Auteur Sujet: texte sur le veuvage de Nadine Beauthéac et autres auteurs  (Lu 18711 fois)

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Hors ligne qiguan

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Hors ligne kate911

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  • Le forum d'entraide durant un deuil
Re : texte sur le veuvage de Nadine Beauthéac et autres auteurs
« Réponse #31 le: 03 Septembre 2017 à 11:49:32 »
Bonjour,

Mon époux nous à quitté il y a 17 jours. Mes enfants sont grands et vivent leur vie.
je me sens seule et démunie. Je dois reprendre le travail demain, je me demande si c'est trop tôt mais tourner en rond toute la journée m'est insuportable. 

 Le texte sur le veuvage est très beau, mais pas très optimiste, en le lisant j'ai l'impression qu'il faudra des années avant de se sentir de nouveau "normale".

Merci de votre soutien

Hors ligne qiguan

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Re : Re : texte sur le veuvage de Nadine Beauthéac et autres auteurs
« Réponse #32 le: 05 Septembre 2017 à 22:02:36 »
Bonjour,

Mon époux nous à quitté il y a 17 jours. Mes enfants sont grands et vivent leur vie.
je me sens seule et démunie. Je dois reprendre le travail demain, je me demande si c'est trop tôt mais tourner en rond toute la journée m'est insuportable. 

 Le texte sur le veuvage est très beau, mais pas très optimiste, en le lisant j'ai l'impression qu'il faudra des années avant de se sentir de nouveau "normale".

Merci de votre soutien

oui des années et se sentir différente encore même si "normale" c'est ce que disent des plus anciens
comment trouver de l'optimisme si ce n'est savoir que d'autres ont survécu à cette épreuve ?
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Hors ligne PAVELLE

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Re : texte sur le veuvage de Nadine Beauthéac et autres auteurs
« Réponse #33 le: 30 Octobre 2017 à 23:22:20 »
merci pour toutes ces ressources.
Je t'avais dans la peau. Désormais tu seras toujours sur ma peau...

Hors ligne dorémi

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  • Le forum d'entraide durant un deuil
Re : texte sur le veuvage de Nadine Beauthéac et autres auteurs
« Réponse #34 le: 01 Novembre 2017 à 23:54:07 »
Merci pour cette publication de 2 textes intéressants, beaux mais un peu bruts...
J'ai l'impression d'être encore loin de tout ce qui'il y est dit alors que dans 2 jours cela fera 10 mois que je suis seule...  Je reconnais une partie de ces écrits dans mon malheur mais j'ai peur de ce qui m'attends...
Incapable de prendre la moindre décision, incapable de m'occuper de mon fils de 15 mois comme je le voudrais car son père me manque trop ... je plonge dan ma tristesse et ma volonté d'en sortir n'y fait rien...
Ces textes me permettent de me sentir normale...
Je ne sais pas de quoi j'ai besoin mais je viens souvent en silence juste lire ce qui se passe sur ce forum... 
Chose vraie que je vis au quotidien... les proches fuient le malheur... par peur de faire ou dire qq chose qu'il ne faut pas... par impuissance.. alors peut-être devrais-je persister et tenter de trouver du soutien parmi vous...
Merci pour votre intérêt à la lecture de ce message...
Dorémi

Hors ligne Nicole54

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  • Le forum d'entraide durant un deuil
Re : texte sur le veuvage de Nadine Beauthéac et autres auteurs
« Réponse #35 le: 08 Février 2018 à 20:05:36 »
Merci pour ces textes, ces liens.

Trop vrai......

Hors ligne qiguan

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Re : texte sur le veuvage de Nadine Beauthéac et autres auteurs
« Réponse #36 le: 20 Février 2018 à 20:57:54 »
à lire absolument
http://deuil.comemo.org/deuil-conjoint-perdre-mari
sur le site dont est issu ce forum
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Hors ligne resterunpourtoujours

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  • Le forum d'entraide durant un deuil
Re : texte sur le veuvage de Nadine Beauthéac et autres auteurs
« Réponse #37 le: 06 Mars 2018 à 13:50:32 »
D’abord ethnologue et travaillant pour des organismes internationaux,
Nadine Beauthéac a perdu son premier enfant, puis son mari. Veuve
à 46 ans, elle a entrepris des études de psychothérapeute et tente d’aider
par son expérience et sa compétence, les personnes affectées par le deuil.
Elle fait aussi partie de l’association Vivre son deuil - Ile-de-France.

La réalité du deuil est très mal connue dans
notre société. La souffrance de veuvage,
elle, est largement sous-estimée face à
l’horreur qu’engendre la mort de l’enfant.
Perdre son conjoint, c’est pourtant perdre « sa
moitié ». C’est perdre avec elle le quotidien, ses
habitudes, sa routine, bien sûr la tendresse et la
sexualité partagées, la complémentarité aussi des
tâches autant domestiques qu’éducatives avec les
enfants, les projets familiaux, etc. La personne
veuve se retrouve « seule » dans la vie, malgré
ses enfants. Comment continuer à vivre lorsqu’on
perd celui ou celle qui cristallise le désir de vivre ?
Le vécu du deuil au quotidien
L’absence physique de l’être aimé est la confrontation
avec le vide qu’il laisse à jamais. Il faut
apprendre à mettre un couvert en moins à table,
voir la famille réunie avec lui ou elle, absent(e) à
jamais, ranger des vêtements qui ne seront plus
portés. D’autres se retrouvent dans la solitude
d’un appartement.
À la violence de l’absence répond une violence du
chagrin. Les pleurs sont parfois épouvantables.
Certains vivent sans larmes, « en automate ». La
fatigue physique est très présente. Prendre soin
de soi, savoir se donner les moments de repos,
constitue la première manière de traverser le
deuil. S’associe une fatigue psychomotrice. Faire
la moindre chose semble impossible. Certains
ne se sentent plus capables de travailler ou de
s’occuper des enfants.
L’endeuillé se perçoit comme anormal, les arrêts
maladie sont fréquents, d’autres au contraire
« tiennent » au-delà des limites du raisonnable
et tombent dans la maladie. Cet état dépressif est
passager, lié à la crise du deuil, même si celui-ci
dure longtemps. Il s’accompagne souvent d’hallucinations
visuelles, auditives et olfactives : on
devine dans une foule le défunt, il est présent de
l’autre côté de la porte. Vivre de tels instants est
normal. Être patient dans cet état intolérable va
donner la possibilité d’accomplir peu à peu cette
tâche psychologique immense : arriver à vivre
sans la personne aimée.
L’endeuillé traverse aussi un ouragan émotionnel.
Les deux émotions prépondérantes sont la
colère et la culpabilité. La colère passe par la
révolte, le sentiment d’injustice, la rage. Colère
contre la vie, le destin, Dieu, les responsables
de l’accident, les médecins. Mais aussi contre
le défunt lui-même parce qu’il nous a abandonnés.
Il y a tous ces pourquoi : pourquoi lui/elle ?
pourquoi moi ? pourquoi nous ? pourquoi notre
famille ? La culpabilité, elle, s’accompagne de
l’expression « J’aurais dû » : « J’aurais dû voir qu’il
était dépressif et qu’il pouvait se suicider », « J’aurais
dû lui dire que je l’aimais au lieu de me disputer
avec elle ». Et il faut accepter aussi de survivre
au défunt. D’autres émotions peuvent encore
être là : l’angoisse, la détresse, la honte parfois…
Les temps du deuil
Le premier temps du deuil, le temps du choc,
commence quand nous apprenons la mort. Il
était d’usage de penser que ce temps durait de
quelques heures à quelques jours. Mais c’est une
erreur. L’endeuillé entre dans un état de dépersonnalisation
où il reste hébété. Il va falloir de
plusieurs semaines à plusieurs mois pour que
le psychisme arrive à intégrer émotionnellement
la nouvelle. Se met en place alors le temps de la
grande souffrance. C’est l’explosion de la culpabilité,
de la colère, de l’angoisse. La vie n’a plus
aucun sens, les paroles de consolation sont inutiles,
les jugements laissant sous-entendre que
l’on ne s’en remet pas assez vite, font très mal.
Le temps donne au psychisme la possibilité de
travailler les émotions : c’est là ce fameux « travail
de deuil ». Travail intérieur qui permet d’apprivoiser
l’absence du défunt, de transformer la
déconstruction en une construction d’une nouvelle
personnalité qui va assumer de nouveaux
choix pour continuer à vivre. Ce temps peut durer
de plusieurs mois à plusieurs années. L’endeuillé
découvre de nouvelles possibilités d’aimer la vie.
S’installe le deuil cyclique et intermittent. Si le
deuil a un début avec le temps du choc, un milieu
avec celui de la grande souffrance, il n’a pas de
fin. Nous n’oublions pas nos morts, nous les
mettons au contraire à leur juste place qui est
dans le souvenir et le coeur, et il est normal que,
de temps à autre, le chagrin revienne se manifester.
Éprouver l’absence au fil des années n’est pas
pathologique. Le deuil va alors suivre les cycles
d’un calendrier personnel avec le plus souvent
les dates anniversaires (de naissance, de décès),
les fêtes (Noël, fête des mères, etc.), le cycle de
la vie (naissances, mariages). Et s’exprimer par
intermittence : une chanson, une image de film
évoquent un souvenir et une bouffée de chagrin
revient.
Quel nouveau sens a sa vie ?
Va se poser la question de construire un nouveau
lien. Pour les jeunes veuves et veufs, cela est
souvent une évidence. Mais, à notre époque, les
endeuillés du « troisième âge » osent se lancer
aussi dans une telle option. C’est une avancée
psychologique pour les femmes que d’intégrer
qu’aimer « ensuite » n’est pas renier l’amour précédent.
Car c’est bien cela l’enjeu de passer un
nouveau lien. Comment puis-je aimer à nouveau
sans être infidèle à mon conjoint mort ? Ai-je le
droit d’être heureux ? Vais-je refaire confiance à la
vie ? Les hommes construisent plus rapidement
une nouvelle relation. L’entourage a tendance à
penser qu’« il s’est consolé bien vite ». Mais les
hommes ont un rapport spécifique au temps et
à l’action, ce qui leur permet d’aller vers le futur
souvent plus aisément que les femmes. Ce n’est
pas pour autant qu’ils « oublient » la défunte. Ils
savent faire coexister la morte et la vivante et ce
n’est pas sans chagrin pour eux. D’autres vont
au contraire trouver un nouveau sens à leur vie
dans des domaines divers : faire des activités nouvelles,
voyager, s’occuper des petits-enfants de
manière privilégiée, s’investir dans le bénévolat…
La marque de la bonne intégration du deuil sera
le plaisir retrouvé dans ces nouveaux choix quels
qu’ils soient, la capacité de vivre alors « avec » la
perte et non plus « dans » la perte.

extrait du bulletin 154 du bulletin espérance et vie


merçi  mais il y a aussi le blocage dans un temps qui n'existe plus avec une vie à deux dans l imaginaire, c'est une autre voie

Hors ligne qiguan

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Re : texte sur le veuvage de Nadine Beauthéac et autres auteurs
« Réponse #38 le: 03 Avril 2018 à 17:53:28 »
sur un livre
http://www.lemonde.fr/livres/article/2018/03/21/jens-christian-grondahl-rompt-la-glace_5274324_3260.html
à lire des extraits sur babelio en tapant le titre sur un moteur de recherche

LA CHRONIQUE D'ÉRIC NEUHOFF - L'écrivain danois dissèque les sentiments troubles, les mensonges, les petites vengeances, à travers les souvenirs d'une survivante.

La lettre n'arrivera jamais. Ellinor écrit à une amie morte. Avec Anna, leur histoire a été compliquée.

Résumons. Elles se sont connues toutes jeunes. Elles se sont mariées, Ellinor avec Henning, Anna avec Georg. Anna et Henning ont été emportés par une avalanche durant des vacances dans les Dolomites. Ils avaient une liaison. Ensuite, Ellinor a épousé Georg. Et là, Georg vient de mourir à son tour.

Ellinor vend la maison, s'installe dans un quartier beaucoup moins chic de Copenhague, celui de son enfance. C'est plein de pauvres et de musulmans, lui dit un de ses beaux-fils.

La narratrice avance à pas de loup. Elle en a des choses à confier. Un voile se soulève sur son passé. Petite, elle ne savait pas qui était son père. On lui a raconté un peu n'importe quoi. Les secrets sont faits pour être murmurés au moment où on s'y attend le moins.

Chaque phrase doit se planter dans le cœur de la défunte. Après tout, Ellinor n'était dupe de rien. Elle s'est glissée dans une vie qui n'était pas la sienne.

Au début, les jumeaux de Georg l'ont accueillie avec réticence. Il y avait de quoi. Les garçons ont grandi. Leurs femmes se mêlent de ce qui ne les regarde pas.

Ellinor observe tout. Elle imagine Mia, qui avait été obèse, au retour de son jogging. Douce cruauté. Paisible vengeance. «Peut-être avait-elle encore le cardiofréquencemètre accroché à son bras bronzé, là où la peau pend un peu parce qu'elle a perdu tellement de poids.» Parfois, Ellinor s'allonge sur le sol de l'appartement vide qu'elle a acheté, comme ça, sans se poser de questions. «Je n'ai jamais réfléchi. Pas pour les choses importantes.» Petit à petit, on apprendra les dessous de sa naissance («La guerre était une avalanche», lâche sa mère), ses douleurs tues, sa façon de scruter son entourage à la loupe.

Grondahl écrit avec un scalpel. Des vérités se détachent, sur un ton presque suave. De terribles nouvelles explosent comme au ralenti. Il y a eu, oui, la jalousie. Il y a eu l'incompréhension. Était-ce une vengeance, de se glisser dans les pas d'Anna? Qui est gagnant, dans cette histoire?

Il reste une dame de soixante-dix ans qui repense à la crique isolée où se donnaient rendez-vous ses futurs parents, en 1940 et quelque. Les soldats étrangers faisaient des promesses qu'ils ne tenaient pas.

Cela fait des tonnes de regrets. Le livre est poignant comme la confession d'un inconnu croisé dans un train et qui sait qu'on ne se reverra jamais.

«Quelle n'est pas ma joie», de Jens Christian Grondahl, traduit du danois par Alain Gnaedig, Gallimard, 150 p., 15 €.

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