Auteur Sujet: Mon amour est parti, brutalement  (Lu 21113 fois)

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Re : Re : Mon amour est parti, brutalement
« Réponse #30 le: 30 Janvier 2017 à 15:39:36 »
  Pour ce qui est de ton sentiment de culpabilité, je pense que beaucoup d'entre nous l'éprouvent ou l'ont èprouvé. Ce qu'il y a c'est que sur le moment nous sommes révoltés, ce qui nous arrive, et surtout ce qui est arrivé à l'être cher est tellement incompréhensible, tellement injuste qu'on cherche un responsable, un bouc émissaire sur qui déversé toutes ces émotions, et quand il n'y a personne d'autre nous nous en prenons à nous. C'est irrationnel mais peut-être que c'est aussi un passage obligé pour un certain nombre de personnes endeuillées. Ca paraît tellement absurde  :'( on se demande: "Pourquoi?" Mais on n'a pas la réponse. Personne ne l'a.
  Tu ne pouvais pas savoir ce qui allait arriver, personne ne le savait, ce tragique accident aurait pus avoir lieu n'importe quand. Tu lui as beaucoup apporté, grace à toi elle a connu le grand amour, c'est un magnifique don que tu lui as fait-et réciproquement. Tout le monde n'a pas la chance de connaître cet amour fusionnel; ce qui est arrivé est d'autant plus injuste, c'est un fait, mais au moins vous avez connu ce grand bonheur. Je sais que tu ne peux pas penser comme ça pour le moment, mais j'espère que ça viendra dans un laps de temps pas trop démesuré-on ne peux jamais savoir à l'avance.
  Moi-même ai connu ce sentiment de culpabilité. Mon compagnon et moi ne vivions pas ensemble officiellement, je passais une nuit par semaine dans mon appartement officiel; et c'est justement un soir où je n'ètais pas avec lui-alors qu'on passait pratiquement tout notre temps ensemble-qu'il est tombé accidentellement dans ses escaliers. On venait de se dire au revoir en bas de chez lui, et je suis rentrée tranquillement chez moi. J'ai culpabilisé dans un premier temps, parce-que je me disais: "Pourquoi est-ce-qu'il a fallu que je parte justement ce soir-là? Pourquoi je ne suis pas restée avec lui? Je marchais tranquillement jusque chez moi, puis je me suis assise devant mon ordinateur, le cœur léger, et lui, il ètait en train de mourir, sans secours." On ne l'a trouvé qu'une heure après. Il est resté dans le coma pendant une semaine avant de mourir à l'hôpital sans avoir repris conscience.
  J'ai assez vite compris que cette "culpabilité" était totalement irrationnelle, que je ne pouvais pas savoir. Il n'y avait pas de raison pour que ça se passe différemment de toutes les autres fois...
  Tu vois dans quel sens je te dis ça?

  De tout cœur avec toi.

Oui je comprends dans quel sens tu dis ça.

Mais toi c'est un accident, moi c'est un "accident suicidaire" qui résulte de son mal-être.

Bien que j'ai avertis sa mère et que j'ai tout fait pour qu'elle soit prise en charge. Quand je sais l'impact que je pouvais avoir sur elle, et la facilité avec laquelle elle pouvait être heureuse lorsque nous étions ensemble, je me sens responsable + que n'importe qui d'autre, + même que sa mère qui l'a recouchée sans avoir appelé le samu.

Si j'avais été + démonstratif ce soir là
Si j'étais rentré avec elle début janvier
Si je n'avais pas douté de mes sentiments un bon nombre de fois
Si
Si si si si si si si si, ces si auront raison de moi, cette culpabilité ne partira sans doute jamais, et je ne peux pas vivre avec l'impression de pas avoir pu faire tout ce que j'aurais pu faire pour la sauver. Si elle s'était ratée et que j'avais pu ajuster mon comportement, ça aurait été tellement différent.

Ici je paye le prix fort, sans rédemption possible.
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Hors ligne Pandor

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Re : Re : Mon amour est parti, brutalement
« Réponse #31 le: 30 Janvier 2017 à 15:48:09 »

   Vivre en deuil est une autre forme d'amour véritable ...
   Il y a tant de formes d'amour véritable, au fond ...
   Avant de croire qu'on a tout vu, se laisser surprendre ...
   Bon courage Pandor,M.

C'est en partie vrai, mais je suis quelqu'un qui a besoin de partager, je n'aime pas vivre les choses seul.

Vivre un amour véritable seul, ne me procure pas de joie.

Merci
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Re : Mon amour est parti, brutalement
« Réponse #32 le: 30 Janvier 2017 à 17:27:59 »
Oui Pandor, oui sûrement, tu aurais pu faire plus, on peut toujours faire plus, on peut toujours faire mieux. C’est horriblement dégueulasse mais aucun d’entre nous ne peut deviner l’avenir, même quand on sait les fragilités de l’autre. Parce que c’est sûr que si tu avais su, tu lui aurais donné encore plus. Elle ne pourra pas revenir te dire qu’elle sait et qu’elle te pardonne. Qu’est-ce que ça fait mal de savoir que tout peut basculer sur un simple geste qu’on aurait pu faire en plus, un simple mot qu’on aurait pu dire en plus !

Stana te parlait de l’accident de son amour dans lequel tu as du mal à te retrouver. Tu me corrigeras Stana si ça n’est pas ça, je pense que tu essayais d’aider Pandor à comprendre quelques mécanismes de la culpabilité. Je peux te raconter notre histoire si tu veux bien, parce que je ressens la mort de mon compagnon comme un « suicide par inadvertance », un autre « accident » du psychisme qui ne fait plus son travail correctement. Pas un "accident suicidaire" certes, mais le déni comme un rouleau compresseur... Une autre histoire où un ennemi intérieur a été le plus fort...

Mon compagnon avait depuis quelques mois des symptômes évidents que quelque chose n’allait pas, le cancer commençait à se manifester. Je lui ai dit un nombre incalculable de fois de faire quelque chose, d’aller revoir un médecin, un psy et de me dire ce qui n'allait pas. Il ne voulait pas mourir, il voulait vivre et surtout ne pas nous inquiéter. C’est tellement absurde, il a préféré nier l’évidence pour nous protéger et il s’est infligé ça jusqu’au bout. Il a même laissé ses parents lui dire qu’ils allaient partir la veille de sa mort alors que c’était la fin. Et moi, j’ai échoué lamentablement à lui sauver la vie alors que j’ai eu plus de 6 mois pour réagir. Comment est-ce que j’ai pu le laisser penser qu’il était moins important que nous, comment est-ce que j’ai pu ne pas voir à quel point il avait besoin de moi ? Si seulement j'avais su, si seulement je lui avais dit encore plus que je l'aimais pour qu'il ait envie de vivre...

Inacceptable… en tout cas, ça ne le sera jamais pour moi, je le sais. Et pour toi, il est encore beaucoup trop tôt pour essayer de rendre cette douleur de la culpabilité supportable. Mais je suis contente que tu aies trouvé le forum, je suis contente d’avoir discuté avec toi aujourd’hui. J’ai bien conscience que tout ce qu’on te raconte ne t’aidera pas tout de suite. Sache qu’en tout cas tu ne traverses pas la tempête complètement seul, tu es au pays des tempêtes avec nous tous et nous toutes. Quand tu seras trop fatigué, il y aura toujours une main à laquelle te raccrocher.

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Re : Mon amour est parti, brutalement
« Réponse #33 le: 30 Janvier 2017 à 17:40:03 »
   Qui dit que l'amour est fait de joie ? !
   Enfin, je veux pas dire que le pied c'est pas: l'amour la joie la santé et tant qu'on y est l'éternité à partager, le paradis en somme ...
   C'est normal que tu sois bien enragé contre tout ce qui te sépare de ton amie, va !
   Et désemparé ... je te réponds par reconnaissance, parce que ton impuissance me touche ...
   Mais je sais bien que rien ne console, on évolue avec une grande douleur et voilà.
   Ton pseudo fait écho à la tragique mythologie antique ...
   Oui, la boîte de Pandore est ouverte ...
   Par accident ou non, elle est fatalement ouverte, pour toi, hélas.
   Ton épopée a atteint son point le plus bas, pas nécessairement sa fin.
   C'est trop grave, bien d'accord. M.
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Re : Re : Mon amour est parti, brutalement
« Réponse #34 le: 30 Janvier 2017 à 17:58:51 »
Oui Pandor, oui sûrement, tu aurais pu faire plus, on peut toujours faire plus, on peut toujours faire mieux. C’est horriblement dégueulasse mais aucun d’entre nous ne peut deviner l’avenir, même quand on sait les fragilités de l’autre. Parce que c’est sûr que si tu avais su, tu lui aurais donné encore plus. Elle ne pourra pas revenir te dire qu’elle sait et qu’elle te pardonne. Qu’est-ce que ça fait mal de savoir que tout peut basculer sur un simple geste qu’on aurait pu faire en plus, un simple mot qu’on aurait pu dire en plus !

Stana te parlait de l’accident de son amour dans lequel tu as du mal à te retrouver. Tu me corrigeras Stana si ça n’est pas ça, je pense que tu essayais d’aider Pandor à comprendre quelques mécanismes de la culpabilité. Je peux te raconter notre histoire si tu veux bien, parce que je ressens la mort de mon compagnon comme un « suicide par inadvertance », un autre « accident » du psychisme qui ne fait plus son travail correctement. Pas un "accident suicidaire" certes, mais le déni comme un rouleau compresseur... Une autre histoire où un ennemi intérieur a été le plus fort...

Mon compagnon avait depuis quelques mois des symptômes évidents que quelque chose n’allait pas, le cancer commençait à se manifester. Je lui ai dit un nombre incalculable de fois de faire quelque chose, d’aller revoir un médecin, un psy et de me dire ce qui n'allait pas. Il ne voulait pas mourir, il voulait vivre et surtout ne pas nous inquiéter. C’est tellement absurde, il a préféré nier l’évidence pour nous protéger et il s’est infligé ça jusqu’au bout. Il a même laissé ses parents lui dire qu’ils allaient partir la veille de sa mort alors que c’était la fin. Et moi, j’ai échoué lamentablement à lui sauver la vie alors que j’ai eu plus de 6 mois pour réagir. Comment est-ce que j’ai pu le laisser penser qu’il était moins important que nous, comment est-ce que j’ai pu ne pas voir à quel point il avait besoin de moi ? Si seulement j'avais su, si seulement je lui avais dit encore plus que je l'aimais pour qu'il ait envie de vivre...

Inacceptable… en tout cas, ça ne le sera jamais pour moi, je le sais. Et pour toi, il est encore beaucoup trop tôt pour essayer de rendre cette douleur de la culpabilité supportable. Mais je suis contente que tu aies trouvé le forum, je suis contente d’avoir discuté avec toi aujourd’hui. J’ai bien conscience que tout ce qu’on te raconte ne t’aidera pas tout de suite. Sache qu’en tout cas tu ne traverses pas la tempête complètement seul, tu es au pays des tempêtes avec nous tous et nous toutes. Quand tu seras trop fatigué, il y aura toujours une main à laquelle te raccrocher.

Merci pour ton message.

Je pense que la culpabilité  est intrinsèque au deuil... mais c'est tellement dur.

Parfois je me refais toute la scène, tout ce qui a pu lui passer par la tête.

Nous jouions ensemble, mais sans "vocal" du coup je ne pouvais pas déceler son état. J'ai quitté le jeu et lui ai dit furtivement  :

______

jvaisdormir
bonne nuit à dm1 taime (j'étais blasé et pas bien)

Ce à quoi elle a répondu

euh
d'accord
Je t'aime fort fort fort
bonne nuit, dors bien et fais de beaux rêves
je te fais des millions de calins
et de bisous
tu es le meilleur de l'univers
JE TAIME.
calin <3

___

13 minutes  plus tard (1h15) ellem'a demandé si j'étais toujours connecté sur skype parce que y'a eu un bug, ça arrivait parfois.

Et je n'ai vu son message que le lendemain. Qu'est ce qui a pu lui arriver, pour qu'elle se sente si mal, qu'elle prenne ses cachets pour dormir, qu'elle ne me sonne pas en plein milieu de la nuit, pour que je puisse l'aider.

Je lui en veux tellement d'avoir choisi ces cachets pour ne pas m'alerter, pour ne pas se plaindre, je lui avais moi même dit de ne plus se plaindre si elle ne voulait pas être aidée par un psychologue...

Je m'en veux, j'ai pensé bien faire, je pensais la ressaisir et j'ai tout raté, j'ai tout perdu aujourd'hui.

Et si ce satané soir, j'avais été plus gentil plus avenant plus compréhensif ou que sais-je.... elle serait peut-être encore là.

Je sais que ces questionnements sont "normaux", que nous passons tous par là... mais voilà je n'ai pas de mots.

Peut-être qu'elle a pris les cachets vers 3 ou 4h du matin.. parce qu'elle se sentait trop mal je ne sais pas... Sa mère l'a trouvée consciente à 7h du matin, a veillé un peu sur elle puis l'a recouché en pensant qu'elle se lèverait plus tard... elle a été retrouvée morte à 15h, le samu n'a rien pu faire malgré qu'ils aient tenté de la réanimer pendant une heure... c'est horrible et je ne peux blamer personne...
« Modifié: 30 Janvier 2017 à 18:03:15 par Pandor »
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Re : Re : Mon amour est parti, brutalement
« Réponse #35 le: 30 Janvier 2017 à 18:01:17 »
   Qui dit que l'amour est fait de joie ? !
   Enfin, je veux pas dire que le pied c'est pas: l'amour la joie la santé et tant qu'on y est l'éternité à partager, le paradis en somme ...
   C'est normal que tu sois bien enragé contre tout ce qui te sépare de ton amie, va !
   Et désemparé ... je te réponds par reconnaissance, parce que ton impuissance me touche ...
   Mais je sais bien que rien ne console, on évolue avec une grande douleur et voilà.
   Ton pseudo fait écho à la tragique mythologie antique ...
   Oui, la boîte de Pandore est ouverte ...
   Par accident ou non, elle est fatalement ouverte, pour toi, hélas.
   Ton épopée a atteint son point le plus bas, pas nécessairement sa fin.
   C'est trop grave, bien d'accord. M.

On évolue ... vers quoi... est-ce seulement une évolution....

Enfin, c'est trop révoltant.
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Re : Mon amour est parti, brutalement
« Réponse #36 le: 31 Janvier 2017 à 20:26:08 »
  Je comprends bien que ton cas est différent du mien Pandar, puisque dans le cas de mon compagnon c'était un accident qui n'avait aucune connotation plus ou moins suicidaire. J'imagine sans peine que ce doit être pire encore pour toi  :'( ce  que je voulais dire, c'est que ce sentiment de culpabilité est fréquent quelles que soient les circonstances.
  ...quand ce n'est pas les autres qui nous culpabilisent, ou en rajoutent encore. Les voisins de mon amis nous détestaient-ils n'appréciaient pas notre mode de vie-et ont sous-entendu que c'était "ma faute"  >:( l'un d'eux m'a dit d'un ton accusateur: "Tu l'as laissé tout seul au soleil..." Nous y avions souvent été, au soleil, et il allait très bien, c'est de la méchanceté gratuite, mais particulièrement cruelle. D'autres ont encore dit: "Fallait pas le laisser seul ce soir-là!" Comme si j'avais pus savoir  :'( >:( je le sais bien sûr, mais entendre des âneries pareilles quand on est en deuil, c'est particulièrement pénible...à présent, je n'ai que du mèpris pour ces gens-là.

  Je pense que nous reviendrions tous en arrière si nous le pouvions-je parle de ceux dont les conjoints sont mort d'autre chose que de maladie ou de mort naturelle-juste avant le moment où tout a définitivement basculé. Bien sûr que nous le ferions, bien sûr que nous ne pouvons pas nous empêcher   de réécrire le scenario encore et encore dans notre tête; j'aurais fais ceci, cela...et oui: "si"...il y a beaucoup de si, mais personne ne peux revenir en arrière.
  Non, tu ne pouvais pas savoir ce qui allait survenir, vous étiez si heureux, elle avait repris goût à la vie grace à toi. Et puis, comment imaginer l'inconcevable?...Si tu avais eu le moindre doute, ç'aurait été différent. J'espère que tu arriverras à surmonter, peu à peu, ce sentiment de culpabilité.

 :-*
*Où que tu sois, ne m'oublie pas. Ici, ta voix résonnera encore et toujours. C'est un nouveau monde qui s'ouvre à toi; mais c'est un monde où je ne suis pas...* (Dark Sanctuary)

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Re : Re : Mon amour est parti, brutalement
« Réponse #37 le: 31 Janvier 2017 à 20:45:01 »
  Je comprends bien que ton cas est différent du mien Pandar, puisque dans le cas de mon compagnon c'était un accident qui n'avait aucune connotation plus ou moins suicidaire. J'imagine sans peine que ce doit être pire encore pour toi  :'( ce  que je voulais dire, c'est que ce sentiment de culpabilité est fréquent quelles que soient les circonstances.
  ...quand ce n'est pas les autres qui nous culpabilisent, ou en rajoutent encore. Les voisins de mon amis nous détestaient-ils n'appréciaient pas notre mode de vie-et ont sous-entendu que c'était "ma faute"  >:( l'un d'eux m'a dit d'un ton accusateur: "Tu l'as laissé tout seul au soleil..." Nous y avions souvent été, au soleil, et il allait très bien, c'est de la méchanceté gratuite, mais particulièrement cruelle. D'autres ont encore dit: "Fallait pas le laisser seul ce soir-là!" Comme si j'avais pus savoir  :'( >:( je le sais bien sûr, mais entendre des âneries pareilles quand on est en deuil, c'est particulièrement pénible...à présent, je n'ai que du mèpris pour ces gens-là.

  Je pense que nous reviendrions tous en arrière si nous le pouvions-je parle de ceux dont les conjoints sont mort d'autre chose que de maladie ou de mort naturelle-juste avant le moment où tout a définitivement basculé. Bien sûr que nous le ferions, bien sûr que nous ne pouvons pas nous empêcher   de réécrire le scenario encore et encore dans notre tête; j'aurais fais ceci, cela...et oui: "si"...il y a beaucoup de si, mais personne ne peux revenir en arrière.
  Non, tu ne pouvais pas savoir ce qui allait survenir, vous étiez si heureux, elle avait repris goût à la vie grace à toi. Et puis, comment imaginer l'inconcevable?...Si tu avais eu le moindre doute, ç'aurait été différent. J'espère que tu arriverras à surmonter, peu à peu, ce sentiment de culpabilité.

 :-*

Bonsoir stana

En aucun cas je n'ai voulu hiérarchiser nos douleurs, ça serait malvenu de ma part, je voulais juste noter la différence entre nos situations.

Pff ces gens ne méritent pas une once d'attention... ils ne se rendent pas compte, ils sont aveugles.

Merci pour tes messages d'encouragement
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Hors ligne Pucinette

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Re : Mon amour est parti, brutalement
« Réponse #38 le: 31 Janvier 2017 à 21:22:05 »
Stana,

Même quand ils sont décédés de maladie.... J'ai entendu trop de fois à mon goût "mais tu pouvais pas le pousser à aller voir le médecin avant qu'il soit trop tard !"

Bonne soirée. .. Aussi bonne que possible....
Christophe... Mon amour pour toujours...

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Re : Mon amour est parti, brutalement
« Réponse #39 le: 31 Janvier 2017 à 21:45:16 »
De grâce, n'ajoutez pas de la peine à la peine.
Laissez ces tristes sires, ces imbéciles, à leurs "si vous aviez...".
Oubliez-les ; ils ne méritent ni le temps perdu à les écouter, ni les larmes qu'ils font couler.

Le soir a dérobé le paysage, et la nuit approche. Je souhaite qu'elle vous offre une trêve dans le chagrin, et le repos dont vous avez besoin.
*Ephémère*

       Tu es là d ans ma peau comme un coup de couteau.

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Re : Mon amour est parti, brutalement
« Réponse #40 le: 31 Janvier 2017 à 22:54:58 »
  Oui Pucinette, ce cap de culpabilisation doit s'exprimer de mille manières...

  Merci pour ces paroles Ephémère, elles sont bien pour nous tous  :-*

  Pandor: nous sommes là les uns pour les autres.

*Où que tu sois, ne m'oublie pas. Ici, ta voix résonnera encore et toujours. C'est un nouveau monde qui s'ouvre à toi; mais c'est un monde où je ne suis pas...* (Dark Sanctuary)

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Re : Mon amour est parti, brutalement
« Réponse #41 le: 01 Février 2017 à 09:33:16 »

   Bonjour Pandor,
 
   J'espère que tu parviens à dormir un peu chaque nuit ...

   Tu sais, quand j'étais petite, j'étais toujours impressionnée par ce que ma grand-mère disait.
    Elle parlait haut et fort d'une voix chaleureuse, chantante selon son accent propre, modulé par les élans de son brave cœur, universellement et douloureusement maternel ... (des enfants, elle en a perdu deux, plus une fausse-couche à six mois).
    Elle ressortait souvent des phrases de sagesse populaire, parfois de son cru, je trouvais amusant, entre autres:
   "Avec des SI, on peut mettre Paris en bouteille".
   Et ... c'était dit par quelqu'un de fière amertume ...
   Voilà, c'est cadeau, je ne sais pas si, si, si ...
   Bien affectueusement, M.
   ^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^
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Re : Mon amour est parti, brutalement
« Réponse #42 le: 01 Février 2017 à 11:02:14 »
Bonjour,

Oui je connais cet adage, il est vrai que on pourrait faire tellement de choses avec des si...

__

J'ai de nouveau fait 2 rêves d'elle, je suis à + de 12 rêves en 17 jours, mon subconscient doit vraiment avoir besoin d'extérioriser.

Je me suis réveillé ce matin, en regardant mon téléphone pour voir si je n'avais pas de message d'elle... Ces habitudes sont douloureuses, surtout que j'étais exclusivement en contact avec elle toute la journée (et la nuit).

Je dois pour une 17ième fois, accepter son absence, accepter ma douleur, accepter l'inacceptable.

Mes journées sont toutes les mêmes depuis.

Je passe une mauvaise nuit, ensuite je me réveille à une heure quelconque. Je me lève, je poste sur ce forum, je regarde si j'ai des messages à droite à gauche, je prends ma douche, j'attends.

Je lis un peu un livre, je reviens voir si j'ai des messages, j'attends. Je mange, parfois, je bois, parfois et puis j'attends.

Je pourrais jouer, je pourrais regarder la tv, je pourrais écouter de la musique, mais j'ai un blocage, je me refuse à me divertir,  d'une quelconque façon. Ça fait 17 jours que je n'ai plus changé mes idées, si ce n'est par la lecture, et une lecture bien spécifique.

J'ai peur de voir de belles choses, ou de ressentir de "belles choses" tant elle n'est plus là, tant je ne pourrai plus les partager avec elle. Je fuis les beaux endroits, je fuis les bons moments, je fuis tout ce qui s'apparente à un moment agréable. Des amis m'ont dit "si tu as besoin on est là, si tu veux sortir on est là, [...]" des mots qui ne me touchent pas, qui ne me touchent plus, le vide est trop grand.

Par ce fait, j'ai l'impression de respecter sa mort, de souffrir avec elle, de souffrir à juste titre, de me repentir d'une certaine façon, à même titre que sa vie s'est arrêtée, la mienne doit l'être aussi. Mais ne voulant pas me suicider, par altruisme, je me suicide psychologiquement, en gardant mon corps en vie.
« Modifié: 01 Février 2017 à 11:09:36 par Pandor »
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Re : Mon amour est parti, brutalement
« Réponse #43 le: 01 Février 2017 à 11:15:02 »
Ps : Concernant l'au delà, j'ai reçu une "lecture" d'une médium.

La mère d'une amie d'internet en fait, qui m'a demandé une photo de ma moitié.

Certaines choses sont troublantes, d'autres je n'en vois pas le sens, allez savoir...

Ce soir je vais à une salle de médiumnité, le prix d'entrée étant de 2€ (ils ne vivent pas de ça). Elle est bien réputée, et quelques personnes me l'ont conseillées, il parait que c'est bluffant.

Je pense que ce qui m'a tenu en vie jusque là, c'est cette envie de croire, car l'idée d'un plus jamais, d'un néant, m'est insupportable.

Bonne journée à tous.
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Re : Mon amour est parti, brutalement
« Réponse #44 le: 01 Février 2017 à 15:06:21 »
Pandor... Voila quelques jours que je te lis... Je ne t'ai pas écrit avant, car je n'avais pas la force, l'envie, les mots... Aujourd'hui, j'accueille une petite accalmie et j'en profite pour t'envoyer un peu de chaleur, te manifester mon soutien... Comme toi, j'ai perdu l'amour de ma vie. Il y a presque 10 mois maintenant... Beaucoup trop tôt. J'ai 26 ans (25 lorsqu'il est parti). Il en avait 33. Nous sommes restés ensemble 2 ans et 2 semaines... Cela faisait à peine quelque mois que nous vivions ensemble.
Tellement de souffrance... Et une souffrance tellement chaotique, intime, impartageable... qu'il y a si peu de mots pour la décrire, et si peu de mots qui peuvent nous atteindre et nous apporter un peu de réconfort...
Ce réconfort que pour l'instant, tu ne veux pas accueillir. Que tu fuis, que tu as peur de ressentir: par peur de trahir ton aimée. Je suis passée par là moi aussi. Parfois, cette culpabilité de vivre, cette peur d'aller mieux m'assaille encore. C'est une bien maigre consolation, je sais, mais il me semble important de te dire que tu n'es pas le seul à éprouver cette sensation.
Je ne sais pas comment, mais d'une certaine façon, tu apprendras à apprivoiser ou plutôt: à ne pas te laisser détruire par la souffrance. Tu avanceras malgré elle, avec elle. Peu importe la forme qu'elle revêt ou revêtira. Et lorsque je dis "avancer", ce n'est certainement pas, oh que non: tourner la page. Oublier. Passer à autre chose.
Lorsque la "peur d'oublier", d'"aller mieux", d'avancer sans mon chéri se calme en moi, je sais désormais que d'une certaine façon, nous sommes liés comme jamais. Notre amour était si fort, il l'a toujours été. Mais jamais je n'en ai eu conscience comme maintenant. De ce fait, j'ai compris que peu importe ce que la vie me réserve à présent, peu importe ce que je ferai, peu importe que je reste enfermée dans la souffrance ou que je m'autorise par moment des petits mieux: notre lien est gravé en moi à jamais.
Petit à petit, je te souhaite d'accueillir l'idée qu'il te sera possible d'honorer ton amour pour ta chérie autrement que dans la souffrance. Que de t'autoriser à lire un bon livre, à manger un bon plat, à voir des amis... n'est pas une trahison...

Mais le départ de ta chérie est encore si récent... Ce dont je te parle te semble sans doutes bien inaccessible... Peut être mes paroles sont elles prématurées, maladroites... Pourtant, lorsque je suis arrivée sur ce forum, des femmes, qui ont perdu leur conjoint avant moi, m'ont plus ou moins adressé ces mêmes paroles, et j'ai compris plus tard à quel point elles étaient précieuses... Car bien évidemment: tu ne peux et ne pourras pas échapper à tes émotions, à cette terrible souffrance. Il y a des moments (pour ma part, les premiers mois étaient de ceux là) où "s'autoriser à aller mieux" ne veux absolument rien dire. Parce que la souffrance nous écrase, s'impose à nous, et que la possibilité d'une amélioration est totalement hors de portée. Dans ces moments, il faut s'accrocher. S'accrocher, avec acharnement. Et puis parfois, lorsque la tempête se calme, qu'on reprend son souffle, on peut entrapercevoir de petites lueurs aux pourtours incertains... Et c'est dans ces moments là que petit à petit, je crois qu'on est en droit de se répéter: qu'on a le droit d'accueillir ces petites lueurs, le droit d'être en vie. Et de dire STOP à la culpabilité qui voudrait nous voir replonger de suite au cœur de la tempête.
Je ne vais pas te mentir, la route sera longue... Ces derniers jours, après plus de  9 mois, j'ai moi-même éprouvé une souffrance différente, mais presque plus intense encore que celle des premiers jours... Et pourtant j'ai avancé. Je sais que je ne suis plus la même qu'il y a 9 mois, pour le meilleur et pour le pire. Mais dans le "meilleur et le pire", il y a le "pire", qui prend toujours trop de place, et le "meilleur" aussi. Tu vas découvrir tes ressources: des ressources que tu ne soupçonnais pas.
Ce que j'ai découvert, pour ma part, c'est que l'amour est bien plus puissant que la mort. On dirait une réplique de mauvais téléfilm, et pourtant, lorsque l'on comprend ce que cela implique, c'est une vraie bouée dans cet océan déchaîné.
Pour ma part, j'ai l'intuition que l'amour qui me relie à mon chéri est encore bien vivant. Et pas seulement dans ma mémoire ou le secret de mon cœur... J'accepte qu'il existe plus de choses dans cette vie que je ne peux en voir, et chercher à approfondir ce que cela signifie m'a et continue de m'apporter beaucoup de réconfort. Il appartient ensuite à chacun d'entre nous de dessiner des contours à "nos croyances", notre "foi",  sans pour autant rendre ces contours hermétiques et enfermant... En te lisant, j'ai vu que tu possédais cette curiosité, cette ouverture. De mon point de vue, je ne peux que t'encourager à la cultiver précieusement.
Prends soin de toi, du mieux que tu peux. L'amour qui te lie à ta moitié est un trésor, toujours présent, même lorsqu'il se dérobe à notre vue. Tu apprendras à y puiser de la force.