Auteur Sujet: Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...  (Lu 71476 fois)

0 Membres et 2 Invités sur ce sujet

Hors ligne Mélie

  • Membre Complet
  • ***
  • Messages: 197
Re : Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...
« Réponse #135 le: 01 Mai 2012 à 15:57:00 »
vous savez nous n'en avons pas fini du manque de nos enfants, cela nous suivra toute notre vie,
je ne sais pas si le temps apaise le chagrin, je communique depuis plus d'un an, avec des parents qui ont perdu leur fille unique, voilà plus de 13 ans, et dans un des écrits le papa disait ceci, 5 ans après le décès de leur fille "Après la véritable pétrification initiale, tout n'est que décombres en nous, aucun apprentissage antérieur, aucune expérience, en laquelle puiser ne peut aider : il faut se reconstruire, se reconstruire, retisser les lambeaux de notre existence ! il s'agit maintenant de "petits bricolages" au quotidien qui aident à continuer........un semblant d'"art de vivre" fragile et pâle, à des années lumières de ce qui faisait aimer la vie auparavant..."
quand je vous disais qu'il fallait user le chagrin, c'est dire qu'il faut du temps et de l'énergie, alors qu'elle nous manque si souvent...
19 mois me sépare de mon fils, je me sens bien sûr plus résignée que vous parce que je ne peux faire autrement, mais il me faudra la vie entière pour l'accepter.
chaleureuses pensées à vous et à toutes


Hors ligne mam'deCath

  • Membre Héroïque
  • *****
  • Messages: 815
Re : Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...
« Réponse #136 le: 04 Mai 2012 à 20:36:59 »
Je ne sais pas Mélie si vous parvenez à parler de votre fils avec vos proches... Moi je n'ai que le groupe de paroles
une fois, parfois deux,  dans le mois.... Une demi-heure par semaine je déverse ma douleur chez une psy et quand
je n'en peux plus  parce que le chagrin me submerge et que je ne  le contiens plus je vais sur une ligne d'écoute,
comme c'était le cas aujourd'hui....

Je ne sais pas si nous usons le chagrin où si c'est le chagrin qui nous use... mais je n'arrive même plus à m'exprimer
sur ce forum.... comme si je n'avais plus les mots... Ces mots qui s'épuisent sans doute quand on aura tout dit ?

C'est intolérable de perdre nos enfants ainsi... de leur survivre. Pourquoi ? Pourquoi ?

Je me sens plus seule que jamais, mes quelques proches ont fui... J'y suis pour quelquechose puisqu'il a fallu que
je dise à tous que ma fille n'avait pas besoin de morale, ni de reproches, encore moins d'être bousculée, elle avait
un ralentissement psychomoteur,  ne récupérait pas... plus... et avait besoin d'aide et d'affection !

Et bien voilà, c'est dit et le résultat n'a rien de surprenant, la réponse de ma soeur : "on ne peut pas revenir en arrière" !
Plutôt que de s'expliquer... on fait les offensés et la perte de ma fille, sa souffrance,  ma douleur... passent... après !
Il me faut maintenant assumer "mes" paroles, TOUT assumer... dans une totale  solitude, un vide abyssal....
avec le doux et tendre souvenir de ma chère et unique  enfant...  tous mes regrets de ne pas avoir décelé l'urgence de trouver
de l'aide, auprès d'autres médecins, de ne pas avoir avoir fait comprendre aux proches qu' il fallait lui ficher la paix !
Comment peut-on être ainsi laissée  dans l'ignorance du mal qui ronge un être si cher, si précieux ?
 
Ses enfants tant aimés  ne sauront pas tout ce qu'elle a fait ni la lutte qu'elle a menée pour eux, dans son extrême
faiblesse,  ses derniers mois...  Personne d'autre n' en a été conscient, ne l'a soutenue... par contre les critiques n'ont pas
manqué .... Les voilà les raisons pour lesquelles tous ont fui.....
Où puiser le courage de réussir à  rencontrer ses petits sans pleurer de les voir non accompagnés de leur  maman
qu'ils n'osent à peine évoquer pour le moment ?
 
Douceur et paix.   Mamm'j
« Modifié: 07 Mai 2012 à 10:33:55 par Mammj »

Hors ligne Mélie

  • Membre Complet
  • ***
  • Messages: 197
Re : Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...
« Réponse #137 le: 07 Mai 2012 à 16:16:43 »
nous évoquons souvent (et parfois moins cela dépend) de mon fils Adrien,  nous tous parents, avons besoin de parler de notre enfant ceci n'est évidemment pas compris par tout le monde.
en même temps il est évident que pour notre entourage l'évoquer se fera de moins en moins, mais je veillerai à cela.
de mon côté il n'y a pas de groupe parole, bcp trop éloigné de chez moi , je me réfugie dans la lecture j'y arrive mieux à présent, et puis la psychologue de manière de plus en plus épisodique mais cela fait du bien.
tendresse à vous

Hors ligne mam'deCath

  • Membre Héroïque
  • *****
  • Messages: 815
Re : Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...
« Réponse #138 le: 14 Mai 2012 à 10:53:12 »
Bonjour Mélie, bonjour à tous,
Si je ne fuis pas la souffrance -façon de parler car je l’assomme à coups d'anxiolitiques le jour et d'anti-dépresseur la nuit-, je fuis
la réalité, j'en suis encore à la recherche de ma fille... mon unique enfant. La faire grandir pendant vingt ans, ensuite  la suivre,  
plus à distance,  dans sa vie de femme, et la savoir maintenant sous cette dalle, je ne peux encore l'intégrer !
N'ayant  plus de famille à penser au quotidien,  même si je sais que c'est insuffisant à dépasser  le traumatisme, je suppose que
"peu à peu" les obligations quotidiennes tirent en avant....
Je mettrai donc plus de temps que certains à poursuivre ma route, autrement, comment ? je le verrai bien un jour après l'autre,
"chacun est unique et réagit à sa manière" selon la référence... C. Fauré ! (n'y en a-t il pas d'autre ?).
A part les ateliers qu'elle a été une des premières à mettre en place, je n'adhère pas trop à E. Kübler-Ross...
J'ai lu Lytta Basset, qui malgré sa religion et ses croyances et alors qu'elle était très occupée et très entourée, a mis pratiquement  cinq ans à intégrer le départ brutal de son fils.... à pouvoir écrire son douloureux parcours intérieur et  "spirituel".
A défaut de recevoir de l'affection des miens que mon chagrin et mes regrets -voire mes reproches- insupportent,  je vais tenter de continuer d'en avoir pour ceux qui restent, qui vivent loin de moi, mes deux petits-enfants.... dont la tendresse a tant manqué
à leur maman le temps de sa dépression, et réciproquement,  pour réussir à  tenir debout encore un temps, le temps de la rejoindre.
Affectueuses pensées.
« Modifié: 14 Mai 2012 à 13:56:06 par Mammj »

Hors ligne Mélie

  • Membre Complet
  • ***
  • Messages: 197
Re : Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...
« Réponse #139 le: 14 Mai 2012 à 14:47:19 »
comme vous le dites si bien, chacun chacune a son propre cheminement à faire et cela peut prendre de nombreuses années, et cela est évidemment plus ou moins difficile selon le contexte familial....
nous garderons à tout jamais "cet insupportable",  et le manque immense que cela occasionne. mais il n'y a que deux voies possibles soit se laisser couler dans le chagrin soit lutter jour après jour....pour que ce chagrin ne nous pourrisse pas l'existence et nous permette de donner le meilleur de nous même....
même si vous ne le croyez pas aujourd'hui, vous avancez......bien sûr il y a l'aide des médicaments peut-être qu'un jour vous en aurez moins besoin, vous faites avec ce qui est, au jour le jour....et accrochez vous à ce qui donne encore du sens à votre vie !!
bien à vous

Hors ligne mam'deCath

  • Membre Héroïque
  • *****
  • Messages: 815
Re : Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...
« Réponse #140 le: 15 Mai 2012 à 18:25:31 »
Je remets ici le contenu de mon post sur le module  Idées et suggestions  "ma p'tite Loulou" :

Bien sûr que nous devrons avancer, que nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour ne pas sombrer,  à notre tour,
dans la maladie (la dépression) .... Si nous avons beaucoup de regrets nous savons aussi plus que jamais que "la mère parfaite"
n'existe pas, de ce fait  nous n'avons pas à justifier notre attitude, simplement reconnaître avec humilité notre impuissance,
notamment  dans la maladie physique et psychique (moins visible, souvent niée et pire... insidieusement en progression...) !

Pour cette raison, et je ne parle que pour le cas de ma fille, son geste n'est "pas un choix", c'est un acte pathologique, un des
symptômes de la dépression... (info-dépression.fr et infosuicide.org) le "dernier remède trouvé" à trop de souffrance psychique !
Je souhaite que la dépression quelle que soit la façon sous laquelle  elle se manifeste soit enfin prise au sérieux dès le départ,
qu'on parle enfin davantage de la prévention du suicide  !

Dès que j'aurai terminé mes démarches en cours (contre d'abord un  médecin-psychiatre libéral désinvolte puis l'hôpital
qui en a fait un légume à  coups de neuroleptiques à fortes doses),  s'il me reste un souffle de force et de vie je ferai
tout ce que je pourrai pour me consacrer,  bénévolement,  à cette cause....  
Si nous avions été prévenus, si nous avions pu l'aider, ma Cath serait en vie ; elle s'est battue pendant des mois, je ne pouvais
tout assumer à moi  seule, sans aucune aide....
Et je le répète une fois de plus...  nos proches ont cru qu'elle simulait la maladie, tous m'ont reproché de l'aider, de la conforter
dans sa perte d'autonomie.... GRAVISSIME car je finissais par croire que je lui nuisais... par croire que je devais la laisser
se débrouiller sans moi alors qu'il lui  fallait une présence, un soutien, des soins appropriés, le temps de se tirer d'affaire...
elle y croyait, c'était de l'ordre du possible...
Voilà pourquoi je suis abandonnée à mon tour, car si moi je dois subir la perte horrible de ma fille , les autres n'assument pas
le comportement erroné qu'ils ont adopté à l'égard de mon enfant, à mon égard, la fuite est... leur réaction, faute d'explications...
 
Nous ne pouvons  réduire  tous les cas de suicides à une seule origine mais tous les cas de suicides méritent d'être combattus !

Je suis une  maman qui n'a pu éviter le pire à son unique enfant, que "médecins et entourage  dans l'ignorance" ont enfermée dans
l'irrémédiable et ce, en l'espace de quelques mois, suite à une séparation compliquée qu'elle pensait pourtant solutionner, pour
elle et ses deux enfants, mais elle n'avait pas prévu ni la fatigue ni la dépression,  d'abord "réactionnelle" puis "majeure"

J'éprouve le besoin d'ajouter que ... jamais, jamais, je ne lui tiendrai rigueur de cette tragédie que nous devons assumer
aujourd'hui... dont moi sa mère - à l'instar d'autres mères je le sais -  je ne me remettrai jamais.

Chaleureusement à tous.
« Modifié: 16 Mai 2012 à 13:17:36 par Mammj »

Hors ligne mam'deCath

  • Membre Héroïque
  • *****
  • Messages: 815
Re : Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...
« Réponse #141 le: 17 Mai 2012 à 15:33:28 »
Bonjour à Tous,

Pour en revenir à ce que qu'écrit Mélie, je  ne pense pas --pour ma part en tout cas-- qu'il n'y ait que deux voies possibles,
ou alors je n'ai strictement  rien compris à ce qu'explique C. Fauré  bien que, et je le souhaite,  il ne soit  la seule référence
en matière  de "vécu du deuil" !
Pourquoi voir tout en noir et blanc, soit en manichéistes, alors qu'il y a, je l'espère,  des nuances...  ?
On peut...  ne pas sombrer dans la "dépression-mélancolie" qui vous emporte (elle a emporté mon unique enfant pourtant plus
dynamique, avec davantage de projets que moi) et,  tout le reste de sa vie,  continuer sa route en se donnant à ceux
qui restent, et/ou en se donnant à d'autres mais, au final,  qu'en est-il pour soi-même ?
Sans doute, verrai-je ma situation autrement avec le temps  (le temps qui me reste imparti...) , même si ma fille a été
ma raison de vivre,  même si je n'ai pas perçu ce qu'elle traversait, pas compris que je devais -en priorité-  privilégier pour elle
les rencontres avec ses deux enfants...
 
Dans l'immédiat, comme pour d'autres, ce forum est un "tremplin" et mon voeu est que chacun  trouve  une continuité, celle
qu'il lui plaira ou plutôt celle qu'il lui  sera possible de mener !
On voit des" endeuillés" qui croyaient avoir rebondi et qui reviennent après deux ans et plus, parce qu'il ont sauté une étape,
une étape que nous ne pouvons court-circuiter.... la mienne durera peut-être car si  la douleur est vive comme pour bon nombre
d'entre nous, , il y a ces regrets -et bien plus-  que tous nous ayons été "à côté de la plaque" !

Comme d'autres, dès que j'irai moins mal  ou qu'il me faudra prendre  quelque distance par rapport à nos souffrances et nos
espoirs communs exprimés ici, je vous dirai un grand merci à tous, si cela m'est permis, et j'irai terminer mon "accomplissement" ailleurs.
Mais d'ores et déjà, vos apports à toutes et tous ont été précieux. Je vous ai tous lus depuis bien avant d'être intervenue sur ce forum...

Chaleureusement.  Mamm'j



« Modifié: 17 Mai 2012 à 23:03:09 par Mammj »

Hors ligne Méduse

  • Membre Héroïque
  • *****
  • Messages: 780
Re : Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...
« Réponse #142 le: 17 Mai 2012 à 16:47:01 »
En fait, Mammj, vous avez raison. Réflexion faite, je me rends compte que je me suis effectivement enfoncée dans mon chagrin pendant des mois et négligeais mes proches complètement avant de pouvoir remonter doucement la pente. Et je disais à ceux qui voulaient me ramener à la vie un peu trop vite qu’il ne fallait pas bruler les étapes. J'ai bien eu besoin de ce temps. Je tâcherai de ne pas l’oublier. Parfois, j’ai l’impression de tourner en rond avec mes pensées.
J’espère que je ne vous ai pas fait du mal. En fait, j'avais réinterprété à tort les paroles de Mélie en : je pars comme ma fille ou je continue malgré ma peine. La deuxième alternative, je ne la vois pas dans le blanc, mais bien dans les gris !
Pardon, si je vous ai blessée. Je voulais juste vous encourager à vous pardonner comme moi, j'essaie de me pardonner.

Si jamais vous décidiez de quitter le forum, alors je vous souhaite bonne route.
Chaleureusement
Méduse

Hors ligne mam'deCath

  • Membre Héroïque
  • *****
  • Messages: 815
Re : Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...
« Réponse #143 le: 17 Mai 2012 à 20:04:24 »
Vous ne m'avez pas blessée Méduse... j'ai tout simplement dit ce que moi je ne partageais pas complètement.
Nous avançons à tâtons sur ce forum, sachant toutefois que nous pouvons y exprimer notre douleur,
nos regrets, notre désespoir mais aussi l' espérance que celles et ceux qui ont une longueur d'avance nous
laissent entrevoir !
Une chose est certaine, nos échanges profitent à tous  dans des creux de vague et la tourmente,  souvent,
avec pour tout secours nos mots sincères ajoutés les  uns  aux autres... et, pour quelques-uns, un entourage présent
et soutenant !
Affectueusement à Toutes et Tous.
Mamm'j
« Modifié: 17 Mai 2012 à 20:44:23 par Mammj »

Hors ligne Mélie

  • Membre Complet
  • ***
  • Messages: 197
En fait, Mammj, vous avez raison. Réflexion faite, je me rends compte que je me suis effectivement enfoncée dans mon chagrin pendant des mois et négligeais mes proches complètement avant de pouvoir remonter doucement la pente. Et je disais à ceux qui voulaient me ramener à la vie un peu trop vite qu’il ne fallait pas bruler les étapes. J'ai bien eu besoin de ce temps. Je tâcherai de ne pas l’oublier. Parfois, j’ai l’impression de tourner en rond avec mes pensées.
J’espère que je ne vous ai pas fait du mal. En fait, j'avais réinterprété à tort les paroles de Mélie en : je pars comme ma fille ou je continue malgré ma peine. La deuxième alternative, je ne la vois pas dans le blanc, mais bien dans les gris !
Pardon, si je vous ai blessée. Je voulais juste vous encourager à vous pardonner comme moi, j'essaie de me pardonner.

Si jamais vous décidiez de quitter le forum, alors je vous souhaite bonne route.
Chaleureusement
Méduse

c'est exactement cela, la suite nous le savons où nous nous laissons couler ou nous luttons avec nos cris nos larmes et aussi nos moments plus paisibles, ce n'est pas linéaire et ce qui nous tient un jour est remis en cause le lendemain si ce n'est pas quelques heures après...
il n'y a pas de blanc de noir de gris, il y a toutes les nuances et ce n'est jamais une fois pour toute
chaleureuses pensées à vous toutes

Hors ligne Yuna

  • Membre Complet
  • ***
  • Messages: 119
Re : Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...
« Réponse #145 le: 21 Mai 2012 à 20:59:18 »
Bonsoir

C'est vraie Mélie, Mamm' ... il y a toutes ces nuances qui affeurent à notre esprit.  Oui, je le vis moi aussi cela, moi  qui ai perdu mon fils unique, il y a tout juste 7 mois.

J'arrive pourtant à survivre ; je communique avec mon fils qui vit en moi . Non, je ne suis pas une illuminée ; non, simplement je me suis accordée la paix de l'âme. J'entretiens une conversation, un dialogue avec mon fls et cet échange , sans ambigüité, est fructueux et ô combien bénéfique.

Parvenir à ne plus se faire du mal en cultivant un souvenir qui nous détruit ; parvenir à voir notre enfant ou ce parent qui est "parti", non pas comme quelqu'un que nous ne verrons plus, mais comme une "étoile" qui vibre au plus profond de nous , nous aide à vivre, et nous stimule aussi quelque part. Ce "regard" qui est aujourd'hui le mien , me soutient et embellit ma vie , le reste de ma vie devrais-je dire. Pour combien de temps ! ça , je l'ignore . En attendant, c'est un soutien précieux.

J'aimerais que mon témoignage vous aide , à vous aussi ...

Je croise les doigts et vous envoie , par la pensée, plein d'ondes de lumière et d'amour.

Amitié sincère

Hors ligne mam'deCath

  • Membre Héroïque
  • *****
  • Messages: 815
Re : Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...
« Réponse #146 le: 22 Mai 2012 à 08:29:22 »
Bonjour Yuna et  Mélie, à toutes et tous,
 
Votre façon de survivre à la perte de votre fils Yuna, je la  comprends,  je conçois qu'elle soit d'un grand réconfort pour vous,
je n'ai pas vraiment les mots toutefois je pense qu'avec le temps il nous faut intégrer d'une manière ou d'une autre que nos enfants..
soient à nos côtés différemment... qu'ils nous soutiennent dans ce parcours que nous devons accomplir.... du mieux que nous
pouvons, pourrons...

Pour l'instant moi j'ai l'impression d'avoir été oubliée sur un parking et je cherche ma direction.... pour une issue !

Je ne savais pas grand chose ( ou je n'ai pas mesuré) , de toutes les ruptures que ma fille  vivait douloureusement, je ne savais
rien de la gravité de sa dépression...  Un dimanche soir,  elle nous a fait faux bond après avoir  appelé deux fois les urgences pour échapper à ses idées suicidaires,  pour échapper à la crise qui s'emparait d'elle (vu sur son mobile après sa mort)) ! J'étais avec elle, je n'ai pas perçu un tel  désespoir, visible pourtant...  je l'ai laissée ce soir-là alors qu'elle souhaitait que je reste,  la croyant avec son ado,  elle s'est retrouvée seule....
J''ai tant expliqué ce drame, mes regrets de ne pas l'avoir comprise,  d'avoir été laissée par les médecins, moi et les siens,
dans l'ignorance du mal dans lequel elle s'enfonçait !
De ce fait, nous n'avons pas réagi dans le bon sens, mais plutôt à contre-courant car dans son état elle ne pouvait répondre
aux sollicitations des uns et des autres (ni reprendre la garde alternée de ses enfants, ni activer l'aménagement de sa maison,
ni  reprendre un emploi) ;  elle s'est sentie -à juste titre- abandonnée des siens... n'étant  plus la Cath joyeuse et performante !!!

Toujours envahie de ma lourde peine... mon incompréhension,  dans un profond isolement, après 10 mois,  bloquée dans
les "pourquoi" (chapitre 3 du livre de C. Fauré  Après le suicide d'un proche, que je relis) je me dis que comme pour :
"Celui qui croyait au ciel.... celui qui n'y croyait pas"... la souffrance est là, apprivoisée ou pas !

Ma joie c'était elle,  je suis dans la stupeur,  le manque de la personne la plus chère,  pour qui nous n'avons pas su
être  présents au bon moment.
je dois en outre assumer le vide qui s'est fait autour de moi.... suite au grand malaise au grand froid que cette tragédie
a générés... Comment tenir debout dans ce chaos indescriptible, , sans aucun soutien affectif  ? Pourquoi tous fuient,
qu'ont-ils donc à se reprocher ?  Une  situation que je subis tel un chatiment...

Douceur et paix à Tous.  Mamm'j


« Modifié: 22 Mai 2012 à 09:20:45 par Mammj »

Hors ligne mamita

  • Membre Senior
  • ****
  • Messages: 439
Re : Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...
« Réponse #147 le: 22 Mai 2012 à 09:26:51 »
Bonjour Mammj,

Non vous n'avez pas mérité de châtiment ... vous n'êtes pas responsable. Nous les "mamans" avons cette facheuse tendance  à nous tenir pour responsables des problèmes qu'ont nos enfants.
Quand  ils deviennent adultes, nous devons accepter en toute humilité de ne plus pouvoir intervenir dans leur vie, nous ne pouvons tout maîtriser, alors acceptons que leur vie nous échappe ... nous n'avons pas tous les pouvoirs hélas !

Moi j'ai cru que j'allais sauver Antoine, par mes recherches sur la maladie, par mes contacts avec les médecins ... par les produits de toute sorte, les vitamines, et j'en passe ... c'était presque de l'acharnement et il a fallu que, lui-même me fasse comprendre que je devais lâcher prise ... que je devais me rendre à l'évidence, il ne s'en sortirait pas car cette maladie est incurable.
Quand il s'est rendu compte que j'acceptais enfin de le "lâcher", il est devenu plus serein, je lui ai pris la main et en réponse j'ai eu le plus beau de ses sourires, et j'ai pû continuer à l'aider dans son quotidien plus sereinement, sans "m'accrocher" désespérément à lui. Un psy - qui avait très bien compris comment je me comportais -  m'avait dit : "Faites confiance à votre fils".

Soyez en paix Mammj, cessez de vous tourmenter, vous n'êtes pas responsable de la maladie de votre chère Fille.

Bonne journée ... le soleil revient

Marithé
"Au lieu de me désoler d'un futur qui n'existera plus, j'ai savouré la chance inouïe que j'ai eue de vivre à tes côtés, de te connaître et de t'aimer"

"Que la relation cesse n'est pas l'essentiel, l'Essentiel c'est qu'elle ait existé"

(Marie-Lise Labonté "Le point de rupture")

Hors ligne mam'deCath

  • Membre Héroïque
  • *****
  • Messages: 815
Re : Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...
« Réponse #148 le: 22 Mai 2012 à 13:37:42 »
Merci Mamita de ces paroles réconfortantes...

Ce que nous avons vécu est de l'ordre d' un accident auquel nous n'étions pas du tout préparés... parce que non prévenus
du risque que mon unique enfant  courait.... Elle a voulu, bien qu'en détresse, montrer  qu'elle assumait... "jusqu'au bout" !
Et ce que je ne comprends pas aujourd'hui, c'est le retrait des miens du fait que je leur ai fait des reproches !!!!
J'attendais au moins qu'ils veuillent s'expliquer... non ils préfèrent couper les ponts !

Il y a un an, le 19 mai, pour les obsèques de ma mère, ma Cath était sortie de l'hôpital et,  lors du petit repas de famille organisé
par ma soeur, mon neveu lui a dit : "tu vas coller longtemps comme cela  à ta mère ?" (lui qui ne fait rien sans ses deux parents)...
Elle m'a regardée, je n'ai pas relevé, ce n'était pas le jour.... Je l'ai toutefois regretté.... 7 semaines après, elle mourait !
J'ai appris , (il y a  quelque mois seulement,   après avoir reçu le dossier médical et le  rapport des urgences)  que c'est lui, mon neveu et filleul, le cousin en qui elle avait confiance, qui l' a " laissée"  une  nuit aux urgences d'un hôpital "telle un paquet" alors qu'il était venu la chercher pour passer la soirée chez eux ;  j'étais fatiguée ce soir-là de ses crises d'angoisses  non prises en charge par sa psychiatre.... (soit  deux mois avant le décès de ma mère).
Elle m'avait fait observer entretemps qu'elle ne lui faisait plus confiance sans m'en donner la raison !
Dès que j'ai eu les documents, que j'ai su, l il a fallu que je le  leur dise....  et j'attendais une réponse.... Ils étaient loin de se douter
ma soeur et son fils,  que tout est écrit sur le rapport des urgences....

Qu'auriez-vous fait à ma place ?   Puis-je les revoir un jour et oublier la souffrance de mon enfant ? J'en suis incapable même si
c'est très dur tout cet éclatement familial.... Et eux, que désirent-ils ? C'est sans doute irrémédiable comme la perte de mon enfant.
C'est délicat, je sais, mais n'hésitez pas à me dire  ce que vous en pensez, ce que vous feriez,  spontanément !

Merci et pensées sincères à tous.
Mamm'j



« Modifié: 22 Mai 2012 à 14:29:56 par Mammj »

Hors ligne mamita

  • Membre Senior
  • ****
  • Messages: 439
Re : Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...
« Réponse #149 le: 22 Mai 2012 à 14:09:07 »

Oui Mammj, je vous comprends ... En lisant votre histoire et à votre place, me connaissant (je suis très "entière", franche ...  parfois trop) j'aurais sans doute couper les ponts avec cette famille ... y-a-t-il un intérêt à garder une relation avec des personnes "toxiques" ?
Non, je ne crois pas, alors vous avez raison, ignorez-les ... c'est à eux de faire le premier pas et de revenir pour vous soutenir.
 
Oui je vous comprends parfois il vaut mieux rester seule avec son chagrin ... garder Cath, dans votre coeur.
 
Par contre j'espère que vous pourrez tout de même avoir une bonne relation avec vos petits enfants, ça c'est important pour eux, pour vous, pour leur maman ...

Avec mes meilleures pensées

Marithé
"Au lieu de me désoler d'un futur qui n'existera plus, j'ai savouré la chance inouïe que j'ai eue de vivre à tes côtés, de te connaître et de t'aimer"

"Que la relation cesse n'est pas l'essentiel, l'Essentiel c'est qu'elle ait existé"

(Marie-Lise Labonté "Le point de rupture")