Auteur Sujet: Je crains les week-ends...  (Lu 1073 fois)

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Hors ligne nina1972

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Je crains les week-ends...
« le: 03 Février 2018 à 16:24:09 »
Bonjour,
Savez-vous? Je crains les week-ends, car à chaque fois on me presse de sortir, d'aller faire des choses pour "se changer les idées". Mais ma seule envie est de rester sous ma couverture, au fond de mon lit. J'attends mais je ne sais pas ce que j'attends... Je sais qu'il ne viendra pas. Aujourd'hui non plus il ne viendra pas. Il me manque tellement et le temps qui passe m'éloigne inexorablement du dernier jour où je l'ai vu en vie. Je n'arrive même plus à pleurer. Car la culpabilité m'enserre le cou et assèche mes larmes. Tout est bloqué au niveau des émotions. Tout n'est que raison. Cette raison de nouvelle veuve, fêlée sans doute, qui me fait penser que tout est de ma faute. Que si j'étais restée avec lui ce jour-là, il serait encore en vie. Tout le monde me dit que j'ai fait ce que j'ai pu et même plus.  Que c'est la faute à la maladie. Qu'il aurait fait ça un autre jour, ou même la nuit alors que je dormais. (Oui d'ailleurs sa première tentative, je dormais, c'était au petit matin mais un pressentiment m'avait fait me réveiller et l'empêcher.) Pourquoi la seconde fois, l'ultime fois, je n'ai pas eu ce pressentiment. Pourquoi je ne l'ai pas sauvé. Il s'est cassé comme un chêne mon aimé. En quelques mois il a fait une dépression majeure, résistante aux médicaments, et en quelques mois il a mis fin à ses jours. Il faut dire suicide. J'ai mal.

Hors ligne souci

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Re : Je crains les week-ends...
« Réponse #1 le: 03 Février 2018 à 17:57:51 »

   Tu as mal, Nina, je comprends ... quelle violence ...
   Quel mystère, aussi, je suis toujours désolée lors de chaque nouvelle histoire de suicide ... nous sommes si nombreu(ses)x ...
   La science ne reconnaît que la périphérie des états psychiques, la chimie ne protège pas du dérapage létal, et en tant que proches, avec tout notre amour, tout notre dévouement, nous nous sentons cruellement impuissants ...
   Cinq ans après le suicide de mon neveu, je veux toujours empêcher son suicide, tous les suicides ...
   Prends soin de toi ...
   Martine.

Hors ligne nina1972

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Re : Je crains les week-ends...
« Réponse #2 le: 07 Février 2018 à 18:07:24 »
Merci Martine pour ta réponse. J'étais juste incapable d'écrire quoi que ce soit ces derniers jours. Je compatis à ta perte de tout mon coeur. "Comment empêcher un suicide?" cela nous taraude et nous épuise. Et puis si on l'a empêché une fois, le peut-on une deuxième, une troisième fois? Est-ce seulement notre rôle en tant qu'aidant et aimant? Je me suis posée cette question quand à la sortie de mon compagnon de l'hôpital je me suis retrouvée seule, sans informations, sans aucun contact avec ces psychiatres, sans secours pour essayer d'aider au mieux mon compagnon. J'ai essayé de faire de mon mieux, au point où travaillant à domicile je ne sortais plus pour ne pas le laisser seule ; je nous faisait livrer les courses à domicile, gardant un oeil sur lui nuit et jour. Je ne sais pas où j'ai pu trouver cette force à vrai dire. D'autant que les images de la première TS me hantaient. Les deux dernières semaines il allait mieux et sa psychiatre lui a même dit qu'il était sorti d'affaires. Les deux dernières semaines j'étais sur les rotules, mais si contente. Je pens

Hors ligne nina1972

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Re : Je crains les week-ends...
« Réponse #3 le: 07 Février 2018 à 18:29:15 »
(désolée pour ce bug)
Les deux dernières semaines il allait mieux et sa psychiatre lui a même dit qu'il était sorti d'affaires. Les deux dernières semaines j'étais sur les rotules, mais si contente. Je pensais que le pire était derrière nous, que le bonheur serait de retour. Il s'est suicidé au bout des ces deux semaines où les indicateurs de santé commençaient à virer au vert et moi à revivre et... à être moins vigilante.
On m'a dit plus tard que la période de "mieux" est l'une des plus dangereuses, car avec le regain d'énergie un passage à l'acte est possible. Je ne le savais pas. Je me le reproche tellement maintenant. Jean était un homme doux et attentionné, il était honteux d"avoir failli" (est-ce une faillite d'être malade?) il me disait ne pas vouloir être une charge pour moi, pour ses enfants, et le suicide pour lui était la seule issue. Chaque jour je vérifiais avec lui où il en était avec ses idées noires, il m'affirmait que depuis sa sortie de l'hôpital les idées suicidaires avaient disparues. Il m'avait promis.
Je n'étais pas là le jour où il a mis fin à ses jours. Sa promesse avait été que ce ne soit pas moi qui le découvre!
Chaque nouveau matin est un cauchemar. Il n'est plus là. Un tel homme parti de cette façon-là. C'est trop cruel. Pas juste.
Pas juste.
Je croyais en la médecine. C'est ce que j'ai dit à sa psychiatre quand je l'ai vue après le suicide. Mais maintenant je n'y crois plus. Comment affirmer que la dépression était en régression, faire baisser les médicaments, donner tous ces espoirs et se retrouver avec un suicide quelques jours après? Je ne comprends pas.

Hors ligne Bmylove

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Re : Je crains les week-ends...
« Réponse #4 le: 18 Juin 2018 à 18:11:07 »
Je viens de lire ton histoire, Nina, et je m'y retrouve en de nombreux points.
Mon mari s'est suicidé le 4/04/2018,  après 6 TS.
La 7e a été la bonne.

Tu n'as pas posté depuis longtemps, mais j'aimerais savoir comment tu vas.
Amicalement.
If I look hard enough into the settin' sun
My love will laugh with me before the mornin' comes