Auteur Sujet: Pour celui qui n'est plus là  (Lu 78419 fois)

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Re : Pour celui qui n'est plus là
« Réponse #525 le: 03 Septembre 2017 à 08:11:15 »
J'espère que la nuit a dissipé les nuages noirs qui obscurcissaient ton ciel, sinon je t'envoie un peu de mon Mistral. Il souffle fort, il devrait les disperser.
Pour te faire sourire , j'ai lu :
"Aux États-Unis, l’ecstasy va être utilisé pour traiter le syndrome de stress post-traumatique
L’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux vient d’approuver l’utilisation de l’ecstasy pour traiter le syndrome de stress post-traumatique dans des essais cliniques. Si les vertus thérapeutiques de cette drogue ne sont plus à prouver, c’est une grande étape qu’il soit approuvé par une agence gouvernementale. "
Qu’est-ce que le syndrome de stress post-traumatique ?
Le syndrome de stress post-traumatique cause une irritabilité croissante, un sentiment d’isolement, de la colère, de la peur, de la dépression et des conduites pathologiques telles que l’alcoolisme. Il survient après un évènement traumatique. "


Tu nous vois toutes et tous sous ecstasy ?

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loma
"si un jour je meurs et qu'on m'ouvre le coeur, on pourra lire en lettres d'or ... je t'aime encore"  William Shakespeare

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Re : Pour celui qui n'est plus là
« Réponse #526 le: 03 Septembre 2017 à 09:30:00 »
Merci pour le grand  éclat de rire en lisant
Douceur à tout le monde
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Hors ligne Nora

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Re : Pour celui qui n'est plus là
« Réponse #527 le: 03 Septembre 2017 à 12:17:49 »
Mais pourquoi pas ?

 L'ecstazy est une " drogue récréative " au même titre que le cannabis, dont certains pays, et quelques états des Etats Unis ont légalisé l'usage. Les vertus thérapeutiques - physiques ou psychologiques  - de ces drogues ont été prouvées.

En France, on autorise, et on encourage même,  l'usage de drogues qui font mille fois plus de ravages  : l'alcool, le tabac, les psychotropes etc ... Avec pour alerter des dangers quelques slogans et images pour se donner bonne conscience, mais qui n'interpellent plus personne. Quelle hypocrisie !
Et on stigmatise ensuite les alcooliques, les drogués, les shootés aux médicaments .

En plus ces drogues " légales " ne font même pas rigoler, alors ...

Moi je veux bien prendre n'importe quoi qui allègerait mes pensées et me ferait rire de bon coeur en ce moment ( sans accoutumance, sans effets secondaires etc ...).

En plus il pleut, et il y a une battue aux chevreuils sous mes fenêtres et j'ai des envies de meurtres ...

A part ça ....tout plein de pensées affectueuses pour tous !

Nora












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Re : Pour celui qui n'est plus là
« Réponse #528 le: 03 Septembre 2017 à 12:20:54 »
trouver la substance
Citer
pour rire de bon coeur en ce moment ( sans accoutumance, sans effets secondaires etc ...).

pas facile certains médecins prescrivent des euphorisants en médicaments légaux ... mais ...
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Hors ligne qiguan

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Re : Pour celui qui n'est plus là
« Réponse #529 le: 05 Septembre 2017 à 22:26:05 »
L'ecstasy attaque le cœur, comme le Mediator
http://www.medespace.fr/Portail_Medical.php?readmore=4595

on pourrait rejoindre l'aimé(e) plus vite que prévu ... en riant ?
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Re : Pour celui qui n'est plus là
« Réponse #530 le: 10 Septembre 2017 à 09:38:36 »
La peur d'aller mieux.

Un mois après le décès de mon compagnon, je suis intervenue sur le fil dédié pour exprimer que je ne pouvais pas concevoir que l'on puisse avoir peur d'aller mieux, moi qui souffrait tant, et qui ne souhaitait que cela, aller mieux.

Il m'a gentiment été répondu que c 'était trop tôt, qu'à ce stade je ne pouvais pas "comprendre" cela. ( le mot est inapproprié je sais )

Deux ans et demi plus tard, je ne "comprends" toujours pas ( mais j'ai toujours dit que j'avais la comprenote difficile ), ce sentiment m'est toujours étranger. Je pourrais répéter chaque mot écrit à ce moment là.

Je souffre, toujours, et cette souffrance est profonde, et je voudrais aller mieux, pour moi, pour lui, parce qu'il n'aurait pas voulu que je souffre autant.

Et je ne culpabilise pas pendant les moments d'apaisement. Et je fais part de ces moments à mon entourage, parce que ceux qui m'apprécient en sont contents, et que les autres,  je me moque bien de ce qu'ils pensent.

Sans doute parce que le jour où je l'ai rencontré il a pris toute la place dans ma vie, et que sa mort prend aussi toute la place. Je ne pleure pas la fin de notre couple, je ne pleure pas la fin de ma vie d'avant, je ne pleure pas sur ma solitude, même si elle est pesante, je ne pleure pas sur moi.

Je le pleure lui, je pleure sa mort, sa souffrance. Je pleure chaque moment qu'il ne peut plus vivre, chaque moment qu'il ne peut plus partager.

Je n'ai jamais eu peur de l'oublier. Il a forgé une partie de ce que je suis. Mais il ne m'a jamais appartenu. Et sa mort ne m'appartient pas.


La culpabilité justement.  Peut être que dans le deuil chacun à son " lot " de culpabilité, et qu'elle va se loger où elle peut.

J'ai longtemps ressenti un sentiment de culpabilité ( et je le ressens encore ), par rapport à sa maladie, sa fin de vie, les remords, les regrets  de n'avoir pas fait ou dit ce qu'il fallait, l'impression de ne pas en avoir fait assez. La culpabilité de n'avoir pas réussi à affronter cette période autrement.
 
Et pourtant, je sais que j'ai fait comme j'ai pu, face à la brutalité et la rapidité de la maladie qui l'a emporté en 4 mois.

J'ai cette culpabilité là. Je n'ai pas celle d'aller mieux.

Bien à vous

Nora










« Modifié: 10 Septembre 2017 à 10:01:38 par Nora »

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Re : Pour celui qui n'est plus là
« Réponse #531 le: 10 Septembre 2017 à 10:44:36 »
grrrr, cette culpabilité, cette culpabilité si insidieuse, ....  grrr........

Et je ne culpabilise pas pendant les moments d'apaisement. .....
Sans doute parce que le jour où je l'ai rencontré il a pris toute la place dans ma vie, et que sa mort prend aussi toute la place. Je ne pleure pas la fin de notre couple, je ne pleure pas la fin de ma vie d'avant, je ne pleure pas sur ma solitude, même si elle est pesante, je ne pleure pas sur moi.

Je le pleure lui, je pleure sa mort, sa souffrance. Je pleure chaque moment qu'il ne peut plus vivre, chaque moment qu'il ne peut plus partager.

Je n'ai jamais eu peur de l'oublier. Il a forgé une partie de ce que je suis. Mais il ne m'a jamais appartenu. Et sa mort ne m'appartient pas.


tes mots sont si justes, merci Nora pour ce partage
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Re : Pour celui qui n'est plus là
« Réponse #532 le: 10 Septembre 2017 à 14:38:30 »
Nora,
Je crois que la souffrance pure de la perte, n'a pas de visage. Elle se précise, se dessine en fonction de nos histoires passées. Elle reste accrochée là où en nous il y a déjà des cicatrices et des aspérités... Quel que soit le masque que revêt notre culpabilité, il fait écho à notre peine infinie et à notre impuissance. Impuissance face à la maladie dans ton cas, impuissance face au temps qui passe et dont j'ai peur qu"il m'éloigne de lui dans le mien....
Toute cette souffrance se situe bien au delà de la raison... car qu'aurions nous pu faire contre cet adversaire invincible qu'est la mort? Que pouvons nous y faire aujourd'hui?
Je ne sais pas... Je ne sais pas.
Prends soin de toi.
Elsa

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Re : Pour celui qui n'est plus là
« Réponse #533 le: 10 Septembre 2017 à 18:53:45 »

  Un tout petit coucou Nora,
  J'ai le cerveau trop bouilli actuellement pour lire ou écrire plus
  Tu as vécu une histoire très fusionnelle avec ton homme
  Tu n'es plus celle d'avant, ni celle de pendant, et celle d'après a mal ...
  On souffre le deuil selon l'importance que la personne disparue avait
  C'est comme ça ... de vivre le malheur ... je sais aussi que tu t'accroches, on n'est pas des nunuches ... et on sourit de temps en temps ...
  Amitié, solidarité, Titine.
 
J'aime donc je suis !

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Re : Pour celui qui n'est plus là
« Réponse #534 le: 19 Septembre 2017 à 14:26:05 »

    Un petit signe ... délicatement coloré,
    un peu pâlichon comme ma "présence" réelle pour le moment ...
    M.

   
J'aime donc je suis !

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Re : Pour celui qui n'est plus là
« Réponse #535 le: Hier à 22:28:10 »
Joli ! Merci Martine !

Je ne suis pas  bavarde non plus en ce moment, et je suis surtout bien éteinte, délavée, défraichie... alors ce petit morceau de tissu me va bien.

Je lis les échanges, avec ce titre qui m'interpelle : " Mon chemin sans lui ".

Mon chemin sans lui a été jusqu'à présent tout, sauf calme.  J'ai " fait ", sans trop me poser de questions, parce qu'il le fallait.

Pendant les deux mois suivant son décès j'ai déménagé le local qu'il louait, où il avait entreposé les vestiges de toutes ses vies, privées et professionnelles, et les objets qu'il chinait, collectionnait depuis de nombreuses années. J'ai vendu, jeté, donné ses affaires, et cela a été extrêmement violent.

J'ai repris le travail  deux mois après le décès, contre avis médical, et j'ai obtenu un autre poste de travail 4 mois plus tard.

Un an après j'ai déménagé, j'ai quitté l'endroit où nous vivions tous les deux, et  j'ai à nouveau trié ses affaires personnelles. Je l'ai amené avec moi, dans ma nouvelle maison, il a trouvé sa place. C'est exactement la maison de nos rêves, que nous cherchions depuis longtemps.Il n'y a jamais vécu et pourtant sa présence y est forte.

Entre temps je me suis fortement investie dans le bénévolat, pour une cause qui m'est chère. J'y ai rapidement pris des responsabilités qui m'occupent beaucoup.

Et aujourd'hui, encore un an plus tard, je viens à nouveau de changer de poste de travail.  J'ai quitté l'endroit qui m'avait accueillie au plus fort de ma détresse, les collègues qui m'ont accompagnée pendant deux ans, pour un environnement nouveau, inconnu.

Chaque changement a été une épreuve, qui m'a demandé énormément d'énergie, et a suscité beaucoup d'angoisse, j'ai trébuché souvent, mais à chaque fois cela s'est imposé à moi, et j'ai eu le sentiment de faire ce qu'il fallait, sans me forcer, sans rien renier, sans le trahir, sans l'abandonner.

Le chagrin est toujours aussi vif,  il m'a manqué infiniment tout ce temps, et il me manque à chaque instant, mais je suis soulagée d'avoir accompli autant de choses, depuis .

Comme vous tous " mon chemin sans lui " ne fait que commencer. Il faut découvrir, inventer, tous les jours, les moyens de poursuivre cette vie que nous n'avons pas choisie, prendre des décisions, faire des choix, ne pas se faire violence, faire ce qui nous semble le mieux, ce qui nous fera le moins souffrir. Un pas après l'autre.

Je pense à vous

Nora