Auteur Sujet: Ne pas remonter la pente...est-ce "normal"...?  (Lu 57 fois)

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Hors ligne jadma

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Ne pas remonter la pente...est-ce "normal"...?
« le: 15 Juin 2018 à 10:04:28 »
Bonjour à tous et toutes,

Ne trouvant pas de réponses à mes doutes et questionnements à l'extérieur ni à l'intérieur de moi-même, je reviens vers vous en sachant que toutes les histoires sont différentes, mais parfois les expériences des uns peuvent être le soutien des autres...
Mon père est mort il y a deux ans et demi.
La première année a été terrible, la deuxième compliquée en m'offrant tout de même quelques moments d'accalmie, parfois des espoirs et des envies. Puis à chaque fois une nouvelle chute, une nouvelle dégringolade en se confrontant à cette solitude que l'on a face à soi et ses souffrances parfois intolérables qui explosent de tous les côtés.
Je me suis fait suivre en ostéopathie, en homéopathie, en EMDR, avec des fleurs de Bach, j'ai écrit, j'ai pleuré beaucoup, j'ai fait du yoga, j'ai mis (involontairement) mes émotions à distance par périodes, j'ai fait des autels ou des rituels aux jours "anniversaires", je suis retournée sur les terres de nos souvenirs, j'ai bougé, agi, parfois je suis restée clouée au lit... Mais je pense encore tous les jours à mon père.... et il me manque toujours autant.
Chaque jour qui passe la peine, le manque et l'absence se font toujours aussi forts.
J'ai bien cherché à construire ce lien intérieur dont parle le Dr Fauré, mais apparemment je n'y arrive pas.
Je ne m'y habitue pas.

Ces derniers temps j'ai perdu goût à tout, je n'ai plus d'envie, plus d'énergie, je suis en mode zombie.
Tout le temps fatiguée, épuisée par le poids des journées. J'ai l'impression de réagir plus fortement aux événements, tous les événements, et les soucis, grands et petits me grignotent à l'intérieur.
J'ai une fille que j'adore et qui me donne la force de tenir debout les jours où j'aimerais juste rester couchée. Ce n'est pas facile pour elle d'avoir une maman souvent triste et fatiguée. Je ne voudrais pas être un poids et casser ou pomper sa belle énergie de vie. Je ne voudrais pas lui transmettre mes fardeaux, malgré moi...
Mais à part ma fille, dans ma vie il n'y a rien, c'est le vide, le néant. Plus rien ne m'épanouit, ne me donne envie d'avancer, c'est comme subir sa vie et c'est atroce. C'est comme si à l'intérieur tout était mort et que je tentais désespérément de maintenir une étincelle qui passe son temps à s'éteindre. Un peu comme Sisyphe...
Et puis à l'extérieur il faut continuer à porter des masques, à faire semblant, est-ce qu'on a vraiment le choix de toute façon ?
Je me sens en décalage avec les autres, avec moi-même. Je n'arrive pas à retrouver un cap, à reprendre le gouvernail de ma vie. Je n'espère même plus que la roue tourne en ma faveur et je n'arrive pas à trouver le "bonheur" au présent. Je n'arrive pas à retrouver un peu de joie de vivre. Je me sens instable, fragile, et dans la durée cet état m'inquiète. Je ne gère plus le stress...
Est-ce que je suis encore dans un processus de deuil "normal" ou est-ce que j'ai plongé insidieusement dans une dépression ?
Vers qui se tourner de "spécialisé" ? Le commun des mortels et les médecins qui n'ont pas personnellement traversés cette longue nuit noire n'y connaissent rien. Je suis perdue.

Meilleures pensées à tous et toutes.

Jadma

Hors ligne katrinap

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Re : Ne pas remonter la pente...est-ce "normal"...?
« Réponse #1 le: 15 Juin 2018 à 15:32:00 »
je crois que le deuil est difficile à faire par définition car souvent on se punit, inconsciemment ou consciemment, car nous on est vivant et pas le disparu, par ce qu'on n'a pas réussi à le sauver
2,5 ans c'est court et long à la fois, mais les mots que  vous employez montrent peut être une apathie,  une impossibilité de remonter à la surface, peut être un barrage refus de le faire, sinon ce serait trahir? un groupe de parole pourrait aider, une forme thérapeutique comme ce que proposait maud mannoni avec des jeux de rôle?
ce ne sont que des pistes, mais se poser la question d'un glissement vers la dépression peut en effet être intéressant d'être posée
bon courage
katrin