Auteur Sujet: ET JE CHOISIS DE VIVRE  (Lu 270 fois)

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ET JE CHOISIS DE VIVRE
« le: 25 Mars 2019 à 18:22:07 »
L'avant première du film "Et je choisis de vivre" avait lieu vendredi dernier à Valence. Peut-être que certains d'entre vous avaient suivi le projet sur facebook ou kisskissbankbank. C'est l'histoire d'une jeune maman qui perd son premier enfant à l'âge de 1 an. Ce film est magnifique, et retrace vraiment justement les émotions qui traversent les parents endeuillés, avec la participation de Christophe Fauré. La sortie nationale aura lieu le 22 mai. Allez sur le site ou sur facebook, et surveillez son passage vers chez vous, ou encore mieux, organiser sa projection avec votre cinéma. C'est un film qui fait vraiment du bien : https://etjechoisisdevivre.com/le-film/, ou https://www.facebook.com/etjechoisisdevivre/

Hors ligne Mircea

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Re : ET JE CHOISIS DE VIVRE
« Réponse #1 le: 02 Avril 2019 à 23:31:20 »
FOCUS – « Briser le tabou du deuil » et « porter un message d’espoir ».
Tels sont les objectifs du film "Et je choisis de vivre", qui raconte l’histoire d’Amande, jeune maman en quête de sens et de joie de vivre suite à la perte de son enfant.
Par le biais de son ami Nans, elle rencontre des personnes qui ont vécu la même épreuve, qui partagent leurs expériences mais aussi leur joie de vivre retrouvé malgré la douleur.
Parmi ces personnes, Armelle Six.


Entretien (extraits pour la présentation de la conférence en lien avec le film) :

Pourquoi soutenez-vous ce film ?
Tout d’abord parce que c’est mon expérience : il y a quinze ans, j’ai perdu mon fils. Je connais la douleur liée à la perte de son enfant.
Je connais la douleur qui peut durer des années, le deuil, la sensation de se sentir perdu, seul, incompris, de ne pas savoir comment traverser cette épreuve…

Une des grandes question de cette conférence est « le deuil se termine-t-il un jour ? ». Qu’en pensez-vous ?
Par mon expérience j’ai l’impression que oui, que l’acceptation est tellement profonde, qu’il y a aussi une évidence qui se fait : la perspective de la relation avec l’être disparu a changé. Quand la personne était là, la relation était de l’ordre physique et extérieure.
 Ce qui se passe après la mort, c’est que cette relation devient intérieure. On a la relation avec cette personne dans notre cœur et elle ne part jamais.

Ce qui apaise beaucoup c’est de se rendre compte du fait que le lien ne se coupe jamais, c’est la relation qui change de perspective. Je pense qu’à ce moment-là il y a une acceptation profonde de la mort de la personne, de sa disparition physique.

Cela ne veut pas dire qu’il n’y a plus jamais d’émotions. Je me dis que peut-être toute ma vie je serai touchée par une maman avec son fils. Je ne peux pas le savoir, peut-être que toute ma vie je vais pleurer… C’est normal, c’est beau d’être touché, c’est là où l’on se rend compte de notre humanité, cela change aussi notre perspective par rapport aux émotions.

L’acceptation est donc une “technique” pour surmonter l’épreuve de la perte d’un être cher ?

Je ne le vois pas comme une technique. Je ne pense pas qu’on peut travailler pour accepter quelque chose, mais que c’est quelque chose qui vient naturellement dans le processus. On passe vraiment par différentes étapes, différentes phases, qui ont toutes leur sens et leur importance.
Ce qui est vraiment important c’est de laisser vivre ses émotions, de s’autoriser, de se permettre d’être en colère, de sentir la profondeur de la tristesse…
Il faut aussi apprendre et oser demander de l’aide.

Et, à un moment, au cours de tout ça, je pense qu’il y a un apaisement qui se fait naturellement. Si vraiment on écoute tout ce qui nous habite naturellement, la vie nous amène à ça, à cette conclusion inévitable : « Oui, la personne est morte, c’est douloureux et elle ne reviendra plus, mais aujourd’hui la vie est là. » On doit aussi se donner l’autorisation de vivre. C’est pour cela que le titre du film me parle beaucoup : je pense que c’est véritablement un choix, on choisit de vivre.

Quand vous parlez d’accompagnement des personnes en deuil, vous entendez par là plutôt l’accompagnement par des spécialistes ?
Des associations avec des bénévoles peuvent apporter leur aide. Mais je pense que cela peut aussi être nos proches, bien que souvent ils ne soient pas « armés » pour accompagner. En général, ils ont envie d’aider… On peut leur dire : « Tiens, j’ai besoin que tu m’écoutes, j’ai besoin tout simplement de ta main, j’ai besoin que tu me serres pour que je puisse pleurer. » On peut leur apprendre, parce que peut-être ils ne savent pas non plus.

Je pense que c’est important quand on est en deuil d’avoir un espace, d’avoir quelqu’un en qui on a confiance à qui on a envie de raconter l’histoire tant qu’on a besoin de la raconter. Peut-être que cela va durer cinq ans, six ans ou dix ans. Peut-être qu’après, pendant une certaine période, il n’y aura rien et puis “boum”, un jour, je vais voir quelque chose, je vais entendre quelqu’un qui va vivre un deuil près de moi et la plaie va se ré-ouvrir.

Ce n’est pas toujours facile pour l’entourage, parce que souvent il a l’impression que ça doit être fini, mais on ne vit pas la même chose à l’intérieur, on vit des choses décalées par rapport à la réalité. Je pense qu’on peut apprendre à nos proches à nous accompagner et ceci nous fait grandir ensemble, cela donne une profondeur magnifique à la relation. Je pense qu’on doit se dire que, quelle que soit l’émotion, c’est vraiment normal de la vivre, ça fait partie de l’humanité et aussi du processus de deuil.

Le film parle de la vie. Pourquoi en parlant de deuil est-il si important de parler surtout de la vie ?

Je pense que ce qu’Amande cherchait à travers de ce film c’est à retrouver le goût de vivre et de se reconnecter avec cette force de vie qui est plus forte. Elle était déjà bien accompagnée par ses amis depuis plusieurs mois mais, malgré tout, elle vivait une douleur atroce.
Elle se disait : « Je vais vivre avec cette douleur toute ma vie » et je ne vais jamais y arriver.
Elle a demandé à Nans de rencontrer des gens ayant vécu la même expérience et qui s’en sont sortis grandis. Elle disait : « Je veux être inspirée, je veux savoir que c’est possible. » C’est comme ça que je me suis retrouvée à témoigner, comme d’autres personnes qu’on retrouve dans le film qui ont traversé la même épreuve.

Ce film peut-il toucher tout le monde ?
Même si l’on ne vit pas de deuil, dans nos entourages, on a des gens qui vivent ça. C’est un merveilleux film qui montre comment accompagner les autres, comment on peut être un tuteur de résilience par rapport à la douleur que peuvent vivre nos proches, en étant simplement là. [...]

On vit comme si la vie était une continuité et on ne s’arrête pas un instant pour voir tout ça, on vit comme s’il n’y avait jamais de mort. La mort est une partie de nos vies et, si on arrive à mettre la mort au centre de nos vies plutôt que de l’éviter, on va voir comment on est encore plus en vie, que la vie est encore plus pétillante, plus profonde et plus intense parce qu’on est beaucoup plus présents.

Propos recueillis par Yuliya Ruzhechka

Source : article Vivre après le deuil : l'équipe du film "Et je choisis de vivre" de passage à Grenoble | Place Gre'net - Place Gre'net

Hors ligne qiguan

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Re : ET JE CHOISIS DE VIVRE
« Réponse #2 le: 03 Avril 2019 à 06:58:46 »
Oui
Que le deuil ne soit plus tabou.
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