Auteur Sujet: Et si redonnait sa place à la mort dans notre société?  (Lu 2066 fois)

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nathaliemartin

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Et si redonnait sa place à la mort dans notre société?
« le: 01 novembre 2013 à 10:41:38 »
Sans même nous connaître, nous avons, vous et moi un point commun… Cherchez bien… Oui, vous y êtes ! C’est le même point commun à tous les êtres vivants, celui qui unit tous les hommes, du plus fortuné au plus démuni : la mort. Toute vie sur cette terre prend fin ; la seule inconnu est : quand ? Et comment ?...
Bizarrement, alors que nous savons tous que nos jours sont comptés, nous ’éliminons soigneusement cette thématique de nos sujets de discussion !
Il y a quelques dizaines d’années, du temps de nos arrières grands-parents, la mort n’était pourtant pas aussi tabou : les anciens finissaient leurs jours chez leurs enfants, ils étaient accompagnés jusqu’à leur dernier souffle. Puis, quand celui-ci était venu, il y avait la veillée du mort, où tout le monde était présent, petits et grands. Le cortège accompagnait le défunt dans une longue procession jusqu’à sa dernière demeure. Et puis, comme tout le monde se connaissait dans le village, chacun savait qu’un deuil avait frappé la famille, des signes distinctifs était portés et permettaient d’identifier tout de suite celles et ceux qui traversaient ce deuil.
Aujourd’hui, après 50 ans de « progrès », nos « vieux » meurent, souvent seuls, à l’hôpital… dans une chambre étroite qui ne peut accueillir que 2 personnes : hors de question d’organiser une veillée bien sûr. Les enfants sont tenus en dehors de tout ça, n’assistent pas aux funérailles. On leur explique juste un concept bien théorique disant que papi ou mamie est parti. Nous ne cottoyons que peu nos voisins avec nos rythmes de fous, de sorte qu’il est bien compliqué de savoir s’ils traversent un deuil en ce moment, aucun signe ne les distingue. Et puis, comme nous sommes dans la société du « tout », « tout de suite », on attend de vous que vous fassiez face, que vous soyez courageux et que vous repreniez vite votre vie. A l’ère de l’information, de la communication, il est très rare de trouver une bonne âme pour s’inquiéter de votre manière de traverser votre deuil quelques semaines après le décès.
Je rêve que nous puissions échanger autour de ce passage qu’est la mort. En parler, la banaliser comme partie intégrante de la vie d’une personne est un moyen important de’ ne plus la redouter. A quoi bon avoir peur de quelque chose qui, de toute façon, va se produire ? Nous pourrons ainsi faire en sorte que nos enfants ne traînent plus se tabou, osent en parler librement, lâchent cette peur, et , soyons fous, développent une spiritualité qui les aide à vivre pleinement chaque jour de leur vie avant que ce ne soit le dernier.

Je vous souhaite beaucoup d'amour...

annele

  • Invité
Re : Et si redonnait sa place à la mort dans notre société?
« Réponse #1 le: 01 novembre 2013 à 12:55:42 »
Bonjour nathaliemartin,

Et oui, ce point commun bien sûr, ce sujet me travaille depuis 5 mois, décès de ma petite sœur chérie quoique j'y ai souvent déjà pensé auparavant mais comme tu dis dans notre société où il faut toujours être au top, difficile d’aborder le sujet. Mais là, je le tiens depuis 5 mois et je ne le lâche plus.
J'en en avais discuté souvent avec ma grand-mère qui est décédée il y a plus de 10 ans, elle attendait la mort, la liste n'était pas du tout dans l'ordre comme elle disait, et après une attaque elle en voulait beaucoup aux médecins de l'avoir réanimée. Elle ne se souvenait pas de son papa décédé durant la 1ère guerre, son mari est parti à 42 ans ,  son premier petit-fils à 2 ans et sa fille à  53. Tous là haut, et elle qui attendait son tour et le faisait tant savoir. On en avait beaucoup parlé toutes les deux car je l'adorais et je pense qu'elle attendait mon consentement.Bien sûr que j'ai été très triste à son départ, mais je savais que son souhait se réalisait enfin.
Et puis papa est décédé après une longue période de démence, il n'était plus lui même, ne nous reconnaissait plus comme je ne le reconnaissais plus non plus, ce fut pour moi un soulagement et pour maman le désespoir, nous n'avons pas pu en parler toutes les deux, chacune sachant que l'autre ne voyait pas les choses de la même façon mais le tabou est tombé.
Jusqu'à mai 2011, Fred qui nous annonce son cancer du sein de très mauvais pronostic, ma petite  sœur qui a le courage de lui demander ce qu'il faudrait faire au cas où, et à chacun de nous de commencer à réfléchir pour lui même ce qu'il voudrait. Nous avons essayé de nous préparer à son départ, mais c'était tout de même trop dur, par contre maintenant on peut se souvenir de certaines phrases, de certaines fatigues, certains signes avant coureur, petit à petit on comprend que l'on savait, ça aide tout de même. Pour les funérailles, on savait quoi faire et nous en avons reparlé en famille dernièrement pour que l'on  sache pour chacun, maintenant que nous sommes conscients qu'il n'y a pas d'ordre.
Il est vrai que très peu de personnes me demandent comment je vis cette période de deuil, alors j'essaie de glisser un souvenir de Fred pour que l'on parle d'elle, et souvent ça glisse sur d'autres enciélés, les gens en parlent finalement facilement quand on ouvre une porte, mais je ne suis pas sûr que c'était plus facile avant, il y a toujours eu beaucoup de non dits autour de la mort. Maman a perdu une petite sœur de 3 ans, les parents avaient dit qu'elle était partie à la campagne pensant que les autres enfants finiraient par l'oublier...Ma grand-mère m'emmenait tous les 15 jours sur la tombe de mon petit cousin, mais interdiction formelle de poser une question n'y d'en parler...
Comment aider nos enfants à appréhender la mort ? ils sentent bien que les adultes sont plein de tabous et se retiennent eux-mêmes d'en rajouter, j'aimerais bien une liberté de parole.
Annele.

germinou

  • Invité
Re : Et si redonnait sa place à la mort dans notre société?
« Réponse #2 le: 01 novembre 2013 à 20:04:20 »
Èlllooo.. :D

Et bien prenez la, la parole mes amies..
Parlez z'en de vos encièlés.. et de tous les tabous.. ca prend du monde pour démystifier tout ca!!
Nous vivons les mêmes tabous idiots au Québec..
Que ce soit la mort, le suicide, la maladie mentale, les mères violentes avec leurs petits (oooonnn.. ca on a surtout pas le droit d'en parler voyons, ca n'existe pas.. un homme violent, ok!! mais une mère   :o..non non elle devait être fatiguée voyooonnns >:( >:(..)

Les gens préfèrent ne pas parler de ces sujets.. mais rrrien ne nous s'en empêches NOUS, d'en parler!!

Moi je parle trrrès ouvertement de la maladie mentale, des TOC, de la bi-polarité.. du suicide.. et ca ne plait pas du tout à toussss.. :P
M'EN FOU!! 
J'en parle pareil.. et quelque fois ca fait "boule de neige".. et miracle!! Parfois les langues se délient et nous entrons dans de belles et longues conversations ..
Et c'est très libérateur en plus.. ce n'est pas rare suite à avoir discuté avec quelqu'un d'un sujet "tabou", qu'il me remercie en me disant que ca lui à fait du bien "d'en parler" avec moi.. alors!!
Si je peux soulager et faire du bien à quelqu'un, gratuitement comme ca, juste à parler avec lui et ben je ne m'en passerai pas, et je n'arrêterai jamais ;)

Essayez les filles.. vous verrez que ca marche :D!!

Faut bien que ca commence quelque part ;).. si l'on souhaite que ca continus :D

Beubye..
A+
Sylvie :-* :-*
 

annele

  • Invité
Re : Et si redonnait sa place à la mort dans notre société?
« Réponse #3 le: 01 novembre 2013 à 22:07:06 »
Faut bien que ca commence quelque part Clin d'oeil.. si l'on souhaite que ca continus Souriant
 ;D

LILI0824

  • Invité
Re : Et si redonnait sa place à la mort dans notre société?
« Réponse #4 le: 01 novembre 2013 à 23:02:07 »
La 1ère fois que j'ai vu une personne décédée, c'était mon oncle : 39 ans, et moi j'avais 5 ans. Il était allongé sur son lit, chez lui, avec des bougies autour du lit, et la famille qui l'a veillé pendant 3 jours. Nous les enfants on était là. Pas obligés de s'approcher de lui, pas obligés de lui faire un bisou pour lui dire au revoir. Mais on était là.

On comprenait que quelque chose de spécial était arrivé, et nos parents en pleurant nous expliquaient qu'on ne peut rien faire pour celui qui part, qu'on ne choisit pas et que c'est la vie.très Et ma tante et ses enfants ont été épaulés tant que besoin par tous les autres membres de la famille.

Dans ma belle famille, je n'ai jamais vu aucun enfant de moins de 15 ans assister à un enterrement,  même les enfants très proches. Mes belles-soeurs ne voulaient pas perturber leurs enfants, qui à leur tour ne veulent pas perturber les leurs. Et tous sont très perturbés et paniqués par l'idée du partir, à croire qu'ils sont éternels.

Je crois vraiment que c'est nous-mêmes qui avons fait mal évolué certaines choses dans la société. En sur-protégeant nos enfants, en cachant ou niant ce qui était considéré comme naturel il y a 50 ans.