...  je me suis souvenue de votre post que j'ai retrouvé ! J'ai appelé ce matin Notaires-Infos Paris qui m'ont confirmé que je pouvais déposer un testament (olographe ?) en laissant  des documents... Avec inscription au fichier,  les frais devraient ne pas être élevés !
Je sais que certains autour de moi préfèreraient que je garde le silence sur ce qui s'est passé pour ma fille, que je risque
"d’amocher" l'image du père qui les élève aujourd'hui et envers qui ils ont un devoir de loyauté...
Je ne voudrais surtout pas que les enfants perçoivent  mal mon geste.... Il faudra que je fixe un âge, pour l'ainé ,où il ne sera
plus dépendant de son père...
Je vais prendre conseil auprès d'un notaire de mon coin. Plus question de sonder qui que ce soit  de la famille !
Merci encore, une  journée douce  si c'est possible....
Chaleureusement à tous.  Mammj


Hors ligne mam'deCath

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Bonjour Mammj
Comme beaucoup de vos mots pourraient sortir de ma bouche tellement je peux me reconnaître dans des faits,des comportements vis-à vis de nos filles en détresse , démolies et parties à jamais alors qu'elles ne voulaient qu'abréger leur souffrance!! Je pleure,mon ventre est douloureux comme si chaque jour il avait peur que j'oublie que je l'ai mise au monde et que ce monde cruel me l'a assassinée!!Oh!pardon de ne pas être aidante je dois tellement faire semblant face à ceux qui m'aiment que je suis littéralement épuisée!!
Tout mon soutien cependant vous accompagne
Claudia

Bonjour Claudahoa.
J'ai conscience pour l'instant de surtout crier ma douleur plus que je ne la partage... mais ce sont sans doute
des passages obligés et  ceux qui ont  une longueur d'avance le comprennent très bien ! Il n'y a que sur ce forum qu' on nous
laisse tout le temps de l'extérioriser pour réussir, qui sait, à  mieux la gérer par la suite ?
Vous avez dit le mot  que j'ai en tête  depuis longtemps et n'ai pas osé écrire : "ce monde cruel me l'a assassinée" !!!
Et ma soeur, samedi soir, m' a dit : "tu ne vas pas dire que moi sa tante et son cousin l'avons suicidée ?". C'était très fort....
Ma Cath a eu vingt ans de vie de couple, puis a mal vécu sa séparation mais elle n'a jamais pensé qu'au lieu de l'aider on
l'aurait enfoncée..... son ex-conjoint, le père de ses deux enfants, en premier !
Fragilisée, elle-aussi,  par le départ de son père avec une autre alors qu'elle avait 10 ans, elle n'a pas supporté cette
répétition j'en suis presque sûre ; bien aidée elle aurait pu mieux surmonter, c'est ce que je me dis !
C'est affreux ce qui s'est passé....
De tout coeur avec vous.  Mammj
« Modifié: 30 Décembre 2013 à 01:21:46 par mam'deCath »

Hors ligne Mélie

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Re : Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...
« Réponse #96 le: 05 Mars 2012 à 17:24:38 »
Sortir sa colère,  oui si cela vous fait du bien, mais n'allez vous pas vers un combat sans fin..?..
je comprends votre rage envers ceux qui ne l'ont pas aidé, mais avaient-ils les moyens de comprendre ce qui se passaient .
Pensez vous que nous aurions fait mieux à leur place ?
Ils ont agit peut-être au mieux de ce qu'ils pouvaient faire, parce que le "mal être" effraie les gens, car ils ne savent pas toujours comment agir, mais je reconnais qu'il peut y avoir une part d'égoïsme ou de bêtise.

j'ai toujours un peu de mal avec le fait qu'il nous faille absolument trouver des coupables,  la société est certes égoïste, par moments mais elle est fait d'hommes et de femmes comme nous, avec leurs bonnes et mauvaises volonté.
peut-être que c'est bien d'évacuer votre colère et de leur dire ce que vous pensez, mais ne soyez pas trop dure
(rassurez-vous je l'ai fait avec ma sœur, car son silence m'a mis très en colère )
 c'est vrai que souvent on se sent si seule, parce que personne ne peut mesurer notre douleur, et nous leur en voulons beaucoup de ne pas comprendre, de ne pas être là pour nous quand on en a tant besoin. Mais ils savent leur impuissance à soulager notre souffrance et ils préfèrent fuir le plus souvent ( surtout s'ils se sentent quelques culpabilités)
alors on renonce à leur parler de nous, de notre tristesse si grande et la solitude s'installe sur une période qu'on ne peut définir.
on trouve par moments des oreilles attentives, qui même si elles font quelques maladresses sont là,
  mais il faut savoir aussi que ces occasions là avec le temps vont s'amenuiser, et que devant cela il nous faut vivre le mieux possible...
je vous souhaite de trouver une certaine paix
cordialement

Hors ligne mam'deCath

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Re : Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...
« Réponse #97 le: 05 Mars 2012 à 18:36:21 »
Bonsoir Mélie, bonsoir à tous,
Je sors d'un groupe de paroles où il faut partager le temps imparti avec d'autres....
A la prochaine rencontre, il y aura une maman  de l'âge de ma fille, dont la sienne s’est suicidée...
Nous savons qu'il faudra lui laisser la priorité...  lui laisser la parole, surtout  l'écouter !
Mon combat,  qui m'a portée  pendant des mois,  va  se terminer avec la lettre du thérapeute, un document  que
j'ai enfin pour mes petits-enfants ! Les" secrets de famille" (de Tisseron) resurgissent un jour où l'autre... autant
prévenir !
Mélie l'attitude de ma soeur n'est pas une maladresse... Elle n'a pas supporté que ma fille me crée des difficultés
et a pris des décisions qui ne lui appartenaient pas ! Elle pour qui j'avais été "une petite mère" en mourrait d'envie
certaines de ses paroles me sont- revenues à l'esprit !  Bref au lieu de tendre une perche à ma fille, on l'a enfoncée....
Vous savez je ne  regrette rien car après les obsèques tous me fuyaient et je mettais cette fuite sur le compte de mon
insurmontable et dérangeant chagrin !
Lorsque j'ai compris les interventions des uns et des autres.... que j'en ai  eu la preuve, alors j'ai eu besoin de le dire....
Aujourd'hui, on me fuit plus que jamais, mais au moins maintenant je sais pourquoi !
Aucun appel, aucun mail.... mais dans le fond rien de changé...
Je comprends pourquoi  ma fille ne  faisait plus confiance à  son conjoint ni à sa  famille depuis longtemps, même si elle était
altruiste (et pardonnait)  ce qui ne lui a pas réussi.... Elle ne comptait plus que sur moi et... mes nerfs ont lâché !
Je survivrai, j'irai vers la paix, mais avec ceux à qui on ne peut plus faire confiance rien ne sera comme avant, c'est fini !
On peut éviter les conflits tout en restant extrêmement lucides... tout en ne se leurrant pas, plus,  sur le compte de certains....
Voilà comment je devrai continuer ma route, le temps qui me reste imparti,  ce qui ne m'empêchera d'être  a près de ceux
qui auront besoin....
Je suis seule Mélie, sans conjoint, sans enfant, sans mes petits-enfants à qui je ne veux pas compliquer la vie en insistant
pour les voir (ce que j'ai fait la semaine dernière en les appelant, le père maugréait) , ma propre  famille m'a larguée en largant
unique  mon enfant, ce que jamais je n'oublierai !
Que me reste-t-il dans cette chienne de vie ?
Mes plus chaleureuses pensées et mes encouragements à tous sur ce forum. Mammj

« Modifié: 08 Janvier 2014 à 14:06:36 par mam'deCath »

Hors ligne Mélie

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Re : Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...
« Réponse #98 le: 05 Mars 2012 à 23:49:28 »
je vous souhaite malgré tout de trouver une certaine paix, mais je comprends que cela soit très difficile (j'ai la chance d'avoir un mari, deux autres enfants, et mes petits enfants vivent  près de moi, même si la situation risque de changer car voyez vous ma Belle fille va refaire sa vie et ça c'est pas si facile que ça à accepter !! nous allons devoir faire que leur père ne disparaisse pas dans la pensée de nos petits qui finalement l'auront si peu connu, puisque l'un avait 21 mois et l'autre 4 ans et demi)

refermez la page comme vous le dites sur ceux qui n'ont pas été là, et ont été si inconséquents dans leurs propos, et réservez le pour vos petits enfants qui sont le prolongement de votre fille.
la nécessité de trouvez cette paix même fragile ne peut que vous permettre de pourvoir soutenir vos petits enfants et vous même à l'avenir, même si c'est un effort à faire sur le long terme.
force et paix à vous mes chaleureuses pensées

Hors ligne mam'deCath

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Re : Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...
« Réponse #99 le: 06 Mars 2012 à 16:18:13 »

Bonjour Mélie, bonjour à Toutes et Tous,
J'espère que votre belle-fille fait le  bon choix... que son nouveau partenaire saura aussi l'accompagner
dans son rôle auprès de ses enfants, vos petits-enfants !
Pas simple tout cela. Il m’arrive d'y penser pour les deux miens !
L'aîné sera majeur dans un an, il est déjà en internat donc pour lui la question est presque réglée....
Quant à la petite de 9 ans, il faudrait que la nouvelle compagne de son  papa sache être une copine pour elle,
moyennant quoi ça pourrait marcher !!!
Aujourd'hui, rien de particulier, j'ai repensé à ce qui s'est dit hier dans le groupe de paroles, frustrant parfois
de ne pas pouvoir tout exprimer... mais là comme ailleurs l'on apprend. J'étais  surprise d'y rencontrer un couple de parents
qui y assiste depuis deux ans et demi !
Ce matin, nouveau flot de larmes puis j'  hurlé une fois encore  le prénom de ma fille, hurlé mon incompréhension d'une telle
situation....
Je sais maintenant "presque" tout de la souffrance qu'elle subissait sans vraiment la dire, d'où la difficulté de
la comprendre pour lui venir en aide... Quelle amertume d'avoir  également découvert que ceux à qui elle a
demandé un soutien, plus ou moins l'ont "trahie", ce qu'elle a mesuré avant moi... je me souviens de quelques-unes de ses
remarques notamment : "ne leur demande rien maman" sans aucune autre précision, trop déçue, trop lasse pour en dire
davantage, voulant surtout ménager la famille !
La sérénité, je l'ai perdue avec elle !
Vous avez encore, pour la plupart d'entre vous, des responsabilités familiales et un job, ce qui vous oblige plus ou moins
à réagir et cela se fera progressivement d'autant qu' on attend que vous répondiez de nouveau "présent(e)" !
Moi, à cette étape de ma vie, il ne me reste qu'à pleurer  le plus grand amour de ma vie....
De tout coeur avec vous Toutes et Tous.   Mammj



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Re : Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...
« Réponse #100 le: 07 Mars 2012 à 11:10:46 »
Mammj

oui je vois et comprends votre peine, pour l'instant vous n'êtes pas en mesure de voir que la vie peut donner encore de belles surprises
même quand on ne va plus travailler et que la solitude est très forte pour vous actuellement, c'est bien que vous puissiez aller dans des groupes de parole, chez moi yen a pas !!! ou beaucoup trop loin.
peut-être que votre fille vous donnera la force d'aller vers les autres de vous impliquer dans une association, afin de rompre votre solitude, mais je sais que pour le moment ce n'est pas encore possible.
j'ai repris mon travail, il y a peu de temps mais comme je me sens toujours fatiguée c'est pas évident et puis comme vous le dites
personne ne se rend compte de l'effort que cela implique
de tout coeur

Hors ligne mam'deCath

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Re : Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...
« Réponse #101 le: 07 Mars 2012 à 21:38:27 »

J'espère que la souffrance s'atténuera, me laissera moins pétrifiée pour en effet me rendre utile....
Pour la première fois aujourd'hui, j'ai revu le visage illuminé de ma Cath lorsqu'elle était heureuse
et qu'elle ne tenait pas en place... sinon dans l'ensemble j'en suis encore à son image des derniers
jours, anxieuse, sujette aux peurs, cherchant souvent à les contenir, je revois quelques signes qui
auraient dû m'alerter, m'amener à la faire parler...
Et je pense à toutes les erreurs commises par le corps médical qui n' a pas recommandé la prudence
à l'entourage, un entourage qui n'a pas été compréhensif, qui lui a fait mal et qui fuit aujourd'hui...
Elle ne lui faisait plus confiance depuis longtemps....
Le plus dur pour moi a été de ne pas avoir pu lui apporter l'affection qu'elle recherchait ; ainsi que
je l'ai déjà dit,  on me reprochait de la maintenir dans un état de dépendance... C'était destabilisant,
mieux informée de ce qu'elle avait, j'aurais dû taper du poing....
Elle ne s'est plus défendue jusqu'à s'effacer.... Voilà ce qui me hante, ce qui me déchire....
Courage Mélie pour la reprise du travail...
Pensées chaleureuses à tous.  Mammj

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Re : Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...
« Réponse #102 le: 08 Mars 2012 à 11:54:25 »
bonjour
comme s'est difficile de ne pas se culpabiliser, tous toutes nous avons eu ce sentiment de n'avoir pas été à la hauteur, de n'avoir pas dit les bons mots, fait les bons gestes, comme tous nous avons été ignorants de ce qu'une dépression signifie, ' ce n'est pas une simple déprime c'est tout autre chose, et en cela personne ne nous informe ( on ne sait qu'après) récemment lors de ma reprise de travail à la médecine du travail je suis tombée sur un plaquette faite par la région ile de France (moi je suis en Midi Pyrénées)
qui dit ceci et s'intitule "Prévenir le suicide c'est possible"
les idées fausses :
1 parler du suicide à un suicidaire est dangereux : Accepter d'en parler c'est permettre à l'autre de se sentir reconnu dans sa souffrance, de rompre son isolement.
2 Ceux qui se suicident sont des malades : Tout le monde peut, un jour ou l'autre, penser au suicide devant des difficultés qui apparaissent insurmontables.

3 le suicide est imprévisible on n'y peut rien : la plupart des suicides sont annoncées de façon plus ou moins explicite.
 4 le suicide est un choix individuel on n'a pas à intervenir : celui qui pense au suicide se sent au contraire dans une impasse et donc considère qu'il n' a plus le choix.
5 le suicide est héréditaire :  il n'y a pas de gène du suicide.
6 Ceux qui avalent des médicaments ne veulent pas mourir, ceux qui veulent se suicider emploie les grands moyens  : il n'y a pas d'adéquation entre la gravité de l'acte et son motif, toute tentative même la plus bénigne, doit être prise au sérieux.

 
les signes avant coureurs

les évocations plus ou moins directes de l'acte suicidaire

je vais me foutre en l'air
j'ai envie de faire une bêtise
je n'embêterai plus personne
ceux qui se suicident sont courageux


les propos dévalorisants

je déçois tout le monde
je ne compte pour personne
je n'ai pas de place ici, je ne sers à rien
il n'y a plus d'espoir plus d'issue : je suis dans l'impasse, je ne peux m'en sortir
je suis un raté , j'échoue partout
ma vie n'a plus de sens,

les problèmes psychologiques

Épisodes dépressifs
Tristesse mélancolie
Troubles de la mémoire de la concentration
Incapacité à faire des projets
fatigue inhabituelle
Troubles alimentaires
Troubles du sommeil
laisser aller hygiène, vêtements
difficultés à travailler à s'occuper de ses affaires
perte de l'envie de rencontrer des amis, de se distraire

les changements de comportements
isolement retrait abandon d'activités socio-culturelles ou sportives
Exubérance sorties excessives
consommation abusive d'alcool, de tabac, drogues médicaments...
Consultations répétées chez le médecin
prises de risques excessives
intérêt pour les armes à feu
Agressivité inhabituelle

et particulièrement chez les jeunes (dégradations des résultats scolaires ou au contraire surinvestissement et angoisse
fugues, absentéisme scolaire, dons d'objets très personnels....

Comment aider ?
Ce qu'il ne faut pas faire
Banaliser sa souffrance
lui faire la morale, lui dire de se secouer
lui dire de ne pas penser à la mort à ses idées noires
Donner des recettes du bonheur (chacun à sa manière d'être heureux)
tout faire à sa place, il penserait être devenu inutile. lui dicter sa conduite, avoir réponse à tout

Ce que l'on peut faire
lui permettre de s'exprimer, de pleurer
le laisser parler, lui laisser du temps
l'écouter sans le juger
lui montrer que vous tenez à lui
Chercher avec lui des solutions qui pourraient l'aider à surmonter ce mauvais passage, le raccrocher aux activités qu'il aimait
l'encourager à rencontrer des gens, mais à son rythme dans la mesure de ses capacités
Accueillir sans panique les idées suicidaires qu'il exprime


Et se faire aider vous aussi....


voilà ce que disait cette brochure et je peux dire que je peux cocher bien des choses qui sont dites là, j'ai même dit à ma belle fille par mail que le risque de sa dépression était le suicide (il avait fait une tentative quelque mois auparavant était monté sur le toit de sa maison, mais est redescendu finalement encouragé par sa compagne)
et voyez vous malgré tout on n'a pas su pas cru qu'une telle chose pouvait arriver, de la culpabilité j'en ai eu mais elle a fini par céder,
je fais le même constat que vous mon fils est parti parce qu'il se sentait coupable de ne pas y arriver.....
ce qui m'aide c'est de me dire "s'il était devant toi pour te parler que te dirait -il que voudrait 'il pour toi, pour nous tous ?

la souffrance elle sera toujours plus ou moins présente, elle s'atténuera avec le temps nous l’espérons tous, en fait ce qui est dur c'est que rien se semble acquis une fois pour toute, on peut quelques mois après quelques années retomber et devoir remonter à nouveau, peut être que cela prend moins de temps à chaque fois pour se ressaisir
merci pour vos pensées
courage et espoir

Hors ligne mam'deCath

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Re : Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...
« Réponse #103 le: 08 Mars 2012 à 20:32:45 »

Vous avez bien fait Mélie de retranscrire tous ces avertissements qui pourraient, j'en  suis sûre, en épargner
quelques-uns,  de nos enfants, jeunes ou moins jeunes !
Je souhaite que bientôt ces avis ou prospectus   soient  affichés  dans les cabinets des généralistes...
Mais pourquoi ne l'est-ce pas déjà  chez les psychiatres ? Ce serait la moindre des choses et surtout cela les obligerait
à être plus prudents, plus vigilants, plus responsables surtout, car ils agissent à la légère pour bon nombre d'entre eux !
En l'état actuel,  ils ne sont responsables de rien.....
Très triste ce soir... mon enfant me manque plus que jamais, qu'est-ce que je fais moi ici sans elle, sans l'aider,
sans la soutenir auprès de ses deux enfants ?
Reposez-vous bien Mélie, j'imagine que ce n'est pas simple cette reprise... à moins qu’elle ne vous permette de
prendre un peu de recul par rapport à ce qui fait mal !
Moi aussi de tout coeur avec vous, avec vous tous.    mammj

Hors ligne Mélie

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Re : Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...
« Réponse #104 le: 10 Mars 2012 à 14:24:40 »
oui MammJ comme vous dites pourquoi les spécialistes et médecins généralistes n'ont pas ces brochures dans leur cabinet, le suicide est la première cause de mortalité chez les jeunes
En 2009, 10 499 décès par suicide ont été enregistrés en France métropolitaine.

Les suicides sont aux trois quarts masculins. Le taux de suicide a baissé de 20 % en 25
ans, mais il a diminué trois fois moins vite que l’ensemble des morts violentes. En
outre, depuis 2000, il augmente pour les 45-54 ans, notamment pour les hommes.

Pour les 25-34 ans,, le suicide est la 1ère cause de mortalité, suivie des accidents
 Le taux de suicide augmente avec l’âge, plus fortement pour les hommes que pour les femmes.

j'ai interrogé aussi les psychiatres sur l'aide inexistante que l'on donnait aux familles pour les aider à soutenir une personne en dépression , rien n'est fait vraiment, sauf exception, à ce sujet sous prétexte que l'on a affaire à des adultes, je n'ai eu aucune réponse de leur part.
on explique aussi mal les traitements aux familles aux malades, les risques que comportent les anti dépresseurs notamment lors l'arrêt brutal d'un traitement (ce qui fut le cas pour Adrien)
tout ça on ne le sait qu'après....
peut-être ce sera l'occasion, quand on aura la force pour le faire de nous mêmes aider des associations pour informer informer informer.
j'ai repris mon travail (2 ème semaine) , ma la fatigue est très souvent là et en ce moment le moral c'est pas terrible, jeudi et bien je l'avoue j'étais au fond et les larmes sont au bord des yeux bien souvent.....
cela fait partie dit on du processus de deuil, avec ses montagnes russes....
chaleureusement à vous