FORUM "LES MOTS DU DEUIL"

Comprendre et vivre son deuil => Vivre Le Deuil => Discussion démarrée par: qiguan le 13 juin 2019 à 14:42:44

Titre: deuil pathologique
Posté par: qiguan le 13 juin 2019 à 14:42:44
j'ai trouvé
 Le deuil ne se résume pas à une simple douleur morale ; c’est un processus complexe dont l’évolution vers un apaisement et une réorganisation est indispensable pour traverser la difficulté existentielle et éviter une complication vers un épisode dépressif caractérisé

Le deuil pathologique correspond soit à la persistance, plus de 12 mois (ou 6 mois pour les enfants), de symptômes psychiques sévères et invalidants, soit à la survenue d’un trouble psychiatrique caractérisé.
 Plusieurs auteurs ont décrit différentes étapes dans le processus du deuil. Dans la plupart des cas, on peut regrouper ces étapes en 3 phases :

    la période initiale qui correspond au choc de la perte avec souvent un état de sidération affective et un abattement qui, avec la prise de conscience progressive du caractère permanent de la perte, évolue vers la 2ème phase qui est celle de :
    la décharge émotionnelle (tristesse, colère, désespoir, culpabilité…) et du risque d’épisode dépressif caractérisé, jusqu’à :
    la 3ème phase qui est celle de la réorganisation avec acceptation et adaptation à une vie quotidienne investie à nouveau, quoique différemment.

La 2ème phase comporte souvent des symptômes dépressifs. Elle est particulièrement sensible car elle détermine l’évolution vers un état fonctionnel (la 3ème phase) ou vers un deuil pathologique en cas de stagnation. En outre, elle est particulièrement exposée au risque d’épisode dépressif caractérisé.

Malgré la souffrance du deuil, la plupart des personnes s’adapte à la perte et continue à vivre de façon satisfaisante. Pour un certain nombre de personnes néanmoins, le deuil se complique de troubles du comportement, émotionnels, cognitifs et limite le fonctionnement social.
On parle de deuil pathologique (ou compliqué) lorsque le processus n’évolue pas vers la phase de réorganisation et qu’il stagne pendant au moins 12 mois chez l’adulte ou 6 mois chez l’enfant.
On parle de deuil pathologique également lorsque des troubles psychiques, notamment un épisode dépressif caractérisé, surviennent pendant la période du deuil.
Selon les critères du DSM-5, un deuil compliqué persistant survient lorsqu’un sujet a fait l’expérience du décès d’une personne proche et qu’il présente des symptômes cliniquement significatifs, disproportionnés pour sa culture et responsables d’une incapacité fonctionnelle importante, pratiquement tous les jours et pendant une durée supérieure à 12 mois (6 mois pour les enfants).
Les symptômes caractéristiques du deuil compliqué persistant sont ceux d’une nostalgie et de ruminations envahissantes associés à une réaction de détresse intense et à des perturbations marquées dans les relations sociales et dans sa propre existence
les critères symptomatiques du deuil persistant compliqué selon le DSM-5

    Au moins 1 symptôme parmi les 4 suivants :
        une nostalgie persistance concernant le défunt
        une tristesse et une souffrance intense en réaction à la mort
        des ruminations concernant le défunt
        des ruminations concernant les circonstances de la mort
    et au moins 6 symptômes parmi les 12 suivants :
        une difficulté marquée à accepter la mort
        une incrédulité ou une anesthésie affective concernant la perte
        des difficultés à se remémorer des souvenirs positifs du défunt
        de la colère ou de l’amertume face à la perte
        une tendance à l’auto-accusation relative au décès
        un évitement excessif des situations/objets qui rappellent le défunt
        des idées de mort pour rejoindre le défunt
        des difficultés à faire confiance à autrui depuis le décès
        un sentiment de solitude ou de détachement vis-à-vis d’autrui depuis le décès
        un sentiment que la vie est vide de sens sans le défunt ou la croyance qu’il est impossible de continuer à vivre sans le défunt
        un sentiment de perte d’identité (comme l’impression qu’une partie de soi est mort avec le défunt)
        un refus ou une réticence à investir des nouveaux objectifs et à planifier le futur depuis la perte

cela devrait en rassurer beaucoup sur la "normalité" de leur deuil ici ...

prenez soin de vous
Titre: Re : deuil pathologique
Posté par: biche07 le 13 juin 2019 à 16:38:51
merci qiguan....je ne sais pas si cela me rassure vraiment ...disons que je me sens entre les 2..bises biche
Titre: Re : deuil pathologique
Posté par: Eva Luna le 13 juin 2019 à 20:41:19
Le DSM 5 n'est pas vraiment la meilleure source de connaissances sur le deuil pathologique et est remis en question par de nombreux psychiatres français...(les américains ont toujours besoin de normes bien fixées sur le normal...)
en effet, si chaque endeuillé qui est encore  vraiment mal  un an, UN AN... après la mort d'un essentiel de sa vie... est considéré comme en deuil pathologique... ben... ça en fait des gens...des gens à soigner... des gens qui prendront de belles petites pilules , blanches ou bleues...
Titre: Re : deuil pathologique
Posté par: Eva Luna le 13 juin 2019 à 21:49:53
Pour ceux qui se posent des questions sur le deuil pathologique....
ici nous sommes plus dans le cas de deuils compliqués, parfois...

http://psyfontevraud.free.fr/cours/70-deuil.htm

http://www.conf-plus.com/sites/default/files/770070_210.pdf

https://www.cairn.info/revue-infokara1-2006-4-page-163.htm
Titre: Re : deuil pathologique
Posté par: qiguan le 13 juin 2019 à 23:29:58
merci pour tous ces compléments
et je retiens
Citer
Il faut savoir que les antidépresseurs sont efficaces pour la dépression, mais ne traitent pas les symptômes du deuil. L
dans ton 3 ième lien

prenez soin de vous
Titre: Re : deuil pathologique
Posté par: pscar13 le 14 juin 2019 à 01:29:09
Nous devrions éviter de donner des conseils sur l'utilisation ou non des médicaments, les avis sont nuancés.

Docteur Christophe Fauré - Vivre le deuil au jour le jour :

S’occuper de soi, c’est :
– s’accorder suffisamment de sommeil, même si, pour un temps, on a besoin de somnifères ;
– s’alimenter du mieux possible (une mauvaise alimentation est un véritable stress pour l’organisme) ;
– faire un minimum d’exercice physique (même si le cœur n’y est pas…) ; on sait aujourd’hui qu’une activité physique, même modérée comme la marche, trois fois par semaine pendant au moins 30 minutes, a des vertus antidépressives ; c’est souvent préférable à la prise de médicaments…

Les effets des médicaments

Il existe peu de données concluantes sur l’effet des antidépresseurs au cours du deuil. Certains affirment qu’ils ralentissent le processus, voire l’inhibent, et que celui-ci réapparaît de plus belle à leur arrêt – ce qui n’est pas encore prouvé scientifiquement. Ce qui est sûr, c’est que certaines personnes en deuil sous antidépresseurs (à tort ou à raison) décrivent des difficultés à vivre pleinement les émotions du deuil : « Je n’arrive pas à pleurer, alors que je sens que ça me ferait du bien. Je me sens loin de ma peine et je ne parviens pas à l’approcher ! » Face à un tel émoussement des émotions naturelles du deuil, l’antidépresseur peut être un obstacle plutôt qu’une aide.
L’antidépresseur aura forcément un effet sur le vécu dépressif d’une personne en deuil (puisque le vécu dépressif et la dépression ont des territoires communs). Cependant, le danger est de médicaliser un processus qui, en soi, n’a pas besoin de l’être. Ce qui est à proscrire, c’est la prescription systématique d’un antidépresseur, dès les tout premiers temps du deuil (lors des obsèques, par exemple) – à la rigueur, un anxiolytique léger serait beaucoup plus indiqué. La difficulté est que, une fois l’antidépresseur prescrit, le patient refuse souvent de l’arrêter car il redoute d’être submergé par la douleur. Cela risque d’amener le médecin à reconduire inutilement une prescription pendant des mois, alors qu’elle n’était pas justifiée initialement…
Il ne faut pas non plus tomber dans l’autre extrême, qui serait de refuser tout antidépresseur à une personne en deuil en souffrance parce qu’elle ne présente pas tous les critères de dépression clinique ! On vient de le voir avec l’exemple de la jeune femme qui doit reprendre son travail. Dans tous les cas, s’il y a prescription de médicaments, elle doit obligatoirement s’intégrer dans une démarche globale de prise en charge du deuil. La première composante de cette approche est l’accueil de la parole, l’écoute attentive et répétée de ce cœur qui a mal. C’est accorder son plein espace au travail de deuil et à l’expression des émotions qui en sont la trame. Si l’antidépresseur rend possible ou accompagne cette verbalisation de la peine, alors il remplit sa fonction ; il est un outil dans la palette des aides disponibles pour les personnes en deuil – pas une fin en soi.

Personnellement, j'ai déjà pris des antidépresseurs auparavant, mais avec l'accord de mon psychiatre j'ai opté pour la première option, je m'oblige à marcher ou pédaler, pour le moment c'est plus efficace.
Trouver le spécialiste en qui faire confiance et pas le premier médecin venu.



Titre: Re : deuil pathologique
Posté par: résilience et silence le 14 juin 2019 à 08:20:57
Bonjour,
tout à fait d'accord avec l'avis posté par Eva sur le DSM ainsi que sur le marcher /pédaler de Pscar assorti d'une confiance circulant entre un prescripteur de qualité et un patient sujet de lui-même.
Perso, j'ai arrêté tout soutien moléculaire depuis 2 mois après presque 3 ans, avec prudence et un peu de phytothérapie en remplacement, stoppé aussi maintenant (Gomphréna).. Un dosage, même très modeste type Xanax (par ex, 0,125mg/jour, soit 1/2/jour d'un comprimé de 0,25mg les 6 derniers mois)) n'est pas sans provoquer un état de sevrage lorsqu'il est stoppé. Je me suis trouvé confronté à un retour de refoulé qui n'est pas négligeable e qu'il est  important de prendre en compte : sommeil affecté, fébrilité et pics d'énervements pendant plusieurs semaines impliquent une vigilance importante tant à soi-même qu'à son entourage. J'ai d'ailleurs retravaillé un condensé de tout nos échanges dès leur début et observé des dérapages de ma propre attention à autrui aux moments de cet arrêt, voici environ 2 mois. Désolé, par ex, Eva, de mon "sans rancune", il y avait la-dedans du transfert inconscient. Mais, bon, "on" a tellement morflé. Désolé quand même.

Bien à vous.

Pascal.
Titre: Re : deuil pathologique
Posté par: assiniboine le 14 juin 2019 à 13:38:47
Ma psy m'a bien expliqué la différence entre deuil normal et pathologique
Quand on a fait des bêtises sexuelles dans une vie antérieure pas de doute c'est un deuil  pathologique
Alors pour me soigner je prends 6 Xanax à 050 mg par jour
c'est la joie, je remercie le corps médical qui a su si bien s'occuper de moi pour mieux traverser le deuil
Titre: Re : deuil pathologique
Posté par: Antonia Sophia le 05 août 2019 à 19:45:36
Alors là .....  Je reste sidérée. 
Quelle époque vivons nous  donc que l'on nous autorise  et impartisse un temps donné afin d' oublier, dans mon cas, 35 ans  d'amour  et de vie à deux?
Donc, si je comprends, nous avons 12 mois pour oublier  un être chéri pendant toute une vie. Ensuite, poubelle.
 La lobotomie n'est plus très loin dans une société  qui règlemente à ce point notre façon de penser et de réagir. 
Les psys me font de plus en plus songer à des islamistes  staliniens  avec la seringue en bandoulière... Et la cartouchière triphasée.
Titre: Re : deuil pathologique
Posté par: Bmylove le 06 août 2019 à 19:11:32
Un an. Pourquoi pas 30 mn ? ::)

Merci qiguan pour ces infos qui permettent quand même de placer un curseur sur la diversité et l'intensité des symptômes.
Plus que leur durée, c'est l'impact sur la qualité de survie qui me semble important, et là, c'est vraiment au cas pas cas.
Titre: Re : deuil pathologique
Posté par: assiniboine le 07 août 2019 à 18:18:12
Envie de crever en ce  moment mais un beau sourire après le message de Sophia

oui du cas par cas et que j'aime écouter les théories de nos charmants psychiatres, il faut qu'ils fréquentent plus souvent le cabinet de leurs collègues, ils en apprendraient beaucoup sur les soins en santé  mentale pathologique. Et oui nos psychiatres sont bien souvent des malades ou des paresseux ou pire encore des gens qui  veulent gagner beaucoup d'argent en ne prenant pas le temps d'écouter. Alor bien entendu le deuil devient vraiment pathologique et l'envie d'en finir est là
Titre: Re : deuil pathologique
Posté par: Antonia Sophia le 08 août 2019 à 15:29:42
Cher Assini

Oublie tes xanaxpoisonmachintruc  et puise en toi la détermination nécessaire pour avancer sans trop pleurer. 
La vie est belle même en la vivant avec un souvenir. Alors bats toi  et dis toi que ton amour ne voudrait pas te voir dans le cycle des médocs toubibs sentencieux et débilitants.

  Dis toi que nos êtres disparus sont quelque part. Vis pour toi. Porte en toi  cet amour  vibrant . Et fais  de cet amour  ta force.

Titre: Re : deuil pathologique
Posté par: biche07 le 08 août 2019 à 18:38:19
Bonjour.
Je suis dans un deuil pathologique...ma psychiatre à mots couverts..comme si j ' avais 6 ans  M' explique que
 Trop de fusion
 Trop de compréhension
 Trop d  'attention
 Trop d ' amour
 Trop d' affection
 Trop de protection
 Trop de jean pierre en moi..il m ' a trop bien aimée et protégée..il a pris trop de place dans ma vie et ne m ' a pas rendu service..donc je suis en sevrage affectif violent..et pathologique pour ça...ça va prendre du temps...je vais me lamenter et pleurer pendant longtemps...pour 20 ou 30 ans peut être...les femmes de ma famille sont robustes..sauf a décider par moi même de stoper cet vie de désolation...cela devient un deuil pathetique....Je ne fait pas avancer le débat J' en suis désolée. j ' avais envie de lâcher du lest ce soir et peut être ne suis je pas seule dans ce cas...pour les traitements j' oublie pas les antidépresseurs anxyolitiques ,psychologue,lectures , méditations, vidéo,marche,petites sorties amicales...je crois avoir fait le tour plus ou moins de tout ce qui semble dans l ' ordre du possible...donc je suis une veuve...pathétique.. qui continue de respirer après 16 mois bientôt mais qui ne vie pas vraiment.biche
 
Titre: Re : deuil pathologique
Posté par: Boutchou le 08 août 2019 à 19:03:14
Je reste sans voix  face au diagnostic de ce psychiatre !
Titre: Re : deuil pathologique
Posté par: pscar13 le 08 août 2019 à 19:09:13
C'est pathologique?
Parce qu'on souffre d'avoir trop aimé ?
Oui, j'ai trop aimé, pasionnément, à la folie.
Et si j'en souffre pendant le reste de ma vie, je ne regrette rien.
Titre: Re : deuil pathologique
Posté par: Bmylove le 08 août 2019 à 19:39:34
Pathétique, je le suis aussi. Et pathologique s'il faut.
En fait, je m'en fous. J'aimerais juste avoir moins mal. Respirer sans risquer de m'effondrer.
Désolée moi aussi pour ce msg réjouissant.

Prenez soin de vous.
Titre: Re : deuil pathologique
Posté par: BEBE le 08 août 2019 à 23:23:51
Chère Biche,

Et ta psychiatre elle te prend combien pour te dire des trucs pareil ?
En deuil pathologique parce qu'à  même pas 1 an et demie de deuil tu es encore sens dessus sens dessous d'avoir perdu l'Amour de ta vie et plus tard ton papa ?
Elle  fait peur ta psy.... tu devrais lui offrir le livre du docteur Faure... elle va apprendre beaucoup de choses.
A moins qu'elle ne soit très motivée à te faire croire que que tu vas très très mal... ben oui deuil pathologique carrément allons y.....ça fait bien peur......  histoire que tu ne doutes surtout pas que tu as encore et plus que jamais besoin de ses services ?

Je dis ça. ...je dis rien....

Affectueusement,
BEBE

Titre: Re : deuil pathologique
Posté par: qiguan le 09 août 2019 à 08:58:07
J'ai ressenti plus de capacité à faire face quand j'ai intégré, c'est au delà d'accepter, que la souffrance du manque durerait à vie, même si elle pourrait se transformer.
Peu importe le diagnostic médical, ce qui compte c'est , à sa manière de continuer une minute, une heure après l'autre et de malgré les à quoi bon, apprécier les petites pauses, éclaircies.
Ne serait ce qu'ici en se sentant compris.
Affectueusement
Titre: Re : deuil pathologique
Posté par: BEBE le 09 août 2019 à 10:20:53

Peu importe le diagnostic médical,

Peu importe le diagnostic médical ?...non je ne suis pas d'accord avec ça quand ça vient d'un professionnel ou d'une personne à laquelle  on avait accordé sa confiance.
Je trouve grave et dangereux d'essayer de persuader quelqu'un qu'il va plus mal que ce que sa  situation actuelle justifie pleinement.... ou d'essayer de lui faire croire que ses ressentis sont anormaux, disproportionnés. ...
Reprocher trop d'amour, trop d'affection, trop d'attachement.....est ce bien sérieux ?
Allez trop de bonheur tant qu'on y est....

Vu d'ici ça ressemble soit à de l'incompétence, soit à une tentative de manipulation d'une personne en état de fragilité

Bonjour.
Je suis dans un deuil pathologique...ma psychiatre à mots couverts..comme si j ' avais 6 ans  M' explique que
 Trop de fusion
 Trop de compréhension
 Trop d  'attention
 Trop d ' amour
 Trop d' affection
 Trop de protection
 Trop de jean pierre en moi..il m ' a trop bien aimée et protégée..il a pris trop de place dans ma vie et ne m ' a pas rendu service..donc je suis en sevrage affectif violent..et pathologique pour ça...ça va prendre du temps...je vais me lamenter et pleurer pendant longtemps...pour 20 ou 30 ans peut être...

.biche

Mais c'est juste mon avis

Dans le groupe de paroles pour endeuillés auquel j'ai participé,  la moitié des participants étaient dans leur deuxième voir leur troisième année de deuil déjà. ... c'est dire comme ça dure longtemps cette affaire là... y a vraiment pas de raison de jouer à se faire peur....

Alors souffrons, soyons triste tout le temps qu'il faudra, sans se culpabiliser, sans essayer de positionner le temps à le faire dans un temps qui soit  normal ou anormal....

Nous faisons cela si bien tous ensemble....un pour tous, tous pour un.

Affectueusement,
BEBE
Titre: Re : deuil pathologique
Posté par: nathT le 09 août 2019 à 11:10:32
Bonjour,

Sujet ô combien délicat .
Il existe des professionnels extraordinaires et certains ne sont pas 'bons' pour le deuil .
Comment ne pas tenir compte que les psy eux aussi ont du faire face ou pas à un deuil?
Trouver la bonne personne , celle à qui on a confiance , ce n'est pas simple .
Médicaments ou pas, psy ou pas ?
Chacun doit trouver son chemin et cela peut prendre du temps .
J'ai choisi médocs remboursés (pour tenir durant la maladie de Benoît) et Psy . Et Champ (un peu beaucoup excessivement )non prescrit et non remboursé !
Finalement le plus aidant s'est révélé être le partage avec d'autre endeuillés en particulier ici et dans un groupe de parole
Quand à la durée : le prix moyen à payer semble entre 2 à 3 ans pour un conjoint et ..... de trop nombreuses années pour un enfant .
Mais je ne suis pas psy, juste une 'veuve' depuis deux ans .
 Hauts les coeurs!
Nath
Titre: Re : deuil pathologique
Posté par: BEBE le 09 août 2019 à 12:49:09
Recourir à un professionnel est une bonne démarche si on en ressent le besoin, si cela répond a un besoin qui vient de soit ou poussé par notre  plus proche entourage qui peut voir, car il nous connait très bien,  que nous sommes en danger.
Comme très justement souligné par nathT… trouver le bon professionnel reste le plus difficile. Et même un psy qui aurait été personnellement confronté au deuil ne sera pas forcément mieux armé pour accompagner le deuil.
Il y a tant de deuils différents que celui ou ceux qu’on a pu traverser soit même ne donne  pas les clés  pour tous les autres.
Avoir fait face soit même à un ou plusieurs deuils ne rend pas  compétent en soit pour faire de l'accompagnement de deuil…  même les bénévoles de chez Jalmalv, bien qu'ayant connu eux même un ou plusieurs deuils, doivent  suivre une formation de plusieurs mois avant qu'un groupe ne leur soit confié.

Sur la « durée moyenne » là aussi je serai très prudente, je pense que c’est plus lié a l’intensité du lien que nous avons eu avec la personne disparue, de la place et de l’importance de cette personne dans notre vie que de son état de conjoint, enfant, parent,  frère, sœur, ami, collègue etc.

Quant aux faux amis.. comme le Champ, le crémant ou le petit verre de rosé bien frais dont on a parlé plusieurs fois … c'est a ne consommer qu’avec modération... en gardant à l’esprit cette autre  très grande souffrance  qu’ est  l’alcoolisme et comment on peut y sombrer sans même s’en rendre compte comme ce fut le cas pour Laurence Cottet en 2009 suite au décès de son époux .

Affectueusement
BEBE
Titre: Re : deuil pathologique
Posté par: biche07 le 09 août 2019 à 14:01:53
Merci pour vos avis et ressentis...cela m 'aide énormément...je ne suis pas anormale je le sais, j ' ai conscience du poids qu' avait jean pierre dans ma vie et de la place affective énorme qu' il avait ..c ' est une réalité.. je ne me sens pas capable de reconstruire autre chose..je suis démunie et apeurée devant la vie qui M' attends...j ' ai fait le tour je crois de l ' aide psy que je pouvais espérer..la solution doit venir de moi..la force de vie ...réapprendre ou apprendre à vivre seule sans soutient c ' est cela que je dois affronter et je ne suis pas certaine d' y parvenir...je suis parfois très proche de l ' abandon..oui les à quoi bon qui M' assaillent ..je résiste un jour de plus grâce à vous tous .merci mille fois.biche
Titre: Re : deuil pathologique
Posté par: Bmylove le 09 août 2019 à 14:18:47
Une amie m'a dit un jour qu'elle avait une parade pour les périodes sombres.
Rien de sorcier, mais elle s'attachait à trouver 3 moments agréables par jour.
Un rayon de soleil, des gouttes de pluie sur le visage, un sourire, peu importe... L'essentiel, c'est de les compter pour qu'ils comptent, justement.
Titre: Re : deuil pathologique
Posté par: BEBE le 09 août 2019 à 14:53:26
Biche,

Comme toi la peur prend de plus en plus de place.... car oui nous sommes seule dorénavant à devoir faire face aux multiples défis que la vie nous lance, à ces centaines de choix à faire,  de décisions à prendre sans l'autre pour en discuter avant, à devoir réécrire un avenirqu'on ne sait plus vers quoi diriger....
Mais j'ai confiance que nous y arriverons et que peu à peu cette peur perdra du terrain.

Comme toi je ne suis pas dans la perspective de reconstruire quelque chose.... un amoureux j'en ai déjà un... mais juste comment je fais pour continuer sans qu'il soit visible à mes yeux, audible a mes oreilles, doux à ma peau....
Comment arriver à me contenter de notre lien d'âme à âme,  de coeur à coeur et ne plus souffrir autant de l'absence physique....

Pouah.... déjà trop de questions là... je fais comme le suggère Bmylove... j'essaie de valoriser chaque jour ces toutes petites choses qui me font plaisir et qui font qu'en fin de journée je me dise ....cette journée de plus valait le coup d'être vécue....

Je t'embrasse fort Biche,
BEBE
Titre: Re : deuil pathologique
Posté par: qiguan le 10 août 2019 à 09:40:28
Bmylove
L'exercice est l'un proposé par Martin Gray
(Pour moi, appris de lui, hors période centrale d'un de mes deuils, dans ma formation -en 93 à 96- et utilisée au deuil de ma meilleure amie du quotidien, puis celui de Jean, de maman ...)
Il suggèrait aussi de chercher dans un visuel, constant, par exemple une vue en ouvrant et fermant des volets de chercher un changement montrant la Vie.
Le chemin est toujours personnel, les auteurs inspirent la réflexion, parfois ça donne des pistes comme ici sur le forum parfois non.
Certaines personnes veuves sont surprise à lire comment le vécu, par exemple, d'auteurs (Joyce Carol Oates) philosophe (Onfray) vivent malgré tout les mêmes types de souffrances.
Tout le monde se rejoint autour des souffrances du manque, aussi, croyants ou pas en une survivance dans un au delà ...
Certaines personnes parviennent plus vite que d'autres à trouver comment continuer et des deuils, malheureusement répétés, ne donnent pas obligatoirement des clefs (cf les personnes veuves deux fois où perdant deux enfants successivement, ou deux ami-e-s) mais le partage ici de tout outil est utile.
Prenez soin de vous
Titre: Re : Re : deuil pathologique
Posté par: BEBE le 12 août 2019 à 09:02:57

Certaines personnes parviennent plus vite que d'autres à trouver comment continuer et des deuils, malheureusement répétés, ne donnent pas obligatoirement des clefs
(cf les personnes veuves deux fois où perdant deux enfants successivement, ou deux ami-e-s) mais le partage ici de tout outil est utile.




Absolument, c'est exactement ce que j'ai écris la veille mais dans le cadre  d'un accompagnement de deuil qui se veut et est exercé à titre professionnel (et même si les deuils vécus sont différents...parent et conjoint ou  parent et enfant etc...)


Recourir à un professionnel est une bonne démarche si on en ressent le besoin, si cela répond a un besoin qui vient de soit ou poussé par notre  plus proche entourage qui peut voir, car il nous connait très bien,  que nous sommes en danger.
Comme très justement souligné par nathT… trouver le bon professionnel reste le plus difficile. Et même un psy qui aurait été personnellement confronté au deuil ne sera pas forcément mieux armé pour accompagner le deuil.
Il y a tant de deuils différents que celui ou ceux qu’on a pu traverser soit même ne donne  pas les clés  pour tous les autres.
Avoir fait face soit même à un ou plusieurs deuils ne rend pas  compétent en soit pour faire de l'accompagnement de deuil…  même les bénévoles de chez Jalmalv, bien qu'ayant connu eux même un ou plusieurs deuils, doivent  suivre une formation de plusieurs mois avant qu'un groupe ne leur soit confié.

Sur la « durée moyenne » là aussi je serai très prudente, je pense que c’est plus lié a l’intensité du lien que nous avons eu avec la personne disparue, de la place et de l’importance de cette personne dans notre vie que de son état de conjoint, enfant, parent,  frère, sœur, ami, collègue etc.

Affectueusement
BEBE

Prenez soin de vous,
BEBE
Titre: Re : deuil pathologique
Posté par: qiguan le 13 août 2019 à 09:12:51
Certaines personnes inscrites ici  l'auront reçu mais comme bien plus, non inscrits lisent et n'auront pas reçu je mets en copié collé le message reçu du créateur de ce forum précieux

"Je reçois aussi des messages de personnes qui ressentent le besoin de s'exprimer mais qui, en cette période estivale, ne trouvent pas d'oreille bienveillante.

Aussi, je tenais à vous parler des « lignes d'écoute téléphonique ».

Ce sont des numéros que l'on peut appeler lorsque l'on ressent le besoin de parler mais qu'il n'y a pas dans l'entourage, le bon interlocuteur.

Ces lignes d'écoutes sont animées par des bénévoles qui ont, pour la plupart, vécu un deuil et qui ont décidé une fois les blessures du cœur cicatrisées de se former à l'écoute pour apporter une présence bienveillante à ceux qui traversent la perte.

Je peux vous en parler assez facilement car c'est justement le parcours que j'ai suivi avant de créer l'association Cultiver le Souvenir en 2011.

Aussi, je sais d’expérience que si vous pouvez parfois ressentir ce besoin, vous pouvez aussi avoir un blocage à l'idée de "contacter un inconnu", d'avoir "peur de déranger", ou bien car vous ne vous l'autorisez pas encore.
Ces blocages sont fréquents, néanmoins sachez que si vous éprouvez le besoin de mettre des mots sur vos maux, ces lignes d'écoute sont gratuites et je ne pourrais vous conseiller d'interlocuteurs plus bienveillants.
Voici la liste des lignes d'écoute   http://deuil.comemo.org/lignes-ecoute-deuil-permanances?mc_cid=4e06abb72d&mc_eid=0e5f9bf8db  pour la francophonie ainsi que celle de Cultiver le Souvenir (06 51 24 74 05).

Prenez soin de vous et n'oubliez pas d'être bienveillant avec la personne la plus importante qui soit : vous-même."

Chaleureusement
Titre: Re : deuil pathologique
Posté par: BEBE le 13 août 2019 à 10:05:34
Bonne initiative de  partager à l'attention des non inscrits même si ce n'est pas le fil le plus approrié pour le faire, les lignes d'écoute deuil n'étant pas réservées au deuil pathologique mais ouvertes à toutes personnes en deuil.

Merci à Yacine pour ce formidable forum.

Affectueusement,
BEBE
Titre: Re : deuil pathologique
Posté par: lessentielle le 21 décembre 2019 à 09:33:38
Bonjour, perdre son conjoint à 30 ans ou 70 ans  je pense que le deuil est "différent"....pas moins douloureux c'est certain, mais je pense (à tort ?)  qu'à  cet âge là une reconstruction est tout à fait possible. Mon mari le seul et unique  amour de ma vie m'a quitté le 14 nov. 2019 et + de 52 ans de mariage, nous nous sommes unis pour la vie en juillet 1967, moi 17 ans depuis une semaine et lui 23 ans, nous avons vécus tellement de belles choses ensemble . Mon deuil je le porterai en moi jusqu'à ma mort, et seulement à cet instant précis il me quittera, je passerai de l'autre côté heureuse de rejoindre mon amour, si vous faites le compte vous comprendrez qu'à mon âge mon passé sera toujours présent, pas d'avenir sans mon passé....J'ai 2 enfants adultes qui je l'espère me comprennent (?),  quant à la famille et les amis ils peuvent bien penser ce qu'ils veulent !!!
Titre: Re : deuil pathologique
Posté par: marguerite13 le 24 décembre 2019 à 22:49:02
Lessentielle, je ne comprends pas si tu penses que la reconstruction est possible à 30 ans ou à 70 ans.
Personnellement, je ne pense pas que ce soit une question d'âge. Cela dépend uniquement de la personne et c'est indépendant de sa volonté . On peut se reconstruire ou on ne peut pas.
J'aimerais me reconstruire mais je n'y arrive pas. J'essaie pourtant.
Que Noël vous apporte à tous l'apaisement et la sérénité!
Bien amicalement.
Titre: Re : deuil pathologique
Posté par: qiguan le 25 décembre 2019 à 19:37:43
Marguerite tu avais pu te reconstruire une première fois après ton veuvage et là après cette seconde perte c'est  ... autre chose.
 :-*