Auteur Sujet: DECES DE MON MARI  (Lu 30446 fois)

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Hors ligne sofyoan

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Re : DECES DE MON MARI
« Réponse #30 le: 19 Avril 2012 à 22:29:03 »
bonsoir henpasc,

et voila , encore une mort subite! encore des mots qui resonent en moi comme du deja vécu...viens nous raconter, viens te liberer de ces emotions, ici il y a des gens qui comprennent pour avoir vecu la meme chose.

je te souhaite de trouver sur ce forum le soutien que j'y ai moi meme trouvé,

amicalement

sofi

Hors ligne Caroline3

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Re : DECES DE MON MARI
« Réponse #31 le: 20 Avril 2012 à 04:23:58 »
Merci Marina,

Il me reste encore quelques jours de travail, depuis que j'ai dit que je partais, tout à coup, plein de gens qui viennent me voir, me parler, qui veulent travailler avec moi, surviennent des projets à profusion, et moi, je ne veux que me retrouver dans mon jardin à regarder pousser l'herbe.

Encore une fois, merci de ta gentillesse, de ton accompagnement. C'est très doux.

Caro xx


Hors ligne koala

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Re : DECES DE MON MARI
« Réponse #32 le: 20 Avril 2012 à 06:13:16 »
Sofi tu me voles les mots que j,aurais pu écrire!

Je me suis dit Haaaa encore une mort subite!
Ce sentiment de culpabilité! Aurions-nous pu faire qqc?! Sinon est-ce que ce destin nous serait arrivé 3 ans? 5 ans % plus tard !? Je crois qu'on aurait jamais cette réponse!

n'hesite pas a nous raconter ou a venir nous lire! Plusieurs peuvent écrire ce qu'on aurait voulu écrire... ou d'autre écrit ce qu'on voudrais ce faire dire! Bref, chacun y trouve son compte même avec toute nos situations et vie différente!
Malheusement, bienvenu parmis nous!

Hors ligne Marina Saboya

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Re : DECES DE MON MARI
« Réponse #33 le: 20 Avril 2012 à 09:01:01 »
Bonjour Henpasc (pas facile à écrire ton pseudo !), Pasc, de Pascale, et Hen… Henri ?

4 mois.
Déjà.
A peine.

4 mois pour réaliser, comprendre le côté définitif de ce départ. Difficile moment, ton cerveau ne te protège plus en « adoucissant » la vérité par la production d’endomorphine et c’est aussi le moment où ton entourage prend un peu de recul, pensant que tu as vécu le plus dur.
La prise de conscience et la solitude.

Je vois bien que toutes celles qui ont perdu leur compagnon subitement d’arrêt cardiaque, se demandent si elles ont fait ce qu’il fallait faire. Et cela semble un poids supplémentaire sur leur cœur. La rapidité d’action, et surtout dans l’appel des secours est la chose à faire, sauf si on est du milieu médical, apte à pratiquer massages cardiaques, bouche-à-bouche… Donc, oui, tu as fait ce qu’il fallait faire.

Anéantie, incapable de continuer, indifférente aux autres…
Nous connaissons, nous savons. Un océan de chagrin, des vagues violentes qui entrainent vers le fond, envie de se laisser noyer dans nos larmes, de se couler dans le sol, roulée en boule dans un coin de notre chambre…
Le manque, quasi physique, le coup de poing dans le ventre quand la crise de larmes arrive, l’air qui n’entre plus dans les poumons comme si on ne savait plus respirer sans lui, le cœur qui s’affole (ah, s’il pouvait exploser que je le rejoigne aussitôt !).
Et puis l’épuisement total.
Nous savons.

Mais pas coupable.
Pourquoi coupable ?

Toutes ces questions que tu te poses, nous les posons ici, sur le forum.
Des réponses arrivent, d’autres questions, d’autres avis, mais toujours un échange, toujours un contact et parfois simplement une phrase qui fait du bien dans la douleur comme une petite pause, parfois une main silencieuse qui se tend, une petite bouée de sauvetage dans l’océan de chagrin dont tu parles.

Je ne sais pas si tu as lu quelques messages du forum avant de t’inscrire, mais ici, nous nous apercevons que l’Amour que nous avons pour nos compagnons et nos compagnes, qui nous paraissait unique, inconditionnel, cet Amour là, n’est pas rare. Non, ce qui nous rassemble c’est le désespoir et cet Amour là.
Nous avons tous cet impression d’être né(e) pour lui (elle), de l’avoir attendu(e), de nous être accompli(e) avec lui (elle) et d’être mort(e) avec lui (elle).

Et puis pas ridicule.
Pourquoi ridicule ?

Cette souffrance insupportable ne nous donne pas tous les droits, mais elle nous autorise à chercher et trouver le moyen de survivre, que ce soit dans la religion, dans l’action, dans le silence, dans l’écriture, dans l’entraide, dans l’aide thérapeutique…

Alors saches que nous sommes tous là, bien ou moins bien, apaisés ou encore faibles, que les jours se suivent et ne se ressemblent pas, que les pensées des uns peuvent aider les autres, que nous avançons, ensemble, tant bien que mal, mais ensemble, et que c’est bon de savoir que nous ne sommes pas seul(e).

Courage Pascale ( ?)

Marina
PiMa

Mieux vaut souffrir d'avoir aimé que de souffrir de n'avoir jamais aimé.

Hors ligne QUENOUILLE

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Re : DECES DE MON MARI
« Réponse #34 le: 20 Avril 2012 à 09:34:14 »
Trois semaines et demi qu'il est parti, aussi une mort subite. Moi aussi je me culpabilise, quand il s'est levé pour aller aux toilettes (ses derniers mots ont été : j'ai des coliques) et qu'il n'est pas remonté, j'aurais dû descendre voir ce qui se passait, mais je me suis rendormie. Je ne comprends toujours pas pourquoi il n'est pas venu me dire qu'il ne se sentait pas bien. Je sais qu'il a pris une douche glacée dans la nuit, pourquoi n'est-il pas remonté me voir ?

Aujourd'hui, chaque jour se ressemble. Tout me paraît insurmontable. Moi d'habitude si dynamique, joyeuse, bavarde, je n'arrive pas à accomplir les simples tâches quotidiennes. Ce matin, j'ai réussi à balayer et laver le salon et la cuisine, et faire le lit de notre fille qui rentre demain. ça m'a paru surhumain et entre temps, je me suis assise pour feuilleter un album de nos photos d'un voyage au Canada. J'arrive au bureau avec l'envie de ne rien faire, je n'arrive pas à traiter les dossiers. Le médecin voulait m'arrêter, mais est-ce que ça ne va pas être pire d'être à la maison.

Comment arriver à gérer ses vêtements encore pendus, les outils dans l'atelier, ses magazines qui sont encore dans le porte-revues ? Comment avez-vous fait ?

Je trouve tellement de courage à certains, et j'en manque tellement. Quand notre fils est mort, j'ai cru mourir également. Mais j'avais mon mari avec moi, et notre fille de 6 ans qu'il ne fallait surtout pas laisser tomber. Aujourd'hui, mes filles sont parties. La petite est étudiante à 500 km de la maison. L'autre est présente, mais elle ne peut être avec moi tout le temps.

J'essaye de suivre vos conseils, et d'avoir des pensées positives, de me dire que j'ai vécu tant d'années de bonheur. Mais je ne vois aucun avenir. Je me dis pourquoi sortir, avec nos amis qui sont tous en couple. Pourquoi continuer, quel but dans la vie maintenant à part mes deux filles ? Sortir mes pinceaux était une joie. J'ai essayé de peindre mercredi, mais je n'ai plus mon Doudou (qui était très critique) pour me dire "c'est pas mal". Venant de lui, ça voulait dire que ça lui plaisait vraiment. La tristesse m'envahit doucement, et j'ai envie de me laisser couler.

Ma fille revient des Antilles demain, où elle a passé 15 jours en stage pour son BTS. Elle m'a acheté du punch coco, mon péché mignon. Mais même cette idée de trinquer avec mes filles, mais sans lui, m'est insupportable. Nous nous faisions une telle joie de ce stage pour elle, qui a dû le vivre de façon terrible.

Je lutte, je vous lis, et je vais essayer. Mais j'appréhende ce week-end.

Nathalie

Hors ligne Chris-ka

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Re : DECES DE MON MARI
« Réponse #35 le: 20 Avril 2012 à 10:05:53 »
Henspac,

Encore une séparation brutale !!!

Je l'ai connu aussi cette culpabilité de n'avoir pu sauver Christophe, de m'être trouvée complètement nulle ne sachant pas pratiquer de massage cardiaque ou de bouche à bouche !!! Le rapport d'autopsie a révélé une "mort subite" et je crois qu'il est parti en quelques secondes. Je pense finalement que rien ni personne ne serait arrivé à le "sauver".

Un jour au bureau, ma collègue s'était blessée et je l'ai immédiatement prise en main en m'occupant d'elle alors qu'auparavant la vue du sang m'avait toujours répugnée et quand elle m'a remercié, je lui ai dit "je n'ai pas su sauver mon mari, alors ....."

J'ai trouvé aussi beaucoup de réconfort ici alors viens, si tu le souhaites, déverser ta peine, ta douleur, ta colère ...

Comment t'appelles-tu car effectivement ton pseudo est difficile à retenir ?

Je t'embrasse
Karine

Hors ligne Chris-ka

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Re : DECES DE MON MARI
« Réponse #36 le: 20 Avril 2012 à 10:20:23 »
Nathalie,

Nathalie,

Dur, dur aujourd'hui veille de week-end ...

Si la peinture est ta passion, alors continue de peindre, je pense que tes dessins peuvent être un excellent exutoire pour exprimer ta peine, ta douleur, ton manque de lui ... Ils seront un peu gris au début puis retrouveront tout doucement des couleurs, j'en suis sûre ...

En ce qui concerne ses affaires personnelles, ne prends surtout pas de décisions hâtives. Prends ton temps, à ton rythme.

Ta fille va te ramener un rayon de soleil des Antilles, envoies nous en peu, nous en avons besoin en ce moment.

Je t'embrasse
Karine

Hors ligne Marina Saboya

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Re : DECES DE MON MARI
« Réponse #37 le: 20 Avril 2012 à 10:37:22 »
Bonjour Nathalie,

Il y a si peu de temps que ton Doudou est parti, tu ne peux pas tout résoudre en 3 semaines et demie. D’autant que nous ne mesurons plus le temps de la même façon. 3 semaines peuvent être une éternité, d’absence, de manque, de souffrance. Et cela peut être hier, souvenirs si douloureux et parfaitement imprimés.

Nous pouvons dire, les uns et les autres que chacun vit son deuil à sa manière.

Concernant les médicaments, tu as déjà eu quelques réponses.

Pour les vêtements et objets personnels, là encore les avis divergent. Mais tous nous sommes d’accord pour dire qu’il faut attendre pour prendre des décisions radicales.
Pour moi, j’ai rangé ce qui pouvait me faire mal, mais gardé ce qui me rassurait, comme un peu de lui.
Plus tard, à l’hiver, j’ai pensé que bien des gens auraient besoin de ses vêtements pour passer les grands froids et je savais aussi qu’il aurait aimé ce don de lui. Alors, j’ai encore gardé les vêtements qu’il portait le plus et donné le reste au Secours Populaire.
Je l’ai fait en plusieurs étapes, le premier tri était… peu généreux, ensuite, l’idée était dans ma tête il fallait que j’aille au bout.

J’ai aussi donné certains vêtements autour de moi, mon père, mon frère, mon beau-frère et j’aime qu’ils les portent. Et j’en ai gardé pour moi, que je porte aussi, dans l’intimité de ma famille, bien sûr. Malgré les lavages, les tee-shirts gardent une légère odeur de sa peau et cela est doux quand je les enfile. Je porte sa montre depuis 22 mois, énorme montre très lourde, et qui les premiers temps a sonné des alarmes de ci de là, comme pour me dire, je suis là !

Les magazines ont finis à la poubelle, rapidement et les revues spécialisées à la bibliothèque. Les livres, je les ai donnés à la bibliothèque de l’hôpital où…
Les médicaments, oust, à la pharmacie.
Mais je garde son rasoir, et surtout sa bouteille d’eau de toilette … mais n’ai pas encore pu l’ouvrir et respirer son odeur.

Son atelier ? A là, il y a un vrai boulot, des semaines de rangements, de tri… et je crois qu’ils sont tous un peu comme cela. Je me suis retrouvée toute bête comme une poule devant un couteau … ou comme Yohann devant son fer à repasser !
J’ai jeté ce qui me paraissait inutilisable par moi (pour lui, tout était utilisable, réutilisable, potentiellement utilisable…).
J’ai regroupé ce qui se ressemblait. Et j’ai fait appel au jugement des uns et des autres : on garde ou on jette ?

Mais tout cela, Nathalie sur plusieurs saisons.

Certains ont préférés agir vite pour ne pas souffrir un peu plus à la vue d’objets ou de vêtements. Moi, mes décisions ont eu besoin de murir.

Aucun de nous n’est plus courageux qu’un autre.
Nous avons plus de recul, et pouvons simplement dire comment les choses se sont passées pour nous. Il est certain que dire que le temps est un allié peut paraitre soit une insulte au désespoir de celui ou celle qui arrive sur le forum, soit une stupidité car nous pensons tous que notre chagrin est inconsolable.

Certes, inconsolables nous le sommes et le serons à vie, c’est une blessure profonde, violente, mais je pense que l’on apprivoise cette souffrance comme on s’habitue à une douleur physique récurrente. Nous savons que tout reste là, au fond de nous mais nous parvenons peu à peu à en garder le meilleur, le doux, le sucré.
Un jour au lieu de s’effondrer sur une photo retrouver entre les pages d’un livre, on sourit en repensant au jour où elle a été prise. Petite victoire.
Et puis, un rayon de soleil vient nous caresser le visage et on sent la chaleur nous pénétrer doucement. Petite victoire.
Et puis une amie nous entraine, ce force, faire une après midi de shopping et on a soudain envie d’un top, ou d’un jean ou d’un rouge à lèvre. Petite victoire.
Et puis, la voisine lave ses carreaux avec son transistor à fond et on chantonne en même temps. Petite victoire.

… …

Chaque vendredi, nous nous réunissons en famille (cela ne va pas loin, nous sommes 5 !) et trinquons à ceux que nous aimons et à mon Pierre. Et il est là. Tant que nous penserons à lui, il sera là. Tant que nous parlerons de lui, il sera là. Tant que je serais vivante il sera là.

Ne reste pas seule le we si possible. C’est un moment difficile, toujours, les we.

Je t’embrasse Nathalie.

Marina
PiMa

Mieux vaut souffrir d'avoir aimé que de souffrir de n'avoir jamais aimé.

Hors ligne sofyoan

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Re : DECES DE MON MARI
« Réponse #38 le: 20 Avril 2012 à 10:40:07 »
Nathalie,

prends ton temps pour les affaires, moi ça fait 4 mois, j'ai voulu assez vite trier les : "a jeter" , "a donner a une assoc" et les "a garder", mais je me suis rendue compte que les "a jeter" "a donner" j'etais pas encore prete donc tout a fini a la cave.

Hier  j'ai voulu m'occuper des " a jeter" a nouveau, j'ai remonté les sacs de la cave mais arrivée devant la porte et bien non , je pouvais decidement pas! toujours pas prete...retour a la cave.

sinon je suis preneuse de soleil des antilles si il y a du rab!

je t'embrasse
sofi

Hors ligne elo73

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Re : DECES DE MON MARI
« Réponse #39 le: 20 Avril 2012 à 11:23:36 »
Bonjour Nathalie,

Oui pas évident de trier, de ranger, de se séparer de ces affaires. On a beau se dire que ce n'est que du matériel cela nous raccroche à une réalité qui n'est plus mais que nous avons toujours envie de conserver.

Comme l'on indiqué les personnes avant moi, il n'y a pas de solutions miracles, ni de régles, chacun fait à son rythme enfin quand il le peu et s'écoute comme sofi, c'est ca selon moi le meilleur moyen pour les affaires.

Profites du retour de ta fille et boit ce Punch Coco parce que tu le mérites, cela fera plaisir à ta fille de partager ce moment avec toi et qu'une part de lui sera présente en cet instant.

Bises
Elodie

henpasc

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Re : DECES DE MON MARI
« Réponse #40 le: 20 Avril 2012 à 19:43:34 »
bonsoir
avez vous ressenti une présence, des signes, s'est il passé des évènements bizarres de votre côté?J'ai remarqué certaines choses (il y avait toujours des proches avec moi et ils ont été eux aussi témoins). Je sais que je ne suis pas folle car tout le monde y a assisté.je sais aussi que l'on donne de l'importance à certains faits qui se passent après...Mais je me pose des questions par rapport à tout cela.
aujourd'hui je ne vais pas très bien. peut être que demain...
pascale

Hors ligne Caroline3

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Re : DECES DE MON MARI
« Réponse #41 le: 21 Avril 2012 à 00:41:33 »
Bonsoir Pascale.

Non, ici rien, aucun signe en 2 ans.

Un rêve agréable, sans plus (il était en paix et me le disait, il était en forme, beau, fort).

Par contre, j'avoue ne pas espérer en ce sens ;)

Bon courage et surtout, bon sommeil.

Caroline

Hors ligne Marina Saboya

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Re : DECES DE MON MARI
« Réponse #42 le: 21 Avril 2012 à 10:07:51 »
Bonjour Pascale (Henpasc, car nous avons une autre Pascale, dite « la louve »),

Ta question sur le ressenti d’une présence, sur des signes… soulève bien des réponses.
Un fil a été ouvert par Sofyoan « Un signe », où tu trouveras quelques témoignages.

Tu as raison de dire que l’on donne de l’importance au moindre détail lorsque l’on a vécu la perte de notre compagnon ou compagne.
A nous de faire la part des choses, et surtout, si cela nous fait du bien, d’y croire et si cela nous fait peur, de ne pas s’y attarder.

Chaque fois, ces signes peuvent être dus à une cause logique. Mais il y a souvent un petit « plus » qui les rend mystérieux.

 Quelque uns de mes signes :
           Je porte la montre de Pierre depuis son départ. Durant le premier mois, des alarmes se sont déclenchée plusieurs fois par jour. Certes, on pouvait penser à une mauvaise manipulation ou le fait que je la porte à droite appuyait sur les boutons d’alarme. Oui. Mais je n’ai rien changé à ma façon de la porter et … elle ne sonne plus. ???

          Dès le soir de son décès, des ampoules ont grillées un peu partout dans la maison. J’en ai compté 6 en une semaine.
Mon frère, très cartésien, à qui je racontais cela, m’a avoué que le 22 juillet 2010 (jour maudit), vers minuit, il parlait de Pierre avec sa femme, dans leur salon et ils pleuraient et paf, l’ampoule du lampadaire a explosée !

          Notre factrice a perdu sa fille de 19 ans dans un accident d’auto. Lorsque Pierre est parti à son tour, elle est venue me présenter ses condoléances. Et elle m’a raconté qu’un matin, vers le 24, 25 juillet (soit 2 ou 3 jours après le départ de Pierre), elle était en vacances avec son mari et elle se réveille avec son rêve de la nuit : sa fille qui parle avec mon Pierre.
De retour de vacances elle en rigole avec ses collègues : Ben mince, si je rêve de mes clients, maintenant pendant mes vacances. Ils lui ont alors appris que Pierre n’était plus là. Alors elle m’a dit, maintenant, je me souviens, Elodie m’a dit : Maman, je viens d’accueillir un de tes client.

Des signes et des messages, on peut en trouver et en voir partout. On peut aussi ne rien voir, trop à l’affût et à force de lire des témoignages, ils sont très présents, voire évident chez certains, et très discrets, voire absents, chez d’autre. Peut-être cela dépend t’il de la personnalité de celui ou celle qui est parti, ou de la personnalité de celui ou celle qui reste.

Difficile de parler de ces choses sans passer pour un dingo. J’ai choisi de le faire, tant pis.

Pierre est parti il y aura 22 mois demain. Je l’ai vraiment senti présent, près de moi, pendant un bon moment dès son départ, mais il était statique, silencieux et pas très chaleureux. Puis, je l’ai senti « s’échapper ». J’étais terrifiée, et l’ai supplié de rester. Il est revenu. Et les petits signes ont commencés, petits, discrets, tendres mais jamais très clairs… sauf pour moi. Et un matin de janvier, je l’ai senti en moi, en doublon, en calque, comme si nous étions deux maintenant.
Pourtant, je me suis absentée une semaine et là, sentiment d’abandon, de solitude.
Depuis mon retour, je ne sais pas. Pas de signe, mais pas d’angoisse. J’attends.

Voilà, mes pensées sur le sujet Pascale.
Certains disent qu’il faut rester discret et garder cela pour soi. Moi, je pense que cela peut aider certains dans leur chagrin.

J’espère que ce samedi t’apportera un peu de sérénité pourvu que tu ne sois pas seule.

 :-*

Marina
PiMa

Mieux vaut souffrir d'avoir aimé que de souffrir de n'avoir jamais aimé.

Hors ligne QUENOUILLE

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Re : DECES DE MON MARI
« Réponse #43 le: 23 Avril 2012 à 09:29:12 »
Voilà un WE de passé. j'ai récupéré ma fille à l'aéroport, et la boule d'angoisse que j'avais dans la gorge depuis 4 semaines est partie. Elle n'est pas revenue du WE, j'avais mes deux filles près de moi. Nous avons bu du punch coco en pensant à leur père, et essayant de ne pas pleurer toutes les trois. Nous avons beaucoup parlé, essayé de comprendre. Mais il n'y a rien à comprendre. Une mort subite est inexplicable, mais c'est plus fort qu'elle, ma fille voudrait comprendre. Pourquoi, pourquoi aucun signe avant-coureur (ou peut-être y en a t'il eu que nous ignorons). C'est terrible d'être dans l'incertitude.

Puis dès qu'elle est remontée dans le train hier, de nouveau cette fichue boule est revenue s'installer et les pleurs avec. J'ai l'impression que l'absence que j'avais réussi à réaliser la semaine dernière, est redevenue irréalisable ce matin. Je ne sais comment exprimer cela, mais ce matin je me suis dit que tout cela n'avait pas eu lieu, qu'il était parti travailler à 5 h 30 comme d'habitude, que j'allais le retrouver ce midi pour manger. J'ai retrouvé à la cave tous les petits mots qu'il m'écrivait il y a 30 ans, quand nous nous sommes installés ensemble, et qu'il allait travailler alors que j'étais déjà partie, et j'ai une telle impression de sa présence que je n'arrive pas à ma dire que la réalité est là.

Je suis de retour au bureau ce matin, avec toujours cet abattement qui m'empêche de faire quoi que ce soit. J'ai l'impression que la moindre tâche me demande des effort surhumains, plus d'énergie, plus de pêche, je suis vidée. Comment remonter physiquement ?

Je vous souhaite une journée agréable, malgré un temps si triste.

Nathalie

Hors ligne mc59

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Re : DECES DE MON MARI
« Réponse #44 le: 23 Avril 2012 à 11:15:50 »
bonjour Nathalie ;
contente que tu aies pu passer un week-end plus doux .
tu écris :
"Je suis de retour au bureau ce matin, avec toujours cet abattement qui m'empêche de faire quoi que ce soit. J'ai l'impression que la moindre tâche me demande des effort surhumains, plus d'énergie, plus de pêche, je suis vidée. Comment remonter physiquement ?"

c'est normal ; le choc que tu viens juste de vivre  (4 semaines c'est si peu ) est tellement rude qu'il faudra du temps pour récupérer;
en ce qui me concerne , mon mari est parti brutalement le 24 décembre 2010, sans doute une rupture d'anévrisme..
j'ai eu cette sensation de me traîner pendant des mois, tout était difficile ; je me mettais des post-it sur la table , je me faisais des listes des chose à faire, pour ne pas oublier ! épuisée physiquement et même intellectuellement, incapable de me concentrer.
cela fera 16 mois demain, et je peux maintenant mesurer le chemin parcouru; il y a encore beaucoup de 'creux de vagues', mais physiquement j'ai récupéré, et le quotidien est plus facile à gérer.
Prends soin de toi,accorde toi du temps;
et sache que le ciel va s'éclaicir peu à peu; on n'oublie pas;  le manque du compagnon avec qui on a tant partagé est toujours là , mais on apprends peu à peu à s'inventer une autre vie, à apprivoiser le silence dans la maison, à mettre un pied devant l'autre .
n'hésite pas à venir partager
je t'embrasse
marie-claire