Auteur Sujet: A 29 ans avec 1 fille de 2 ans  (Lu 2960 fois)

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Hors ligne virg49

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A 29 ans avec 1 fille de 2 ans
« le: 13 Novembre 2010 à 01:40:48 »
Bonsoir,

Je suis tte nouvelle sur ce site, en sachant que je n'ai pas du tout l'habitude de ce genre de chose. Mon conjoint est décédé il
y a 2 mois des suites d'un cancer que les médecins avaient découvert dps janvier 2009. J'ai été là pour lui dps le début en y
croyant vraiment, tout comme lui. Nous avons 1 fille qui va avoir 2 ans le 24 novembre. J'ai l'impression que je vais de + en + mal.
J'ai été forte comme j'ai pû dps le départ mais là je crois que le courage me manque de + en +. Une nvelle vie s'annonce pour nous, mais
finalement, j'ai l'impression de ne pas en vouloir. J'ai peur de l'abandonner...
Merci à ceux qui pourraient me dire qlq mots qui m'aideraient à aller mieux, surtout pour ma fille.

Hors ligne marie

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Re : A 29 ans avec 1 fille de 2 ans
« Réponse #1 le: 14 Novembre 2010 à 20:09:53 »
Bonsoir,
J'ai perdu mon mari(53 ans) et un de mes fils(23 ans) il y a 7 mois. La souffrance est terrible et je crois que c'est normal qu'après 2 mois tu ne te sentes pas bien. Le manque, l'absence, le silence, la solitude s'installent et la douleur arrive par vagues. Tu as une adorable petite fille qui va t'obliger à te lever le matin, à t'habiller et même si tu avances comme une somnambule, tu vivras une journée et puis une autre. J'en suis là, j'essaie de vivre une journée à la fois même si la vie me paraît aujourd'hui sans goût et sans aucun sens. Il me reste 2 grands enfants et je me dis que pour eux, je dois continuer. J'espère chaque jour avoir la force de mettre un pied devant l'autre et je m'appuie sur les autres, mes amis, mon travail.
Tu vas toi aussi y arriver malgré cette immense souffrance, malgré ta fatigue. J'aimerais t'insuffler un peu de courage.

Hors ligne virg49

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Re : A 29 ans avec 1 fille de 2 ans
« Réponse #2 le: 14 Novembre 2010 à 21:05:02 »
Merci bcp pour votre soutien. Je ne sais pas de quoi sont décédés vos proches, mais je suppose que cette souffrance est bien présente. Au bout de combien de tps avez-vous repris votre travail? Ce que vous dites est ce que je ressents. Et je crois que la maladie que j'ai également vécue (à ma manière) retombe aussi, toute cette pression constante je pense. Il faut que je montre le bon exemple à ma fille, mais par moment je vais plutôt bien (ça me surprend) et d'une seconde à l'autre, tout va basculer. Une chanson, des tensions avec ma soeur pour des broutilles, des photos, des endroits, au cimetière... Y-a-t'il une personne qui aurait vécu la maladie?

adèle

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Re : A 29 ans avec 1 fille de 2 ans
« Réponse #3 le: 17 Novembre 2010 à 16:36:10 »
Bonjour Virg

Bienvenue sur le forum
Je suis désolée je ne vois ton message que maintenant. J'ai comme toi vécu la maladie. Mon compagnon est mort d'un cancer il y a un peu plus de deux ans. Lorsqu'il est mort, il n'en pouvait plus, et moi non plus. Nous étions tous les deux à bout de forces après cette longue bataille. J'ai repris mon travail assez rapidement, parce je  n'avais pas le choix, je m'étais tellement "arrétée" pour l'accompagner. Les premières semaines je souffrais terriblement physiquement, comme si le cancer était en moi, j'avais les mêmes symptômes que lui, et comme lui j'étais incapable de manger.  je faisais des cauchemars affreux, j'essayais désespérement de le sortir d''hopitaux labyrinthiques sans trouver les portes. Il m'a fallu des mois et des mois pour supperposer des images riantes à celles de la maladie et de la dégradation.
On prend tellement sur soi lorsqu'on accompagne celui qu'on aime, on cache notre chagrin et nos angoisses, on pallie à tout, on est en état d'hypervigilance nuit et jour, il faut lutter contre la peur, accepter l'impuissance, on vit dans un monde parallèle, médicalisé, au rythme des traitements et des hospitalisations, et c'est après,après la mort, que tout nous tombe dessus. Il faut du temps, beaucoup de temps pour réapprendre à vivre, et c'est difficile de réapprendre à vivre lorsque l'on a tant de chagrin. On est a fleur de peau, tout fait mal.

j'ai pris mon temps pour "aller mieux". j'ai su tout de suite que ce serait long, et qu'il faudrait que j'avance lentement. De toutes manières j'étais incapable de faire autrement. AUjourd'hui je vais mieux et je n'ai pas le sentiment de l'abandonner. Il aimait tellement la vie, il s'est tant battu pour vivre le plus longtemps possible, que j'ai l'impression que c'est en continuant à vivre le mieux possible que je suis au plus près de lui.

Tu es au tout début du chemin, entre souffrance et incrédulité avec tout l'épuisement de l'accompagnement derrière toi. La route est longue et j'espère que tu trouveras un peu de réconfort ici.

Je vous envoie mes pensées les plus douces à toi et à ta petite fille

« Modifié: 17 Novembre 2010 à 16:40:33 par adèle »

maas94

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Re : A 29 ans avec 1 fille de 2 ans
« Réponse #4 le: 17 Novembre 2010 à 17:49:18 »
Bonjour,

j'ai perdu mon mari le 31/07/2010, une semaine après avoir fêté ses 36 ans en famille autour d'1 BBQ. C'était qq'n qui aimait la vie et nous la croquions à pleine dent ensemble. Il s'est donc fait plaisir avec une bonne côte de bœuf. Il est décédé d'un cancer de la lymphe B à grandes cellules de type osseux. Découvert par hasard lors d'une séance d'ostéopathie où son fémur fut fracturé par le praticien en octobre 2009. Après tu connais la suite, on entre dans les protocoles de chimiothérapie, la rémission (04/2010) et une consolidation par l'auto greffe. Un échec de l'auto greffe (06/2010) et hop la maladie se propage à l'ensemble des os. On y a tellement cru, tous les deux nous avons mené des batailles mais on a perdu la guerre. Une forme trop agressive l'a emporté en 2 jours. Au fond de nous, nous savions que cela devenait compliqué mais nous avons décidé de nous battre et d'y croire. Nous avons une petite fille de 3 ans trois quart ;). Sans notre fille je peux comprendre les personnes qui sombres dans des prises excessives d'alcool ou autres drogues pour apaiser la douleur. Heureusement qu'elle a été là les premiers temps ; ma famille et mes amis omniprésents m'ont permis de parler et d'évacuer. J'ai immédiatement repris de la gym et la danse que nous pratiquions tous les deux. Je suis en paix avec lui, j'ai tellement donné et j'ai eu le temps chaque jour de lui manifester tout mon amour. Toutefois je suis toujours suivi en psychothérapie et ma fille par un pédopsychiatre. Nous parlons facilement de son papa et aussi souvent qu'elle le désire, sans tristesse mais avec l'expression des émotions par la parole. J'espère que mon vécu t'apportera qq'chose. La vie continue et il faut profiter de chaque jour avec ceux que l'on aime et il faut se recréer des joies surtout lorsque toute sa vie bascule en 9 mois. Je n'ai même pas eu un an. On ne peut plus rien y changer, seulement parler et mettre des mots sur cette douleur qui arrive à s'estomper. (j'ai repris mon travail 1 mois après le décès de mon mari et mes collègues m'ont énormément soutenu et témoigné leur présence). J'ai surement parlé trop de moi et peut être pas assez de mots pour te réconforter et je te prie de m'en excuser mais je me répète : la vie est courte et belle à vivre il faut continuer, y croire et recommencer. à bientôt.

Blandine

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Re : A 29 ans avec 1 fille de 2 ans
« Réponse #5 le: 18 Novembre 2010 à 18:17:32 »
Bonsoir,

Moi aussi j'ai connu la maladie, mais assez brièvement. Michel est décédé d'un cancer de l'œsophage 3 mois 1/2 après avoir été diagnostiqué. Les 1ers 15 jours ont été plutôt dans le combat, puis un jour, quand je suis revenue de mon travail, il m'a annoncé qu'il ne souhaitait pas se faire soigner car il sentait que c'était trop tard, qu'il était rongé de l'intérieur. Il faut dire qu'en 15 jours, il avait beaucoup maigri, avait un énorme ganglion à la gorge... Je m'étais donc préparée à lutter avec lui et en même pas une seconde, je me suis préparée à l'accompagner jusqu'à la mort. Trois mois où je n'étais tournée que vers lui en sachant que chaque jour qui passait était précieux mais en même temps participait à raccourcir le temps que nous avions encore à passer ensemble. J'ai pu m'organiser à mon travail pour passer le maximum de temps avec lui et j'ai vécu ce présent-là comme il venait, ce que j'ai continué à faire après son décès. Cela fait maintenant 1 an 1/2 qu'il a physiquement disparu de ma vie, mais il est toujours présent dans mon cœur. J'ai repris mon travail une dizaine de jours après son décès, avec très peu d'énergie et beaucoup de détresse en moi, mais j'avais besoin de reprendre ; je ne supportais pas du tout de rester chez moi à ne rien faire. Je crois surtout que l'important c'est de suivre ses émotions et d'agir en fonction de cela ; la volonté ne nous aide pas à passer les caps que nous avons à passer. Je n'étais que souffrance après son décès (physiquement et émotionnellement) et j'ai accepté tout ça en vivant ce que j'avais à vivre et en essayant d'améliorer mon état physique lentement (mais sûrement !). Je sais maintenant que j'ai vécu cette période avec justesse et que c'est sans doute pour cela que je commence à pouvoir maintenant me re-construire. La souffrance ne prend plus toute la place... ma vie va continuer autrement
J'espère que mon témoignage pourra t'apporter un peu d'espoir et profite bien des moments où tu vas moins mal, ça permet ensuite d'affronter ce que nous appelons ici les montagnes russes.
Courage et mes pensées les plus positives pour toi et ta fille
Blandine

Hors ligne Fab

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A 29 ans avec 1 fille de 2 ans
« Réponse #6 le: 22 Novembre 2010 à 14:42:25 »
BonJour,
Je suis dans la meme situation, mon adorale epouse est partit d un cancer ily a un peu plus de deux mois.
Longue bataille de 18 mois, j ai ete tres tres fort durant toute cette periode, nous avons fait tout ce que nous pouvions (entre autre phytotherapie, homeopathie, energie therapie, suivi alimentaire...) j ai essaye de toujours etre le plus positif possible, le plus optimiste...
MA femme est partit, notre petite fille de 22 mois et moi restons la, je Survis par et pour elle...
La Souffrance est terrible, inimaginable pour les personnes n ayant pas vecu cela.
C est un combat de chaque instant!
Notre adorable fille ; je luis parle souvent de maman,j elui dis qu elle ne reviendra plus, et depuis peu, il me semble que de tps en tps elle a des coups de blues, il me semble qu elle commence a realiser...
Quand a ce qui est du travail, je vais retravailler debut decembre, nous verrons, ce qui est sur c est que chaque jour est different, il faut prendre un jour apres l autre.
Concernant le suivi, j avais un apriori contre les psy, moi de nature reserve, livrer ce que je ressens a qq un que je ne connais pas, mais finalement, j ai commence un suisiv personnalise avec une association et ca me fait beaucoup de bien de parler, de partager mes sentiments et d ecouter les conseils, ca depend de chacun mais je recommande d y aller pour se faire idee.
N hesite pas a venir sur le forum pour confier tes craintes, livrer tes interogations, a echanger.
Nous sommes "tous/toutes dans le meme bateau"