Auteur Sujet: Faire le deuil de ses parents, de sa meilleure amie décédés tous les 3 en 6 mois  (Lu 134 fois)

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Hors ligne PATIBOUT

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Si je prends la peine d'écrire ce soir, c'est que personne autour de moi ne sait à quel point je souffre de la perte de mes parents et de ma meilleure amie, tous les trois décédés, mon père en juin , ma meilleure amie en octobre et ma maman en novembre 2018. Je donne l'impression d'être forte, car je parle très peu de ce que je ressens, de peur d'effrayer le peu de personnes qui m'entourent dans cette vie. Alors je garde tout en moi, je fais mine d'être bien, je fais rire, j'ai toujours su faire le clown et rire de moi, ça me donne l'impression de me protéger.
J'ai dû tout gérer, organiser les obsèques de mes parents, me débrouiller avec les problèmes administratifs etc.. et en plus je dois faire face à des problèmes financiers car mes parents n'étaient pas des personnes aisées. Leur richesse c'était l'amour qu'ils me donnait continuellement, même à 61 ans, j'étais leur petite fille unique, leur trésor...
Ma meilleure amie était atteinte d'une tumeur cérébrale inopérable. Elle a vécu un véritable calvaire pendant 1 an. Je ne souhaite à personne de mourir dans ces conditions, elle ne pouvait plus communiquer que par le regard. Je suis restée près d'elle jusqu"à ce que son coeur s'arrête.
J'ai vécu la même chose avec mon papa et ma maman... ils sont décédés dans mes bras.

Je pleure en écrivant, et cela ne m'est pas arrivé de lâcher prise depuis longtemps.

Je suis submergée par tout cet administratif qui ne me lâche pas, et ma maison ressemble à un champ de bataille, moi qui ai toujours pris soin de tout ranger....

Je n'y arrive pas, je ne sais pas comment je vais finir, je ne sais pas ce que je dois faire.

Je n'ose pas faire appel au peu d'amies qui m'entourent. Je passe pratiquement tous mes week ends seule, toutes mes soirées seule.... Je suis très fatiguée par mon travail, j'ai des insomnies pratiquement toutes les nuits, moi qui dormais si bien. Je passe mon temps devant la télé, à zapper les chaines, ....

Que dois je faire, j'ai peur de craquer vraiment ...

Hors ligne Fabipuce

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Bonjour Patibout,

Ton message me touche vraiment et je ressens toute ta souffrance, ta solitude.

J'ai caché tous mes ressentis après le décès de mon Papa mort il y a 5 ans. Un an après ma belle-mère et mon beau-père disparaissaient à 3 semaines d'intervalle.  Après le décès de mon beau-père, j'ai craqué au bureau et ma collègue qui se disait mon amie s'est plainte de mon comportement (pleurs) à la hiérarchie.  Je suis restée 18 mois sans travailler ... L'ambiance n'a plus jamais été la même au bureau.

En décembre dernier Maman nous a également quittés.  J'ai le sentiment de devoir cacher mes émotions continuellement, de devoir contrôler tout ce que je dis.  C'est une arme à double tranchant, c'est le corps qui trinque et j'accumule plein d'infections.

J'étais tout comme toi une magnaque du rangement, de la propreté.  Maintenant je fais les choses quand je m'en sens capable.  Je crois qu'il y a des choses plus importantes dans la vie qu'avoir une maison impeccablement tenue.

Je ne sais pas si tu es en couple et/ou si tu as des enfants.  Moi j'ai cette chance, et même si je ne me sens pas toujours comprise dans mes émotions, j'ai la chance d'être écoutée sans être jugée par eux.  Je suis aussi suivie depuis quelques années par un psy et une dame qui pratique des massages thérapeutiques qui m'encouragent tous deux  à dire tout ce que je ressens pour pouvoir évacuer un maximum.  Peut-être pourrais-tu trouver un professionnel ou une personne de confiance à qui tu pourrais confier tes ressentis sans avoir peur de déranger, d'être jugée.  Ce que tu ressens est légitime et je suis persuadée que c'est une étape indispensable dans le cheminement du deuil.

Une chose qu'on me dit très souvent et qu'on t'a déjà certainement dit des dizaines de fois, il faut penser à toi maintenant.  Je sais que ce n'est pas facile, mais il y a des petites choses que l'on peut faire sans que cela nous coûte des efforts surhumains.. J'ai à peu près le même âge que toi (60) et après avoir organisé mes weeks-ends en fonction de Maman ces 5 dernières années j'apprends maintenant à ne pas culpabiliser si je fais une grasse matinée le week-end.  Tu vois c'est une petite chose, mais c'est déjà un progrès. Ceci est un exemple, mais je suis certaine que tu pourrais trouver des petites choses qui te feraient plaisir et que tu accepterais de faire sans aucune culpabilité.

Tu dois prendre soin de toi, dis-toi que tu en vaux la peine, et que c'est surtout toi qui doit en être persuadée.

Je passe de temps à autre sur le site, je te lirai avec intérêt si tu souhaites continuer à écrire.

Bien à toi.



Hors ligne katrinap

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patibout

ne pas rester seule, avez vous des enfants? un conjoint?
se faire aider est déjà un premier pas pour ne pas ruminer et vous sentir encore plus isolée
je comprends votre détresse, à quelqu'âge qu'on perde ses parents on redevient le petit enfant blessé sans famille
venez parler ici de quelle région êtes vous? si vous pouvez rencontrer des endeuillés aussi peut être vous sentiriez vous moins seule?
on est là près de vous
amitié
katrin

Hors ligne PATIBOUT

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Merci pour vos messages de soutien.

Depuis que j'ai eu le courage de m'exprimer sur ce forum, il y a eu un petit déclic qui m'a fait aller chez mon médecin afin qu'il puisse m'aider par l'apport d'un anti depresseur car je sais que je ne m'en sortirai jamais sans ce soutien.
Cela me permet de prendre un peu de recul par rapport à des événements, malgré le fait que mercredi dernier, un de mes petits chats est parti,  elle aussi, rejoindre ceux que j'aime. Si je n'avais pas eu ce traitement, je ne sais comment j'aurais réagi. Mais j'ai dû encore, et encore faire face à la mort d'un petit être cher à mon coeur, même si c'est un animal,, je la considérai comme ma fillle car je n'ai pas d'enfants malheureusement et je vis seule.
Je vais également faire appel à une association, l'APSOS , qui regroupe des thérapeutes qui aident les personnes comme moi à parler, à se confier, à vider leur sac, à prendre du recul.

J'ai compris que je ne pouvais pas rester comme cela, inerte, .. mais ce n est pas facile de se pousser à agir quand on est seule, j'ai la chance d'avoir cette petite voix dans la tête qui m'aide.

Encore merci,