Auteur Sujet: perdue  (Lu 952 fois)

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Hors ligne gemini1971

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  • Le forum d'entraide durant un deuil
perdue
« le: 26 Août 2017 à 17:31:13 »
Deux semaines la nuit prochaine, vers deux heures du matin, que tes yeux se sont fermés pour toujours. Que cette douleur est insupportable mon amour. Et je ne comprends pas.  Je ne comprends pas pourquoi la vie a quitté ton corps subitement, comme ça. Certes, tu luttais depuis deux ans contre cette saleté de cancer, mais tu allais bien, tu vivais presque normalement, en dehors des chimios. Tu étais volontaire, actif. Puis d'un coup, en deux jours, tout s'est effondré. Si vite. Si vite que je n'ai pas compris. Et toi ? as tu compris ce qui se passait ? je n'en sais rien. Je ne sais pas si tu as su, si tu as eu peur. Le carcans des urgences nous a volé ces derniers instants. Quand ils sont venus me chercher, tu étais déjà dans le coma, cinq minutes après tu n'étais plus là. Et tout est douleur, terrible douleur. Tu me manques tant. Je ne fais que ressasser cette terrible soirée, qu'est-ce qui a cloché ? pourquoi ne nous a-t-on rien dit. La veille nous sommes allés aux urgences une première fois, On t'a laissé sortir, disant que tu serais mieux à la maison.  Mieux pour quoi ? A croire que c'était un fatalité, une évidence pour eux. Mais pas pour nous. Pour eux tes analyses de sang étais bonnes, et cette douleur violente allait se calmer avec les médocs. j'ai le sentiment que l'on ne t'a pas écouté, et que l'on ne m'a pas écouté quand je disais que ton ventre était gonflé. pour eux il était normal, mais moi je le voyais tous les jours. j'ai vu la maladie le creuser, mois après mois. Et là, il n'était pas comme d'habitude. Je ne sais pas si on t'aurait sauvé, mais ce sentiment de banalité m'est chaque jour plus insupportable.
  Pendant six jours, je suis allée te voir quotidiennement, je t'ai parlé, embrassé, caressé, âpreté, comme si je pouvais suspendre l'évidence. Je voyais ton sourire, ta bouche entrouverte, des expressions sur ton visage, que je connaissais si bien. Je n'ai pas voulu qu'on touche à ton visage, il était parfait comme ça. J'ai pleuré avec nos enfants, Nos si merveilleux trois enfants. Je suis si en colère qu'ils soient privés de leur papa. Je ne sais pas comment je vais pouvoir les aider, et je vais devoir pourtant être forte. Mais je vois tant de souffrance dans ce forum, tant de difficultés, des mois après, que ça me terrifie. Je veux être là pour eux. Tu as tellement souffert de l'absence de ta mère quand ton propre père est parti. Je ne sais pas comment faire mon amour. je ne sais vraiment pas.

Hors ligne qiguan

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Re : perdue
« Réponse #1 le: 26 Août 2017 à 21:16:35 »
Que te dire
oui on ne sait pas comment faire
mais pour les autres, là vos 3 enfants, on fait des choses et le processus se fait  ...
tu peux fouiller
http://forumdeuil.comemo.org/vivre-le-deuil-de-son-conjoint/en-guise-de-table-des-matieres/

venir ici crier, HURLER ton désespoir, tu seras toujours comprise par toues les personnes qui ont survécu à ce processus qui commence pour toi

La déchirure restera mais dans très longtemps (plus d'un an certes) tu commenceras à pouvoir faire des choses sans que celle ci le parasite totalement ...

Triste accueil dans ce nouveau monde des survivants de l'Amour ...
"il est plus facile de désintégrer un atome qu'un préjugé" A. Einstein
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Hors ligne kate911

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Re : perdue
« Réponse #2 le: 03 Septembre 2017 à 13:07:37 »
Bonjour,

je viens de perdre mon époux il y a 15 jours et comme toi l'hospital nous à volé ses derniers instants.
Je culpabilise beaucoup et mes 2 filles sont grandes et vivent leur vie.

Comme toi les discussions sur ce forum m'effraient un peu, j'ai l'impression que je vais vivre des moments terribles et que je dois laisser faire; n'existe t-il pas des personnes qui ont surmonté leur douleur sans passer par la dépression.
Pour ma part, je vais essayer de reprendre le travail, j'espère que je vais y arriver en tout cas j'espère beaucoup;

Hors ligne qiguan

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Re : perdue
« Réponse #3 le: 03 Septembre 2017 à 13:29:51 »
Citer
n'existe t-il pas des personnes qui ont surmonté leur douleur sans passer par la dépression.

peut être mais elles ne sont pas sur le forum ...
et la dépression du deuil n'est pas la classique lire DR Fauré
le deuil au jour le jour
pages
115 à 116
affectueusement
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Hors ligne tony36

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Re : perdue
« Réponse #4 le: 06 Septembre 2017 à 13:58:17 »
 
peut être mais elles ne sont pas sur le forum ...
[/quote]

J'ai entendu parler d'un collègue qui à la mort de son épouse s'était complètement investi dans le travail. Certains arrivent peut-être à tellement se focaliser sur quelque chose qu'ils ressentent moins la dépression. Une sorte de course en avant. C'est ce qui me permet de tenir parfois, je vais en avant, mais c'est très dur car je suis devenu un boulet.

J'ai connu aussi quelqu'un qui avait perdu son mari mais semblait en apparence du moins le surmonter, avait vite refondé un foyer etc...
Il y a aussi des personnes plus "froides", quelque part elles sont plus fortes face à ce genre de cataclysme mais peut-être aussi parce qu'elles sont simplement beaucoup moins sensibles.

Je ne vois pas comment ne pas sombrer dans une profonde tristesse après la mort d'un être aimé, lorsque c'est le vide qui le remplace d'un coup. Maintenant la question, c'est de continuer sa vie et comment.



Hors ligne Esbroufe

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  • Le forum d'entraide durant un deuil
Re : perdue
« Réponse #5 le: 07 Septembre 2017 à 19:02:11 »
5 mois aujourd'hui. J'ai parfois l'impression que ça fait 5 ans tellement il me manque, et parfois l'impression que ça fait 5 jours tellement les souvenirs de sa voix, son odeur, son rire et tout ce qui faisait sa personnalité sont présents, "vivants".

Je ne sais pas ce que dit le Dr Fauré page 115, mais je pense que la frontière entre déprime et dépression est beaucoup trop floue.

Alors oui, en ce moment c'est dur. La vie n'a jamais été aussi difficile, mais je ne suis pas en dépression.  Le seul médocs que j'ai c'est un anxiolytique. J'en prends pas très souvent, mais j'hésite pas à le prendre quand ça va pas.
Nos personnalités respectives (et les événements qui les ont forgés) font que l'ont réagi tous différemment (et pas seulement face au deuil).

Nos amis me trouvent "en forme", et ils ont plaisir à me voir ainsi, que je sois venue tout l'été aux barbecues, aux apéros... Je réponds machinalement "ça va" quand ils me le demandent, ...et surtout je suis digne. J'ai pris cette habitude (qui se transforme doucement en trait de caractère) pendant la maladie de mon compagnon. C'était déjà assez difficile pour lui comme ça pour qu'en plus il se fasse du soucis pour moi. A aucun moment je n'ai laissé paraître le fait que j'avais peur, que j'étais triste. Il pouvait ainsi complètement se reposer sur moi quand il en avait besoin.

Nous sommes toutes/tous fort(e)s, sans exception...mais je pense qu'il faut en avoir conscience pour que ce soit "effectif".
Je suis forte, et ça ne fait pas de moi une personne "froide". Le fait d'être sensible ne m’empêche pas d'être forte.

Ce que nous traversons tous ici sur ce forum, va nous changer à jamais. Je ne veux pas être transformée en zombie, n'être plus que l'ombre de moi même. Essayer tant bien que mal de rester la personne dont il était amoureux (et qu'il aimera toujours j'espère) est ma façon de lui rendre hommage.