Auteur Sujet: Pleurer ou ne pas pleurer  (Lu 275 fois)

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Hors ligne Sortie de ma noyade

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Pleurer ou ne pas pleurer
« le: 14 Janvier 2019 à 12:06:58 »
Nous sommes en 1967.  Nous venons de quitté en tant que famille, le petit village de ma tendre enfance.  La mort n’était pas souvent de passage là bas, je ne me souviens pas l’avoir croiser plus d’une fois, mais le jour où j’ai dû dire au revoir à mes deux meilleures ami(e)s, je ressentais qu’un gros nuage gris allait se présenter à moi sous peu, suite à mon départ.  Ce nuage n’apparut pas au tout début car je partais en voyage et j’allais avoir beaucoup de plaisir.  Ce fut plutôt une fois installé dans mon nouveau milieu de vie (une ville qui me semblait immense à comparer au lieu d’auparavant) que le cafard se fit connaître... 

Je me suis  donc mise à écrire des lettres à ma meilleure amie.  Je lui racontais des évènements tels que celui-ci :
« Ici, la ville est très grande.  Il y a du monde qui meurt chaque jour.Parfois il y a même 2 funérailles à la fois!».  (Nous avions déménagés à coté d’un salon funéraire et à ce temps là, tous se vêtaient d’habits noirs.  Il y avait aussi des « pleureuses » que l’on appelait à ce moment, qui se présentaient au cœur de certaines de ces familles des défunt(e)s.  J’étais en choc (culturel)!!!. Par contre,je repense à tout cela et je crois  qu'aujourd’hui, la mort se fait parfois éviter carrément contrairement à cet époque, et je me demande sincèrement ce qui est mieux…

Ce genre de voisin que nous avions ne pouvait faire autrement que me présenter ce concept de la mort et je ne pouvais pas m’en sortir malgré ma bonne volonté.  Je me souviens entre autre d’une fois où ma mère ne pouvait se rendre offrir ses condoléances aux membres de famille d’une connaissance décédée.  Elle accorda comme mission, à mes 2 sœurs aînées et moi, d’aller offrir nos sympathies à ceux-ci et d’apporter une carte de souhaits pour eux.  Enfants curieux typique, nous nous étions alors rendues ensemble.  La plus aînée de mes sœurs se présenta alors en tendant la main et dit (en anglais puisque c’était la langue maternelle de la famille du défunt ou défunte) : « I offer you my sympathy ».  Ma sœur qui suivait celle-ci, fit différemment.  Elle formula la phrase la plus appropriée qu’elle croyait servirait pour transmettre les même souhaits que ma première sœur  mais dites de façon plus rapide pour éviter son malaise : « Me too » .  J’enchaîna alors avec la même expression qui m’avait l’air beaucoup moins compliquée que celle de ma sœur aînée. L’humour était de pair malgré nous lorsque le rire commença à se faire entendre.  Ce fut pour moi la première découverte que l’environnement d’un salon funéraire ne pouvait pas toujours être un environnement contrôlé par la tristesse, surtout par des enfants…

Pour terminer, lorsque j’ai montré à ma mère, la lettre écrite à mon amie (mentionnée ci-haut), elle fut bouleversée.  Je crois qu’elle avait peur que ma lettre ait un impact trop lourd pour ma petite meilleure amie ou bien elle était trop fière pour avouer ou constater et assumer avec moi que le choix de mes parents n'incluait pas nécessairement d'un premier abord,  la joie tel que promis.  Elle me demanda d’aller retrouver l’une de mes grandes sœurs afin qu’elle m’aide à reformuler mes nouvelles de déménagement.  J’ai appris à ne pas « exagérer » si je peux dire ainsi.  Et, lorsque ma tante préférée est décédée (sa demeure était entre le salon funéraire et nous), je n’ai pu faire autrement que de ne verser aucune larme.  J’avais un sourire, j’étais en déni total, au point que mes nouvelles amies de classe ne comprenaient pas pourquoi je n’étais pas triste d’avoir perdu ma nounou préférée...Je leur disait qu'elle était partie au ciel.  Je ne dis pas que c'est mal en tant que croyance si quelqu'un veut y croire mais je constate qu'il nous faut tout de même reconnaître la perte subie. Ce n'est qu'aujourd'hui que je comprends ce qui s'est passé  puisque j'ai décidé de regarder la mort de ma tante dans les yeux.  Ce n'est pas parce que je n'aimais pas ma tante que je n'ai pas pleuré mais c'est plutôt le contraire , je l'aimais trop et je ne voulais pas lui dire adieu.  Je ne voulais pas que personne d'autre ressente ma peine et ait de la peine en retour alors c'est plutôt la peine que j'ai choisie enterrer à ce moment là... :'(


« Modifié: 14 Janvier 2019 à 13:34:28 par Sortie de ma noyade »

Hors ligne KellySimr

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Re : Pleurer ou ne pas pleurer
« Réponse #1 le: 07 Février 2019 à 09:37:09 »
Quelle est la taille de la source de ces grandes données? Quelle quantité de données puis-je obtenir, car je soupçonne que ce contenu substantiel a été supprimé de la base de données?

Hors ligne Sortie de ma noyade

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Re : Pleurer ou ne pas pleurer
« Réponse #2 le: 08 Février 2019 à 13:09:48 »
Bonjour Kelly,

La taille de mon texte est de 4210 caractères ou 795 mots. Se peut-il que mon texte soit trop long? Désolée si c'est le cas.

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