Merci Qiguan

tu décrit tous ces processus de manière très claire, et dans laquelle, j'en suis sûre, d'autres personnes peuvent aussi se reconnaître-et même apprendre à mieux se connaître. Tu tiens un rôle important sur le forum
Pour ce qui est des photos, j'ai déjà précisé que j'en gardais précieusement plusieurs de Jean-Philippe, et que c'est toujours un moment privilègié quand je les ressort et prend le temps de les contempler; j'ai oublié de préciser qu'en revanche, je ne voudrais pas en avoir toujours une sous les yeux. Ca peut surprendre, mais si je le faisais, j'aurais peur d'avoir à nouveau les pires souvenirs en tête, à le voire heureux et en pleine santé sur ces mêmes photos-je suis moi-même heureuse de le voire si bien quand je les regarde, et de pouvoir me dire qu'il a vécu de belles et bonnes choses. Mais si l'une d'entre elles était, par exemple, sur un mur ou sur ma table de nuit, je pense que ce serait différent...ça ne peux qu'être dû à tout ce que sa mort a eu de traumatisant, parce-qu'après la mort de Pierre-que pourtant je n'aimais ni plus, ni moins mais bien d'un egal amour

j'aurais puisé un grand réconfort dans dans photos de lui au quotidien, si seulement j'en avais eu

ce qui démontre que chaque deuil est vécu plus ou moins différement.
Depuis le décès de ma mère, mon père a toujours gardé une grande photo de leur mariage, dans un joli cadre, accrochée au mur de sa chambre. Son approche est donc différente de la mienne, bien que les circonstances de la mort de maman aient été très dures aussi. Ca me touche ,vis-à-vis de mes parents, mais agrandir la plus belle des photos (celle où je suis avec Jean-Philippe, main dans la main, en un moment où nous étions particulièrement heureux,),l'encadrer et la mettre sur un mur , je ne m'en sens pas capable. Par contre, la contempler en revivant, dans mon coeur, cette belle journée, c'est un petit rituel d'une grande importance pour moi.
A propos de ma famille, je garde aussi des souvenirs (y compris matériels, comme des bibelots par exemple) de mes grands-parents-je n'ai pas connu mon grand-père paternel, mais mes deux grands-parents maternels, et aussi ma grand-mère paternelle, ont eu une grande place dans mon enfance, et les plus beaux souvenirs de cette période de ma vie sont en lien avec eux

les vacances chez les parents de ma mère, et d'autres, bien que moins fréquentes, dans la petite ferme de la mère de mon père, sont toujours aussi présents dans ma mémoire. Présents et vivaces, puisque j'y puise régulièrement pour me relaxer

d'ailleurs, ma grand-mère maternelle est restée un véritable modèle pour moi, à tout point de vue, et c'est quotidiennement que je lui rend ainsi hommage. Et, au travers de petites madeleine de Proust-petits plats, lectures, vieilles chansons, films, etc...j'entretiens, je vis peut-on dire, la mémoire de ces trois personnes qui ont tant compté pour moi
Ca m'a pris beaucoup plus de temps que pour Pierre et Jean-Philippe-et mes amis d'ailleurs-pour parvenir à les voire, dans ma mémoire, tels qu'ils étaient durant mon enfance, avec les innombrables souvenirs heureux qui vont avec, et non plus durant leur fin de vie, quelques années plus tard

je me suis souvent demandé pourquoi, mais je pense connaître la réponse: je suppose que ce qui arrive dans notre enfance ou adolescence laisse une marque "à part" dans notre cerveau si jeune...et même si ces premiers deuils étaient objectivement moins traumatisants que plusieurs autres, les pires souvenirs ont, du coup, mis plus de temps à être remplacés par les bons. Maintenant c'est fait, et c'est avec sérénité et plaisir que je pense à eux. Bien qu'ils soient décèdés depuis longtemps, j'ose espèrer qu'ils le savent

si un jour je reviens dans mon village d'origine et vais me recueillir sur leurs tombes, ce sera d'une manière apaisée, je le sais.
En parler de cette manière est très émouvant pour moi, la preuve c'est qu'en me relisant, j'ai vu que j'avais fait plusieurs fautes de frappe, que j'ai dû corriger
