Auteur Sujet: Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...  (Lu 69540 fois)

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Re : Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...
« Réponse #60 le: 20 Janvier 2012 à 21:29:58 »
bonsoir
oui beaucoup se protège et évite de parler de peur de ranimer la peine et ils se sentent tellement impuissants (ma propre sœur ne m'appelle plus depuis des mois et ma mère évite de m'appeler et le fait que pour des banalités) , on ne peut leur en vouloir même si cela nous fait mal.
en même temps comme le dit Lytta Basset rien ne suffira....mais cela fait quand même du bien de pouvoir parler et encore parler
à vos petits parlez leur de votre fille mettez là en lumière, même s'ils ne disent rien je pense qu'ils en ont besoin.
Oui comme vous dites il suffisait de peu  mais le temps a manqué tout est allé trop vite !!!
bon courage à vous aussi chaleureuses pensées


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Re : Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...
« Réponse #61 le: 24 Janvier 2012 à 11:32:17 »
Bonjour Mélie, bonjour à Toutes et Tous....
"tout est allé trop vite"....  Comme on voudrait pouvoir revenir en arrière et savoir ce que l'on sait maintenant.... Comment vivre sans
 ma fille, sans son  sourire, un bisou tendre,  une porte qui claque parfois... ses rires avec ses enfants, tout ce qui même de loin
rendait lumineuses nos existences ! Et de quelle manière  parler d'elle à ses enfants les rares moments que je passe avec eux ? On dirait qu'ils le craignent !!!
La semaine dernière j'ai eu  un moment très dur, seule entourée de conciliateurs qui cherchaient à m'intimider  et faisaient pression sur moi pour que je retire ma plainte...  Qu'est-ce que l'on peut entendre comme choses,  soit ambivalentes, soit  négatives, voire moches,  dès l'instant que l'on invoque une erreur médicale.... Affreux !
Extrêmement lourdes ces interventions  qui m'ont amenée finalement  à  ne rien retirer..... (dans six mois les compétences de ce médecin seront ou pas remises en question) !
Bref,  je me suis demandé,  de retour chez moi,  si ma fille aurait apprécié ma démarche à l'encontre d'une personne qu'elle estimait malgré le fait que pendant deux mois et demi d'hospitalisation (qui ont calmé les symptômes mais quant aux  causes ...) ce médecin ne lui a pas donné le moindre  petit coup de fil ni  rendu la moindre  petite visite.... ne s'est pas souciée de sa sortie ni de son suivi, ce qui a  affectée davantage ma Cath !
Pour toute réponse ce médecin  a osé dire devant l'assemblée : "comme elle m'appelait souvent, je me suis dit que j'allais souffler un peu" !
Bien entendu l'hôpital a aussi sa part de responsabilité..... Mes dossiers sont faits....
Mais mon enfant ne reviendra pas.... je ne peux pas admettre sa cruelle absence..... Comment tenir le choc, c'est insupportable...
Très Chaleureusement.  Mammj


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Re : Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...
« Réponse #62 le: 24 Janvier 2012 à 15:56:35 »

tout est allé trop vite et rien ne ramènera nos enfants ! nous allons devenir des experts peut-être du mal être mais pour nous c'est trop tard !
 oui j'ai ressenti un temps ce que vous dites, comment peut-on agir à l'encontre de ceux qui ont été légers pour ne pas dire plus, dans leur dires leur manque de vigilance, leurs paroles désastreuses, nous trouverons toujours des responsabilités diverses qui ont effectivement pu faire pencher la balance, surtout quant il s'agit d'une dépression.
 comme je vous le disais auparavant j'ai au début passer mon temps à écrire aux médecins psy, puis au beau-père il n'y a jamais eu de réponses.

comme vous le dites : "je me suis demandé,  de retour chez moi,  si ma fille aurait apprécié ma démarche à l'encontre d'une personne qu'elle estimait malgré le fait que pendant deux mois et demi d'hospitalisation (qui ont calmé les symptômes mais quant aux  causes ...)"
[/b]
oui posez vous la question de ce que votre fille aimerait pour vous ?
si cela vous aide à allez mieux et bien allez jusqu'au bout de votre démarche, mais je doute de cela....

quand vous parlez de vos petits enfants, ils ont peut-être peur de vous faire de la peine, ou bien d'évoquer leur maman la peur de craquer devant vous !! je pense que même si vous faites bonne figure devant eux, ils ressentent votre chagrin et du coup ils n'osent,  pas....peut -être pouvez vous créer une sorte de recueil (comme un témoignage d'amour ) que vous leur transmettrez un jour ?!

ma petite fille ( au début du décès de son papa, elle avait alors 4 ans et demi (on l'a surpris) elle lui parlait, et elle lui disait,  : " tu sais papa j'arrive pas à consoler maman".
Elle nous disait aussi, quand elle nous voyait triste "ne pleure pas, ça fait de la peine à papa ! quand tu es triste regarde la lumière", elle semblait la voir elle !!!

il faut du temps pour admettre l'inadmissible et pour certains plus que d'autres en raison du contexte familial, ou amical.
de toute façon nous sommes comme coupés en deux une partie qui essaye d'être  "raisonnable" et une autre qui n'admettra jamais, le tout est d'arriver à dominer la partie qui voudrait aller vers le fond....pour arriver à la réduire le plus possible !!!!
Ce n'est jamais gagné parce qu'il suffit de peu pour nous déstabiliser parfois.
bon courage, mes  pensées chaleureuses

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Re : Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...
« Réponse #63 le: 24 Janvier 2012 à 17:44:00 »

J'espère avoir la force de faire mes démarches jusqu'au bout pour prouver à deux enfants un jour que leur maman
ne les a pas abandonnés qu'elle a été victime d'une dépression "qui tue" ! Le voilà le but...
Qu'importe le résultat, tous les éléments auront été soumis....
Je me sens dans un tel état de vulnérabilité que j'avais presque pitié du médecin-psy qui me demandait de ne pas bousiller sa carrière professionnelle...  Puis lorsqu'un conciliateur a commencé à me faire du  chantage en me disant : "et si cette psy se
suicidait ?  Car vous savez que le plus gros taux de suicides se situe parmi les médecins ?" sans faire cas ni de la souffrance
de mon enfant,  ni pour deux  enfants de la perte de leur maman, ni de la douleur d'une mère ;  j'ai trouvé que ça tournait au grotesque !
Un bon contexte familial serait certes  d'une aide précieuse   dans un tel deuil, mais ma fille venait de divorcer... et mon ex-gendre s'est tellement mal comporté à l'égard de la mère de ses enfants.... qu'il  a adopté une attitude d'évitement....
Quant à ma famille (pas bien grande...) tous se culpabilisent plus ou moins de ne pas avoir compris ma Cath, de l'avoir "bousculée"
plus d'une fois.
Comment pouvait-elle se "reprendre en main" avec un ralentissement psychomoteur provoqué par trop de  stress ?
C'est surtout  la souffrance de nos enfants qui nous est  intolérable.
Trop de difficultés à résoudre, la dépression, pas de bonne écoute, trop de pressions des uns et des autres lorsque la maladie est niée,  conduisent inexorablement au repli sur soi,  à la dévalorisation, l'isolement puis au  désespoir et à  la crise suicidaire !
Les médecins savaient mais se sont tus....
C'est ce que je leur reproche car c'est de la non-assistance.... (un art. du code de la santé publique le précise...)
Depuis six mois, je ne sais plus ce qu'est un instant de bien-être.... à part les quelques heures passées avec les enfants durant
lesquelles j'ai fait des efforts pour montrer ma satisfaction de les revoir,  contenant  parallèlement mes larmes tant l'absence de
leur maman avec eux et moi était pesante !
Je sais qu'il sont très occupés et tant mieux.... mais pour moi chaque jour le sentiment que ma vie s'est arrêtée avec celle de mon seul enfant.... s'accroit,  chaque jour je me demande où je vais.... sans elle,  rongée par les regrets de ne pas avoir pu  la
soutenir comme il aurait fallu envers et contre tous !
C'est ce que je ressens de manière aiguë et ici on peut l'exprimer....
A tous, force et peut-être... enfin...  tendresse envers soi-même !


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Re : Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...
« Réponse #64 le: 25 Janvier 2012 à 16:20:18 »

En me levant ce matin je repensais  aux paroles de votre petite fille Mélie... et à la mienne -9ans- qui dit spontanément :
"je voudrais que les vivants et les morts vivent ensemble" ! Et toujours selon Lytta Basset, dont je lis une page du livre
à peine, chaque soir, nous devrions réapprendre ce que, enfants,  nous savions d'instinct : la face cachée de toutes choses,
y compris de nos paroles, de nos images et de nos rêves... Renoncer définitivement à ce que la vie se réduise au connu -intérieur
et extérieur- accepter de changer notre  regard sur la mort pour percevoir nos être aimés "vivants" et sortir nous-mêmes de l'état de
morts-vivants (c'est ainsi que je me perçois depuis six mois).... C'est très beau, mais je n'en suis pas là....
Chaleureusement à vous tous.  Mammj

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Re : Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...
« Réponse #65 le: 25 Janvier 2012 à 18:14:15 »
Tout ne se fait pas aussi vite qu'on le voudrait et parfois on préfère rester dans son chagrin car on a peur ainsi d'abandonner celui qui est parti, un jour on  y arrivera, mais c'est évident qu'il faudra du temps....
oui nous n'avons plus la candeur des enfants, et en même temps ils nous montrent souvent le chemin....
Comme le souhaite votre petite fille j'ai la conviction que nos défunts ne sont pas si loin de nous

Si cela vous fait du bien allez au bout de votre démarche, mais ne vous détruisez pas en même temps, prenez soin de vous !!!
bien sincèrement 

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Re : Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...
« Réponse #66 le: 28 Janvier 2012 à 13:42:01 »

Oui, ma fille a été tellement laissée de côté dans ses difficultés après sa rupture familiale, puis dans sa maladie par ses médecins
qui n'ont pas pris sa dépression au sérieux et moi son  dernier jour --  vous savez Mélie que cette image me hante après six mois--
que mon chagrin se fait plus intense plus déchirant plus paralysant ? Je me demande comment je vais m'en sortir....
Je ne vis plus en fait, je me lève et me couche en pleurant mon unique enfant !
A l'extérieur je me sens mal et je rentre aussi vite que possible....
Vais-je suivre la voie de ma fille ? Ou vais-je trouver un peu de répit ?
Pour mes démarches, il y a encore des conclusions à mettre en place pour mi-février ! Quand tout sera terminé je ne serai pas fâchée
bien que dans l'immédiat cela m'aide à tenir debout, je dois le faire, je dois le faire !
Par ailleurs quand je vois les enfants "pourris" par le père dans le but de leur faire oublier la perte de leur maman, je me demande
-même s'ils faut qu'ils aillent vers la joie de vivre- si c'est la bonne méthode !!!
Je n'arrive toujours pas à écrire manuellement sur la page... blanche !
Force et douceur à Toutes et Tous.  Mammj


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Re : Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...
« Réponse #67 le: 30 Janvier 2012 à 16:48:52 »
oui vous faites, on fait avec les forces du jour, simplement, et  chaque jour il faut surmonter la non envie de se lever, oui la vie devient un effort pour nous tous et toutes, et puis il y a les plages de mieux parce qu'on est avec des proches que nous aimons...
on a l'impression de devoir déployer plus d'énergie parce qu'elle nous manque si souvent, le soir et le matin sont souvent des moments pénibles, beaucoup de parents vivent cela.
pour vos petits enfants, leur père essaye de compenser par du matériel, c'est du vent et cela fait illusion un moment. Vos petits enfants se construisent, tout comme les miens avec une histoire difficile ( qu'il faudra expliquer et ré-expliqyer avant l'adolescence, car ne rien dire serait pire), mais comme on l'évoquait les enfants surtout quand ils sont jeunes ont plus de possibilités que nous d'avoir recours à l'imaginaire et allègent ainsi leur peine, ils vont vers la vie et c'est ainsi et tant mieux !!!
je pense que votre fille  voudrait sûrement cela pour ses enfants, qu'ils aillent bien !!! (tout comme mon fils, qui était un si gentil papa)
 
Force et douceur à vous

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Re : Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...
« Réponse #68 le: 02 Février 2012 à 18:50:49 »

Tu... Je....
Oui ma Cath "tu" aurais pu t'en sortir avec moins de désinvolture du corps médical d'abord,  qui nous a laissés dans l'ignorance
de la gravité de ta maladie...
Nous ne savions pas,   du coup comment t'aider ?  Nous avons été à côté de la plaque la plupart du temps !
De même que  ton conjoint était loin de se douter que son attitude déloyale envers toi t'aurait peu à peu plongée dans cette  dépression sévère  du fait  des  bâtons dans les roues qu'il t'a mis !
Il n'a  jamais pensé, vu ses sanglots à la chambre mortuaire, que de te malmener ainsi t'aurait  plongée dans cette dépression maudite... jusqu'à  priver  vos enfants de leur Maman !
Ma pauvre Chérie, toi qui ne voulais pas être un  poids pour nous, nous nous culpabilisons tous aujourd'hui, mais trop tard,
de ne pas t'avoir comprise, de ne pas t'avoir soutenue comme il l'aurait fallu !
En te perdant, "j''ai tout perdu...
Tes enfants sont happés par leur père et sa famille...   Les miens (ce qu'il en reste) se cachent de n'avoir rien pu pour toi,
parce qu'ils ont en nié  ta maladie....  Moi, sur qui tu comptais le plus,  je m'en veux de ne pas avoir accédé à ta demande le soir de ton suicide.... toi qui m'avais demandé  de passer  avec toi et ton fils ce dimanche soir 10 juillet dernier !
Pardonne-nous ma Chérie....
Comment te survivre aujour'"hui ? Ta souffrance me déchire chaque jour davantage...

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Re : Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...
« Réponse #69 le: 03 Février 2012 à 08:51:23 »

Plus de force ce matin, les émotions,  les larmes, le découragement  reprennent le dessus.... Je ressens de plus en plus le manque, la culpabilité, le désir de revenir en arrière... Tout y est ce matin....
A cette allure-là, c'est la dépression assurée ! Comment se résigner à ne plus attendre un signe de vie de mon unique enfant.... Ma fille avait compris qu'une aide ne suffisait pas, qu'il fallait attendre de soi, ce que les uns et les autres n'ont cessé de lui répéter....
En nous quittant, tout a volé en éclat, la situation est plus grave qu'elle ne l'était ! Je me dis qu'elle devait s'en douter....  mais sa
souffrance a pris de dessus !On n'a pas pu l'aider dans sa tourmente, comment lui demander de me soutenir dans la mienne ! Elle
qui me savait forte pour deux, serait surprise de me voir dans cet état aujourd'hui si elle pouvait revenir parmi nous...
La psy était absente cette semaine, et le un groupe de paroles auquel j'ai assisté :  une heure pour quatre personnes... j'en suis sortie frustrée ! Ici, au moins,  on ne nous coupe pas la parole pour la partager avec d'autres !
Bref, quelles béquilles trouver pour tenir debout ? Je n'ai jamais été aussi seule de ma vie....
Chaleureuses pensées à tous.  Mammj

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Re : Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...
« Réponse #70 le: 06 Février 2012 à 23:10:12 »
petite pensée à vous, qui vous sentez si seule, je me sens bien impuissante à vous soulager :(, peut-être ne devriez vous pas être si dure avec vous, la culpabilité est un sentiment largement partagé surtout dans les premiers temps, mais qu'il ne faut pas ancrer en nous au risque de s'y détruire, vous avez fait ce que vous pouviez dans l'inconnaissance de ce qu'elle pouvait ressentir....
 oui je comprends que vous ayez mal de cette absence, oh combien je le comprends
je vous offre
Une citation de Martin Gray, qui a perdu TOUS les siens :

      " Être fidèle à ceux qui sont morts, ce n'est pas s'enfermer dans sa douleur.
         Il faut continuer de creuser son sillon droit et profond,
         Comme Ils l'auraient fait Eux-mêmes,
         Comme on l'aurait fait avec Eux,
         Pour Eux "
il existe mais vous la connaissez peut-être l'association Phare enfant parents qui a une ligne d'écoute, peut-être cela vous aiderait

bon courage, garder l'espérance


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  • et le désert refleurira....
Re : Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...
« Réponse #71 le: 07 Février 2012 à 10:10:48 »
Bonjour à toutes et à tous,

Je viens souvent sur le site sans laisser de message car je ne sais pas quoi dire, toute cette souffrance après le suicide de nos enfants me laisse sans voix.... C'est vraiment cruel, pour moi il y a 3 ans et 4 mois, il y a des jours meilleurs, des jours tristes où le manque est toujours là, mais je peux dire que maintenant mon fils et sa mort ne sont plus une obsession dans ma tête, mais au contraire je sens comme une présence en moi, comme si son absence était devenue une présence chaleureuse qui me soutient, qui m'aide....

pour vous Mammij, Mélie, Angélik et les autres c'est encore tout frais, cette fatigue que vous ressentez c'est normal ! Nous dépensons toute notre énergie à rester debout, à se lever le matin, aller au travil (ou pas), faire "belle figure" car on ne peut pas tout raconter à ceux qu'on croisent dans toute une journée, et puis ils ne comprennent pas tous ce que nous vivons pour la bonne raison qu'ils ne l'on pas vécu et c'est tant mieux pour eux! car ce sont nos proches, nos amis qui maintiennent dans le vie, par des invitations, des visites, même si parfois certains mots maladroits font mal, ils nous montrent qu'il y a encore de la vie autour de nous et que nous devons y revenir....

Un livre m'a beaucoup aidé c'est celui de Lytta BASSET, "Ce lien qui ne meurt jamais", elle explique bien que la culpabilité ne nous aide pas à nous en sortit, nous ne sommes pas tout-puissants sur nos enfants, leur suicide c'est la seule issue qu'ils ont trouvé pour sortir de leur douleur intense...

Aujourd'hui c'est la journée nationale de lutte contre le suicide, 3 fois plus de décès que les accidents de la route, et beaucoup moins de prévention! Quand la souffrance psychique va-t-elle être prise en compte au même titre que la souffrance physique?

De tout coeur avec vous et continuons à nous soutenir les unes les autres
" Parce qu’il y a des coeurs qui sont si grands qu’ils ne battent que lorsqu’ils sont avec les autres."

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Re : Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...
« Réponse #72 le: 07 Février 2012 à 10:19:15 »
Une pensée qui me fait très chaud au coeur Mélie, merci. Je souhaite qu'il y ait un mieux pour vous et que vous trouviez
du réconfort auprès des vôtres....
Je m'isole dans ma douleur c'est un fait, toutefois il me semble que c'est un passage obligé...
Il me fallait en outre  remettre des pendules à l'heure tout en sachant que je ne changerai rien à la face du monde, que je ne changerai pas ceux qui ne m'ont pas aidée seule avec ma fille.
Pour le corps médical, mes interventions n'auront pas de conséquence pour moi hormis la difficulté de faire simplement entendre ma voix.... le fait  de me faire "agresser verbalement" (lourd)  par des gens solidaires entre eux..
Quant à  ce qui me reste de famille (ma mère étant décédée sept semaines plus tôt) quel remous !
Je l'ai cherché bien sûr.... Je ne pouvais pas me taire....
Qu'ai-je donc  à perdre aujourd'hui ?  
Un soir de mars dernier, suite à une crise d'angoisse... son cousin vient  chercher ma fille  pour passer la soirée chez lui ! En route elle est agitée (fatigante mais non agressive du tout),   il appelle ses parents (ma soeur) qui propose qu'elle dorme chez eux... Craignant sans doute pour leur confort, changement de direction,  il l'amène aux urgences d'un hôpital.
A 3 h du matin, on me demande d'aller la rechercher, ne conduisant pas la nuit, je demande à ce qu'on la garde jusqu'au matin.
Le matin elle était hospitalisée :  cure de sommeil. Le lendemain,  je l'ai retrouvée avec une grande rigidité musculaire (fortes doses de nozinam, je ne l'ai su que quatre mois plus tard après avoir enfin obtenu un entretien avec le chef du service...) complètement aboulique !
Elle a ainsi  été coupée de ses enfants, son oxygène à elle, son but, sa vie !
Les symptômes ont été apaisés mais pas la cause et lorsqu'elle est ressortie au bout de deux mois et demi (pourquoi cette durée ?) sans suivi sérieux -je  l'avais dit- elle a rechuté... tandis-que ses enfants croyaient retrouver une maman guérie, après tout ce temps....  Elle aussi était heureuse à l'idée de reprendre une vie "normale" !
En fait elle me semblait vidée de son énergie, après ce trop long séjour selon moi, qu'elle avait fini par accepter pour prouver ses efforts dans le but d' aller mieux !

Après son suicide "altruiste ?" (dans son mot elle dit qu'elle ne veut pas que ses enfants aient une maman malade ni être un poids pour sa mère... mot qu'ils n'ont pas encore vu....) j'ai ressenti le besoin de dire -à tous- tout ce que j'ai découvert après....
A  commencer par le père des enfants dont l'attitude déloyale a plongé la mère de ses enfants dans la précarité et la dépression,  (ma Cath ayant laissé  des documents révélateurs chez moi)  ainsi que la famille de celui-ci qui -lors de la préparation de ses obsèques- accusait ma fille d'avoir fui ainsi ses responsabilités et abandonné ses deux enfants.

Oui je me culpabiliserai  encore longtemps.... avant d'être à même  de revoir l'image de ma fille pétillante, sa joie de vivre,  d'entendre à nouveau ses rires communicatifs,  ses  enfants heureux  courant derrière elle, je reverrai longtemps son visage en larmes de ce matin du 10 juillet et l'après-midi son calme qui n'était que résignation, confrontée à tant d'incompréhension générant  tant de souffrance, à tant de désinvolture des médecins qui l'ont "soi-disant" suivie, sans coordination aucune !

Maintenant, il va me falloir courir derrière deux enfants qui grandissent sans leur maman, avec qui je voudrais continuer à garder
le lien entre elle et eux.
Ils occultent le drame.... me fuient j'ai l’impression...  car quelquepart je dois  leur rappeler par ma seule présence la maladie qui a
emporté leur mère, ils doivent le sentir que je tiens leur père responsable de la situation !
Jeudi, je ferai 60 kms aller-retour pour d'abord aller sur la tombe de mon enfant,  puis voir ma petite-fille de 9 ans à la sortie de l'école...
Même rituel : nous prendrons le goûter, je les accompagnerai  -elle et sa nounou- jusqu'à la porte de la petite maison "de ma fille, agencée par elle et moi" je lui ferai un bisou à la porte, elle me quittera joyeuse d'aller à ses jeux et devoirs en attendant le retour tardif du père.
Et moi, comme d'habitude, je rentrerai.... en larmes... inévitable !
Le soir devant la photo de ma Cath, j'allumerai  la petite bougie et lui  raconterai.... ce bref mais précieux  instant ... avec sa  fille !
Le grand -17 ans le mois dernier- reste en montagne tout l'hiver, il ne répond jamais à mes SMS....
Quand je n'en peux plus, oui Mélie j'appelle "Phare Parents-enfants" ou "Jonathan Pierres Vivantes" ou" Vivre son deuil" ; je change
de département pour avoir des échos différents.... Il m'est arrivé d'appeler SOS Suicide et  la nuit SOS Amitié car j'ai traversé des moments de grande vulnérabilité, où je me suis dit que je ne surmonterai pas...
Ma fille qui me croyait forte !!!
Je voudrais faire mienne cette belle citation de Martin Gray ! Je ne dois pas être la seule sur ce forum à le souhaiter...
A Toutes à Tous, force et douceur.    Mammj


« Modifié: 30 Décembre 2013 à 00:37:22 par mam'deCath »

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Re : Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...
« Réponse #73 le: 07 Février 2012 à 11:31:24 »

Merci aussi à vous Mariej pour ce mot chaleureux aux Mamans ayant perdu un enfant.... "par suicide" pour ce qui nous concerne,
où la culpabilité est plus grande car on se demande pourquoi nous n'avons pas réussi à les retenir à la vie ! 
Vous qui  avez connu ce drame mais réussissez à vivre autrement avec votre enfant aimé -disparu physiquement-vous  nous
apportez un grand espoir comme aux autres Mamans ayant perdu un enfant suite à une maladie ou un accident.....

J'ai lu "Après le suicide d'un proche" de C. Fauré, "Sur le chagrin et de deuil" d'Elisabeth  Kübler-Ross et suis en train
de terminer "Ce lien qui ne meurt jamais" de Lytta Basset. Dans ses rapprochements à  son appartenance religieuse
je ne peux pas la suivre mais toutes les émotions, son ressenti, ses hauts et creux de vague lorsqu'elle croit enfin  mieux
maîtriser le drame qu'elle a vécu suite au suicide de son fils, le temps qu'il lui faut pour prendre du recul par rapport
à sa culpabilité, au manque, tout ce qu'elle décrit, je le comprends parfaitement du fait que, à l'instar de  beaucoup d'entre nous, 
c'est ce que je traverse depuis presque sept mois, ces phases de confusion, déstabilisation pour un progrès...  non sans effort
considérable !

Que lire d'autre, après pour m'accompagner, notamment quelques pages avant de m'endormir ou la nuit si je me réveille ?
Si vous avez des références, merci.

Est-ce dû à l'anti-dépresseur que je prends uniquement le soir, j'ai dû rêver trois fois pas plus de ma fille.... sans doute parce
je suis avec elle toute la journée....

Je commence à pleurer un peu moins, mais la déchirure à l'intérieur continue de me brûler, c'est toujours à vif !
Je me lève de suite dès que je suis réveillée, mais tout m'est pénible, prendre une douche, faire mon café, je mange debout
depuis que ma Cath n'est plus -elle vivait  chez moi en attendant que son logement soit prêt.
Je savais qu'elle devait me quitter mais pour reprendre sa vie avec ses enfants....
Elle qui avait tant besoin de tendresse après sa séparation de son couple, de ses enfants à cause de la maladie....
Je ne décolère pas de tant d'erreurs commises à son égard !

Pour le moment, j'attends d'avoir évacué le gros de mon chagrin pour peut-être remonter à la surface après une telle épreuve...
et retrouver un intêrêt à la vie,  le goùt  de partager à nouveau un petit quelquechose avec d'autres.

Je me sens tellement nulle de ne pas avoir compris que ma fille était en grande détresse, elle qui n'a cessé d'appeler
au secours ! Lorsque j'ai dit à une de ses amies qu'elle s'enfermait dans mutisme, elle m'a répondu : "elle ne parlait
plus parce qu'elle savait qu'on ne la croyait plus" ! Il y a de cela et c'est extrêmement grave....

Et à propos de la Prévention du suicide, c'est très grave que  le corps médical ne se sente pas plus  concerné que cela
quand je repense au danger  qu'ils ont été les premiers à pouvoir évaluer et  à leur défaillance,  en nous laissant dans
l'ignorance du risque   suicidaire, (un des symptômes de la dépression) en ne nous intégrant pas, les proches, avec l'accord
du patient, dans le   processus de soins dans le cas d'une dépression "majeure"  (diagnostic  lu dans le dossier reçu
après sa mort) !
Trop tard, je peux dire qu'elle a laissés des petits signes allant dans  ce sens..... Elle aurait voulu qu'on admette qu'elle était
malade psychiquement,  elle qui avait jugulé un cancer de la thyroïde en 2000 !

Comme pour d'autres deuils, ces échanges sur ce forum nous permettent d'apprivoiser peu à peu notre immense douleur,
en plus d'un psy et groupe de paroles pour certains.

Moi aussi, je vous lis Tous, et  les tentatives des un(e)s et des autres pour survivre puis vivre à nouveau sont merveilleuses.

Très chaleureusement à Toutes et Tous.  Mammj





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Re : Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...
« Réponse #74 le: 10 Février 2012 à 23:23:29 »

Ma Chérie, il y a sept mois à cette heure tu venais de nous quitter, je ne l'ai su que le lendemain ! Je ne t'ai revue que
six jours plus tard où j'ai pu prendre ta frêle main toute froide dans la mienne ! J'ai l'impression que c'était hier....
Tout est allé tellement vite ensuite... Comme tu a été malheureuse pour en arriver là... tu avais perdu tout espoir de
sortir de cette dépression, de retrouver une vie "normale" après avoir tant lutté... Nous ne t'avons pas comprise,
ne t'avons pas facilité les choses, je l'ai dit et redit à tel point  que j'en ai fait le vide autour de moi...   
C'est pourtant bien ce que s'est produit ! Ce vide tu l'as connu quand tu es tombée dans cette maladie qui tue...
Je voudrais te savoir à ta vie ,à tes enfants,  toi si rayonnante... Ta petite fille l'est aussi tu le sais. Hier j'ai voulu la voir
à la sortie de l'école, elle n'y était pas... Le père, cette fois, a répondu à mon sms en me disant qu'elle était restée exceptionnellement à l'étude et il a ajouté qu'ils partaient chez sa mère pour fêter  l'anniversaire de celle-ci...
J'étais franchement surprise qu'il me  donne cette information, en quoi ça m'intéresse, lui qui ne fait que m'éviter et qui
n'a rien à me dire à propos de tes deux amours ?
Si tu savais combien je  peine ma Cath à te survivre,  à essayer chaque jour de  jongler pour rester debout... Je pleure moins
sans doute grâce aux médicaments toutefois  intérieurement je suis déchirée, meurtrie et  tout est devenu  d'une  tristesse
indicible ! La joie tu l'as emportée avec toi, tu me manques,  tu manques à tes petits pour qui je dois faire des efforts
bien qu'ils ne  recherchent pas mon affection, c'est toi qui nous unissait tous.
Je t'aime, tes enfants t'aiment... Tu devrais être là ! Mamm