Auteur Sujet: Toujours ressentie comme en compétition avec ma mère  (Lu 387 fois)

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Toujours ressentie comme en compétition avec ma mère
« le: 01 Décembre 2018 à 19:23:38 »
J'ai fait un rêve la semaine dernière.  Dans mon rêve, je me retrouvais dans la chambre à coucher de ma mère.  Tout était à l'ordre mais non pas de façon impeccable. La pensée qui m'est venue subîtement dans mon rêve fut: "Elle n'était pas si parfaite que je croyais (pourtant elle l'était)..." J'entendais la porte de la salle à dîner s'entrouvrir et je me demandais si quelqu'un arrivait...Je n'avais pas peur. Je partis verifier pour constater que la porte n'avait fort probable pas bien été fermer.  Je repoussa donc la porte.  Suite à ce rêve je ressentais comme si ma mère était venue me rendre visite. C'était la veille d'une fête anniversaire pour mon frère aîné atteint d'un cancer et je devais accueillir des visiteurs chez moi.  Je ressentais une simple connexion par ce rêve qui m'a fait du bien et qui me rassura.
« Modifié: 10 Janvier 2019 à 13:19:31 par Sortie de ma noyade »

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Re : Toujours ressentie comme en compétion avec ma mère
« Réponse #1 le: 04 Décembre 2018 à 09:15:30 »
C'est vraiment le genre de rêve qui fait plaisir à lire! Quand les portes de l'inconscient s'ouvrent, tout doucement poussées sur notre désordre intérieur, comment remercier de ce joli partage? Eh bah en disant tout simplement que c'est une jolie bouée que celle-ci!
Super et plein de bonnes pensées!
Pascal.

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Re : Toujours ressentie comme en compétition avec ma mère
« Réponse #2 le: 04 Janvier 2019 à 00:22:06 »
Bonsoir Pascal,

Je me rends compte qu'il ne faut pas prendre pour acquis la réponse de chacun(e).  Il ne faut pas y tenir à tout prix mais quand elle passe elle est  bienvaillante.

Merci!
« Modifié: 10 Janvier 2019 à 13:20:37 par Sortie de ma noyade »

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Re : Toujours ressentie comme en compétition avec ma mère
« Réponse #3 le: 07 Janvier 2019 à 14:54:09 »
Je suis née le 29 février.  Vous savez que le 29, il y en a seulement un à tout les 4 ans.  Ma mère elle, est née le 1er mars.  Lorsqu’elle était enceinte de moi, le médecin lui avait dit qu’elle risquait sa vie et la mienne en accouchant,  alors elle devait m’avoir par césarienne.  Le médecin lui offra l’option entre le 29 février ou le 1er mars.  Elle choisie le 29 « pour que ce soit une date spéciale » m’avait-elle dit.  Aujourd’hui, en tant que maman qui a elle-même accouché deux enfants, je ne suis pas tout à fait convaincue que c’était la raison pour elle de choisir la date la plus rapprochée mais par contre je choisie d’en rester là et de chérir sa petite histoire en laquelle elle a tenté me faire croire.
Une fois que j’étais plus aînée et que je devenais un peu moins centrée sur moi-même, ce fut à ce moment  que la compétition commença (je me contredis déjà).  Lorsqu’il n’y avait pas de 29 février, je me levais le 1er mars en me dépêchant de lui souhaiter bonne fête avant qu’elle me le souhaite.  J’étais toute timide et n’aimais pas à être le centre d’attention, après tout, c’était sa fête.  Je ressentais, que la mienne était déjà passée et que j’avais raté mon tour…Je me sentais un peu prise comme dans un fil d’araignée.  J’essayais très fort de me séparer de ma mère, de faire une distinction entre ma date de fête et la sienne mais je n’arrivais jamais à mettre quelqu’un de coté et c’était malaisant.  Ce fut un combat de séparation toute ma vie. Lorsque j’avais ma vraie date de fête, je ressentais un vide, un manque de ne pas être rattachée à la date de maman. Tandis que lorsque je n’avais pas ma vraie date de fête, maman se culpabilisait de ne pas m’avoir obtenue ma propre date. Quel tiraillement! Le labeur d'un accouchement naturel n'a peut être pas eu lieu avant ma naissance mais il s'est repris par la suite...Une crise de date de naissance…Lorsque l’année 2000 est arrivée, l’on nous avait dit que l’on risquait perdre notre date de naissance complètement à cause du changement de millénaire. Vous comprendrez pourquoi j’avais alors le pied sur le frein cette année arrivée.  J’allais perdre ma date de naissance, m’avait-on plus ou moins dit.  Je suis demeurée anxieuse jusqu’à ce que l’on me rassure que ma date de naissance ne serait pas en extinction.  Par contre, il m’arrive de temps à autre que l’exactitude de ma date de naissance lors d’un renouvellement de permis de conduire ou autre document semblable, ne soit pas tout à fait précise. La mort, la vie, la mort, la vie, vous comprenez le sentiment que cela peut nous faire ressentir.  C’est mon trajet de vie et je dois l’assumer pleinement.  Il ne s’effacera pas…Quelqu’un disait : « La mort c’est plein de vie dedans » (Félix Leclerc).
« Modifié: 10 Janvier 2019 à 13:19:06 par Sortie de ma noyade »

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Re : Toujours ressentie comme en compétition avec ma mère
« Réponse #4 le: 10 Janvier 2019 à 15:06:37 »
Comme mentionné déjà, ma date de naissance est celle du 29 février. Ma mère était née le 1er mars. Nos deux anniversaires de naissance à ma mère et moi s’étaient souvent fait  jumeler et célébrer le 1er mars dans ma famille  lorsque qu’il n’y avait pas de 29 février.   J’avais aussi,  une tante qui était née le 28 février (décédée maintenant)  et je me suis toujours sentie comprise  par elle, je l’aimais bien, elle était très chaleureuse, accueillante et m'aimait de façon inconditionelle. Lorsqu'il n'y avait pas de 29 février, cette tante aimait me prendre aussi sous son aile et célébrer ma fête à sa date de naissance du 28. À l’âge de 22 ans, j’avais quitté le foyer pour vivre une aventure. À ce moment là aussi, j’ai commencé à  rencontrer des ami(e)s qui me questionnaient sur ma date de naissance et  certain(e)s étaient surpris(e) de voir ou d’apprendre que je me faisais célébrer en mars plutôt qu'en février puisque c’était tout de même le mois dans lequel j’étais née. Je suis devenue encore une fois plus confuse. En autre mots, lorsqu’il n’y avait pas de 29 février, j’avais souvent 2 dates auxquelles je me faisais transmettre des souhaits; soit le 28 ou soit le 1er mars. Et j’ajoute à cela, ceux qui ne savaient pas quand me les souhaiter et finissaient par me téléphoner passer ces dates car ils ou elles n’arrivaient pas à se décider quelle date me célébrer. Vous comprenez mon brouillard…
Ma mère se sentait coupable que je ne puisse célébrer à une date fixe, et plus elle essayait de réparer cela en me portant plus attention, plus je devenais mal à l’aise car je ne voulais pas être l’envie de mes frères et sœurs de plus. C’est ce qui est arrivée le soir de l’anniversaire de mon 50ème. J’étais vraiment le centre d’attention mais je ressentais que l’on était choqué que maman n’y était pas cette année là. De plus, le premier noël après son décès, quelque mois précédant, nous avions ressenti  la tristesse de son absence, le vide qu’elle laissait derrière elle. La réalité se faisait ressentir de plus en plus fort.   
Voilà pourquoi, lorsque j’étais pour être  célébrer pour mon 50ème anniversaire de naissance, mes sœurs et l’un de mes frères m’avaient préparé une très belle fête oui, mais malgré cela, je n’arrivais pas à m'y mettre dans l’ambiance…
Elle n'avait pas été là pour noel et c’était la première année que sa fête ne se ferait pas célébrer le lendemain de la mienne alors il y avait une tristesse dans l’air je crois personnellement. Je ressentais que cette fête était supposée être une explosion de joie pour moi mais non, ce n’était pas le cas.  Je ressentais plutôt que je dérangeais, c.à.d. que l’on se sentait obliger de faire la fête alors que l’on était en deuil.
Je repense à ma tante ci haut mentionnée. J’adorais recevoir ses câlins et lui en donner en retour. Elle était la sœur préférée de mon père. J’étais née entre 2 personnes très importantes dans la vie de celui-ci.  (Ma tante le 28 février et ma mère le 1er mars). Malgré tout ce dilemme, je ressentais que je faisais partie d’un petit groupe d’appartenance, lors de mes fêtes, non seulement d'anniversaire de naissance mais aussi  de proximité, je me sentais spéciale. C’est ce que je choisie garder en souvenir.
« Modifié: 10 Janvier 2019 à 15:23:18 par Sortie de ma noyade »