Auteur Sujet: Comment arriver à admettre sa mort ?  (Lu 21931 fois)

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Mrsariel

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Comment arriver à admettre sa mort ?
« le: 22 février 2010 à 17:40:17 »
Bonjour à tous,

Mon ami est mort la nuit du 16 au 17 janvier, d'un "accident" de voiture. Il avait 28 ans et nous étions ensemble depuis presque 9 ans. Je mets accident entre guillemets car il s'agit plutôt à mes yeux d'un coup du sort, de la fatalité. Cet accident n'aurait jamais du arriver, ou plutôt les circonstances se sont regroupées pour qu'il arrive. Une chaîne inexistante pour interdire l'accès à un chemin, le brouillard, la lune à peine montante, l'absence de signalisation et d'éclairage en plein village... Bref, une quantité d'éléments qui me font dire qu'il devait mourir, que son passage sur terre était terminé.
Et voilà un peu plus d'un mois que je reste toute seule. J'ai quitté notre appartement pour revenir vivre chez mes parents, sensée préparer un concours que je ne peux travailler qu'une heure par jour pour le 09 mars...
Nous avions prévu de faire notre vie ensemble, d'avoir des enfants, et de continuer à être heureux... Cela ne fait qu'un mois vous me direz, c'est si récent, mes sentiments sont brouillés. Et oui, car je ne peux toujours pas y croire, malgré l'évidence, je passe mes journées simplement comme s'il était parti, mais pas mort, et quand je vois la réalité telle qu'elle est, je m'effondre en pleurs, en panique face à l'immensité de ma douleur. J'ai lu plusieurs choses sur le deuil, cela me terrifie, ça me renvoie à la réalité de sa mort.

Mais je me pose alors une question dont je ne trouve la réponse nulle part. Combien de temps cela prend-il de simplement admettre la mort de l'autre ? Je n'ai pas l'impression de l'avoir admise encore, je ne peux pas le croire, c'est si dur... Comment cela se passe-t-il?

Je regarde encore et encore les quelques photos, j'écoute les enregistrements que j'ai, pour le sentir avec moi. J'ai l'impression si souvent que je n'arrriverais jamais à vivre sans lui, car quel sens peut bien avoir ma vie désormais? Nous n'avions pas eu le temps de faire des enfants, embourbés dans nos études, alors que nous en parlions de plus en plus souvent. Je n'ai plus rien, à quelle raison de vivre peut-on se rattacher quand son âme-soeur est partie?

Mon message est sûrement flou et brouillon et je m'en excuse...

Tournesol71

  • Invité
Re : Comment arriver à admettre sa mort ?
« Réponse #1 le: 01 mars 2010 à 20:11:31 »
  Msariel,

Oui.. un mois... qu'est ce que c'est ? c'est un départ en vacances parfois... c'est le temps d'une "mise au point parfois aussi... Mais ce n'est pas le temps nécessaire pour admettre la mort de la personne avec laquelle on a tant vécu ! Il est dit que la durée moyenne est de 2 ans... mais je ne crois pas que la douleur de l'absence puisse se quotifier...
La mort de votre conjoint en plus s'est fait subitement; elle est donc plus difficile à admettre, peut être êtes vous encore sous le choc..

Ne vous forcez pas à savoir où vous en êtes... suivez votre chemin à votre rythme, prenez soin de vous (même si ce n'est pas facile mais c'est si important ) et dites vous que votre étoile vous guide et est fier de vous.
            Isabelle

Mrsariel

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Re : Comment arriver à admettre sa mort ?
« Réponse #2 le: 04 mars 2010 à 20:24:54 »
Bonjour,

Merci de vos réponses qui me rassurent un peu sur mon état... Aujourd'hui c'est mon anniversaire, première "fête" sans lui, c'est bien difficile... Ma famille est là autour de moi, mais évidemment il manque le principal... Et le temps passant j'essaie de plus en plus de me retenir de fondre en larmes devant les autres. Ce soir risque d'être éprouvant, célébrer ma vie alors que lui est mort... De l'écrire ainsi me fait encore tellement mal !
J'aime penser comme vous dites Isabelle, que mon étoile me guide et est fier de moi, j'aimerais le sentir un peu plus aujourd'hui !
Encore merci de vos messages, et à bientôt,
Ariel

Blandine

  • Invité
Re : Comment arriver à admettre sa mort ?
« Réponse #3 le: 05 mars 2010 à 14:10:08 »
Bonjour Mrsariel
Comme toi j'ai vécu les premières fêtes qui me concernaient sans lui avec beaucoup de difficulté : ma fête d'abord, moins de 3 semaines après son décès, et les messages que j'ai reçus ce jour-là ont fortement attisé ma souffrance et mon sentiment de solitude, mais ils étaient aussi le signe de la présence de plein de personnes autour de moi. Je crois que j'avais réussi à perçevoir ça malgré tout au travers de ma douleur. Et mon anniversaire un mois après, et là ça a été le pire : comme si ça n'avait aucun sens pour moi, comme tu le dis, "fêter" ma vie, la vie alors qu'il était mort !
De toute façon, "fêter" était inconcevable et l'est encore pour moi d'ailleurs (ça fait presque 10 mois que Michel est mort).
Je continue à pleurer quand çà me vient et je ne cherche pas à masquer cette douleur. Juste je me rends compte que j'arrive maintenant à passer une journée entière au travail sans penser à cette absence qui me fait si mal car je suis très occupée, mais tout revient en force dès que je lâche et me retrouve face à moi-même ; c'est aussi comme ça que j'avance... c'est une course de fond qui demande de l'endurance !
Bon courage
Blandine

Mrsariel

  • Invité
Re : Comment arriver à admettre sa mort ?
« Réponse #4 le: 09 mars 2010 à 10:48:23 »
Bonjour à tous,

Je me tourne vers vous pour une question très pratique. J'ai énormément de mal à m'endormir, il faut que je m'abrutisse devant la télé jusqu'à dormir, si j'éteins trop tôt je tourne en rond dans mon lit pendant des heures. J'ai vu deux médecins qui m'ont donné des conseils opposés alors je ne sais pas quoi faire. L'un m'a donné un antidépresseur à prendre le soir et m'a conseillé de prendre du lexomil en plus. L'autre (qui a perdu sa femme il y a quelques années) m'a conseillé de ne rien prendre. Alors je ne sais pas quoi faire. Au début je prenais ces médicaments, et puis j'ai eu l'impression  de ne plus ressentir mes émotions la journée, et de les retrouver d'un coup le soir (mais cela est peut-être lié au temps qui avance). Quels seraient vos conseils par rapport à ça ? Je ne travaille pas donc je n'ai pas d'impératif de lever, mais m'endormir à 2-3h du matin me fatigue et ces heures sont vraiment lourdes à supporter... Pensez-vous que l'on risque d'enfouir et de mal faire son deuil avec des médicaments ?
Tout cela me paraît tellement irréel encore, c'est si dur quand je réalise vraiment ! C'est une réelle solitude, profonde qui s'installe lentement, c'est horrible !!!!!

 Merci pour vos conseils,
Ariel

mariej

  • Invité
Re : Comment arriver à admettre sa mort ?
« Réponse #5 le: 09 mars 2010 à 12:32:31 »
Bonjour Ariel,

Moi non plus je ne prends pas de médicament et je dors bien. J'ai pris pendant quelques temps des gouttes de "Rescue", c'est un élixir floral du Dr Bach, il y a aussi beaucoup d'autres élixirs floraux, Les Fleurs de Bach agissent sur les émotions, il y a aussi "star of bethléem" qui agit sur les émotions du deuil, le mieux est de se faire conseiller par quelqu'un qui les connait bien.
Pour moi ces éléxirs ont été bienfaisants et sans conséquence sur l'organisme.
Un site explique très bien leurs effets "mesfleurs de bach".
Bon courage
marij

Blandine

  • Invité
Re : Comment arriver à admettre sa mort ?
« Réponse #6 le: 09 mars 2010 à 20:06:19 »
Bonjour,

C'est difficile de répondre à ta question, voici ce qui se passe pour moi : le problème du sommeil a beaucoup varié au cours des mois. J'ai réussi à éviter les anti-dépresseurs car ils ne m'étaient pas nécessaires (j'ai vu mon médecin régulièrement pour qu'il puisse bien cerner si j'étais triste ou en dépression) mais pas les médicaments plus naturels : j'ai pris du lithium en oligoéléments pendant plusieurs mois et de l'euphytose ; j'arrivais à dormir à peu près correctement vu mon état, c'est-à-dire très peu les 2/3 premiers mois après le décès de Michel puis un peu mieux. Puis j'ai arrêté le lithium il y a un peu plus d'un mois et je dors beaucoup plus mal, mais aussi parce que je commence à penser et à raisonner je crois...
Donc depuis une dizaine de jours, j'ai tenté les gouttes homéopathiques L72 et ça m'aide à m'endormir mais je me réveille quelques heures plus tard et c'est fini ! Et de plus, j'ai l'impression que ça ne génère pas un sommeil naturel. Je vais donc me requinquer encore un peu en les prenant puis je vais arrêter.
Je crois aussi que si c'est possible, il vaut mieux se passer de tout ça mais au bout d'un moment, il faut aussi dormir pour se ressourcer...
Si tu n'as pas d'impératif de lever, c'est peut-être bien d'essayer de ne rien prendre mais il faut que tu réussises à dormir quand même, le sommeil reste réparateur et nous est nécessaire. J'ai entendu que c'est le sommeil avant minuit qui est le plus réparateur et là, je n'y arrive pas ! Je décale l'heure de mon réveil quand je peux le faire car je dors mieux sur le matin, donc j'arrive plus tard au travail, ça fait partie de ce que je me donne pour essayer de m'en sortir au mieux sur ce long chemin vers un mieux-être.
Bon courage et bonne nuit toute à l'heure !
Blandine

Mrsariel

  • Invité
Re : Comment arriver à admettre sa mort ?
« Réponse #7 le: 10 mars 2010 à 15:53:36 »
Merci pour ces conseils, je crois que je vais essayer de prendre quelque chose de naturel, je suis vraiment pas médocs... Mais c'est sûr que quand le corps est fatigué, le cerveau a encore plus de mal à gérer tout ça...
C'est tellement dur de continuer à vivre... pour quoi ? Je n'ai pas lu toutes vos histoires, certains d'entre vous ont-ils perdu quelqu'un sans avoir d'enfants? J'ai l'impression que ça fait une différence importante, mais je me trompe peut-être... Je me dis que ça aurait été une raison de vivre malgré la douleur, une sorte d'obligation de s'en sortir. Enfin, de toute façon je ne suis pas dans ce cas-là. En tout cas quelle solitude, ce sentiment d'abandon... Surtout que je ne suis plus dans notre appartement, j'ai du retourner chez mes parents, et tout cela me semble encore tellement irréel, comme si tout allait revenir comme avant !
En tout cas merci pour vos réponses !
Ariel

Blandine

  • Invité
Re : Comment arriver à admettre sa mort ?
« Réponse #8 le: 11 mars 2010 à 14:12:33 »
Je n'ai pas d'enfants non plus. J'ai fait le constat il n'y a pas longtemps que je n'ai donc plus de famille puisque ma famille, c'était nous ; or quand il y a des enfants, il y a encore la famille. mais à part ça, je ne sais pas si ça "facilite" les choses. Effectivement, je pense qu'il y a du coup des contraintes et des obligations évidentes obligeant à prendre sur soi, à s'en sortir comme tu dis, à avancer... mais il y a aussi à prendre en compte le deuil de ses enfants en même temps qu'il faut vivre son propre deuil.
Je crois me rappeler que tu ne travailles pas et pour moi, c'est le travail qui me donne ces repères, ces obligations et ces contraintes. C'est fatigant mais je suis obligée de m'en sortir pour assurer mon activité professionnelle et heureusement que je l'ai : je constate à chaque fois que j'essaie de prendre quelques jours de congés que je n'arrive pas à me reposer, à me bouger... alors qu'en travaillant j'ai l'impression de manquer de temps pour moi, pour mon travail de deuil... mais finalement, ça se passe mieux pour moi quand je travaille pour l'instant. C'est tellement incohérent parfois tout ça !
Autre chose : j'ai en fait vécu toute ma vie d'adulte avec Michel, donc comment continuer maintenant ? Nous avions chacun des une passion différente que nous vivions de manière autonome mais même cette passion, je n'arrive pas à la vivre pour l'instant (et pourtant il m'a bien dit durant sa maladie qu'il faudra que je reprenne mes activités). Tout ce que je faisais avant, même s'il n'était pas avec moi physiquement, il était là quand même, alors que maintenant, il n'est plus là du tout : je crois que c'est ça la différence et elle est difficile à accepter.
J'ai une phrase que j'avais extraite d'un mail reçu il y a quelques mois en permanence sous les yeux  : "la seule personne qui est avec vous pour la vie, c'est vous. Vivez pendant que vous êtes en vie". J'essaie donc maintenant de vivre pour moi et plus pour nous.
Bon courage, mes meilleures pensées positives (il y en a parfois !) t'accompagnent
Blandine

Mrsariel

  • Invité
Re : Comment arriver à admettre sa mort ?
« Réponse #9 le: 11 mars 2010 à 14:51:57 »
Bonjour Blandine,

Oui, comme tu dis, avant il était constamment là, même quand il n'était pas là physiquement, il y avait cette impression de vivre à deux même quand je faisais quelque chose sans lui. Et le vide créé, même si je ne l'ai pas encore perçu entièrement, existe dans chaque moment qui reste. C'est dingue de constater à quel point on peut construire sa vie en incluant l'autre dans tout, même sans qu'il s'en rende compte... Et du jour au lendemain, devoir vivre pour soi, et non plus pour nous deux, c'est une petite mort aussi.
Moi aussi j'ai vécu toute ma vie d'adulte avec lui, même si je suis encore jeune (je viens d'avoir 27 ans), on était ensemble depuis mes 18 ans et on s'est véritablement construit ensemble. Une part de moi en lui et une part de lui en moi. Alors ces parts échangées sont-elles mortes aussi ? La part de moi qui était en lui a-t-elle disparu ? La part de lui qui était en moi n'existe-t-elle plus ?  ??? Et pourtant très souvent j'ai l'impression qu'il est encore là. Quand j'arrive à faire quelque chose, un peu de jardinage par exemple, je lui "dédie" en quelque sorte ces moments que je passe pour moi. C'est très étrange tout ça...

Je comprends ce que tu dis avec le travail, la tête est occupée et il y a une certaine obligation que l'on se met à faire son travail malgré tout, j'imagine en tout cas. Ma situation n'est pas évidente, car je ne m'imagine vraiment pas aller postuler à des postes (en premier emploi en plus, j'ai eu mon diplôme en septembre dernier et n'ai eu que 2 tout petits CDD après), montrer ma motivation, me battre pour obtenir un emploi... Ça me paraît complètement infaisable !! Et plus le temps passe plus je devrais justifier tous ces mois sans travail... Pfffff dure société ! Enfin il faudra bien un jour que je me ressaisisse et que je me remette véritablement en action... Mais cela ne fait même pas 2 mois, alors je suis encore dans la sidération, depuis quelques jours, je n'ose même plus en parler vraiment, la douleur est si puissante que je voile les yeux et je suis dans un état bizarre... Plus abattue en apparence, mais tellement à fleur de peau, comme si un rien pouvait me faire m'écrouler. Et pourtant, les gens ne réalisent pas autour de moi que quand je fais quelque chose, il faut que je me traine littéralement, comme si j'étais écrasée au sol et que je devais ramper pour la moindre des choses.
Quand est-ce que tout cela s'arrêtera ?? Est- ce que on arrive véritablement à re-vivre ?
Ça fait du bien de pouvoir s'exprimer avec vous ici, cette douleur est tellement spécifique j'ai l'impression. Tellement intime en fait.
Merci, et bon courage
Ariel

claudel

  • Invité
Re : Comment arriver à admettre sa mort ?
« Réponse #10 le: 12 mars 2010 à 02:32:33 »
Bonjour Ariel et aussi à toutes les autres qui écrivent sur ce forum,
Même après plus de 2 ans, il y a encore des moments où tout m'est pénible et me demande un effort.  J'aurais envie de m'isoler chez moi, de ne rien faire.  Heureusement, il y a aussi des moments où la vie est plus facile ou du moins me semble moins pesante. Certains moments, je me demande ce que je fais seule dans cette maison qui n'a plus d'âme, plus de vie.  Elle pourrait être pleine de gens, mais pour moi elle est vide.  Je me sens terriblement seule sans lui.  Et quand je suis très occupée, ça va mieux d'une certaine façon, mais quand je me retrouve seule, c'est comme si je reprenais ma souffrance là où je l'ai laissée.  Heureusement qu'avec le temps, il y a une diminution de l'intensité de cette souffrance.  Mais est-ce je peux vraiment faire le deuil d'un conjoint avec qui j'étais si bien?  J'en doute à ce moment-ci.  J'apprends seulement et graduellement à vivre avec cette absence.  Comme tu dis, sans nous en rendre compte, toute notre vie se déroule en incluant l'autre et la vie de notre amoureux inclue aussi la nôtre, c'est réciproque. Alors, il nous faut apprendre à vivre pour soi et sans la personne pour qui nous étions importantes.  C'est un réel défi.  Parfois, j'ai le goût de le relever et parfois il m'apparaît trop grand. 
Les écritures de chacune me font grand bien et me permettent de réaliser que je ne suis pas seule, quelqu'un comprend mes émotions.  Aussi, je peux constater le chemin parcouru depuis 2 ans et ça m'encourage.  Merci à chacune et bon colurage!
Claudel

Blandine

  • Invité
Re : Comment arriver à admettre sa mort ?
« Réponse #11 le: 13 mars 2010 à 20:06:37 »
Bonsoir à tous ceux qui passent sur ce forum.
Je continue notre discussion et je constate moi aussi le chemin parcouru, même s'il n'y a que 10 mois que mon compagnon est parti.
Ce que tu décris Ariel, je m'en souviens encore mais c'est une étape passée pour moi : je disais toujours au tout début de mon deuil que "vivre était épuisant" ; c'était exactement ce que tu décris : la moindre petite action quotidienne tellement simple et anodine pour tout le monde était pour moi une dépense d'énergie extraordinaire et effectivement personne autour de moi ne pouvait le percevoir et le comprendre ! J'entendais régulièrement et depuis je l'ai lu aussi sur ce forum que l'on s'en sort petit à petit et je confirme. L'intensité permanente de la souffrance a diminué aussi, la souffrance est toujours là, elle émerge de temps en temps sans prévenir, forte mais malgré tout moins intense je trouve... ça doit être ça le chemin et ça se fait sur la durée, en vivant parfois des souffrances jusqu'à l'insupportable mais c'est le seul moyen de les atténuer par la suite. Je suis par contre toujours à fleur de peau et je m'isole beaucoup plus qu'au début. Je fais déjà tellement d'effort la semaine pour travailler que je suis très fatiguée en fin de semaine et du coup je ne prévoie rien sur les week-ends, je me laisse aller à mon humeur sans contrainte et c'est souvent tristesse et isolement. J'espère que l'arrivée du printemps me donnera envie ne serait-ce que de m'installer sur un banc dehors pour lire plutôt que de lire enfermée dans mon appartement qui me paraît bien vide parfois aussi.
Comme le dit Claudel, j'ai cette impression tous les soirs, les matins et les week-ends, quand je me retrouve seule dans l'environnement qui était le nôtre, de retrouver ma souffrance intacte. Et malgré tout, je sens l'énergie qui revient, parfois même des petits moments de détente et de joie au milieu de cette tristesse qui est maintenant mon humeur de fond.
Bon courage sur le chemin de la reconstruction et de la vie
Blandine

Mrsariel

  • Invité
Re : Comment arriver à admettre sa mort ?
« Réponse #12 le: 16 mars 2010 à 21:44:05 »
Bonsoir tout le monde,

Dure journée aujourd'hui, marquée par le poids de la solitude et du manque... Je suis dans cette phase d'irréalité depuis plusieurs jours maintenant, et je n'ai pas l'impression qu'il ait disparu. Mais ce soir le sentiment d'être seule au monde resurgit, malgré la présence de ma famille... Il me manque tellement, quelle tristesse que cette vie qui reste désormais, sans lui. Je me sens tellement malheureuse, je sais que vous comprenez cette douleur, et quand je pense que vous la vivez également j'ai envie de vous dire de vivre pour ces bons moments qu'il y a... Mais pourquoi ? Quand l'amour de sa vie a disparu, à quoi bon continuer à vivre ?
La souffrance remonte, et je vais essayer, une fois de plus, de la ravaler car elle est bien trop douloureuse. Ce n'est surement pas sain... Mais ça fait tellement mal !
Je vous embrasse, et pense bien à vous
Ariel

Blandine

  • Invité
Re : Comment arriver à admettre sa mort ?
« Réponse #13 le: 16 mars 2010 à 22:31:52 »
Bonsoir Ariel,

Sur une autre discussion, tu me soutiens dans ma douleur ce soir, saches que je te soutiens également dans la souffrance que tu évoques maintenant. Oui on se sent seule dans cette détresse même entourée de gens aimants, c'est une souffrance tellement intérieure, tellement intime, tellement profonde, tellement insupportable... et tellement épuisante que parfois l'apaisement arrive.
Je te souhaite une nuit paisible
Blandine

Mrsariel

  • Invité
Re : Comment arriver à admettre sa mort ?
« Réponse #14 le: 17 mars 2010 à 10:27:11 »
merci Blandine pour ton soutien.

Après une nuit pas vraiment reposante et une matinée au coeur lourd j'ai peur de repartir dans une série de journées plongée au plus profond de la souffrance, de la réalité...
Que c'est difficile, devoir se battre en permanence en soi, pour surmonter malgré tout.... Et ce mal de tête qui me prend instantanément quand je bloque mes pleurs, toute l'énergie contenue dans ma tête et qui ne circule pas !
Et cette habitude que je prends de me retenir d'éclater quand je suis entourée...
Tout  cela est bien difficile !!

Je vous embrasse toutes fort,
Ariel