FORUM "LES MOTS DU DEUIL"

Comprendre et vivre son deuil => Vivre le deuil de son conjoint => Discussion démarrée par: kergaran le 03 Avril 2019 à 13:53:05

Titre: Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: kergaran le 03 Avril 2019 à 13:53:05
J'ai lu le post de Marguerite 13, sur le deuil d'un amour illégitime.
Et cela m'a donné  le courage de commencer à écrire ici.
J'ai besoin d'aide, mais je ne sais où la trouver. J'ai téléphoné à quelques associations, comme Jamlav, mais, ...

Il ne m'est pas possible de raconter cette histoire, mon histoire, notre histoire.
Je ne dirais pas qu'elle est illégitime, mais elle tient plus de l'interdiction finalement, d'une certaine forme ridicule de dignité qui l'a rendue longtemps impossible, ...
Et alors que nous allions nous l'autoriser ... la maladie est venue la balayer, ...

Depuis plusieurs mois, j'écris. Pour moi. Mais j'ai besoin de partager ma douleur, pour espérer peut-être la sentir plus supportable. Alors je vais vous livrer quelques pages de cette écriture, sans vraiment vous raconter. Au hasard de ce qu'il me semble raisonnable de livrer.

Dimanche 24 février. 16:12
La sensation de vide qui me submerge me fait peur.
Je suis débordée par la douleur.

Il y a du soleil et le ciel est bleu, je crois depuis ta mort.
Les jonquilles et les primevères fleurissent dans le jardin. Le cerisier japonais affiche ses fleurs rouges. Un autre arbuste, juste à côté, que je n’avais jamais même remarqué, est couvert de petites clochettes roses qui attirent les insectes. Le camélia cette année a tant de fleurs, que je n’ose pas le regarder.
Chaque bourgeon, chaque corolle qui s’ouvre ici me semble une insulte à la vie, me semble une insulte à ta mort.

Jeudi 21 mars 21:45
Un jour il me semble mieux accepter ta mort, puis un jour, il me semble seulement la nier. Je me dis que demain je vais me réveiller, et que tout cela ne sera pas. Mon téléphone va sonner et tu vas me parler. Un peu comme une cigarette que je pourrais refumer demain si je le voulais : là, maintenant, si je le voulais.
Mais tu n’es pas une cigarette.
Au moins je sais que je ne refumerai pas : pour toi. J’aurais cette impression sans doute ridicule de te trahir.
Jamais je ne te retrouverai. Jamais.
Je regarde tous ces gens encore vivants et je les hais. Comment, … faire … vivre.
Peut-être aurai-je aidé à ce que ta mort soit plus douce. Mon amour.
Pour un mort cela peut-être saurait suffire !
Pour une vivante, diable, cela n’a pas de nom. Il n’y a pas de mot … Pire même qu’une absence : une inexistence ! …
Je suffoque parfois, la nuit … d’un réel manque d’oxygène ! … Comment encore respirer. Le vide m’envahit ! Envahit mon esprit !
Tu n’es plus.

Suis-je encore ?

Vendredi 29 mars. 16:42
Je n’ai envie de rien. Je ne sais pas quoi faire. Je ne sais pas comment faire. Tout m’ennuie. Tout me semble inutile. Tout me semble trop compliqué. Tout me semble inaccessible.
Tout me fatigue.
Agnès Varda est morte aujourd’hui. A quatre vingt dix ans. Vingt-sept longues années de plus que toi.
Que cette vie est injuste.
Parmi ses films j’ai toujours aimé « Sans toit ni loi ». Et je me sens aujourd’hui dans ce même état d’esprit. D’un avenir impossible. D’une vie qui ne peut conduire nulle part, finalement.
Pendant toutes ces années, j’ai cru que je faisais bien. Que tout était en équilibre, précaire, mais en équilibre malgré tout ! Que j’étais garante de cet équilibre.
J’ai cru que j’avais le temps aussi.
Que le temps de t’aimer viendrait. Si j’avais su que le temps était venu pour toi de mourir !
Et cette impression que j’ai pourtant d’avoir toujours su. Comme si notre attirance réciproque n’avait été que pour cela. Pour t’aider à mourir.
Je ne vois aucune issue.
Je ne vois pour moi aucune issue.
Je n’ai plus aucune certitude. Tout me semble mensonge.
Tout me fait peur.
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: Boutchou le 03 Avril 2019 à 14:27:01
Bonjour kergaran,
Ton texte est un immense cri d amour et de souffrance , et ce que tu ecris est extrêment touchant et émouvant .
Nous n avons pas la même histoire ,pas le même chemin ,mais ta douleur est tout aussi respectueuse  et je la partage avec toi car il s'agit d amour ...la est le plus beau sentiment humain ...
Je ne trouve pas de mots pour t aider qui ne soit banalisés
Nous n avons plus de mots ,je l ai écrit il y a 2 jours ...
Je t adresse cependant de l'amitié , du soutien , du partage ,de la compréhension

Boutchou
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: malome le 03 Avril 2019 à 15:52:38
kergaran

deux  mois dis-tu dans ton premier post  d'hier c'est bien récent , la douleur est vive , la souffrance immense , intolérable et nous il nous faut survivre  , quelque soit notre parcours ici nous partageons la douleur , le manque de l'autre , les ressentis
ici pas de jugements , te lire, te répondre , ici tu peux tout écrire encore et encore pour user ce qui fait si mal , pleurer , hurler si tu le peux , prendre soin de toi , ça aussi c'est important .
je voudrais pouvoir alléger ta peine et ton chagrin , mais de baguette magique je ne possède pas , juste un soutien virtuel

Amitiés et douceur à toi
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: kergaran le 03 Avril 2019 à 19:08:52
Je vous remercie Boutchou et Malome de votre lecture et soutien. Hurler, c'est ce que j'ai compris je crois pouvoir faire ici en vous lisant les uns et les autres. Je risque sans doute de hurler en grande égoïste peut-être un certain temps ...

Mercredi 3 avril. 15:36
16:04

J’essaie d’occuper mon esprit et je passe d’une chose à l’autre sans plus de cohérence. Je commence, et puis j’oublie ce que j’ai commencé.
J’ai posté aujourd’hui un message sur un forum de deuil. Je n’ai pas expliqué notre histoire, mais pris quelques textes dans ce recueil de mes pensées, pour tenter d’atténuer ma douleur.
J’arrivais à maîtriser jusqu’alors mes larmes. Mais cette semaine elles me submergent sans mon autorisation.

Ce matin très tôt les hasards de la vie m’ont conduit à Saint-Malo, et j’ai fait quelques pas sur la grande plage du Sillon.
Les vagues me sont apparues immenses, belles et majestueuses … En descendant les marches du haut de la jetée, elles m’ont donné le vertige, et j’ai dû m’arrêter un instant, pour ne pas tomber, pour ne pas suffoquer. Car elles ont cette chance, elles, d’être intemporelles. Leur fracas sur la digue était si puissant. La marée était haute. Les pieux sur la plage jouaient si bien leur rôle protecteur, que j’eus voulu qu’ils n’aient été plantés là que pour te protéger toi. Mais j’étais seule ce matin, entre la mer et la pierre, et ces troncs tortueux enfoncés dans le sable depuis si longtemps pourtant, l’espace d’un court moment, m’ont semblés avoir été placés là par toi, uniquement pour me protéger moi.
Depuis l’enfance la mer me fascine et m’effraie à la fois. Elle m’attire et m’angoisse. Les vagues toujours m’ont donné cette impression étrange de vouloir me happer. Me baigner toujours m’a paru être les braver.

J’aimerais tant croire aux anges mon amour, pour pouvoir de toi faire mon ange gardien.
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: malome le 03 Avril 2019 à 19:47:24
si tu t'en sens le courage va voir cette vidéo , moi j'ai acheté son livre , non je n'ai pas d'action chez lui , mais devrait être rembourser pas la sécurité sociale, il m'a été , et il m'est encore d'une grande aide , facile à lire , avec des mots simple et juste , une écriture agréable , et tu y retrouve forcément à un passage ou un autre tes ressentis , j'ai envie de te dire aimes-toi , prends soin de toi, rassures-toi tu es normale le déni fait partie du processus du deuil , comme la colère , ne retiens pas tes larmes , j'ai tant pleurer que j'ai eu mal aux yeux à en être branché sur l'eau de la ville , moi je suis à 5 mois de deuil mais ce n'est toujours pas linéaire , je tombe , je glisse je me relève parfois j'ai l'impression de reculer et malgré nous on avance pas à pas , c'est une lutte permanente , entre le manque de l'être aimé , le silence , être seule pour manger , plus de rire , je ne veux pas te décourager mais c'est pour ça qu'ici l'écoute des autres est importante tout comme ce que l'on dépose sur nos fils, il n'y a qu'ici qu'on peut tout dire nos ressentis et nos douleurs et un jour bien lointain nos un peu mieux

https://www.youtube.com/watch?v=aIuL7GTSnXM&feature=youtu.be

amitiés et douceur à toi
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: pscar13 le 03 Avril 2019 à 22:06:40
kergaran,

Tes mots sont douloureux et beaux, sans livrer ce drame qui t'a conduite ici, ils traduisent la détresse et l'océan de douleur dans lequel tu essaie de nager.
J'écris comme toi mon journal depuis bientôt six mois, mes pensées, mes souvenirs, et j'écris aussi ici, pour partager, l'écriture est un exutoire quand on n'a pas la parole.
Ta vision des vagues me fait penser au livre de Marie-Noel Delmas dont BEBE a donné un extrait

Phares dans la tempête du deuil : se reconstruire après la perte de son conjoint
Le jour où vous apprenez la mort de celui ou celle que vous aimez, c’est comme si vous étiez précipité d’une falaise dans la mer. Une haute falaise, avec une petite plage inaccessible à ses pieds. La mer est violente même par beau temps. La mer de vos émotions.
Votre premier réflexe, un geste de survie, est de nager tant que vous pouvez vers le rivage, à contre-courant, malgré la force des vagues, jour et nuit… pour ne pas sombrer, ne pas être emporté au large.
> Extrait de Phares dans la tempête du deuil

https://youtu.be/TSbtgWtACGs

Avec tendresse et douceur.
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: pscar13 le 04 Avril 2019 à 12:38:14
kergaran,

Ta tempête à toi semble loin d'être apaisée ...
https://www.youtube.com/watch?v=FFsvg99emAw
Gortoz A Ran (J'attends)

Merci pour ces magnifiques images et cette chanson qui m'a ému aux larmes
Permets moi de la publier dans la rubrique chansons
http://forumdeuil.comemo.org/livre-video-deuil-mort/chansons/msg110485/#msg110485
 
Continue à nous écrire.
Tendresse et douceur pour toi et une pensée pour ton ange gardien

https://youtu.be/luwAMFcc2f8
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: qiguan le 04 Avril 2019 à 14:12:05
à publier là
aussi
http://forumdeuil.comemo.org/vivre-le-deuil-de-son-conjoint/compilation-de-chansons-pour-nos-'moitiees'-nos-tout/msg106189/#msg106189
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: kergaran le 04 Avril 2019 à 21:31:21
Je vous remercie de vos soutiens mais vous jalouse de toutes ces années d'amour et de vie commune dont vous parlez

Mercredi 28 novembre 2018. 15:21.
Tu m’as envoyé un message. L’un de tes messages où tu me dis que tu penses très fort à moi.
Il est 17:00 tout rond. Et je n’ai pas répondu.
J’ai de l’eau dans les yeux. Le temps, comme souvent déjà, me semble long. Semble s’étirer à n’en plus finir. Au fond de mon corps, du vide, seulement du vide. Mon cerveau me semble comme immobilisé, depuis trop de temps déjà, dans une brume qui ne semble vouloir se dissiper.
Je ne sais plus où je suis. Le sol semble s’effriter sous chacun de mes pas : où que j’aille. Partout. Il semble chercher tes pas.

Inlassablement, ma mémoire cherche le début de cette histoire, comme si en trouver un pouvait la rassurer, cette mémoire. Comme si en trouver un, début, pouvait la légitimer, cette histoire.
« Depuis toujours », m’as-tu écrit, ou dit, je ne sais plus, un jour de cet été que tu as qualifié de « si particulier ». Je n’y ai pas cru. Cela m’avait amusée, puis un peu agacée ! J’avais trouvé ça trop « gros » ! Voire même trop …, « goujat ».

Et puis j’ai réfléchi à ce que représentait pour moi ce, toujours, ... Et ce toujours a toujours été là. Je crois que ma mémoire n’en a exclu aucun, de ses souvenirs de toi. Tous bien rangés, mais sans étiquetage de date, d’âge, d’années, ni même de saison. J’en ai même gardé de tes absences, de ces moments où tu aurais pu être là, où j’aurais pu te voir, où j’aurais aimé rester plus longtemps, pour te voir plus longuement, où j’ai espéré te revoir, où je ne t’ai qu’aperçu, comme de loin, …

J’ai souvent soigneusement évité tes appels. Quand tu téléphonais, et que tu demandais à me parler, j’ai si souvent refusé. Même parfois fait croire que je n’étais pas là ! Ou étais trop occupée …
Comme si j’avais toujours su … ou comme si j’avais refusé de voir.
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: Mircea le 05 Avril 2019 à 01:55:15
https://www.youtube.com/watch?v=FFsvg99emAw
Gortoz A Ran (J'attends)

Une des chansons que j'ai choisi pour Mircea : pour les paroles (même si elle n'évoque pas l'amour pour un être humain ....) et la voix magnifique de Denez Prigent.

Avoir vécu une histoire d'amour avec des temps si longs de séparation, sans avoir eu réellement la possibilité de "construire" une vie ensemble donne une teinte particulière au deuil .... je connais ....
mais ça n'enlève rien à cet amour intense, fort ....

Affectueusement
Catherine

Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: kergaran le 05 Avril 2019 à 08:42:15
Catherine,
Il s'agit d'une personne tourmentée qui rêve d'une autre vie,  qui souhaite s'évader du monde dans lequel elle vit ...
Pour Denez Prigent il s'agissait de l'oppression de la ville, avant de retourner vers la nature.
C'est la musique principale du film la chute du faucon noir. Pour Denez Prigent, « C'est un film très violent, qui montre la guerre. Ce n'est pas du virtuel. Avec son côté cantique, Gortoz a ran y est une note d'espoir » (https://www.letelegramme.fr/ar/viewarticle1024.php?aaaammjj=20020308&article=4086867)
Mais je suppose que tu sais déjà tout cela. Car cela ressemble un peu à ton histoire.

Le clip original de la version du film :
https://www.youtube.com/watch?v=rKUlSmlxW9g

Affectueusement  aussi
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: kergaran le 05 Avril 2019 à 19:59:45
Merci à Pscar13, ... pour les douces joies du hasard !

Vendredi 5 avril 2019. 16 :42
J’ai pleuré tant de larmes que j’avais espéré que ce flot pourrait se tarir. Mais j’avais tort.
Sur un forum des « mots du deuil », j’ai lu tant de souffrance que j’ai compris que les larmes peuvent à jamais rester mes compagnes.
Alors, si je n’espère pas qu’ils m’apaisent, tous ces témoignages peuvent peut-être me permettre de comprendre.
Car j’ai besoin de comprendre, et de donner du sens à notre histoire.

Dans l’un des textes que j’y ai lu, mais que je n’arrive pas à retrouver, une personne a dit à une autre qu’en dépit du deuil, elle avait de la chance, car c’est une chance de connaître l’amour, et que nombre d’êtres humains naissent et meurent sans avoir aimé ni avoir été aimé.
Peut-être est-ce là le sens que je dois donner à ces quelques mois avant ta maladie, à cet été, si particulier, pour toi le dernier. J’ai presque envie de dire seulement à ces quelques jours.

Tu m’auras fait connaitre cette joie profonde de me sentir aimée. Tu m’auras fait connaitre cette joie profonde de la réciprocité.
Mais se fut si court.
Entre tous ces kilomètres qui nous ont toujours séparés, tes maladresses, mais les miennes aussi, à communiquer. Entre nos quiproquos, liés peut-être à ta difficulté d’écriture qui déjà s’était fait sentir, dès septembre. Entre mes jeux parfois perfides, pour m’assurer de ta sincérité, mes hésitations, mes réflexions sur cette possibilité de changer de vie, sur une façon lucide et responsable d’envisager un changement de vie … Entre la complexité de notre relation, ou tout au moins la complexité des liens que tu avais toi à ma vie, … et celle des liens que j’ai, moi, ici. Entre ta tumeur qui furtivement et progressivement s’est invitée dans nos conversations, … qui t’a si souvent épuisé, … puis t’a si rapidement privé de tous tes mots … Entre ma sidération et mon déni, mais ma certitude pourtant de te perdre, … Entre mes rêves et mes paroles parfois si prémonitoires pourtant sans encore savoir … Entre mon incapacité à juger par notre éloignement de ton autonomie physique, … de ta dégradation physique, puis de ta totale dépendance physique, si rapide. Entre ta volonté de ne pas tout me dire, de me cacher une part de la vérité, … puis ensuite ton incapacité à l’exprimer.

J’ai cette impression parfois de n’avoir été pour toi qu’un succube. Je te l’avais dit, le 19 octobre. Je ne te savais pas encore malade. Je te pensais seulement fatigué. Peut-être un peu plus, mais bien sûr d’une maladie que l’on allait soigner … Ta prise de sang était bonne.
Tu es rentré pour la première fois à l’hôpital le 22.
J’entends encore ta voix quand tu m’as annoncé que tu allais rentrer chez toi, après ta biopsie : « Ne panique pas, panique pas ! »

J’aimerais tant croire aux anges mon amour …

Il y a eu, entre cet été et aujourd’hui tant de signes, … Que je devrais peut-être y croire, … aux anges.
Hier je crois, une personne du forum t’as envoyé pour moi une pensée : la chanson de Robbie Williams, Angels.
Ce matin, j’ai pris la voiture de mon fils, car c’est elle qui était devant, et j’étais en retard. Exceptionnellement, il n’avait pas cours ! Et c’est amusant, car j’ai entendu aussi cette chanson à la radio, … Une station que je n’écoute jamais habituellement : RFM ! Je ne savais plus que cette station existait ! J’ai mis tant de temps d’ailleurs à la régler cette radio, que c’est la seule chanson que j’ai pu entendre sur le trajet ! 9h03 ! Si je n'avais été en retard, je ne l'aurais pas entendue ! Elle m’a semblé être comme l’un de tes messages que tu m’envoyais tous les matins, … l’un de ceux qui me donnaient du courage. L’un de ceux où mon téléphone vibrait au moment même où je le touchais ! … L’un de ceux où l’on s’appelait en même temps, exactement …

Que tous tes mots à toi me manques ! Mon ange.
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: pscar13 le 05 Avril 2019 à 21:37:39
kergaran,

J'ai trouvé cette phrase dans le livre de Christian Bobin - La plus que vive :
On peut donner bien des choses à ceux que l'on aime. Des paroles, un repos, du plaisir.
Tu m'as donné le plus précieux de tout : le manque. Il m'était impossible de me passer de toi, même quand je te voyais tu me manquais encore.

Ce manque que tu exprimes montre l'intensité de ton amour.

Bien que j'aie des difficultés, liées à mon esprit trop rationnel, à croire aux signes, je t'invite à lire le fil de BEBE sur les signes, je trouve son partage troublant,  elle connait aussi un ange.
http://forumdeuil.comemo.org/philosophie-spiritualite-deuil/les-signes-5714/msg98189/#msg98189 

Tendresse et douceur.
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: kergaran le 06 Avril 2019 à 11:14:30
J'aimerais  tant croire aux anges,  ... Mais suis trop terre à terre pour cela.
Mes signes ne sont que les doux hasards de la vie qu'il me plait de savourer un peu car ils ont ce pouvoir d'adoucir le temps d'un instant la douleur.

Quand tu étais encore là mon ange, oui, nous nous ressentions, et je savais déjà sans le savoir que " tu prendrais les chemins d'or que te chantait l'écume des étoiles, et dans les cieux radieux d'octobre les nuées d'oiseaux. "

https://www.youtube.com/watch?v=_JBvl9zLN4A

Je te l'avais fait découvrir en septembre. Et voilà ce que tu m'avais envoyé en retour.

https://www.youtube.com/watch?v=9z3jCiCrsx0

C'est un phare que tes enfants ont fait graver sur ta tombe.
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: kergaran le 07 Avril 2019 à 12:08:31
Je suis venue te voir moi, pour la dernière fois, le 18 janvier ...
Je t'ai dit, ... Que tu étais beau, ...
Tu étais beau ... quand même ...

https://www.youtube.com/watch?v=tgM5GrhK1l8
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: malome le 07 Avril 2019 à 18:33:45
kergaran

Aimer ce verbe qu'on peut conjuguer à tous les temps , qu'importe la  durée de ce verbe AIMER n'est-ce pas l'intensité  de cet amour qui aujourd'hui dut à la séparation non voulue ni par l'un ,ni par l' autre qui nous fait tant souffrir ,  ce manque d'échange de quelque façon que ce soit fait si mal , cet instant fatal sans retour , et celui qui reste doit affronter tout ce qui ne sera jamais plus, mais qui restera au fond de nous, .  Pour nous aider à évacuer les trop pleins de douleurs nous avons ce merveilleux forum un livre qui malheureusement ne se fermera jamais, mais qui est précieux et nous apportent un instant de compréhension  et l'écoute des autres dans les différentes  souffrances . Prends soin de toi  et laisser couler ses larmes  c'est normal , nous ne les contrôlons pas toujours, elles sont nos compagnes de route pour un certain temps
Amitiés et douceur à toi et ton ange

Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: Boutchou le 07 Avril 2019 à 19:33:30
Kergaran,
Ton histoire et ta souffrance révèlent ton immense detresse
Je n ai pas de mots pour t aider juste adoucir peut être ton chagrin  .
comme je l ai écrit sur mon fil ,oui tu as la chance d aimer et d avoir été aimée ....mais  ce manque de lui ,est d une douleur folle ... nous le savons tous ici
Je veux juste te dire que je partage ce que tu ressents et comprends tes mots.

Amitiés
Boutchou
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: kergaran le 08 Avril 2019 à 12:35:26
Je vous remercie Boutchou et Malone.
Vous m'avez dit qu'ici je pouvais crier.  Alors je vais crier une partie de ma douleur.
J'aimerais savoir si certains d'entre vous avaient consulté psychiatre ou psychologue, ou tout au moins avoir un peu un retour sur leur expérience.

Lundi 8 avril. 10:00

Cette nuit j’ai rêvé un rêve étrange où je tentais de poursuivre désespérément quelqu’un, que je n’avais l’air de connaitre vraiment, … Et qui allait plus vite que moi. Je roulais, roulais, comme quand j’ai fait tous ces kilomètres pour venir te voir une dernière fois, … Et cela semblait ne pas vraiment avoir de fin. Il me manquait toujours quelque chose, … que je passais trop de temps à chercher, et que je retrouvais finalement, pour pouvoir repartir et continuer encore.
Etrangement, cette personne que je semblais vouloir rattraper m’attendait, me parlait même, et me disait que peut-être on pourrait se voir plus loin, …
Cette personne ne te ressemblait pas. Mais il y avait quelqu’un d’autre avec elle.
Je ne sais pas qui.
A Paris. Voilà, j’allais à Paris.
Toute la nuit j’ai eu dans la tête les paroles de « Va hent » et « Gortoz a ran » de Denez Prigent. Mais comme cet inconnu du rêve, les paroles disparaissaient dès que je voulais me concentrer sur le texte. Et je n’arrivais pas à les rattraper.

Je voulais en octobre t’emmener à Paris.
Je n’ai pas eu le temps de te le dire.
C’était un bon compromis.
Nous aurions pu prendre le train. Nous étions chacun à deux, deux heures et demi de Montparnasse. Imagine, il y avait une exposition d’Egon Schiele et de Jean Michel Basquiat. Nous aurions loué un hôtel.
Nous aurions ri. Nous aurions rêvé. Nous nous serions « effleuré le dos, … Mais pas que ». Nous aurions été heureux.

Egon Schiele et de Jean Michel Basquiat ! Quelle drôle d’idée de ma part. Existe-t-il des âmes plus tourmentées ?

Je ne connaissais pas Alexis HK.
C’est toi qui me l’a fait écouter. « Chaque instant comme un dernier présent ».
Je me complais et ne supporte plus à la fois toutes ces musiques et vidéos qui semblent toutes si bien raconter notre histoire.
Même si au moment où nous nous sommes fait découvrir tout cela, nous ne le connaissions pas encore, le dénouement de notre histoire.
Il ne te reste plus à toi que ce temps-là :
« Le temps que le temps pourra prêter, à nos enfants, pour les laisser rire. »
J’espère que tes enfants seront heureux mon amour. Je sais que tu voulais que les miens le soient mon Ange.
J’ai souhaité aux tiens une belle vie.
Je tente de dire aux miens dans ce marasme qu’est ma vie de faire les bons choix. Mais, on ne sait souvent que trop tard … Et on ne sait même jamais … ce qu’aurait dans le temps pu être une autre voie. Mon fils me la dit : on ne peut pas tout faire. Et on est parfois trop occupé à tenter de faire au mieux. Même si le mieux parfois ne fait que cacher trop brièvement le pire.

https://www.youtube.com/watch?v=mHncfobuhxk

Cette nuit, j’ai eu cette impression que tu me disais que tu allais devoir partir.
Définitivement partir.
Je t’ai supplié de rester encore.
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: qiguan le 08 Avril 2019 à 13:46:17
dans table des matières
http://forumdeuil.comemo.org/vivre-le-deuil-de-son-conjoint/en-guise-de-table-des-matieres/
on trouve
voir les erreurs des psys non spécialistes
http://forumdeuil.comemo.org/vivre-le-deuil/texte-paralant-des-erruers-des-psys-non-specialistes-du-deuil/msg61049/#msg61049
traitements
http://forumdeuil.comemo.org/vivre-le-deuil-de-son-conjoint/traitement-ou-pas/msg48632/#msg48632

mon expérience moi fut la plus aidante (2 pys ! ...) j'en parle tout au long de mon fil
elles m'aident à démêler ce qui vient du deuil lui même de ce qui est lié à mes schémas eux mêmes liés à mon enfance, mes croyances sur la vie etc liés à mes évènements marquants
au moments à peine 2 ans et demi après le décès de mon aimé, le décès brutal de ma maman, handicapée hébergée sous mon toit j'ai été très aidée par ces suivis !

Bien sûr c'est soi même qui faisons le travail mais la guidance, l'éclairage est très utile ! ...
je ne regrette pas !
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: Mircea le 08 Avril 2019 à 22:56:15
J'aimerais savoir si certains d'entre vous avaient consulté psychiatre ou psychologue, ou tout au moins avoir un peu un retour sur leur expérience.
Je vois aussi une psychologue. Elle n’est pas spécialiste du deuil mais elle me convient bien, tant par sa façon de travailler (on cherche ensemble, elle n’« impose » jamais) qu’humainement.

Les séances ne sont pas figées, la psy sait s’adapter à mes demandes, mon état du moment etc …. (elle peut m’écouter, m’expliquer, répondre à mes nombreuses questions, me soutenir, voir même « me porter émotionnellement », faire une séance d’EMDR, se poser sur mes rêves etc ….)

Certains thérapeutes disent que le fait de payer a un sens dans les soins.
Ses consultations ne sont pas payantes. Je crains que si elles l’avaient été, ça aurait été un frein pour moi car je crois que j’en ai encore pour un moment ….

Je te souhaite de trouver ce dont tu as besoin comme soutien ....

A galon

Catherine
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: Mircea le 09 Avril 2019 à 18:44:04
Si cette phrase te caresse le coeur, alors je te la dépose  :) :

"Les mots servent à toucher les âmes quand les mains ne peuvent toucher les corps et j'en connais qui sont de véritables caresses "

Je l'ai prise au "petit monastère" : http://forumdeuil.comemo.org/traverser-le-deuil/mon-petit-monastere-mon-paradis-blanc-!/3330/
 lieu où l'on pousse la grosse porte en bois doucement, où l'on peut trouver le silence, la paix en se promenant dans les allées fleuries par le printemps, où l'on peut s'asseoir sur un banc, écouter des poésies, fredonner, découvrir de beaux textes (certains sont source d'espoir), rêver .... lieu qui unit où malgré nos deuils différents  ....
En cherchant dans les recoins, on trouve même des trésors ..... mais chuuuuut ....
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: kergaran le 09 Avril 2019 à 21:45:59
Mardi 9 avril. 19:22
J’avais cru que si je ne finissais pas ce carnet de dessin, … tu ne mourrais pas mon amour.
J’y avais vraiment cru … vraiment, … l’espace d’un instant.
Peut-être est-ce moi, alors, qui pourrait mourir, lors du dessin sur la dernière page.
Tu ne le voudrais pas, bien sûr, …
Aide-moi mon Ange.

Cette journée d’aujourd’hui n’avait pas de nom.
Si tu regardes tout cela alors tu sais pourquoi.
Pas la peine de l’écrire.
Que de haine. Je ne comprends pas.
Est-ce vrai ?

Il me faut du courage.
Tu me l’avais dit : « Mais du courage, tu en as ».

J’ai dessiné ces poteaux tortueux de Saint Malo.
Ce n’est pas fini, mais pas si mal.
Aujourd’hui, c’est toi la mer mon Ange. Tu es la mer.
Da Garan.

Je voudrais que ce vide qui s’empare de moi trop souvent disparaisse.
Je voudrais ne plus penser.
Je voudrais, … que tu sois là avec moi, pour m’aider.
Je voudrais … que tu sois.

Tu sais, je crois que je n’ai jamais vu rien d’aussi beau …
D’aussi digne aussi, … que toi, …
Sur ce lit au ras du sol …
Et même sur ce matelas, encore un peu plus bas.

Ne t’inquiète pas pour moi !
Tu sais pour toi maintenant, …
Je peux …
Tout.
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: malome le 10 Avril 2019 à 12:22:54
Kergaran

 L'amour qu'ils ont su si  bien nous donné et que nous avons partagé quelque soit le temps est un trésor , et pourtant aujourd'hui il est ou devrait être notre force et pourtant il est douleur , moi je croyais être plus forte que cette douleur et non je me retrouve au bord d'un précipice tombera , tombera pas , tel un airbag qui se dégonfle . On ne peut vivre sans amour , ce que nous avons vécu est un trésor précieux , il faut y puiser dedans nos ressources pour vivre , avancer pour eux
sans jamais abandonner au jour le jour

Amitiés et douceur à toi et ton aimé
Titre: Re : Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: kergaran le 10 Avril 2019 à 18:36:23
Merci Molone, Mircea et Frederico aussi alors pour ses phrases magnifiques qu'il a su écrire et offrir en partage.
Mon écriture à moi me semble bien égoïste et personnelle à côté de la votre, ... Et comme Fréderico dans certains de ces textes, il me semble étrange que vous preniez le temps de cette lecture de ces quelques pages confuses et dans le désordre de ma souffrance .
Je remercie le forum de cette possibilité qu'il offre de crier la douleur ...

Si cette phrase te caresse le coeur, alors je te la dépose  :) :

"Les mots servent à toucher les âmes quand les mains ne peuvent toucher les corps et j'en connais qui sont de véritables caresses "

Je l'ai prise au "petit monastère" : http://forumdeuil.comemo.org/traverser-le-deuil/mon-petit-monastere-mon-paradis-blanc-!/3330/

Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: malome le 10 Avril 2019 à 19:32:26
Kergaran


 il me semble étrange que vous preniez le temps de cette lecture de ces quelques pages confuses et dans le désordre de ma souffrance .
non Kergaran , tu  y exprimes toute ta souffrance , ton amour , tous tes ressentis , tu lui parles, demande qu'il t'aide , chacune et chacun s'exprime comme il le souhaite et c'est ce que tu fais , tout le monde ne te répond sans doute pas , mais tu es lu

continue à ta façon de nous faire partager tes ressentis
Amitiés et douceur à toi
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: kergaran le 10 Avril 2019 à 22:01:10
Dimanche 3 février 2019
J’essaie de m’occuper l’esprit mais rien ne fonctionne. Ma vie d’aujourd’hui est un tel désastre que je n’ai pas de pensées positives qui pourraient remplacer mes pensées de toi. Mon travail m’ennuie. Il m’épuise aussi parfois.
[...]

Je me suis réveillée en entendant les oiseaux.
Un matin, tu m’avais dit que chez toi là-bas, ils ne chantaient pas encore, car, ils étaient plus paresseux.
Tu te réveillais toujours tôt.
Ce matin, le ciel est bleu. Le soleil brille et il fait un froid glacial. J’ai pensé que cela pourrait être un beau jour pour mourir. Car tu vas mourir, …
Ta mère a téléphoné avant-hier. Elle a dit que l’on te faisait beaucoup dormir. Qu’elle était venue te voir, que tu t’étais réveillé, qu’elle ne pouvait pas dire si tu l’avais vue, mais que tu avais regardé la fenêtre, car il y avait un beau soleil.
J’espère un miracle. Je me dis encore que cette tumeur tu peux la combattre. J’ai tellement cru que je pourrais t’aider à cela !
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: pscar13 le 11 Avril 2019 à 02:16:09
kergaran,

Tes mots si beaux pour exprimer autant de  douleur, les derniers instants.
C'est si difficile, si impossible à croire, jusqu'à la dernière minute on espère un miracle.
Tendresse et douceur pour adoucir ces douloureux souvenirs.
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: Nora le 11 Avril 2019 à 08:57:35
kergaran,

Je n'écris plus beaucoup ici, mais je l'ai tant fait depuis  plus de 4 ans. A  ce moment,  au début de mon hurlement.

Je te lis. Je lis tes mots qui ont été les miens, cette profonde désespérance, cette douleur indicible, cette terreur, cette solitude.

Je te lis,  je t'écoute, et je pense fort à toi.

Et je salue la bretonne, amoureuse de la mer, des rivages du  nord, puisque je le suis aussi.

Bien à toi

Nora



Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: Boutchou le 11 Avril 2019 à 11:19:26
Kergaran,

Il n y a pas de mots ni  de conseils qui  apaiseront  ta souffrance .....
Juste une pensée parce que je comprends et partage .....
Amitiés
 Boutchou
Titre: Re : Re : Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: Mircea le 11 Avril 2019 à 17:47:28
Mon écriture à moi me semble bien égoïste et personnelle
Ce n’est pas égoïste : comme tu le dis : on vient pour hurler sa douleur, surtout les premiers temps …. et s’ajoutent des motivations diverses selon les uns et les autres.
Il n’y a pas d’obligation à échanger etc … (même quand on vient ici depuis un certain temps, il y a des moments où l’on n’a pas "envie", on ne peut répondre, échanger tellement on se sent vide  etc …. on le sait, on le comprend ….)

Une personne a écrit :
"ici, sur ce forum, il faut savoir pourquoi et surtout pour qui écrivons-nous !"
(quand je ne sais plus trop, je ne me sens plus à ma place ici etc .... : cette phrase m'est d'un rappel utile)

Dans : http://forumdeuil.comemo.org/traverser-le-deuil/comment-ecrire-et-partager-sur-le-forum/45/ il y a cet article :
 Pourquoi écrire sur un forum de deuil?
https://www.slate.fr/story/164081/forum-deuil-internet-soutien

Voici un extrait :

«En réalité, sur ce genre de forums, on interagit peu entre nous, on se donne rarement des conseils, on s'envoie peu de messages, confie Camille. On se lit. Beaucoup. On ne peut pas partager notre peine, elle est indivisible à chacun, et nous sommes condamnés à la subir seule. Mais on partage des mots.» Des mots pour concrétiser enfin les pensées et les émotions si particulières du deuil, des mots au rugby. «C'est apaisant de pouvoir poser des mots sur ce qu'on ressent. Et on en manque souvent. Alors on se les prête entre nous.»

(perso, je préfère quand ça interagit et de façon large ....)

Il y aussi beaucoup de personnes qui viennent lire sans s’inscrire (certainement pour diverses raisons : pas envie, n’ose pas, pas facile d’écrire etc …). Alors peut-être que tes mots aideront, soulageront certain-e-s qui ne peuvent écrire …. ils parleront pour eux, pour elles.

Encore merci d'avoir pris le temps de la traduction de "Va Hent" et de la partager

Tendresse

Catherine

Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: kergaran le 11 Avril 2019 à 20:12:37
Merci Catherine.
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: kergaran le 11 Avril 2019 à 20:45:36
J'ai bien compris que je venais ici crier ... ma douleur.
J'ai mon petit fichier texte bien caché dans mon ordinateur, ...
Merde !
C'est compliqué ... On se l'ai dit tant de fois, ... que c'était compliqué !
Même de crier cela ne m'aide pas !

Aujourd'hui mon esprit avait ... si peu de mots. Comme toi : Aphasie, Broca, Hémiplégie, ...

J'ai une telle envie d'être méprisante ...
Sur ce monde qui n'a aucun sens ...

Qu'a t'on fait de l'être humain mon Amour !?
Et l'on voudrait nous faire croire ...

Toi tu as su protéger tes enfants à toi ...
Moi pas encore !
Je n'ai plus d'illusions, ni même de désillusions.

... Le soleil ici est si bas ! Je n'avais jamais remarqué qu'il puisse l'être autant.

Il faut donc que je puisse comme toi, ouvrir un avenir à mes enfants à moi.
Que d'efforts encore ...

(http://fotoforum.fr/photos/2019/04/13.5.jpg) (http://fotoforum.fr)


Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: pscar13 le 11 Avril 2019 à 21:46:56
Bonjour Kergaran,

Pour insérer les photos j'utilise le site http://fotoforum.fr/ (sans utiliser la nouvelle version photorapide)
Il suffit de charger la photo et on reçoit en retour un lien à coller dans le message.
Je suis aussi athée et très (trop) cartésien, mais il n'empêche que j'ai envie d'essayer de croire qu'un lien persiste, je ne sais pas sous quelle forme, mais je ne peux pas me contenter de "il ne reste que des souvenirs".
"on ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux" dit le renard au petit prince, j'essaie de laisser voir mon coeur, je n'ai plus la force d'être raisonnable.
Merci pou la vidéo, la chanson est très belle aussi.
Sur la beauté, je voulais répondre à un commentaire, mais je m'étais abstenu
... je me sens tellement petite à côté de mon histoire où il a eu la "chance" de mourir beau, en "bonne santé" et qu'il mordait la vie à pleine dent ...
Mon amoureuse était très belle, elle s'est accrochée à la vie, jusqu'à son dernier souffle.
Je t'envoie plein de tendresse et de douceur.
Titre: Re : Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: qiguan le 12 Avril 2019 à 13:52:49
Bonjour Kergaran,

Pour insérer les photos j'utilise le site http://fotoforum.fr/ (sans utiliser la nouvelle version photorapide)
Il suffit de charger la photo et on reçoit en retour un lien à coller dans le message.

ce serait bien Pescar que tu l'ajoutes dans
http://forumdeuil.comemo.org/vivre-le-deuil-de-son-conjoint/en-guise-de-table-des-matieres/

afectueusement
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: kergaran le 14 Avril 2019 à 13:51:55
Dimanche 14 avril. 12:00
Je crois en fait que je n’ai plus de cerveau.
Plus de capacité à penser. A réfléchir.
A quoi cela sert-il d’ailleurs ?
Cette putain de machine cérébrale. Qui conditionne le bon fonctionnement de notre corps. De notre langage. De nos pensées.
Ce putain de cerveau, garant de nos états d’âme. De notre équilibre mental.
De nos émotions. Merde. Même de nos émotions. De la moindre, de la plus petite lueur de nos esprits malades.

Fait chier.
Il est de ces gens qui pleurent sur leurs petites misères.
Seul le bleu de la mer semble encore ressembler à une couleur.

Et encore.
Je n’en suis plus certaine.

Le ciel ici a si souvent été gris, quand le tien était bleu là-bas.
Mon ciel a si souvent été bleu ici, quand le tien était gris chez toi.

Ce n’est pas de la colère. Mais de la haine.
J’ai de la haine, pour cette histoire qui n’en ai pas une.
Les histoires ont un début, un milieu, un putain de corps, une fin.
Nous n’avons eu toi et moi, toujours, que les fins.

Je ne sais pas la gueuler ma douleur.
Je n’ai pas cette force-là, moi, de marcher seule au bord des vagues.
Elles sont beaucoup trop violentes pour oser les braver.
Tenter le moindre exercice d’équilibre serait un suicide.
Une mise en péril.
On ne m’a pas appris à marcher sur un fil.

Et pourtant tous les jours, je marche non pas sur une corde, mais sur un simple fil de nylon. Transparent. Au-dessus du vide.
Il n’est pas si solide.
Bien avant toi. Déjà.
Je me suis crue forte pourtant. Avant. Tellement forte pourtant.
Tellement bien occupée. A marcher. Devant, et bien droit.
Que je n’avais même pas remarqué tout ce vide sous mes pieds.
Pas remarqué que je n’avais pas même de balancier.

Il faudrait que je puisse mettre ce si peu que j’ai eu de toi tout à l’intérieur de moi.
C’est ce qu’ils disent.
Pour que tu puisses éclairer un chemin. Un nouveau chemin.
De cette même manière que tu as su illuminer mon esprit, mon cœur, avec tes mots, tes pensées de moi qui pour toi n’étaient que douceur. Quand tu étais encore là.

On ne m’a pas appris à marcher sur un fil.
Mais m’a-t-on jamais même appris à marcher ?
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: Federico le 14 Avril 2019 à 19:17:01

Kergaran,

C'est fichtrement bien écrit !

J'adore vous lire ...

Amicalement, solidairement.

Federico
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: Federico le 14 Avril 2019 à 22:01:44
Dimanche 14 avril. 12:00
Je crois en fait que je n’ai plus de cerveau.
Plus de capacité à penser. A réfléchir.
A quoi cela sert-il d’ailleurs ?
Cette putain de machine cérébrale. Qui conditionne le bon fonctionnement de notre corps. De notre langage. De nos pensées.
Ce putain de cerveau, garant de nos états d’âme. De notre équilibre mental.
De nos émotions. Merde. Même de nos émotions. De la moindre, de la plus petite lueur de nos esprits malades.

Fait chier.

Kergaran,

En ce moment, mon intellect est au plus bas... mon disque dur est plein... il faut que je libère de l'espace !
Ma capacité à comprendre est réduite... j'ai toujours été au dernier rang dans une classe ! un vrai cancre !
Réfléchir est au dessus de mes forces ce soir !

Je ne flatte guère le moindre égo et je ne brosse jamais dans le sens du poil de personne ! hihihi ! au cul la Marie !

Je dois vous avouer ... je n'ai même pas pigé votre message-réponse ! je suis désolé ! je ne sais quoi vous écrire mais mon éducation m'oblige à vous envoyer un petit mot amical et solidaire !

Quand vous parlez de "mon fleuve" s'agit -il du fleuve de ma chère liberté ?

Cordialement. (on ne sait jamais)

Federico
Titre: Re : Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: kergaran le 15 Avril 2019 à 09:41:10

En ce moment, mon intellect est au plus bas... mon disque dur est plein... il faut que je libère de l'espace !
Ma capacité à comprendre est réduite... j'ai toujours été au dernier rang dans une classe ! un vrai cancre !
Réfléchir est au dessus de mes forces ce soir !
Je ne flatte guère le moindre égo et je ne brosse jamais dans le sens du poil de personne ! hihihi ! au cul la Marie !
Je dois vous avouer ... je n'ai même pas pigé votre message-réponse ! je suis désolé ! je ne sais quoi vous écrire mais mon éducation m'oblige à vous envoyer un petit mot amical et solidaire !
Quand vous parlez de "mon fleuve" s'agit -il du fleuve de ma chère liberté ?
Cordialement. (on ne sait jamais)

Federico


Federico
Je suis désolée : j'étais juste de très mauvaise humeur !
L'interieur de ma boîte crânienne a une drôle d'odeur nauséabonde ! J'avais prévenu ceci-dit : c'est écrit ! L'odeur de la haine !
Le fleuve de votre liberté oui, bien sûr !
Vu la qualité de votre écriture vous n'avez pas du seulement être cancre !
J'aimais bien les derniers rangs également : ils ont cet avantage qu'on y voit tout ce qui s'y passe ...
Cordialement oui évidemment !

Kergaran
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: kergaran le 15 Avril 2019 à 12:32:51
" Mais je t'ai manqué dans ce labyrinthe de mon passé ... "

https://www.youtube.com/watch?v=oiL9ItjmHRw
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: kergaran le 15 Avril 2019 à 20:44:47
Lundi. 21:27
Mon Ange, mon Amour .... Je me suis rendue compte que même ici ton prénom je ne peux le dire. Il m’est si doux pourtant.
Notre Dame de Paris crame !
Merde ! L’humanité entière brûle depuis si longtemps ! Tout le monde s’en fou !
« Un joyau du 13e siècle ! »
Moi l’amoureuse de l’art te dit que cela est risible : Et alors ? Les touristes qui venaient la voir debout viendront la voir en cendre ! Non rectification : ce ne seront sans doute pas les mêmes ! Mais ils seront aussi nombreux. Ils seraient capables de la reconstruire ! Au détriment des prises en charges aux urgences, des retraites à 500 euros, au détriment … des HEPAD à 2500 euros !
Et les guerres alors ?  Les famines, ...
Que ce monde m’écœure !
Ta dignité était très belle, Michel.
Beaucoup plus que cette vaste connerie humaine !
Da Garan. Je t’aime.

Voilà, je la remets quand même :
https://www.youtube.com/watch?v=oiL9ItjmHRw
Mais je t'ai loupé, ...
Regarde-le. Il a les ailes des anges gravées sur les épaules.
Lui, il est capable de la crier sa haine : et cela ressemble à de l'amour.
Da Garan.
Titre: Re : Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: Mircea le 15 Avril 2019 à 21:58:40

L’humanité entière brûle depuis si longtemps !
[...]
 Ils seraient capables de la reconstruire ! Au détriment des prises en charges aux urgences, des retraites à 500 euros, au détriment … des HEPAD à 2500 euros !
Et les guerres alors ?  Les famines, ...
Que ce monde m’écœure !
Certes dommage que Notre Dame brûle mais qu'est-ce qu'un tas de pierres à côté de celles et ceux qui meurent dans nos rues dans l'indifférence .... et tous ces autres qu'on laisse de côté, qu'on laisse souffrir .... : s'ils pouvaient déclencher la même émotion, autant de réactions que celles de ce soir et certainement des prochains jours !

Ce soir je viens partager tes pensées ....

Notre monde marche sur la tête

A galon Kergaran
Une digne pensée pour Michel

Catherine
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: Nicole595 le 15 Avril 2019 à 23:14:35
Je suis d'accord des pierres brûlent, c'est triste, mais je pense à nos amours qui eux et elles ne reviendront plus, ces pierres seront reconstruites elles.
Nicole
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: kergaran le 16 Avril 2019 à 11:48:57
Tu peux poster tout ce que tu veux sur mon fil Catherine.
Chacun chacune y est bienvenu même si je me suis montrée parfois très agressive dans mes réponses.
Nous sommes là pour mettre en partage, et cela devrait nous apaiser un peu : nous sommes là, tous, venus sur ce forum, sans doute pour cela ! Nous apaiser un peu. (C’est de ma part un peu aussi ..., beaucoup, du sarcasme ... je ne sais pas encore si cela marche ! Les détresses sont si grandes. Peut-être arriverais-je à apaiser un peu avec le temps ma haine face à la mort de cet homme qui là, maintenant, aurait dû être l'homme de ma vie. Celle que j'ai pour l'absurdité de ce monde, c'est peu probable !)
Cela fait beaucoup de "un peu" en si peu de phrases ...

Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: Federico le 16 Avril 2019 à 13:39:16

Chère Kergaran,

Je persiste et je signe : j'aime vous lire !

Amicalement, solidairement.
Federico
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: kergaran le 16 Avril 2019 à 19:12:49
J'essaie de chercher un peu de beauté là où elle pourrait se trouver.
Si vous lisez de temps à autre ce fil et si vous ne connaissez pas alors je vous invite à découvrir un artiste qui s'appelle Pejac.
http://www.pejac.es/
Cela m'a donné un peu de douceur aujourd'hui ... Et cela m'a aidé aussi un peu à dessiner. Tenter tout au moins de dessiner un peu ! Je suis surtout envahie par les mots. Mêmes si ils sont loin de m'apaiser.
C'était mon geste : "moins d'égoïsme un peu de partage " d'aujourd'hui.
Et je m'en retourne à ma douleur personnelle.

Mardi 16 avril : dans l’après-midi.
A part celui de la mer ou du ciel. Je n’aime pas le bleu. Mais c’est ta couleur pourtant mon ange. Force est de m’avouer que c’est ta couleur.

Moi, je préfère le vert.

J’ai tenté de photographier toutes ces fleurs du jardin. Mais n’est réussi à rien.
Aujourd’hui encore le soleil réchauffe un peu la peau. Ma peau. Il m’a semblé douceur : comme un souvenir des caresses de tes mots.

Je me sens fragile. J’ai peur de casser.
Comme des éclats de verre, mes pensées semblent transparentes et coupantes.

Le soleil m’a semblé brûlant aussi parfois. J’ai peur de me brûler.
Je pourrais écrire toute la journée. Sans m’arrêter.
Mais j’ai peur de m’y noyer, dans ce flot de mots ininterrompu qui sans cesse me ramène à toi.

Je t’ai écrit une fois que notre histoire était belle pourtant, et qu’elle aurait mérité que l’on puisse s’aimer. Je t’ai écrit cela une fois. J’ai du si souvent avec mes mots te faire pleurer.

Pour se protéger, je crois que mon esprit tente tout. Même de te détester.
Pour te protéger, je crois que ma mémoire tente tout : même de me détester.
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: kergaran le 17 Avril 2019 à 11:24:31
Je n'avance pas je recule.
Minimaliste !
Je ne crois pas qu'aucunes des écritures ici soient minimalistes !
Parce qu'elles sont toutes écrites avec des lettres de sang.
Il me semble.

Jeudi 28 mars. 18:31
Une semaine que je n’ai pas écrit.
J’essaie de me laisser porter par le temps qui passe. Mais ma vie est d’une telle solitude.
Comme dans cette magnifique chanson de Thiefaine, « le silence des morts est violent quand il m’arrache à mes pensées. » Et il m’arrache souvent.
Cette grande mascarade des êtres humains me semble ne servir à rien.
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: Federico le 17 Avril 2019 à 14:17:16
Minimaliste !
Je ne crois pas qu'aucunes des écritures ici soient minimalistes !
Parce qu'elles sont toutes écrites avec des lettres de sang.
Il me semble.

Chère Kergaran,

C'est justement parce que nos écritures sont écrites avec des lettres de sang qu'elles sont minimalistes parce que les mots vont essentiellement à la mort et que les détails ne sont pas toujours explicités...

Il y a la mort et l'innommable douleur et l'indicible souffrance ... on écrit "la mort" mais on  a du mal à décrire  notre douleur,  notre souffrance... pudiquement et humainement indescriptible !

Amicalement, solidairement, respectueusement.
Federico
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: kergaran le 17 Avril 2019 à 21:41:24
J'ai pas envie de pudeur face à ma souffrance à moi !

Par contre ici je vouvoie ... Par respect je crois  ... de, à,  cette souffrance ... oui peut-être pudique, ... Bien que ... Pas certaine !
Je crois que la souffrance s'étale souvent par impudeur justement ...

J'arrive à rien.
Je fais des efforts ... pour ...
J'envie ces gens ici qui parlent à la troisième personne du singulier de leur ...  mort (vie). J'admire. Je me dis que peut-être j'aurai fait du chemin, si je ne te parle plus à toi.

En résumé je suis là par impudeur. Il faut bien que je la gueule quelque part … l’absurdité de ma vie !

Merde .... de la vie : no comment. Notre Dame a brûlé. Il faut la sauver ...
J'ai lu quelque part ici, je ne sais plus où : "mais que veux-tu nous dire Dieu ?"
Je ne suis pas croyante, mais, si ce Dieu existe, alors à mon humble avis, il a voulu dire qu'il fallait, enfin, prendre soin de l'humain.

Je crains qu'il n'ait encore ... échoué.
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: Nicole595 le 17 Avril 2019 à 22:01:58
Je pense que quelque soit le mot employé, il ne peut décrire l'horreur de ce que nous ressentons
Nicole
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: kergaran le 19 Avril 2019 à 19:30:47
Jeudi 18 avril. 15 :53
J’ignore aussi où cela va me conduire.
Je ne sais plus ce que je cherche.
J’essaie de me vider l’esprit de toi. De t’oublier. J’essaie de me motiver à autre chose.

19:28
Je n’ai pas dessiné aujourd’hui.
Mes iris d’hier de toute façon ne ressemblaient à rien. Même les couleurs n’y sont pas.

J’ai travaillé un peu : puisque j’ai l’un des ces jobs où je dois emmener du travail chez moi.
C’est compliqué : j’ai envie de tout déchirer. Je dois me concentrer. J’ai du mal à réfléchir. C’est compliqué.

J’ai joué à un jeu dangereux, celui de laisser les mots aller dans ma tête sans vraiment leur donner de cohérence. Mélanger tout. Secouer, comme un cocktail. Alcoolisé.

Vendredi 19. 18:26
Je me suis dit qu’il était mieux de ne pas écrire.
Mais cela ne marche pas non plus. Tout me ramène à toi.
Il faisait si chaud que je me suis allongée un peu au soleil.
Ce matin, j’ai travaillé dehors. Je m’étais dis que la chaleur forcément réchauffait les cœurs.
Mais il ne réchauffe que la peau. La seule vision du reflet de ma silhouette dans les vitres des portes-fenêtres m’a fait penser à cette phrase : « Je regarde ton dos, mais je n’ose pas toucher. »

J’ai voulu écouter un livre audio. Proust.
Quelle drôle d’idée. Vraiment, non ! De toute façon les livres ne m’aident pas.

Chaque mot dans cet espace étroit de mon esprit me ramène à toi. Me ramène à un souvenir de toi ici, … et pourtant ils sont tous si futiles, ces souvenirs ici, de toi … imprégnés d’une autre histoire qui n’est pas la nôtre.
Le simple mot « bleu » pour désigner la couleur du ciel me ramène à la blessure de mes mots, dans ton esprit à toi, la dernière fois que je t’ai vu.
J’ai essayé de te dire des choses … de te faire rêver encore un peu. Comme tu me l’avais avant demandé.
Mais chacun de mes mots était une blessure vive, dans la grandeur de ton esprit, dans la douleur de ta propre mort, proche alors.
Ma simple présence était douleur. La même que la mienne aujourd’hui. Celle de cette absence, celle de cette impossibilité, celle de cette vie que l’on ne vivra pas.
Je ressens cette même souffrance que toi là-bas. Chacun de mes mots, chacune de mes pensées, de mes idées, me semblent plus coupants que la lame la plus affutée d’un scalpel. La moindre oscillation, le moindre « oscillement » de la nature, le moindre souffle léger du vent, la moindre texture … Tout n’est que douleur. Sans jamais aucun équilibre. Sans espoir du retour du moindre équilibre.

Il faut que je parte d’ici.
Il faut que je me construise une autre vie. J’ai peur.
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: kergaran le 21 Avril 2019 à 21:26:53
J'essaie ...
J'espère que c'est finalement du charabia .... C'est pour moi que j'écris, que je crie ...

Dimanche 21 avril. 15:53
La particularité de cette histoire. C’est qu’elle n’existe pas.
Comme déjà je l’avais craint, elle n’a plus d’existence qu’au fond de ma seule mémoire. Une petite centaine d’images cachées aussi dans celle, la mémoire, de mon portable. J’en avais effacées quelques-unes. Quelle conne. 647 SMS conservés exactement, même pas choisis, ou si peu, parmi tous ceux que l’on a pu s’envoyer … Et notre journal d’appel, avec le jour et l’heure, la durée, les appels entrants, sortants, manqués. Sur un numéro qui aujourd’hui n’a plus d’abonné.
En septembre, je t’avais écrit un soir parmi tant d’autres choses que je me sentais catin. Et tu m’avais dit toi, le lendemain, que cela ne t’avait pas plu. Que ce n’était pas cela, être catin. Mais tu sais aujourd’hui encore je me sens catin : mais cette fois de ne pas être venue quand tu me l’as demandé.
Nous avons souvent toi et moi, relu nos messages, et regardé la signification des mots.
Pour être certains d’en avoir la même.

Ici je dois me cacher pour pleurer. Mais ce n’est si difficile. Je suis souvent seule.
Ici, cette histoire n’existe pas.
… Notre histoire, n’existe pas.
Ma douleur n’existe pas.
Je suis immobile. Je ne sais pas comment faire pour partir.
Partir, pour toi, pour moi, cela déjà nous le savions aurait été compliqué. Mais seule, sans toi ?

Les derniers messages conservés par ce portable avant ta maladie datent du 21 octobre. C’était aussi un dimanche.
Je croyais déjà savoir, mais je ne savais pas encore, que la vie était une telle putain.

18:44
Ici, tu sais, quand je regarde bien, finalement, … rien … n’existe.
Nous allons tous mal.
Seule ma douleur finalement existe, … trop …
Car même si il me semble que je la cache, elle déborde.
Tout le monde la voit. […]

Non. En fait non. Ma douleur amplifie ce qui déjà n’allait pas.
[…]

Car tout, depuis longtemps, ici, va mal.
Je n’aurai pas de paix. Même avec ma pensée de toi, mon amour de toi, …
Tant que je n’aurai pas trouvé … comment faire pour arrêter tout cela.
Car tout cela n’a que trop duré …
Le seul réel problème est qu’il faudra immoler sur l’autel du sacrifice.
C’est moi depuis longtemps !
[…]
Ta vie à toi, devrais-je dire ta mort, même ta mort, à cela n’aura rien changé.
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: kergaran le 22 Avril 2019 à 14:33:22
Lundi 13:33
Je lis les uns et les autres sur le forum. Certains plus que d’autres.
Non sans doute que non, je n’écris pas que pour moi. Sinon je n’aurais pas fait cette démarche d’écriture sur un forum. Mais oui certes : je crie pour moi.
J’écris sans doute pour que mon histoire puisse exister quelque part. Ailleurs donc que dans ma seule mémoire.
J’écris parce que j’ai vraiment peur. De m’y enfermer, à l’intérieur. De cette histoire.
Le fil, celui sur lequel je marche difficilement, ce simple fil de nylon, dont j’ai déjà parlé, me semble trop instable.
J’ai peur de ce vide sous mes pieds. Car plus je le regarde, et plus je vois que ce vide a une existence plus ou moins palpable : celle de ma propre santé mentale. Ce vide me semble avoir un nom : folie.
C’est flippant : ça file le vertige. Plus je le regarde, et plus j’ai peur de tomber.
Les profondeurs des abysses ne permettent pas généralement, une remontée à la surface, je pense, si on y descend trop profondément. Car le silence des profondeurs doit finir par rendre sourd. L’absence de lumière aveugle.
J’ai tellement eu avant, cette habitude, ou tout au moins cette fausse impression, je crois, de tout maîtriser. Que je ne supporte pas cette perte de contrôle.

J’ai une ordonnance psy : je vais la mettre dans mon sac.
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: Nicole595 le 22 Avril 2019 à 18:38:31
Kergaran, il n'y a pas de folie dans ce que tu décris, c'est juste le vide de ton amour, moi aussi par moment je me pisé cette question, suis je devenue folle ? Car je m'enferme en moi même, mais c'est le chagrin qui est trop fort. Sois rassurée, ou pas, depuis 11 mois je vis cela et c'est toujours aussi difficile et douloureux.

Nicole
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: malome le 22 Avril 2019 à 19:03:36
Kergaran

Non ce n'est pas folie , c'est douleur , bien sur que  si ton histoire a eu une existence , pour t'en faire souffrir autant , ton parcours actuel n'est que douleur , et chagrin , si tu n'avais pas eu cet amour aujourd'hui tu ne souffrirais pas autant , et tu peux encore crier pour user cette douleur
Amitiés et douceur à toi
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: kergaran le 23 Avril 2019 à 18:12:59
Merci à tout ceux qui ont pu prendre un peu de leur temps pour tenter de m'aider.
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: Federico le 23 Avril 2019 à 19:15:05

Kergaran... Vous pourriez rester encore un peu ... sinon... "Bonne continuation et... bisous !

https://www.youtube.com/watch?v=V242su5fPUA

Tu Aurais Pu Vivre encore un peu
Jean Ferrat

 
Tu aurais pu vivre encore un peu
Pour notre bonheur pour notre lumière
Avec ton sourire avec tes yeux clairs
Ton esprit ouvert ton air généreux
Tu aurais pu vivre encore un peu
Mon fidèle ami mon copain mon frère
Au lieu de partir tout seul en croisière
Et de nous laisser comme chiens galeux
Tu aurais pu vivre encore un peu
T'aurais pu rêver encore un peu
Te laisser bercer près de la rivière
Par le chant de l'eau courant sur les pierres
Quand des quatre fers l'été faisait feu
T'aurais pu rêver encore un peu
Sous mon châtaignier à l'ombre légère
Laisser doucement le temps se défaire
Et la nuit tomber sur la vallée bleue
T'aurais pu rêver encore un peu
Tu aurais pu jouer encore un peu
Au lieu de lâcher tes boules peuchère
Aujourd'hui sans toi comment va-t-on faire
Dans notre triplette on n'est plus que deux
Tu aurais pu jouer encore un peu
Ne pas t'en aller sans qu'on ait pu faire
A ces rigolos mordre la poussière
Avec un enjeu du tonnerre de Dieu
Tu aurais pu jouer encore un peu
On aurait pu rire encore un peu
Avec les amis des soirées entières
Sur notre terrasse aux roses trémières
Parfumée d'amour d'histoires et de jeux
On aurait pu rire encore un peu
Et dans la beauté des choses éphémères
Caresser nos femmes et lever nos verres
Sans s'apercevoir qu'on était heureux
On aurait pu rire encore un peu
Tu aurais pu vivre encore un peu
Ne pas m'imposer d'écrire ces vers
Toi qui savais bien mon ami si cher
A quel point souvent je suis paresseux
Tu aurais pu vivre encore un peu
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: kergaran le 23 Avril 2019 à 22:15:18
Je dois occuper mon esprit à autre chose. Alors je me permets de rentrer un peu ici, dans cette très belle discussion.
J’espère ne pas m’imposer. (Discussion entre Mircea et Faïk)

Moi (je suis très recentrée sur moi-même en ce moment) à un monde idéal, j’y ai cru.
Quand j’étais petite, on nous faisait dessiner l’an 2000.
J’ai vraiment cru que nous serions cette génération, (j’ai 53 ans, pas tout à fait encore) qui allait éradiquer toute cette misère du monde.
Moi, la fille d’ouvrier, je ne le connaissais que trop bien : le capitalisme. Celui qui rend pauvre l’ouvrier qui pourtant par son travail crée le capital.
Merde : comme toutes les civilisations, j’ai cru que celle-là, celle justement du capital, était dans sa phase finale.
Quelle allait s’écrouler : et que je verrai avec bonheur cet effondrement.
Mais en fait non. J’ai compris qu’il fallait qu’il perdure : qu’il en fasse le tour, de cette boule ronde. Pourquoi cet occident aurait-il eut le droit de s’y délecter, devrais-je dire de s’y vautrer, pour que le reste du monde n’ait que ce droit de regarder. Bien sûr que chacun a ce droit de l’envier. Un canapé de merde, même à crédit, vaut bien plus qu’un taudis !

Ce n’est qu’une autre forme d’esclavage : cet esclavage moderne dont on nous parle souvent pourtant.

La maladie dans tout cela ! Pff. C’était une vieille politique je crois de Mittérand, de nous avoir fait croire que nous allions : VAINCRE le cancer. Tout le monde apparemment y a cru. Mais même la guérison de celui de sein, n’est que, … supercherie. Il y a je crois plus d’une petite centaine de cancers du sein différents (je dis peut-être des bêtises, j’ai juste lu cela quelque part un jour). Le problème à mon avis, c’est surtout que l’on fait culpabiliser ces femmes qui, si elles en meurent aujourd’hui, sont les seules responsables de ne pas s’être fait dépister plus tôt. En réalité il est juste des cancers qui, dépistés tôt ou pas, ne peuvent pas être soignés. Parce qu’on ne sait pas faire.
Alors je ne me permettrais pas de vous parler de tumeur cérébrale.

La flèche de Notre Dame de Paris ! Eugène Viollet-le-Duc est sans doute le plus contesté de tous les restaurateurs ! Et d’ailleurs, il a fait (normalement) avancer sur ce sujet la restauration ! Doit-on ou non restaurer à l’identique ! Il me semblait que définitivement après les travaux de Violet le Duc, en matière de restauration, la réponse idéale était : non !
Merde encore ! Même sur ce sujet je ne suis pas au fait !
Encore ce vieux débat du moderne et de l’ancien ! N’y a-t-il donc aucun sens à faire soi-même la statue sur les socles des colonnes de Buren ! N’avez-vous pas trouvé belle la lumière à l’intérieur de cette pyramide qui aurait défiguré le Louvre ? Sans elle JR n’aurait pas pu faire ses collages qui (Ah non ces collages qui finalement ne font réfléchir personne) …
Merde toujours !

J’ai lu un jour un livre dont je ne me souviens plus bien du contenu : Quand la Chine s'éveillera… le monde tremblera, un essai d'Alain Peyrefitte.

La vie humaine est bien courte pour que les choses ne changent trop rapidement : il y a la jeunesse sans encore trop d’expérience, puis une prise de conscience, … que la jeunesse nouvelle aura besoin à son tour d’expérimenter, pour tenter à nouveau de transmettre, … Avec toujours entre les deux, son temps d’oubli, …
Et cela, c’est pour le mieux de ce monde, … car il y a tant de haine aussi, souvent bien justifiée, par : Mince ? Serait-ce le capitalisme ?
Voilà, j’ai fait le tour : la boucle est bouclée, … Le serpent se mord la queue !

J’espère ne pas m’être incrustée ici. Je peux effacer si cela ne correspond pas.
Je vais le mettre aussi « chez moi ».
Merci néanmoins Mircéa et Faïk pour votre beau partage qui m’aura transportée un peu ailleurs.
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: kergaran le 24 Avril 2019 à 20:40:19
Mercredi. 20:00
Je m’étais dit qu’il ne fallait plus que je te parle. A toi.
Mais je n’y arrive pas vraiment.
Aujourd’hui, il ne faisait pas beau. Nous nous sommes souvent amusés de ces différences de temps entre chez toi là-bas, et chez moi ici.
Depuis plus d’une semaine déjà, il neige des pétales de fleurs.
Partout sans doute.
Tous les ans, cela m’émerveillait.
Cette année, ils prennent subitement une signification plus particulière.
J’aimerais tant pouvoir te dire : « viens. »

Mais la dernière fois où cela était possible encore, je t’ai dit : « Ne viens pas ! »
C’est quoi cette connerie !
Il est des gens à qui il n’arrive jamais rien.

Hier, pendant ma courte pause du midi, j’ai marché droit vers la mer. Sans peur. Sans crainte aucune. Droit vers elle.
C’est court, le temps d’y venir, même si c’est juste à côté, j’ai à peine 20 minutes. Mais peu importe comme tu me l’as dit une fois : « c’est mieux que rien. »

Il faut que je puisse, comme face à ces vagues, avancer droit vers toi. Te regarder sans crainte. Te mettre à l’intérieur de mon cœur juste comme … Une image.  La plus belle de toutes mes images. Non.
Que c’est compliqué mon Amour.

(http://fotoforum.fr/photos/2019/04/24.25.jpg) (http://fotoforum.fr)
Titre: Re : Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: Mircea le 24 Avril 2019 à 23:51:22
J’espère ne pas m’être incrustée ici. Je peux effacer si cela ne correspond pas.
Je vais le mettre aussi « chez moi ».
J'ai juste remis le post de Faïk sur son fil car je le trouve riche et je l'apprécie beaucoup : je peux dire la même chose pour le tien : alors merci beaucoup à toi pour ce partage !

http://www.pejac.es/ : non je ne connaissais pas : merci aussi pour cette découverte ! (j'aime beaucoup certains de ses tableaux)

Ils me font aussi du bien vos partages : je m'y retrouve  et ils me rappellent aussi que nous ne sommes pas que des endeuillé-e-s ....
Titre: Re : Re : Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: kergaran le 25 Avril 2019 à 21:21:13

http://www.pejac.es/ : non je ne connaissais pas : merci aussi pour cette découverte ! (j'aime beaucoup certains de ses tableaux)

Ils me font aussi du bien vos partages : je m'y retrouve  et ils me rappellent aussi que nous ne sommes pas que des endeuillé-e-s ....

C'est un peu cela aussi que je suis venue chercher ici : la vie.
Parce que ...
Seulement la mort : je n'y arriverai pas !
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: kergaran le 26 Avril 2019 à 19:54:55
J'ai beaucoup de respect ici sur ce forum, même si je les connais peu, pour Mircea et Federico.
Je le précise parce que  ce que je vais poster ici peut, aujourd'hui, peut-être faire penser, parce que je cite Camus, à des idées suicidaires. Mais ce n'est pas le cas.
Pourquoi j'écris ici ?
J'ai besoin ici d'écrire pour mettre en lumière une relation qui était vouée à l'ombre.
Et pourtant !
Je viens écrire ici parce que justement, il me faut vivre.
On m'a dit aussi qu'il m'était possible ici de venir user ma douleur. Mais pour moi, peut être m'est-il simplement trop tôt, cette simple pensée d'espérer user la douleur déjà me semble absurdité.

Vendredi 26 avril. 8:24
Je pourrais traverser tous les pays de la terre. En parcourir chaque recoin. Naviguer sur toutes les mers. Explorer tous les fonds sous-marins. Te chercher. Partout. Mais jamais ne te retrouver.
Car tu n’es plus là.

16:41
Ce n’est qu’une simple réalité : tu n’es plus là.
Je ne te verrai plus.
Tu ne viendras pas.
On ne se toucheras pas.
Tu n’es plus là.
Tu n’existes pas.

Cette saloperie de vide, ce néant.
Cette absurdité.
Quand ils arrivent et pénètrent l’esprit, tout semble …
Sans la moindre lueur.
Sans espoir.
Il n’est pas de mot pour décrire cela.

Selon Camus, il paraitrait que la capacité de Sisyphe à supporter le châtiment, à continuer encore et encore, sans la moindre illusion pourtant de réussite, en dépit de l’absence du moindre sens, serait une forme de victoire.
Sans doute.

Chez toi, il y avait un rouge-gorge. Tu me l’as dit plusieurs fois, même quand il t’était difficile déjà d’écrire, de parler : « Ici passe rouge-gorge ».
Je guette chez moi chaque mouvement sur les branches, dans cet espoir, désespéré, peut-être d’en apercevoir un.
Comme si cela pouvait conjurer un mauvais sort.
Comme si cela allait pouvoir, définitivement, m’apaiser.

Les pétales continuent de pleuvoir.

Certes, nous avançons tous vers notre propre mort.
Mais il ne me semble pas cependant que les châtiments soient pour tous de même nature.
Certains fardeaux me semblent être plus lourds, plus difficile à porter. Certaines pierres ne se contentent pas de redescendre sous leur propre poids la montagne. Elles écrasent, meurtrissent les chairs, piétinent les sentiments, mutilent les cœurs.

Je ne saurai pas te mettre au fond de mon cœur sans cette introspection de moi-même. J’avais toujours cru le contraire, mais au fond j’étais un « Sisyphe » heureux dont la pierre à rouler était lourde, … Seulement lourde. Et je croyais l’avoir accepté. Mais c’est en fait beaucoup plus compliqué. Je ne mets plus le même sens sur ce mot d’absurdité.
Je me dois d’accepter ta mort. Je n’ai pas d’autres choix.
Mais je ne veux plus me résigner à cette vie-là. Il faut que je change ma vie. Que je parte d’ici.
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: Federico le 26 Avril 2019 à 22:56:03

" Votre petit monastère est superbe d'amour"... merci infiniment Kergaran

J'aime vous voir vous promener à travers ses allées fleuries... à l'aube, au lever du jour... au crépuscule, au coucher du soleil... moments magnifiés où règne le silence intense de notre solitude exacerbée par notre souffrance !

La vraie liberté n'est pas seulement dans le fait de penser ou de croire... elle est dans le pouvoir ÊTRE et VIVRE ses pensées et croyances et de se défendre à la vie, à la mort !

Federico
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: kergaran le 27 Avril 2019 à 21:10:01
Samedi 27 avril. 18 :28
Un répit aujourd’hui.
Pour éviter ce silence des abysses, … mon esprit est ingénieux, et met en place des stratégies …
Il fait trop de bruit ou il s’ignore …
Il se raconte des histoires.
Il s’occupe … par des activités quelconques. Il s’envahit par des activités débordantes, trop complexes. Comme pour se dire qu’il existe bien : si il est encore capable d’exécuter la tâche. Encore capable de se dépasser pour comprendre.

J’ai lu tout un tas de choses sur la mort, ou devrais-je dire plutôt le deuil. Regardé et écouté tout un tas de vidéos, … de théories et de points de vue.

Parmi tout cela, j’ai lu ou entendu, que l’on ne pleurerait pas l’être perdu lui-même, mais notre manque égoïste de cet être. Ce qui de nous ne sera plus avec lui.
Cela me semble hérésie : tous ceux qui ont aimé savent bien que l’on pleure avant tout autre chose l’être disparu. Je préfèrerais te savoir vivant heureux avec une autre. Que mort maintenant.

J’ai aujourd’hui entendu un peu parler le psychiatre, neurologue et éthologue Boris Cyrulnik de son livre « La nuit je dessinerai des soleils ». Selon lui, la résilience c’est être hébété par un traumatisme, à la suite duquel, si on ne fait rien on reste hébété, et si l'on se débat pour se remettre en vie, on déclenche ce processus de résilience. C’est reprendre un autre type de développement après une agonie psychologique. C’est combattre la perte par les mots écrits, et ne pas laisser s’installer les ruminations.

Mais …
En clair : débordés par les situations nous devons réagir ! Aimer à nouveau un autre ? Réagir ? Sans quoi nous ne serions que : juste psychiatriques.
Merde. On n’a même pas ce droit dans ces sociétés de chiottes de : pleurer …d’aimer, … vraiment aimer !
Titre: Re : Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: Mircea le 28 Avril 2019 à 13:24:41
Chez toi, il y avait un rouge-gorge. Tu me l’as dit plusieurs fois, même quand il t’était difficile déjà d’écrire, de parler : « Ici passe rouge-gorge ».
Je guette chez moi chaque mouvement sur les branches, dans cet espoir, désespéré, peut-être d’en apercevoir un.
Comme si cela pouvait conjurer un mauvais sort.
Comme si cela allait pouvoir, définitivement, m’apaiser.
Rouge-gorge est un fidèle petit compagnon.
Au printemps, je le vois beaucoup moins mais cet automne et tout l’hiver, un rouge-gorge était perché sur un cordage près de la porte, chaque jour, dès le matin ….
Quand il n’y était pas, il était posé sur un tas de bois à proximité.
Lorsque je plantais des arbres, souvent il me suivait …., il était à mes côtés.

Petite compagnie réconfortante ….

Il faut que je parte d’ici.
Il faut que je me construise une autre vie. J’ai peur.
« peur » et surtout « partir » reviennent souvent ici ….
Cette peur, ces peurs, j'en connais aussi …. celles qui paralysent, ces peurs de vivre parce que l’on n’a plus confiance en soi tellement on se sent fragile, on n’a plus confiance en la vie... elle a trahi ….

Et puis un moment arrive où l’on sait ce que l’on doit faire, où est notre place, comme une évidence ….
alors plus de peur, on sait, on fait ….

A cet endroit fait pour toi, là où est ta place, tu y trouveras peut-être un rouge-gorge qui t’attend ….
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: marguerite13 le 01 Mai 2019 à 12:41:48
Bonjour Kergaran!
En ce 1er mai je t'envoie du muguet qui envahit mes plates bandes pour qu'il t'apporte un peu de bonheur, si c'est encore possible. Il y a des similitudes dans nos histoires mais tu n'en dis pas assez pour que je comprenne la tienne.
Pas grave, notre similitude à tous, c'est la douleur, la souffrance, le chagrin, le désespoir, le bonheur qui ne reviendra probablement jamais, même si on arrive à donner le change de temps en temps. Au fond de nous, le deuil, ce deuil qui nous fait tellement mal.
Je t'embrasse,
Marguerite.
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: malome le 01 Mai 2019 à 15:11:47
rouge-gorge

A cette époque on  ne les voit plus , ils sont occupés à créer  un nid d'abord ,puis une famille et ravitailler maman rouge-gorge au nid , tant que dur la nidification , en général le reste de l'année le rouge-gorge est solitaire , souvent un par jardin  et il défend son territoire , et n'aime pas se mélanger aux autres oiseaux de la nature  ici j'ai la chance d'en avoir un tous les ans et l'hiver il attend ses graines
Amitiés et douceur à vous
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: kergaran le 10 Mai 2019 à 09:42:16
https://www.youtube.com/watch?v=zMIq8HqqnMk
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: malome le 10 Mai 2019 à 12:10:14


 super belle chanson , je ne connaissais pas

Amitiés
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: Mircea le 10 Mai 2019 à 14:05:09
 :'(
A tes côtés, Kergaran, tout proche ....

Beaucoup de chaleur, de douceur, de tendresse pour toi

Catherine
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: kergaran le 17 Mai 2019 à 17:40:44
Je sais que l'on ne voit pas grand chose, mais ...
Quelqu'un sait ce que c'est comme oiseau ?

(http://fotoforum.fr/photos/2019/05/17.24.jpg) (http://fotoforum.fr)
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: qiguan le 17 Mai 2019 à 18:02:50
tape : rouge gorge sur google il semble que ça pourrait être ça !
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: malome le 17 Mai 2019 à 19:25:59
 c'est bien un rouge-gorge

Amitiés  et douceur
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: Nora le 18 Mai 2019 à 08:40:33
Un rouge gorge est venu traverser ton jardin Kergaran ? J'espère que cela t'aura apporté un peu d'apaisement.

Au début, dans les premiers mois, lorsque j'allais au Jardin du Souvenir du cimetière tous les jours ou presque, j'apercevais toujours un rouge gorge dans les arbres et arbustes environnants. Je me surprenais à le chercher du regard dès mon arrivée.
Il était toujours là.
Dans mon immense désespoir, je me disais que, peut être ...

Un jour, le cousin de mon compagnon est venu avec moi se recueillir au Jardin du Souvenir. Un merle est venu se poser sur la pelouse, et le cousin a dit  :

" C'est lui, c'est T. ....!

Chacun bricole comme il peut...

Depuis, la présence des rouges gorges et des merles  dans mon jardin m'apporte toujours du réconfort.

Porte toi bien Kergaran.

Nora
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: kergaran le 19 Mai 2019 à 13:57:30
Merci à tous

Un rouge-gorge semble en effet être passé par là.
Je l’ai vu pour la première fois sur le portail, le 2 mai très exactement.
Je ne le vois plus, mais je l'ai vu pendant quelques jours.

Il y a plein d'oiseaux ici dont je ne connais pas les noms.
Chacun bricole comme il peut, oui, sans doute.
Cela apporte un peu de douceur. Peut-être. Un semblant de douceur.
Ici il ne fait très beau, et le printemps semble ne pas vouloir véritablement apparaitre. Caché derrière un ciel voilé souvent blanc.
Je n’ai jamais eu autant de fleurs dans ce jardin que cette année pourtant.

Dorénavant j’ai peur du noir.
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: malome le 19 Mai 2019 à 14:44:09
je viens de voir le rouge-gorge dans mon petit jardin , la nidification doit être terminée

Amitiés et douceur
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: kergaran le 28 Mai 2019 à 17:32:07
https://www.youtube.com/watch?v=IfR37TglY-I
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: kergaran le 28 Mai 2019 à 17:36:41
https://www.youtube.com/watch?v=ulCmSiuy7cc
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: Nora le 28 Mai 2019 à 20:09:27
Des taxis pour les galaxies
Et mon tapis volant, dis ?

https://www.youtube.com/watch?v=AyUp1rnv7rY
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: Faïk le 28 Mai 2019 à 22:47:22
Je n'ai pas peur de la route
Faudrait voir, faut qu'on y goûte
Des méandres au creux des reins
Et tout ira bien

Le vent l'emportera ...
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: kergaran le 31 Mai 2019 à 20:06:03
C'est vrai que tu ne fais pas de manières
Quand il s'agit de s'esquinter
De fricoter avec l'enfer
Comme si de rien n'était
Car tu tiens tellement à te perdre
Pour ne plus te retrouver
Mais aussi pour te déplaire
Pour enfin t'étonner
Mais tu as voulu rendre
Tout ce que la vie t'avait prêté
Une bouche, un coeur, quelques membres
On est tous à louer
Une bouche, un coeur, quelques membres
Car tu es beaucoup trop tendre
Pour être vraiment civilisé
Tu préfères te faire prendre
Pour un parfait cinglé
On prend tout ce qui est bon à prendre
Du moment que c'est mauvais
Et que ça peut te suspendre
A un fil qui a laché
Mais tu as voulu rendre
Tout ce que la vie t'avait prêté
Une bouche, un coeur, quelques membres
On est tous à louer
De janvier à décembre
Pour quelques années
Mais tu as voulu t'étendre
Pour enfin décoller
Car jamais l'enfer ne rend
Ce qu'on lui a prêter
Une bouche, un coeur, quelques membres
On est tous à louer
De janvier à décembre
Pour quelques années
De janvier à décembre
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: marguerite13 le 31 Mai 2019 à 23:02:21
Bonsoir Kergaran!
Tu nous as manqué.
Rien de sérieux j'espère.
Bonne nuit, bises ainsi qu'à Malome, Nicole, Qiguan, Avalon et tous les autres.
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: Nicole5951 le 31 Mai 2019 à 23:27:35
Bonne nuit marguerite
Bises
Nicole
Titre: Re : Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: Mircea le 03 Juin 2019 à 10:30:00
C'est vrai que tu ne fais pas de manières
Quand il s'agit de s'esquinter
De fricoter avec l'enfer
Comme si de rien n'était
Car tu tiens tellement à te perdre
Pour ne plus te retrouver
Mais aussi pour te déplaire
Pour enfin t'étonner
Mais tu as voulu rendre
Tout ce que la vie t'avait prêté

Une bouche, un coeur, quelques membres
On est tous à louer
Une bouche, un coeur, quelques membres
Car tu es beaucoup trop tendre
Pour être vraiment civilisé
Tu préfères te faire prendre
Pour un parfait cinglé
On prend tout ce qui est bon à prendre
Du moment que c'est mauvais
Et que ça peut te suspendre
A un fil qui a laché
Mais tu as voulu rendre
Tout ce que la vie t'avait prêté
Une bouche, un coeur, quelques membres
On est tous à louer
De janvier à décembre
Pour quelques années
Mais tu as voulu t'étendre
Pour enfin décoller
Car jamais l'enfer ne rend
Ce qu'on lui a prêter
Une bouche, un coeur, quelques membres
On est tous à louer
De janvier à décembre
Pour quelques années
De janvier à décembre

Lorsque c’est tellement dur, insupportable que l’on ne peut même plus le dire, même plus l’écrire …. on cherche des mots chez les autres ….

"tu tiens tellement à te perdre
Pour ne plus te retrouver
[...]
tu as voulu rendre
Tout ce que la vie t'avait prêté"


parce qu'à un moment, ils ne peuvent plus faire autrement .....

Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: Nicole5951 le 03 Juin 2019 à 11:37:00
Coincidence, j'ai lu ce texte et d'autres ce matin.
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: kergaran le 03 Juin 2019 à 18:49:25
Nicole
Si j'écris ici c'est qu'en effet ... je veux bien qu'on lise.
Mais je me contre-fous que l'on vienne me dire sur mon fil d'écriture que l'on a lu par coïncidence un texte que j'ai posté il y a trois jours, et dont j'ai aussi publié le lien de la version musicale originale que je te conseille d'écouter. Miossec : c'est l'auteur, du texte. Christophe pour le prénom. Et la publication c'est 1995.

Catherine.
Je sais bien.
J'ai beau essayer de remplacer "culpabilité" par "responsabilité" ...
Je n'ai su ni voir ni entendre, trop occupée par ma propre douleur.
Pire, j'en ai rajouté.
Ma colère est si grande.
Pas seulement contre lui.
Tout autant et bien plus encore contre moi.
Depuis le début ça ressemblait à du Miossec de 95.  Mais je n'avais jamais voulu le voir.
La seule différence c'est que je n'avais plus envie de jouer cette putain de partition avec un violon trop désaccordé.
J'en étais arrivée à avoir peur : de perdre pied ... aussi.
Mais j'aurais encore pu tenter ...
Car j’étais comme ça ! …
Il y avait une capacité à l’autodestruction du moindre soupçon de bonheur … C’est effroyable.
J’aurais dû savoir que tout allait tomber, si j’arrêtais … de tenter, d’accepter, de remédier, parfois …

En l'espace de 3 mois à peine, toute ma vie s'est effondrée : ce qu'elle a été, ... ce qu'elle aurait pu être.
Et pour mes enfants je n’ai d’autres choix que te tenir…
Il m’enlève même cette possibilité … de m’épuiser.
Je ne sais pas si finalement de sa part, dans son esprit, cette conception des faits est d’un pur égoïsme ou le plus beau des présents : celui de m’obliger à vivre.
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: Nicole5951 le 03 Juin 2019 à 20:36:36
Kergaran, je regrette de t'avoir blessé, mais effectivement j'ai lu ce texte ce matin non pas sur ton fil mais sur internet, je cherchais un texte de chanson qui représentait le manque de mon amour, mais n'ayant trouvé que sur des femmes, genre "j'ai encore rêvé d'elle" que j'aime beaucoup par ailleurs, j'ai fouillé et j'ai lu ce texte.
Nicole
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: kergaran le 04 Juin 2019 à 09:55:25
Nicole
Ce que je vous reproche c'est de venir écrire sur mon fil sans lire ce que moi j'y ai écrit, car ce texte était le dernier que j'avais écrit ici.

En public vous vous excusez, et en privé en message personnel vous agressez :
" Bonjour kergaran.
Je comprends ton état de colère, mais ce n'est pas une raison pour agresser les personnes sur le forum comme tu l'as fait avec moi. Étant très mal moi aussi, tu comprendras, j'espère, que cette agression puisse me faire mal. Je tenais à cette mise au clair sans vouloir te faire souffrir.
Amities
Nicole"

Ici tout le monde, me semble-t-il, est en souffrance.
Je ne me permettrais pas personnellement de venir écrire chez vous sans avoir lu avant la souffrance que vous êtes venu y déposer. Précisément pour éviter de venir vous blesser sur un sujet qui vous serait sensible.
La seule chose que je me sois autorisée chez vous c'est de vous demander pourquoi vous aviez trois pseudos différents.
Mais aujourd'hui je vais venir aussi y déposer ce texte.

Le texte que vous avez lu parle de l'autodestruction, et donc du suicide.

Pour avoir déjà lu de vous des excuses à certaines personnes sur un fil et immédiatement sur un autre fil de discussion un message contradictoire, alors sachez que oui cette fois je vous agresse. Sur certains réseaux sociaux, pour qualifier ces attitudes, on parle de troll. Je vous en donne la définition : " Dans le monde de l'Internet et du web, on parle de troll pour désigner des intervenants qui initient volontairement des polémiques sur un forum de discussion, un blog ou un réseau social dans le seul but de provoquer les autres intervenants et de générer des réactions en retour. "


Je peux comprendre votre douleur.  (Vous avez créé ici votre fil de discussion pour la rendre visible.)
Pas la façon dont vous intervenez chez certains d'entre nous sans même vous adresser à la personne sur le fil de laquelle vous êtes en train d'écrire.

Je vous ai placée dans ma liste des gens à éviter. Faites en de même pour moi.
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: Mircea le 04 Juin 2019 à 16:36:15
A ton arrivée ici, la colère était déjà intense avec souffrance et chagrin ….
Et depuis peu, bien trop récemment s’ajoute, en plus de toutes les autres émotions, de la douleur, de la peine, une nouvelle colère, immense …. ça fait beaucoup pour une seule personne, beaucoup trop ….

À la mort, s’ajoute la mort + le suicide qui est d’une violence …. d’une violence …. (« quand l’horreur côtoie l’absurde » Dr Fauré )

Alors oui les mots peuvent être, doivent être à l’image de la colère, de cette violence …. (sinon on en fait quoi ? ??)

Le deuil n’est pas douceur, c’est une souffrance hurlante ….
C’est « pur, dur et brut » comme dirait Federico.

Envie de te dire aussi : autorise-toi à continuer le deuil de Michel, pour toi, pour lui ….

Dans ces moments terriblement douloureux, de tout coeur avec toi Kergaran

Catherine
Titre: Re : Un été si particulier. Ou ce que la vie nous aura refusé.
Posté par: kergaran le 14 Juin 2019 à 18:39:07
Ça vaut pas la peine
De laisser ceux qu'on aime
Pour aller faire tourner
Des ballons sur son nez
Ça fait rire les enfants
Ça dure jamais longtemps
Ça fait pus rire personne
Quand les enfants sont grands ...