Auteur Sujet: Je ne sais pas comment survivre  (Lu 1088 fois)

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Hors ligne qiguan

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Re : Je ne sais pas comment survivre
« Réponse #15 le: 29 Octobre 2018 à 14:43:01 »
Passer des heures, des nuits, des journées à survivre en lisant les fils des autres a été ma bouée ...
"il est plus facile de désintégrer un atome qu'un préjugé" A. Einstein
"Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque" René Char

Hors ligne nana29

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Re : Je ne sais pas comment survivre
« Réponse #16 le: 15 Novembre 2018 à 15:12:00 »
Après  plusieurs semaines d'absence ou j'étais incapable de communiquer, je ressens â nouveau le besoin de savoir comment vous évoluez dans votre  deuil,  je suis toujours dans  l'attente  de témoignages. J'ai parfois des moments de répit, mais j'ai  toujours des moments  de désespoir qui me font songer à  opter pour une solution définitive, je suis tellement fatiguée de souffrir, je me sens inutile et la vie est si terne. Quand parfois, je me sens un peu plus sereine, je culpabilise en pensant à  tout ce que mon amour ne peut plus voir. Je suis toujours sous antidépresseurs  et anxiolytiques et j'ai  peur de devenir dépendante. Mes enfants  me disent avoir besoin de moi mais je les stresse avec mes sautes d'humeur. Merci encore pour vos messages de sympathie.

Hors ligne Bibou07

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Re : Je ne sais pas comment survivre
« Réponse #17 le: 15 Novembre 2018 à 17:19:55 »
Bonjour,

tout ce que tu ressens est normal : on est englué dans un rouleau compresseur, qui nous emporte sur des montagnes russes. les phases de désespoir absolu alterne avec des moments plus rares de répits,  puis peit à petit , les répits deviennent plus fréquents et plus longs. Il faut y croire !

Personnellement, je suis dans la recherche de l'hyperactivité pour tenir, mais chacun doit  trouver sa propre méthode, il n'y a malheureusement pas de recette miracle. Les enfants , aussi peuvent être d'un grand soutien . On avance pour eux, pour ne pas leur faire de peine.
On culpabilise presque tous, pour ce qu'on n'a pas fait, pas dit ou ce qu'on ne peut plus faire avec eux. Il faut l'accepter et c'est très dur.

Je te souhaite un moment de calme et de sérénité. Bises

Hors ligne Sortie de ma noyade

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Re : Je ne sais pas comment survivre
« Réponse #18 le: 10 Décembre 2018 à 14:03:03 »
Bonjour Nana,
Ton témoignage me porte à vouloir te partager ceci:
Je viens d'une très grande famille et je suis la dernière née.  Vers l'âge de 22 ans, j'étais la seule qui demeurait à la maison avec mes parents.  Je souhaitait m'envoler de mes propres ailes mais j'étais hésitante.  Je finis par trouver un groupe d'appartenance avec lequel je souhaitais m'aventurer à une province de distance: même culture, même religion et beaucoup d'affinités. Au cours de mon cheminement, je constata à nouveau que je me retrouvais dans le même dilemne qu'auparavant, c.à.d. frustrée. Malgré mon désir d'appartenance, je souhaitais étre reconnue comme distincte. J'avais de grandes peurs lorsque j'ai quitter mon foyer à 22 ans. Voilà pourquoi je me suis jointe à un autre groupe d'appartenance semblable, familié.  Par contre après quelques années, le désir de m'épanouir comme personne unique me revenait.  J'ai quitté ce groupe pour aller retrouver ma famille à nouveau.  Ma perception des choses avait maintenant changé. Certaines peurs s'étaient dissippées.  J'avais réussi à couper le cordon ombélical.  Je pouvais me retrouver avec ma famille en étant moi même jusqu'à un certain point mais je me sentais tout de même encore surprotègée.  Je décida de m'éloigner à nouveau mais cette fois-ci à une distance beaucoup plus rapprochée. Je fis la rencontre de mon conjoint et nous avons eu 2 beaux enfants que j'ai choisi d'élever en gardant une certaine distance de ma famille afin de pouvoir prendre mes propres responsabilités et d'apprendre par mes propres erreurs.  Ce fut la meilleure décision fait car j'avais besoin de bâtir ma confiance.  Lorsque j'étais à l'université avant même d'avoir fait la rencontre de mon conjoint, j'ai écris une dissertation:  Est-ce possible pour une personne mono-parentale d'élever un enfant?  Ma conclusion était que oui mais sous condition que l'on accorde aux enfants d'être exposés à des rôles/ modèles variés.  Je n'avais à ce moment de ma vie aucune idée de ce que la vie me réservait c.à.d. qu'un jour j'aurais à le vivre par la séparation de mon conjoint dû à sa maladie, suivi de son décès.  La séparation fut un poignard au Coeur. Mes enfants  étaient âgés de 14 et 11 ans. Ils sont  maintenant adultes (24 et 21 ans).  Je me dis survivante avec énormément de force dont je n'aurais jamais cru acquérir par mes expériences de vie troublantes mais qui m'ont permises d'accumuler plusieurs outils appropriés qui me permettent chaque jour de relever mes défis.  Courage! Tu risques découvrir plein de potentiel en toi aussi et en demeurée surprise...Aujourd'hui je retrouve ma famille d'origine avec beaucoup d'appréciation maintenant que j'ai appris à me connaître comme individu. Ce ne fut pas avec mes enfants que j'ai pu partager mes sentiments intimes car je ne voulait pas les accabler (ils avaient maintenant peur de perdre leur mère aussi) mais je leur parlait tout de même de ma propre perte jusqu'à un certain point car je retrouvais cela important.  J'ai eu la chance de partager mon chagrin avec plusieurs membres de ma famille ainsi que mes amies.  Par contre, de la part de certains d'entre eux , je ressentais la peur que cela leur arrive.  La consultation de travailleuses sociales variées en cours de route m'a beaucoup aidé. Je dois dire que je me suis permise de rechercher et trouver des intervenantes  qui avaient acquis ma confiance. Aujourd'hui je partage un peu plus, mes sentiments intimes face à la perte du père de mes enfants avec ces derniers qui sont devenus adultes car je crois que je peux me permettre de le faire un peu plus maintenant qu'ils sont d'âges mûres.  Cela leur permet de normaliser les emotions d'un deuil si je peux m'exprimer ainsi.
« Modifié: 10 Décembre 2018 à 14:52:04 par Sortie de ma noyade »