Auteur Sujet: Le tabou du sexe en temps de deuil....  (Lu 6943 fois)

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Le tabou du sexe en temps de deuil....
« le: 30 Avril 2017 à 15:31:24 »
http://www.lemonde.fr/m-perso/article/2017/04/30/revivre-sexuellement-apres-la-perte-de-l-etre-aime_5120180_4497916.html


Article sélectionné dans La Matinale du 29/04/2017

Revivre, sexuellement, après la perte de l’être aimé

Le sexe après le décès d’un conjoint reste mal vu. Il n’y a pas de « bons » veufs ou veuves, explique Maïa Mazaurette, chroniqueuse pour « Le Monde ».

LE MONDE | 30.04.2017 à 06h39 • Mis à jour le 30.04.2017 à 13h38 | Par Maïa Mazaurette


Que se passe-t-il au lit après la mort d’un conjoint ? Notre culture est sans pitié : à ma gauche, Roméo et Juliette, à ma droite, la Veuve joyeuse. C’est noir ou blanc, tout ou rien, fidélité ou trahison.

On conçoit sans peine les raisons historiques d’une telle castration du veuvage (ne serait-ce qu’à cause du tabou sexuel), certes, mais l’allongement de la durée de vie pose aujourd’hui ces questions de manière plus courante.

Saviez-vous que 50 % des plus de 65 ans sont sexuellement actifs, et 25 % des plus de 75 ans. En Angleterre (Archives of Sexual Behavior, 2015), la moitié des hommes et le tiers des femmes âgés ont encore une activité sexuelle (qui peut être la masturbation).

Ce sont 235 000 personnes qui perdent leur conjoint chaque année, dont 30 000 avant 55 ans – parmi ceux-là, 80 % de femmes. Or, si l’on évoque souvent des risques liés au veuvage, comme la dépression ou l’isolement extrême, on retire systématiquement la sexualité de l’équation. On s’imagine que le conjoint en deuil veut parler de tout, sauf de ça.
Omerta

C’est une erreur. Le New York Times rapportait, en mars, les résultats d’une étude montrant que les trois quarts des femmes âgées, après le décès de leur conjoint, regrettaient (aussi) le sexe. A un âge où il devient difficile de trouver de nouveaux partenaires sexuels, 76 % des femmes aimeraient que leurs amis abordent d’eux-mêmes le sujet.

Pourquoi n’en parlent-elles pas elles-mêmes ? Actuellement, c’est impossible. Parce que nous trouvons la sexualité des seniors absurde, dégoûtante ou amusante, nous occultons la face sexuelle du deuil.

Et pourtant. On pense à apporter des petits plats, on s’enquiert du sommeil, on devrait pouvoir déculpabiliser en douceur la personne en souffrance. Par exemple en demandant si l’intimité lui manque – le flou dans la formule permet d’ignorer ou de saisir la perche. Bien sûr, c’est difficile. Au tabou de l’âge s’ajoutent celui de la mort et celui du sexe – ça commence à faire beaucoup. Mais, si vous voulez soutenir, faites-le jusqu’au bout.

Ce n’est d’ailleurs pas qu’une question d’âge. L’omerta reste de mise dans le cas de décès très prématurés (accidents de la route, maladies, victimes du terrorisme) : personne n’ose aborder le sujet, et pourtant c’en est un.
On mange, on boit… parfois on couche

Chaque personne réagit différemment au deuil : certains perdront tout contact avec leur libido, d’autres, au contraire, réagiront à la soudaineté de la mort par une déferlante d’envie de vivre – par une pulsion dont la brutalité renverse les attentes sociales.

Si les histoires de jambes en l’air en pleines funérailles sont légion, ce n’est pas seulement pour choquer à bon compte, mais parce que ces choses-là arrivent. Faire des enfants (ou s’y décider) dans l’année après le décès de ses parents est courant.

Même lorsqu’on n’est pas soi-même la personne endeuillée, la présence de la mort nous renvoie à notre vulnérabilité fondamentale, à notre peur de mourir, d’être oublié sans rien transmettre : quand vivre paraît urgent, et comme le prouve la gloutonnerie des repas funéraires, on mange, on boit… parfois on couche.

Le retour à la sexualité est rendu d’autant plus problématique que les codes sociaux sont inexistants : dans le flou, ni obéissance ni transgression ne sont possibles.

Sauf croyances religieuses fortes (et concernant plutôt le remariage), on nage en pleine ambiguïté. La chasteté pourrait durer un jour ou toujours et, dans l’imaginaire culturel, c’est « toujours » qui remporte la palme du romantisme.

On aime encore le défunt, on voudrait lui rendre hommage, le respecter au-delà de la tombe, et pourtant on a encore du désir – le corps nous rappelle au vivant, les pires moments nous rappellent aux meilleurs. Même quand on n’a pas le temps. Même entre deux séances de condoléances. Même quand « ça » paraît être le pire moment, le plus embarrassant.
Le droit d’avoir envie de sexe

Désir et douleur semblent incompatibles, mais avancent de pair : tous les silences ne sont pas des timidités. Certains sont des incompréhensions. Peur d’être jugé, doute sur sa santé mentale, refoulement : c’est compliqué.

Les amis doivent anticiper ce blocage, se montrer disponibles, sans chercher à protéger les veufs – de quoi, d’ailleurs ? Il ne s’agit que de sexe, et votre bénédiction est plus utile que vos doutes. Les ex-beaux-parents auront aussi leur rôle à jouer, en donnant (quand ils le pourront) la permission d’un jour refaire sa vie.

En effet, même si des lendemains qui chantent semblent inimaginables, plus de la moitié des veufs et un tiers des veuves seront de nouveau en couple après dix ans (27 % des veufs et 10 % des veuves après deux ans, selon la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques, 2012).

Si vous affrontez un jour ces marées-là : vous avez le droit d’avoir envie de sexe, même en fin de longue maladie, même très rapidement après le décès… autant que vous avez le droit d’entrer au couvent.

Il n’y a pas de « bons » veufs ou veuves. La douleur n’est pas un concours. La fidélité est hors sujet : une autre histoire a déjà commencé, et, sans vouloir tourner le couteau dans la plaie, vous êtes célibataire – dès la première seconde, une nouvelle vie commence. Vos émotions sont une richesse : toutes, même celles qui paraissent saugrenues ou inacceptables. Votre entourage pardonnera tout (sinon, changez d’entourage).
Recoller les morceaux

Comme le note dans le New York Times l’auteure Carole Brody Fleet, veuve à 40 ans : « Vous pouvez honorer et chérir votre passé, mais personne ne vous demande d’y vivre. »

A quoi répond Joan Didion dans L’Année de la pensée magique : « … vient un moment où nous devons nous défaire de nos morts, les laisser partir, les laisser morts. Les laisser devenir la photo sur la table de chevet. Les laisser devenir le nom sur les comptes de tutelle. Les laisser partir au fil de l’eau. »

Au moment de passer à l’acte, évidemment, rien n’est facile. Accepter le contact d’une nouvelle peau, embrasser de nouvelles lèvres, peut sembler impossible, ridicule, nécessaire, criminel. Vous pouvez sacraliser ou expédier la manœuvre, repartir de zéro ou repartir à cinquante – ce n’est pas grave : l’important est de recoller les morceaux, de trouver une manière de vivre.

Car non seulement vous allez vivre, mais plus vous êtes jeune, plus grandes sont les chances de retrouver quelqu’un. Ce retour à une certaine normalité peut paraître mal engagé : on peut s’imaginer comme des amants de seconde main, des jouets cassés. Mais un bagage n’est pas forcément un embarras, son poids peut renforcer notre équilibre.

Oui, il faudra composer ensemble avec une précédente histoire qui reste suspendue. Mais si vous êtes d’humeur joueuse, vous y trouverez une intéressante forme de polygamie. Il y a la place du mort et la place du vivant, leur cohabitation vous regarde.

Pour celles et ceux qui seront victimes, amis, parents, collègues : il n’y a pas de mauvaise question, même pas la question sexuelle. Le pire est déjà arrivé, on peut parler de tout. Ce sont les silences qui blessent. Après un décès, il y a suffisamment de silence.

    Maïa Mazaurette
    Journaliste au Monde


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Re : Le tabou du sexe en temps de deuil....
« Réponse #1 le: 30 Avril 2017 à 17:52:01 »
L'article est très bien écrit.
Les vécus comme dans le reste du deuil seront différents selon les uns et les autres.
Ce sera un plus ou moins long travail intérieur possible ou pas.
Mais en parler est un premier pas.
"il est plus facile de désintégrer un atome qu'un préjugé" A. Einstein
"Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque" René Char

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Re : Le tabou du sexe en temps de deuil....
« Réponse #2 le: 30 Avril 2017 à 20:29:26 »
Tabou du sexe ...

Comment imaginer que cela puisse être autrement quand le deuil est déjà tabou pour votre entourage ?
Ce sujet fait peu l'objet de discussions familiales ou amicales en temps ordinaire, alors en "temps de deuil" ...
Peut-être avec quelques très proches, aptes à appréhender le deuil dans toutes ses dimensions, et il y en a tellement.

En une année à peine, j'ai perdu mon père, puis Lui.

Ma' et moi vivons notre petit enfer personnel, des émotions mêlées, imbriquées ou complètement singulières …
La différence d'âge, nos relations mère-fille en font, sinon un tabou, un sujet que l'on n'évoque pas comme la pluie ou le beau temps … Mais parmi toutes nos pertes, nos déchirements, celui-ci n'a pas été complètement  banni de notre questionnement. Et permis de nous voir, non plus comme mère et fille seulement, mais bien comme deux femmes qui ont aimé, charnellement, ceux qui ne sont plus. Et qui font le deuil de cette expression de leur féminité.

Le tabou de la sexualité est, mais l'asexuation sociale existe aussi. A vous les honneurs de la transidentité : née fille, puis femme, puis veuve ...
Le regard des autres est une souffrance parfois.

Je suis un peu morte avec lui, mais je refuse de mourir asexuée*

Je reste Faïk, à jamais.


* Asexuation  ≠ asexualité
« Modifié: 30 Avril 2017 à 22:59:01 par Faïk »

Hors ligne Faïk

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Re : Le tabou du sexe en temps de deuil....
« Réponse #3 le: 30 Avril 2017 à 20:40:51 »
"Vient un moment où nous devons nous défaire de nos morts, les laisser partir, les laisser morts. Les laisser devenir la photo sur la table de chevet. Les laisser devenir le nom sur les comptes de tutelle. Les laisser partir au fil de l’eau ... "

Non ... j'aime bien garder de "vieilles" choses auxquelles je suis extrêmement attachée ...
« Modifié: 30 Avril 2017 à 21:58:28 par Faïk »

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Re : Le tabou du sexe en temps de deuil....
« Réponse #4 le: 30 Avril 2017 à 22:09:58 »
Sujet délicat
Je peux en témoigner! Mais n'allons pas trop vite!
Un an après le décès de mon chummy...j'étais au chalet, il pleuvait, il faisait froid, le goût de rien..ennui total..je vais faire une course å la quincaillerie du village. .et par hasard..drette dans la porte,je rencontre un gars que j'avais dėjå crois,  avant de  on naître chummy,
.vla plus de trente ans..lui dit que chummy était décédé. .il le savait..tout se sait au village..Bon, je l'invite å venir prendre un café,  å passer..un moment donné,  il arrive au chalet..

Lå, il voit que j'ai plein de vieux disques, 33 tours, ..on commence å fouiller la dedans..et on commence å chanter å tue tête..on chante , on pleure..Moi je parle de chummy , lui de sa vie..
Et å prendre de la tisane...jusqu'à tard..au milieu de la nuit..Bon ,,il repart et. .je  vous jure que cette soirée. .m'a fait un bien ėnorme...je me suis laisser aller å m'amuser..une semaine après. .c'est plaisant chantė, on se refait une autre soirée

Mais lå, le problème. .qui est arrivé. ..c'est que lui..<<il tombe en amour avec moi>>..Oh!  mais moi,,je suis en deuil..je veux bien d'un ami mais..le jour où il m'a mis juste la main sur ma cuisse..je lui ai piqué une de ses colères..du jamais  vu en ce qui me concerne...lui me disait..t'inquiètes pas..c'est que je suis dans une phase de fusion...Moi,  je la trouvais pas drole sa phase de fusion..å chaque fois que je le,voyais arriver dans le coin..c'est comme ci, mon cerveau reptilien me faisait réagir avec une telle intensité. .de colère..ça marchait pas dans mon cerveau. .je pėtais des coches..pauvre gars..il faisait rien. .
Effectivement la phase de fusion lui a passé. .je suis partie en voyage puis ai ferme le chalet pour l'hiver..

C'est comme cela que mon ami..M. est apparut dans ma vie..parce qu'on a gardé un contact par téléphone.
Par téléphone, en ayant une grande distance géographique entre nous,  je vivais pas l'impression de trahison, et je pouvais continuer mon deuil et  rester fidele å mon chummy..et å ma,belle-famille..

Mais ce nouvel ami m'a fait du bien l et m'a permis de clarifier ce que je voulais .

Hors ligne Régine

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Re : Le tabou du sexe en temps de deuil....
« Réponse #5 le: 01 Mai 2017 à 04:18:29 »
C'est special..c'est la première fois que j'ose parlé de cet épisode ..que je qualifie..d'invraisemblable, de surréaliste..
C'est que j'ai réagi avec une telle force pour faire reculer..le moindre sentiment  qu'il pouvait avoir envers moi..
Et avec qui parler de çela..tout mon entourage était aussi en deuil....
Moi, même je me jugeais..<< qu'est-ce que j'ai provoqué là>>..
je me dis en même temps..que la solitude que je vivais et la détresse ..avait dû  créer une petite ouverture...mon humanité ....porte que j'ai voulu refermer de toute mes forces parce que consciente..qu'on ne peut pas se servir des sentiments de quelqu'un pour combler un vide...mon vide intérieur qui me faisait si peur ..il fallait que je l'affronte.....prendre mes peurs et mes émotions et les affronter une apres l'autre...seule...face à face avec moi -même

Et cet ami..M..par la suite ã bien compris cela.

Hors ligne souci

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Re : Le tabou du sexe en temps de deuil....
« Réponse #6 le: 01 Mai 2017 à 09:55:08 »

   Hum ... attention souci, c'est tabou ...
   Déjà que si y a que 50% des gens qui avouent avoir encore une sexualité après 50 ans, et que ça fait environ 45% de gros menteurs ...
   Alors là fô pas d'amander chi chè tabou, churtout la machturbachion !
   Bon, alors ... l'Amour ... le couple, ça aussi c'est sinon codé, formaté de très, très loin dans les racines culturelles, comme l'amour EXCLUSIF entre deux personnes ... Soit.
   Problème, lorsque la personne exclusivement aimée disparaît, soit qu'elle s'en aille à dauripette, soit qu'elle meure en nous aimant toujours, ce qui nous scelle une chacrée cheinture de chachteté ... Couic.
   Pour ma part, vaut mieux être seule que mal accompagnée, mais ...
   Mais, c'est peut-être s'interdire de vivre des choses, de DONNER encore, de rendre plus heureux quelqu'un qui en vaut la peine ...
   Bon, faut le temps, bien sûr, faut être un minimum prête ...
   J'avais juste cette réflexion à amener: cette "exclusivité" qui nous paraît l'idéal de l'amour à deux est-il une vérité absolue, ou bien une influence forgée par nos sociétés ?
   Certaines vont penser: mais quelle grande gueule cette souci, elle même pas perdu son mari ! Je répondrai que la mort de mon neveu adoré m'a fait reconsidérer, remettre en question TOUTES les choses de la vie ... puisque rien de ce qui m'était "acquis" ne me permettait plus du tout, de vivre en harmonie ... harmonie que jamais je ne retrouverai, vie à n'équilibrer qu'en contrastes plus ou moins bien tempérés ...
   Je vous souhaite sincèrement à tous bonne créativité ... M.

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Re : Le tabou du sexe en temps de deuil....
« Réponse #7 le: 01 Mai 2017 à 10:51:09 »
C'est tabou, oui, mais surtout parce que c'est sujet au jugement des autres.

Mais le jugement des autres, on s'en fout .

Ou plutôt je m'en fous, car là je vais parler pour moi.

 " Mais, c'est peut-être s'interdire de vivre des choses, de DONNER encore, de rendre plus heureux quelqu'un qui en vaut la peine ..."

Je ne m'interdis rien, et je garde en moi toutes les possibilités, mais je sais que pour l'instant , et peut être pour toujours, je suis incapable de DONNER, de rendre quelqu'un heureux.

Parce que le fardeau de mon deuil est trop lourd, et que je ne pourrais pas me consacrer à un nouvel amour de façon pleine et entière. Et l'amour pour moi c'est ça.

Il faut être un minimum prête, effectivement, et disponible.

Il reste le sexe. Mais pour l'instant, et je peux le dire sans tabou, comme Il est parti en emmenant ma libido, pas de problème de ce côté là.

Hier j'ai rencontré une extraordinaire femme de 77 ans, veuve depuis 2 ans. Avec une copine, divorcée, sensiblement du même âge, elle s'est inscrite sur un site de rencontres.

"Pour ma copine ça marche bien," m'a t-elle dit,  "elle arrive à conclure souvent"

- Et vous ?

"Moi ? je ne couche pas, mais je me suis fait plein de copains ".

Souriez, c'est le 1er mai.

Bien à vous

Nora





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Re : Le tabou du sexe en temps de deuil....
« Réponse #8 le: 01 Mai 2017 à 12:44:57 »
La libido ne s'efface pas toujours avec la disparition de la personne qui l'inspirait … et on peut ressentir toujours du désir pour celui ou celle qui n'est plus … On peut être en manque de sexe, ou simplement en manque sexuel de lui ou d'elle ...

Mais dans une société où le poids des conventions pèse évidemment, sans vouloir tout révolutionner, on peut définir son propre espace de liberté individuelle et décider de n'avoir comme tu le dis Nora, de comptes à ne rendre à personne. Et notamment à tous ceux qui ne sont pas les principaux intéressés. Nonmého© !
Qui pourrait dicter la conduite de nos cœurs et de nos corps ? Choisissons librement les barrières que nous voulons mettre...

Merci pour ce sourire du 1er mai Nora, et en ce jour particulier, résistons, la souffrance n'est jamais bien loin ...
« Modifié: 01 Mai 2017 à 12:51:10 par Faïk »

Hors ligne souci

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Re : Le tabou du sexe en temps de deuil....
« Réponse #9 le: 01 Mai 2017 à 13:42:32 »

    HEUREUSEMENT, il existe TANT de manières d'aimer ...
    Et que notre vérité reste à jamais incomplète ...
   

Hors ligne Nora

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Re : Le tabou du sexe en temps de deuil....
« Réponse #10 le: 01 Mai 2017 à 17:09:04 »
"La libido ne s'efface pas toujours avec la disparition de la personne qui l'inspirait … et on peut ressentir toujours du désir pour celui ou celle qui n'est plus … On peut être en manque de sexe, ou simplement en manque sexuel de lui ou d'elle ..."

Mais bien sûr, et même si c'est tabou, c'est une réalité.

Et le tabou du sexe est aussi celui de l'absence de sexe.

Je n'ai jamais considéré comme " normale " cette absence totale de libido,  au contraire, elle génère plutôt de l'incompréhension, et un peu d'inquiétude aussi.

Peut être que si ce désir, cette envie, revenaient je me sentirais un peu moins " morte " moi aussi, au moins un peu plus un être humain, à défaut d'être redevenue une femme.

Mais je dois dire que pour l'instant cela m'arrange, voilà.

Pour l'instant.

Bien à vous

Nora
 




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Re : Le tabou du sexe en temps de deuil....
« Réponse #11 le: 01 Mai 2017 à 20:24:33 »
Pour l'instant, avant, après, moi je ne doute pas que tu sois un "être humaine",  Nora, assurément ...



« Modifié: 01 Mai 2017 à 20:41:00 par Faïk »

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Re : Le tabou du sexe en temps de deuil....
« Réponse #12 le: 03 Mai 2017 à 10:39:52 »
"La libido ne s'efface pas toujours avec la disparition de la personne qui l'inspirait … et on peut ressentir toujours du désir pour celui ou celle qui n'est plus … On peut être en manque de sexe, ou simplement en manque sexuel de lui ou d'elle ..."

Elle ne s'efface pas pour tout le monde, et c'est aujourd'hui pour ma part insoluble, c'est lui que j'aime, c'est  avec lui que je partageais ces moments et aujourd'hui je ne peux imaginer une seconde une autre personne, alors vivre avec, accueillir ma frustration comme tout le reste, ce n'en est qu'une de plus finalement
"Tu ne sais jamais à quel point tu es fort jusqu'au jour où être fort reste la seule option". B. Marley

"Un arbre qui s'abat fait beaucoup de bruit ; une forêt qui germe, on ne l'entend pas." Gandhi

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Re : Le tabou du sexe en temps de deuil....
« Réponse #13 le: 03 Mai 2017 à 21:41:23 »
en refouillant la table des matières
et en retrouvant
http://forumdeuil.comemo.org/vivre-le-deuil-de-son-conjoint/le-contact/
et
http://forumdeuil.comemo.org/vivre-le-deuil-de-son-conjoint/il-me-manque-5035/msg83929/#msg83929
on revient sur ce manque en l'exprimant de manière différente selon tous nos vécus (d'avant la relation avec l'aimé défunt et d'avec elle/lui)
mettre des mots sur cette partie du deuil est indispensable aussi
mais là aussi accepter, ce qui vient, ne pas se faire d'injonction non plus ...
comme en toute partie de nos deuils.

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Re : Le tabou du sexe en temps de deuil....
« Réponse #14 le: 04 Mai 2017 à 11:14:18 »
Bonjour tout le monde.

C'est un sujet délicat à aborder c'est sur. C'est souvent difficile de parler de son deuil avec son entourage (ils ne savent pas quoi dire, ça les inquiète, ils sont mal à l'aise ou alors ne comprennent pas). Alors parler de sexe...

En ce qui me concerne, j'ai 23 ans, il est mon premier homme. MA sexualité est NOTRE sexualité, je n'ai jamais connu autre chose, seule ou avec quelqu'un d'autre. Et c'est du coup très étrange comme sensation, comme si on m'avait amputé physiquement de cette partie là. Je pense de temps en temps aux moments où nous faisions l'amour, mais le désir n'est plus là. Il m'est arrivé 3 fois, au réveil, d'avoir ce "manque sexuel" de lui, et alors je me suis tout simplement mise à pleurer en serrant très fort la couette contre moi...

Mais en fait c'est surtout son contact physique qui me manque. Le premier lien de qiguan reflète parfaitement ce que je ressens. Le baiser du matin, celui du soir, lui prendre la main, les câlins, enfouir ma tête dans le creux de son cou, la façon de me prendre dans ses bras pour dormir... C'est tout un ensemble, une présence physique, qui n'est plus là.

Et d'ailleurs, pardon pour ce hors sujet, mais je dois témoigner d'une drôle de chose qui m'est arrivé 1 semaine après son départ. Plusieurs fois au cours de ma vie j'ai vécu l'expérience de la "paralysie du sommeil" : lorsque se fait la transition entre veille et sommeil ou sommeil et veille, il m'arrive d'être consciente les yeux fermés mais incapable de bouger quoi que ce soit ne serait-ce que les paupières. Cela semble durer 5-10min même si en réalité ça ne doit durer quelques secondes. Et chez moi, ça s'accompagnait de sensation de contact (par exemple impression que mon chat marchait sur la couette et se roulait en boule près de mon visage, alors qu'il n'était pas dans la chambre). Et 1 semaine après son départ, il m'est arrivé la même chose sauf que mon "hallucination" était la sensation de son bras autour de moi, exactement comme il avait l'habitude de le faire en dormant. Je l'ai appelé "signe" pendant quelques jours/semaines. Maintenant, j'ai l'impression que ce n'était qu'une hallucination de plus, pour l'avoir déjà vécu avant. Mais bien sur j'aimerai croire qu'il s'agissait d'un vrai signe de sa part. (Je ferme ma petite parenthèse hors sujet)

Pour en revenir au sexe, je n'imagine pas un instant retrouver quelqu'un ou avoir une relation physique. A la fois car comme je le disais plus haut, MA sexualité, indépendante, n'existe pas (ou en tout cas elle et moi on ne se connait pas). Et aussi par loyauté envers lui. Et cette loyauté va très (trop?) loin. Il était assez jaloux, et donc ne serait-ce que de regarder un homme ou même de lui faire la bise! Je n'y arrive pas, j'ai peur de lui faire du mal, de l'attrister, au cas où il me verrait. Et même s'il ne me voit pas, moi je suis mal à l'aise alors qu'il n'y aurait pourtant aucune arrière pensée.

L'article partagé au début est bien, dans le sens où il permet de déculpabiliser. Car chaque personne vit son deuil différemment et en effet je me permettrai jamais de juger un veuf ou une veuve qui a une activité sexuelle. C'est à lui/elle seul de décider ce qui lui fait du bien.
Bon par contre la phrase une autre histoire a déjà commencé, et, sans vouloir tourner le couteau dans la plaie, vous êtes célibataire – dès la première seconde, une nouvelle vie commence. m'a bien fait mal et ne m'a pas retourné le couteau dans la plaie mais m'en a planté 10 nouveaux... Personnellement je ne me sens absolument pas célibataire. Mais étant non mariée, je peux difficilement dire "je suis veuve". Mais bon là je m'égare encore et c'est un autre sujet.

A bientôt