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Vivre le deuil de son conjoint / Re : Rémi, 28 ans
« Dernier message par Alexandra le 14 Décembre 2017 à 11:30:14 »
Chère Lenav,
Il est vraiment beaucoup trop tôt je crois pour que tu puisses voir autre chose que du sombre... Là où j'en étais quand j'ai commencé à écrire sur le forum, il n'y avait même tout simplement pas d'avenir. Je n'en voulais pas, je ne voulais pas vivre, je ne me sentais même pas vivante. Tom est mort le 10 Juillet 2016. On n'a rien vu venir, on n'a rien compris aux symptômes qui s'installaient depuis 6 mois. Il est rentré à l'hôpital en catastrophe le 19 Juin, 3 semaines plus tard il était mort. Comme ça. A 28 ans, avec tous les rêves et tous les projets qu'on avait.

Je ne compte plus les mois, le temps qui passe. J'ai vraiment cru que j'étais morte, je crois bien qu'une partie de moi est morte avec Tom. J'ai lutté comme une dingue pour le retenir auprès de moi de toutes mes forces. Et puis il y a eu ces choses incroyables, ces petits mieux qui me paraissaient impossibles et dont je ne voulais même pas entendre parler. Il y a eu tous ces chocs aussi, le temps d'apprendre que j'avais le droit d'aller mal, de souffrir, de prétendre que Tom ne pouvait pas être mort si ça m'était trop inacceptable.

J'espère que tu as autour de toi du soutien, même s'il parait sûrement bien dérisoire par rapport au manque de Rémi. J'espère que tu vas t'accorder le droit de prendre le temps qu'il faudra avec ce chagrin dévastateur, qui vole celui qu'on aime mais aussi tout ce qu'on croyait savoir et vouloir de la vie. Vous rêviez d'un enfant, nous nous rêvions d'une maison... Oui tout s'envole brutalement et plus rien n'a de sens. Pour l'instant en tout cas, plus rien n'a de sens et peut-être que tu as l'impression que le temps s'est figé. C'est vrai mais je veux croire que ce n'est que pour l'instant. En attendant, accorde toi le temps du chagrin. Tout le temps dont tu auras besoin.

Je pense fort à toi,
Alex
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Mon cher papa, ma chère Jeany, encore une fois vous êtes morts pour des raisons très connes, négligence d'un employeur pour toi papa, surdité d'un psychiatre pour toi Jeany.......

La seule réparation que je puisse avoir mes amours, c'est que les choses changent. Que les employeurs pensent plus à leurs employés qu'a leur fric et que les soins en santé mentale devienne digne

Je crois que j'ai tout dit sur ce forum,  que personne ne partage mon  opinion, c'est donc certainement le signal de mon départ

Je vous aime
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Au lieu d'obtenir réparation, on me surcharge dans un travail peu intéressant et très stressant, on ne me dit pas si je vais pouvoir partir à la retraite à l'âge permis pour un instit......
Et ma psy à côté de la plaque, qui veut me formater au lieu de comprendre ce que je veux réellement maintenant et me soutenir.
Quant à chercher un autre thérapeute, il faudrait savoir qu'avant cela il faudrait changer l'offre de soins, que les psychothérapeutes qui ont été formés soient remboursés comme ils le font maintenant au Québec.

Si lors de la journée de prévention du suicide, on veut parler des acteurs invisibles de la prévention du suicide, qu'on parle enfin sérieusement des acteurs visibles et en particulier des professionnels de la santé mentale

Pris au piège de leur pseudo science de merde, je ne sais pas comment je vais pouvoir ma dose de drogue dans une semaine

Papa, jeany, vous êtes partis pour des raisons vraiment très connes et moi je reste sans vous, accroché à leur pilulle.

SALE PAYS
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Moi, j'ai toujours voulu obtenir réparation et reconnaissance pour la mort de mon père et ma vie qui s'en est découlée/
Chose impossible il faut que je l'accepte. PAS DE REPARATION.
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Il y a quelque temps de cela, que ma fille ne pouvait plus porter même un petit sac, plus de force dans ces muscles.
Le week end dernier elle a déménagé et a pu porter des choses lourdes.
Son état s'est nettement amélioré.....
Elle habite donc maintenant avec son copain.....
Elle me disait aujourd'hui que sa vie professionnelle a certainement largement contribué à l'évolution de sa maladie/
Elle est en lutte actuellement contre son entreprise, avec l'appui d'une avocate, pour faire reonnaitre  le harcèlement
qu'elle a subi........
Ma petite fille adorée, c'est bien tu te bats pour tes droits et en plus tu as trouvé l'amour et certainement beaucoup plus d'équilibre et de paix en toi.
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Vivre le deuil de son conjoint / Re : Rémi, 28 ans
« Dernier message par lenav le 14 Décembre 2017 à 00:44:27 »
Merci à tous pour vos mots.

La journée d'hier était insupportable, écrire ici m'a aidé, vos mots aussi, un peu.

Mononoké, l'avenir me parait tellement sombre, les témoignages de gens qui avancent me donne une bribe d'espoir.

Alexandra, ton conjoint est décédé il y a combien de temps ? Ta sagesse me semble pour l'instant inaccessible. Ce couple a été une telle joie, j'ai beaucoup changé avec Rémi et aujourd'hui je ne sais même plus qui je suis. Je ne voulais pas faire d'enfant pour l'instant, il m'a convaincu, on avait prévu de le faire en Avril prochain. Avril prochain n'existera plus jamais. Il ne me reste rien de lui, et ce désir d'enfant avec lui est une douleur terrible. L'avenir a t il un sens ?
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Vivre la perte d'un parent / Re : je vais craquer maman
« Dernier message par souci le 14 Décembre 2017 à 00:08:05 »

     Dernièrement, en écrivant à un ami en deuil,
     j'ai sorti une sorte de lapsus homonymique:

     je lui ai dit que sa solitude était riche,
     car émouvante et mouvante .

     Digne d'être partagé avec toi, petite graine d'écrivain ...

     Une prison corrosive, oui, c'est vrai.
     Mais même à l'intérieur des prisons, on ne peut maintenir figés des esprits aspirant à la liberté.
     Et puis, y les parloirs, on y cause quand tu veux, quand tu peux, M.
   
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Être un parent en deuil / Re : sam mon fils
« Dernier message par kompong speu le 13 Décembre 2017 à 22:54:38 »
Bonsoir mon fils
Mal au ventre journée trop longue le corps qui lâche
Ton père est allé voir un medium , j'ai beau regarder ça que de loin je suis triste de ce qu'il a ramener "que tu étais pas prêt, que tu as pas cru que tu étais mort ...."que tu es en attente avec des gens qui te pèsent bref quitte a mourir va directement au paradis si il existe on va pas t'oublier même si tu pars loin
Je t'aime mon fils maman
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Vivre la perte d'un parent / Re : je vais craquer maman
« Dernier message par elisa. le 13 Décembre 2017 à 22:01:09 »
Aujourd'hui, on m'a reconnue. On a reconnu l'enfant que j'étais, l'adolescente. Les paroles que je disais mais que personne n'écoutait. C'était impensable qu'une mère soit ainsi, impensable car cela signifiait voir plus loin que le bout de son nez. Et les gens n'aiment pas chercher. Ils n'aiment pas contrarier leurs décor alors ils regardent la télé. Ils s'abrutissent de préjugés et violent le besoin de reconnaissance de chacun car c'est accepter de remettre en cause le joli cocon que l'on aime a imaginer chez le voisin. Que l'on se plait à envier alors que le voisin n'a certainement pas une vie aussi reluisante que ce qu'on a tendance a convoiter et a imaginer. Enfin, aujourd'hui, on a reconnu ne pas m'avoir réellement apporté du crédit quand je parlais d'elle et de sa violence. On m'a dit qu'on avait mis ça sur le compte de l'adolescence, de la tension habituelle dans cette période. Ne pensez  pas que c'est désuet! Non, c'est pour moi un soulagement réel d'avoir de la reconnaissance.

C'est ce dont j'ai le plus souffert. Ne pas trouver dans mon quotidien quelqu'un qui ne remette pas en cause mes paroles, au moment ou les faits se produisaient. Au début papa ne voyait rien. J'ai eu très mal. Je me suis pensée anormale et comme ma mère me disait que c'était ma faute, que papa ne voulait pas voir j'ai voulu changer. J'ai fais des efforts. Beaucoup. Elle voulait que je range? J'ai rangé. Que je ferme ma bouche en mangeant? Je l'ai fait. Mais elle n'était toujours pas satisfaite et je me suis sentie sale et nulle. Incapable de satisfaire ma mère. Puis j'ai lu. Les livres m'ont sauvé. Enfin, un endroit ou les choses étaient remises en question et puis je ne sais plus par quel livre, par quelle histoire, j'ai compris que le problème pouvait venir d'elle. Là quelque chose c'est cassé. Nous sommes passés dans le Elisa ne se laissera plus faire. Nous nous sommes tapées dessus en paroles, en regards, en attentions pendant de longues années. Papa a fini par voir. Mais il jouait au gendarme entre sa fille et sa femme. La situation devait être bien trop délicate pour lui.

Souvent, le weekend ont s'enfuyaient avec papa. Je ne crois pas que mon frère venait avec nous. On partait visiter des musées, des églises, se promener sous la pluie. On parlait de maman aussi parfois. Enfin je questionnais et papa répondait du mieux qu'il pouvait. Pendant un moment elle a cessé de nous parler. Mon frère avait environ 7 ans. Elle était en conflit avec papa et elle a arrêté de me parler. Elle m'associait avec papa et à leur relation. Quand le pont se fait avec le mercredi ou nous nous sommes séparées, je me dis qu'elle pensait peut-être vraiment que tout était ma faute. Elle  ne répondait pas ou uniquement par mono syllabe, le pire était quand elle nous accordait une phrase, dure et sèche. J'ai le souvenir d'un repas à table, je voudrai vous faire comprendre que se construire dans du silence même difficilement comblé avec un père maladroit et aimant est dur. Je parle.
"Maman tu as passé une bonne journée?

- Tu as mangé quoi ce midi?

-Tu travailles demain?
- Bien sur que je travaille. On est mardi demain, me crache t-elle. "
Ca a duré un mois. Un long mois.

J'aime mon frère et ma sœur. Mais je leur en veux bien qu'ils soient innocents. Ils trouvaient parfois cette douceur en elle. Surtout ma sœur, petite, mignonne et coquette. Mon frère, bon à l'école, il s'aplatissait devant elle et son autorité. Moi il fallait pour trouver un lointain rapprochement à de l'affection faire semblant d'être malade. J'étais dans la cuisine je feignais un mal de ventre. Je lui ai demandé un câlin. Elle a eu une grimace presque imperceptible. J'ai tendu mes bras les ai enserrés autour d'elle. Ses bras sont restés ballants. Aujourd'hui une fois de plus j'associe cette image à mon mercredi "d'adieu". Après avoir eu son premier accès de rage je la revois. Les cheveux défaits. L'air fatigué. Les dents serrées. Et ses bras qui tombaient. Elle n'était jamais ainsi. Toujours en activité, l'ai concentré même absente constante dans sa présence. Là elle me faisait peur. Peur pour moi mais aussi peur pour elle. Peur en m'enfuyant pour mon frère et ma sœur restés seuls chez elle. Je n'en pouvais plus je me sentais incapable de rester.

Un jour nous étions en voiture. Sûrement l'année de 5ème. Elle était sur le siège du côté passager. L'enfant que j'étais a eu peur. Peur de ses sentiments et de l'affreuse que je pouvais être. Elle venait d'être odieuse avec moi. J'ai eu peur de ne plus l'aimer, de trop la haïr pour l'aimer encore. Alors je l'ai imaginé morte, pour vérifier que je la voyais toujours comme une maman, j'ai pleuré. Ca m'a rassuré. Il a fallut l'imaginer morte pour m'assurer de l'aimer. Si j'avais su que, un jour, je serai prisonnière de cet amour corrosif que je lui porte. 
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Pour pouvoir avoir des médicaments il faudrait que la psychologue fasse une ordonnance avec 6 Xanax par jour/
Mais il parait qu'elle n'a pas le droit.
On me laisse seul avec mon problème d'addictions et de stress non résolu

C'EST POUSSER AU SUICIDE
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