Auteur Sujet: Deuil sans nom  (Lu 1566 fois)

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Hors ligne Akiko

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Deuil sans nom
« le: 29 Janvier 2018 à 15:58:54 »
Il n'était pas mon conjoint, il n'était pas mon enfant, il n'était pas mon parent, il n'était pas mon frère ni un cousin.
Il était mon PAREIL, mon JUMEAU. Je l'ai inconsciemment cherché toute ma vie.  Nous nous sommes reconnus. Et seulement deux mois après, le diagnostic du cancer est tombé. Je voulais juste ÊTRE avec lui, et j'ai été avec lui à chaque instant où cela m'a été possible. Il m'a été donné d'être avec lui  jusqu'à son dernier souffle. Et en cela, je suis en paix.
Nous nous sommes reconnus et aimés si fort. Et NOUS dit : "mon âme jumelle".
Il est parti, et par sa mort, j'ai été arrachée à moi-même. L'idée de toutes ces années qu'il me reste potentiellement à vivre sans lui est insupportable. Je voudrais le rejoindre. Mais jamais je ne mettrai fin à mes jours, parce que j'ai trois enfants et qu'ils comptent plus que tout. Chaque jour, je suis debout et j'avance pour eux.
Je suis seule avec le deuil. Pour la majeure partie des gens qui le connaissait, il est une personne parmi d'autres dans ceux et celles qui vivent et qui meurent. Pour la plupart des gens, son absence n'est pas souffrance. Ses enfants ne sont pas là, et ils ont leur propre deuil à faire; chaque deuil est différent.
Je suis seule avec cette souffrance indescriptible, et mes capacités de résilience, déjà bien "entraînées" au cours de ma vie, sont mises à très rude épreuve.
Des personnes bien intentionnées (qui ont néanmoins l'excuse de tout ignorer du LIEN qui nous unissait et qui nous unit) disent : "la vie continue" ou "il ne faut pas vivre dans le passé".  Ce n'est pas le passé. C'est le présent. Lors de la perte d'un être aimé, un mois est comme un jour. Et cependant, la perspective que NOUS puisse, avec les années qui passeront, devenir abstrait, me révolte et me terrifie. Car je suis seule au monde avec la mémoire du LIEN, et cette mémoire, je ne veux pas la perdre.
Des fois, je lui dit, "nous avons été seuls au monde, dans ce que cela avait de dur. Mais NOUS a été seul au monde dans ce que cela avait de beau. Je suis au monde notre seule mémoire. Alors, de là où tu es, ne m'oublie pas. "
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Hors ligne qiguan

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Re : Deuil sans nom
« Réponse #1 le: 29 Janvier 2018 à 18:42:44 »
Oui tu portes votre Nous ici et lui t'attend ...
Dans ces "lieux" qui est partout le temps n'existe pas ... Il ne t'oublie pas
Tu peux rejoindre l'espace

http://forumdeuil.comemo.org/vivre-le-deuil-de-son-conjoint/
D'autres ont connu la notion de flammes jumelles différent de l'âme sœur, tu seras comprise.
Reçois mon affection
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Hors ligne Akiko

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Re : Deuil sans nom
« Réponse #2 le: 30 Janvier 2018 à 12:22:59 »
Merci beaucoup pour cette réponse; elle prend soin de  moi.
Avant de le re-connaître, je n'ai jamais dit ni pensé les mots "âmes jumelles"; ils sont littéralement sortis de mon corps le jour où il m'a serré dans ses bras. Et comme c'était une évidence, je n'ai jamais cherché avant sa disparition ce que cela pouvait bien signifier.  Nous n'en avons jamais non plus parlé bien que nous nous nommions ainsi le plus naturellement du monde.
J'ai reçu beaucoup de signes de lui depuis son départ; et en cela, j'ai beaucoup de chance et de réconfort dans mon deuil,  de par la personne même qui manque tant à ma vie à présent.
J'ai reçu par tous ces signes une ouverture d'esprit sur l'Au -delà (sur la Maison) que je n'ai jamais eue auparavant dans ma vie. Néanmoins, je suis, à l'instar de toutes les personnes présentes sur ce généreux et bienveillant forum, incarnée, avec l'obligation de poursuivre cette incarnation jusqu'à sa fin. Et c'est le quotidien dans tout ce qu'il a de matériel et d'absence qui est très dur.

Mais je vous remercie encore pour votre message. Se sentir à la fois non -jugéE et comprisE est une des plus belles choses qui peut m'être offerte en ce moment.
Merci beaucoup.
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Hors ligne Helpa

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Re : Deuil sans nom
« Réponse #3 le: 30 Janvier 2018 à 15:13:27 »
Bonjour Akiko,

Je suis d'accord avec Qiguan. Il ne t'oubliera  pas puisqu'il te "voit", contrairement à toi.

Comme toi, j'ai eu beaucoup de signes dans les premières années, quand j'en avais besoin. Maintenant, je n'en ai plus, mais je sais qu'elle ne m'oublie pas et que je ne l'oublierai pas non plus.  C'est très précieux.


Hors ligne SELINA

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Re : Deuil sans nom
« Réponse #4 le: 30 Janvier 2018 à 18:33:58 »
 Bonjour Akiko,
Ton récit est émouvant.
Je  suis d accord avec toi quand tu dis un mois est un jour lorsqu’on est en deuil.
Le temps nous parait  long. Tant que  la douleur «  liée à la perte d un être cher n est pas apaisée, nous souffrons et parfois en silence car  dans notre société la mort paraît « tabou » et fait peur .il faut vite se relever ......
Mais il ne t oubliera pas Le Lien est toujours là.
Bon courage

Hors ligne Akiko

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Re : Deuil sans nom
« Réponse #5 le: 31 Janvier 2018 à 12:37:16 »
Bonjour.
Je ne sais pas encore très bien me servir de l'outil donc je vais répondre aux deux messages précédents dans un seul.

Tout d'abord, je vous remercie beaucoup pour vos réponses et témoignages.

Le message d'Helpa me fait du bien car je lis "J'ai reçu beaucoup de signes, dans les premières années, quand j'en avais besoin." J'ai lu et entendu que les défunts envoient parfois des signes durant la première année et puis plus ensuite. Un peu comme si 12 mois après le décès représentait une date butoir et de ce fait arbitraire par rapport au vécu du deuil.
Il y a bientôt 10 mois que mon JUMEAU est parti, et encore une fois, c'est comme 10 jours.
Je m'applique à ne pas quémander, à le laisser en paix. Je me dis qu'il a aussi son chemin à faire là où il est maintenant.
Mais très honnêtement, je suis trop fragile encore pour me dire que je ne recevrai plus de signes passé 12 mois...
Je fais mon possible pour continuer ma route en me disant que si je la continue bien, cette route, j'arriverai un jour à trouver la paix et à avoir en moi suffisamment de confiance et de fermeté pour ne plus avoir besoin de signes.  J'ai confiance dans le lien,  ce n'est pas ça; c'est le fait d'avoir eu tant d'harmonie, un lien si fort, tant de rêves, et puis, du jour au lendemain, être arrachés l'un à l'autre, plus rien.
Alors chaque signe est un témoignage du lien, un geste de tendresse,  et aussi parfois une verbalisation de ce que nous n'avons pas pu faire ou eu la force de nous dire lorsque mon JUMEAU se battait contre la maladie.  Je lui dis qu'il me manque mais que de là où il est, il prend soin de moi, comme nous avons pris soin l'un de l'autre du mieux que nous avons pu, lorsqu'il était là.
J'ai regardé une très belle conférence du Dr FAURE, donné à l'INREES, intitulée "Les dimensions du deuil". Ce médecin est très empathique et il prend bien soin des vivantEs. Néanmoins son point de vue est celui d'un médecin inséré dans la médecine occidentale. J'espère ne pas déformer ses mots, mais il dit que petit à petit, nos défunts doivent devenir intérieurs et non plus extérieurs (ce qui signifie qu'ils font partie de nous mais n'existent plus ailleurs; c'est un point de vue matérialiste). Or, quand il était encore incarné, mon JUMEAU faisait déjà partie de moi; il était déjà intérieur et en même temps extérieur. Je ne conçois pas qu'il puisse en être autrement à présent. Il est à la fois intérieur et extérieur car j'ai reçu suffisamment de signes de sa survie pour penser qu'il est vivant sous une autre forme ailleurs.

Les signes des défunts apaisent les vivants à la fois par rapport à l'absence mais aussi par rapport à des éléments de la relation qui n'ont pas pu être éclaircis lorsque la personne était encore en vie ici.
Je souhaite de tout mon cœur  à toute personne qui a perdu un être cher d'en avoir, surtout lorsque la personne est partie brutalement.
C'est d'autant plus important que, comme le dit Selina, la mort est taboue dans notre société; il est très compliqué de parler de la personne disparue,  et le sentiment de solitude peut être très aigu, et amplifier considérablement la douleur de la séparation.

Il est donc précieux d'avoir le témoignage de personnes partageant une épreuve similaire.

Encore merci.
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Hors ligne qiguan

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Re : Deuil sans nom
« Réponse #6 le: 31 Janvier 2018 à 14:36:42 »
AKIKO
si tu vas sur la partie spiritualité à
tu verras que bien au delà des 12 mois il peut y avoir des signes
http://forumdeuil.comemo.org/philosophie-spiritualite-deuil/peut-t-il-y-avoir-des-signes/

prends soin de toi
et passes voir  l'espace
http://forumdeuil.comemo.org/vivre-le-deuil-de-son-conjoint/


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Hors ligne Helpa

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Re : Deuil sans nom
« Réponse #7 le: 31 Janvier 2018 à 14:55:18 »
Bonjour akiko,

Quelques précisions importantes, me semble-t-il :

Pour les signes, j'ai commencé à en avoir seulement 6 mois après, et pendant 4 ans j'en ai eu. Il n'y a pas de raison qu'ils s'arrêtent au bout d'un an. Je pense qu'ils s'arrêtent quand on n'en a plus besoin ou que de l'autre côté ils estiment que c'est mieux pour nous d'arrêter. Je pense même qu'il est courant de ne pas en avoir au début, soit qu'on ne soit pas assez réceptif étant trop aveuglé par la douleur, soit que notre bienaimé(e) ait besoin d'abord de se reposer et de s'adapter. Donc, n'ai pas de crainte, ça ne va pas s'arrêter du jour au lendemain.

Pour Christophe Fauré, il y a 2 conférences sur le net. Dans les deux, il fait allusion à la fin aux VSCD qui sont des sortes de signes très personnels. En particulier dans la deuxième conférence, il en parle plus en détail. Moi aussi, je l'avais jugé matérialiste au premier abord, mais en fait il est assez ouvert à la spiritualité bien que ça ne soi pas évidemment son coeur de métier. Voici un extrait :

https://www.youtube.com/watch?v=-6d43dufh-c&t=200s

Je suis moi-même de formation scientifique et donc cartésien, mais dans le bon sens du terme, c'est à dire que je ne rejette pas ce que je ne comprends pas. J'étais aussi très réticent sur les signes et les contacts médiumniques, mais je dois reconnaître par expérience qu'il n'y a pas d'autre explication rationnelle que d'admettre que nos proches survivent dans l'au-delà et qu'ils peuvent communiquer avec nous. Et je dirais même, et là ça n'engage que moi, qu'ils aiment communiquer avec nous.

Hors ligne Ela

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Re : Deuil sans nom
« Réponse #8 le: 01 Février 2018 à 19:23:26 »
Bonjour Akiko, et bonjour à celles et ceux qui passent par ici.
Ton témoignage m'a beaucoup ému et fait écho, en de nombreux points, à mon propre vécu et à mes intuitions... J'ai moi aussi vu partir mon aimé, le 14 avril 2016... Je ne sais quel nom donner au lien qui nous unissait, qui nous unit toujours même si les choses sont nécessairement différentes aujourd'hui. ... Cependant j'ai toujours ressenti que quelque chose de particulier s'était produit pour moi au travers de cette rencontre... Sensation diffuse de retrouver une part de moi, de retrouver quelque chose de connu... Que je connaissais d'"avant". Sensation de "comprendre" instantanément certaines vérités quant au sens de notre rencontre... Jamais encore dans ma vie je n'ai eu autant la sensation d'avoir fait une "rencontre". Significative. Une rencontre après laquelle il me serait, en quelques sortes, impossible de reprendre le cours de ma vie "comme avant". Un coup de foudre, oui. Indéniablement. Mais rien de ce que je rattachais jusqu'alors à ce terme. Pour moi qui dois surmonter une peur ancrée très profondément de perdre le contrôle, je dirais même que cette rencontre, bien qu'elle soit la plus belle chose qui me soit jamais arrivée, a également été source d'une angoisse terrible... A cause de ce qu'elle venait remuer au plus profond de moi. De par les épreuves et les défis qu'elle allait déposer sur mon chemin... J'ai même parfois été tentée de fuir devant la force de cette rencontre. A cause de ma peur de ne pas réussir à assumer "ça". "ça quoi?" Je ne sais pas bien. Mais ce que je ressens en revanche, c'est qu'à la question: "étions nous destinés à nous rencontrer?", il m'est quasiment impossible de répondre "non". C'est très étrange... J'ai souvent appréhendé de faire part de ses ressentis, de ces intuitions... par peur peut être de ne pas être prise au sérieux. Par peur sans doutes aussi de me fourvoyer. Mais il est de ces choses qu'on ne peut nier, qui reviennent sans cesse se rappeler, s'imposer à nous... Alors, même si je n'ai pas vraiment posé de mot ou de définition sur ces ressentis... je pense comprendre ce que tu décris.
Tout comme toi, j'ai également eu la chance de recevoir de nombreux signes... Pour ma part, je dois admettre que ceux qui m'ont le plus bouleversés, ceux qui ont totalement mis à plat les dernières résistances de mon esprit critique... sont survenus au courant de la première année... Et puis il y a eu une période, où j'ai comme senti une brèche se refermer en moi. J'avoue que ça n'a pas été simple... Et par moment c'est encore très très dur... même ci entre temps, d'autres choses ont commencé à bouger pour moi, en moi. Mais lorsque j'ai senti cette "brèche" se refermer, j'ai eu beaucoup de mal à accepter cette sensation, car elle s'opposait totalement à ce que je désirais. A ce dont je pensais avoir besoin. J'appréhendais beaucoup de ne plus recevoir de signes, de ne plus autant ressentir la présence de mon aimé. J'avais peur aussi que ce soit de ma faute. De faire quelque chose de travers et de me montrer moins disponible, moins capable de recevoir ces signes.  Mais je crois que tout ce qui m'arrive ne m'arrive pas par hasard. Bien sur, je ne peux rien démontrer et certains trouveront peut être que je surinterprète ou prends mes désirs pour des réalités. C'est leur droit. Je me contente ici de partager mon ressenti et m'autorise à ne pas me censurer... Je suis quelqu'un qui dans sa vie, a du et dois toujours faire face à des gros problèmes d'anxiété. Ces problèmes se sont même "ancrés" dans ma chair, puisque je souffre de troubles anxieux chroniques. Et bien, lorsque Hanaël, mon amour est décédé, une pensée s'est très vite imposée à mon esprit. A tel point que je me souviens l'avoir formulée plusieurs fois à haute voix à son attention, les semaines et mois ayant suivis sont départ... Je me disais et lui disais "je sais, maintenant tu aimerais que j'apprenne à me rassurer seule" "tu veux que je réalise qu'il me faut arrêter de douter de moi, de mes ressources" "que j'apprenne à me faire confiance".
Et au fond de moi, je ne peux m'empêcher de croire que si pour ma part, j'ai eu la sensation de ne plus recevoir autant de signes après un temps, c'est parce qu'il m'était nécessaire de passer par là. Même si cela a été et est encore, dans les jours les plus sombres ou le doute revient me grignoter et reprendre tout la place, tellement difficile! Je ne dis pas cela pour te faire peur, je dis simplement que ce qui m'a aidé le plus ces derniers mois, c'est de tenter de faire tomber tous les barrages qui s'interposent entre moi et la vie. Entre moi et la confiance que je porte dans ce principe de Vie. Lorsque j'ai l'impression de sentir Hanaël s'éloigner, lorsque j'ai l'impression d'être perdue... que mon intuition ne me mène plus nulle part. Lorsque j'ai l'impression que je ne recevrais plus jamais aucune espèce de manifestation de son existence, de l'existence de notre lien... j'essaye de me dire que je suis comme un petit enfant sur un vélo avec ses petites roues... Dans un premier temps, l'enfant apprends avec un adulte qui le tient fermement... et puis l'adulte lâche petit à petit le vélo... Et un jour, ce même adulte décide qu'il est temps pour l'enfant d'apprendre à rouler sans les petites roues... L'enfant a peur peut être... sans doutes... Il aimerait que l'adulte reste auprès de lui... Mais il finit par faire confiance dans le fait que l'adulte sait ce dont l'enfant a besoin pour apprendre et avancer...
Alors bien sur, dans les jours où ça va vraiment mal, cette métaphore peut sembler tellement révoltante... Moi même, il m'arrive d'être écœuré au creux des jours les plus sombres...
Mais l'espoir est une lueur sacrément tenace, pour le meilleur et pour le pire. Alors fait confiance à l'élan qui te porte en avant et que tu reçoives encore des signes, ou non, ne doute pas de ce que tu possèdes en toi la force d'avancer. Ne doute pas de ce lien qui t'unit à celui que tu aimes.
Je t'embrasse.

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Re : Deuil sans nom
« Réponse #9 le: 01 Février 2018 à 19:28:36 »
Et encore deux choses que j'aimerais partager avec toi, avec vous... La première est cette phrase d'un philosophe du nom de Gustave Thibon, que je me répète dans les jours les plus sombres. Comme un mantra... Elle m'a beaucoup aidée: "La foi consiste à ne jamais renier dans les ténèbres ce qu'on a entrevu dans la lumière."
Et puis, pour ceux qui se questionnent sur cette sensation d'avoir fait une rencontre particulière.... venue vous ébranler sur le plan spirituel... Je vous conseille ce roman, inspiré du vécu de l'auteure. "Tu verras, les âmes se retrouvent toujours quelque part" de Sabrina Philippe.
Je vous embrasse.

Hors ligne Akiko

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Re : Deuil sans nom
« Réponse #10 le: 02 Février 2018 à 16:53:12 »
Merci à Helpa et Qiguan pour vos témoignages pleins de compassion et de réconfortants conseils.
Je suis allée lire plusieurs témoignages dans  le chapitre "spiritualité" et cela me fait du bien.

Je me sens aussi très proche de ce que décrit Ela (bon, je vais dire "tu"), dans le vécu de la relation, avant le décès et après le décès. J'ai toujours été bien droite dans mes bottes, pensant contrôler ma vie, mais parallèlement, pour moi aussi, ce sont surtout des peurs qui me contrôlaient...
Et puis, tout comme toi, je me suis retrouvée avec l'évidence d'un lien d'une force et d'un naturel inouïs. Quelque chose qui a bouleversé tous mes repères. Pour mon JUMEAU aussi d'ailleurs. Je pouvais tout lui dire et il pouvait tout me dire.
J'étais aussi gouvernée par des peurs; mais mon jumeau m'a montré qu'un autre chemin était possible.  et dans les moments où elles m'ont empêché d'avancer, il a été là, et malgré son épuisant combat contre la maladie, il les a absorbées et j'ai pu continuer d'avancer. 
Dans les moment de révolte, et de colère, je me dis : Je l'ai cherché toute ma vie! J'ai rencontré de belles personnes dans ma vie, mais lui seul m'a fait me sentir en harmonie complète avec moi-même. Depuis l'enfance, j'ai eu le sentiment d'être une âme égarée sur la terre; et tout à coup, par le LIEN, je me suis dit que je pouvais me sentir chez moi n'importe où parce que par lui, par NOUS, je suis UN, je suis UNE.
Je l'ai cherché toute ma vie; et je l'ai perdu, après seulement 22 mois de lien dans des circonstances on ne peut plus compliquées...
Et pourtant, dans les moments de paix (surtout les jours qui suivent les signes de sa présence, je dois bien l'avouer), je me dis que malgré la douleur extrême de la séparation, je n'ai aucun regret. Car  par NOUS, j'ai littéralement été éveillée, et par tout ce qu'il m'a donné, j'ai la possibilité de DEVENIR.
Alors, pour lui aussi, pour ce qu'il m'a donné, je continue d'avancer.

Un jour que j'avais de la peine, je suis tombée sur internet sur ce passage du livre "Sur la route de Madison"; je n'ai jamais lu ce livre, mais j'ai vu le film à sa sortie en 1995, et déjà, alors que j'étais jeune adulte, il m'avait bouleversée.
Je trouve que cela parle de ce que j'ai vécu, et peut-être t'y retrouveras-tu, ELA.

"Elle : « J'avais des pensées pour lui dont je ne savais que faire. Je me comportais comme une autre femme et pourtant j'étais moi plus que jamais (...) En quatre jours, il m'a donné une vie entière, un univers, et a fait un tout des parties de mon être. »
Lui : « Voilà pourquoi je suis sur cette planète, maintenant, Francesca. Pas pour voyager ou faire des photos, mais pour t'aimer. Je le sais aujourd'hui (...) toutes ces années, je tombais vers toi. Je pense que nous sommes tous les deux à l'intérieur d'un autre être que nous avons créé et qui s'appelle "Nous". »
(Robert James Waller)

Merci pour ton très beau témoignage.
Je pense aussi très fort à toi.
PS : Nous avons aussi  une mouette en commun...   :)
 
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Hors ligne qiguan

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Re : Deuil sans nom
« Réponse #11 le: 02 Février 2018 à 22:03:19 »
Qui n'a pas vécu cette facette de vie "jumeaux" ne peut comprendre, nous croisons des âmes soeurs aussi mais il y a des différences ...
affectueusement
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