Auteur Sujet: Quand la peur d'enfanter nous paralyse  (Lu 2444 fois)

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Quand la peur d'enfanter nous paralyse
« le: 14 Avril 2019 à 19:49:57 »
Souvenir de quelques décennies passées que j’intitule:
Quand la peur nous paralyse

Je suis sur le bord de l’accouchement.  Ma tension artérielle s’élève et plafonne. L’on doit m’admettre à l’hôpital.  Ma vie est à risque ainsi que celle de mon enfant. Je suis surveillée de très très près.  L’enfant naît en parfaite santé mais l’on doit m’enlever la responsabilité de nourricière de mon nouveau né en me retirant ma fille. Je suis coupée de tout contact ou conversation incluant celles avec  mon conjoint, ma mère ainsi que tout autres membres proches, pour un temps qui me paraît infiniment long. La peur me paralyse. Je fais une hémorragie par la suite et ma vie est en danger. Un morceau de placenta était demeuré en moi et je n’arrivais pas à m’en dégager. Une chirurgie suit et je fini par remonter la pente.

Trente quatre ans plus tôt, ma mère se prépare à me donner naissance.  La peur la paralyse.  «Flashback » pour elle : Un an auparavant, son bébé, un fils, n’est pas arrivé à dépassé le temps de l’accouchement de plus d'un jour.  Ma mère a failli perdre sa vie par une hémorragie par la suite. Mon père a dû courir littéralement pour tenter lui trouver du sang approprié pour elle.  Elle est paralysée par sa douleur de non seulement avoir perdu celui qu’elle portait mais aussi par sa peur de perdre ce nouveau né qu’elle vient d’accoucher (moi),sa propre vie et de plus, de faillir laisser 16 enfants orphelins en plus d’un conjoint veuf.  Les médecins ordonne alors qu'elle donne naissance à l’enfant qu’elle porte par voie césarienne. Le contexte dans lequel ma mère a vécu ces évènements, n’est pas le même que le mien, sa fille, mais la santé est tout de même parallellement frêle et d’un stress anormal.   Ma mère va-t-elle survivre? Oui, bien sûr. Son nouveau né? Évidemment que oui bien sûr puisque c'est moi!

Est-ce que ses peurs m’ont marquées? Il y a eu de fortes chances que oui. J’ai eu de nombreuses discussions avec ma mère concernant ce sujet. Par contre, j’ai dû  lui remettre SES peurs. Les peurs postes-traumatiques se transmettent-elles?  Je crois que parfois,  oui. Mais par contre, il s’agit d’en prendre conscience afin de faire le trie entre les peurs qui nous appartiennent et celles qui appartiennent à celle qui nous les transmet.  Il nous faut faire le trie entre ce qui est actuel, du ressenti et ce qui vient du passé. Voilà! Et cela se fait parfois de façon si envahissante que c’est comme si les peurs du passé faisaient partie de notre présent.  De là l’importance de s’informer par rapport à notre propre cas et ce,  en particulier si son information  nous est accessible. C’est ce que je crois mieux comprendre maintenant dans le concept de ce que l’on veut dire quand on parle de « faire  la part des choses » entre ce qui nous appartient, et ce qui est poste-traumatique. Si nous nous posons la question par rapport à ce que l’on ressent et qu’il nous est impossible de le relier à la cause de notre environnement présent, il se peut qu’il soit d’abord plutôt relié à notre historique qui n'a pas eu la chance d'être validé. Le passé peut nous revenir comme une vague…afin de nous permettre de  dénouer les nœuds des scènes du passé qui se présentent devant nous avec lesquelles nous sommes portées à nous associer parfois même inconsciemment. C’est là que l’on découvre, que l’on explore et que l’on peut se permettre de vivre notre propre vie distincte .

J’ai pu regarder ma première expérience d’accouchement, en parler, poser mes questions d’inquiétudes aux professionnelles qui m’ont entourés et j’ai réussi à accouché d’un deuxième enfant, un garçon, trois ans plus tard, sans aucun problème. S’arrêter, et regarder tout cela n’est pas toujours évident.  Cela demande du temps, des conversations enrichissantes, de la bienveillance envers soi, de la compassion envers les autres et du courage pour poser les bonnes questions à qui de droit si nous le pouvons. Si cela n’est pas toujours  possible, asseyons nous en silence avec soi même et laissons couler notre plume sur papier pour oser écrire ce que nous croyons peut possiblement s’être d’éroulé au coeur de nos drames et tentons lâcher-prise si nous le pouvons à la mesure du possible, même si ce n’est que d’un millimètre. Un jour, que sais-je, la réponse nous reviendra peut-être…

Bienveillance à vous,

Sortie de ma noyade
« Modifié: 09 Mai 2020 à 18:52:43 par Sortie de ma noyade »

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Re : Quand la peur d'enfanter nous paralyse
« Réponse #1 le: 15 Novembre 2019 à 09:59:15 »
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