Auteur Sujet: Mon Petit Monastère... mon paradis blanc !  (Lu 555468 fois)

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Hors ligne résilience et silence

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Re : Mon Petit Monastère... mon paradis blanc !
« Réponse #3300 le: 28 Mars 2019 à 18:47:16 »
Eh bah tu vois, Fédo, j'ai hésité à porter un brassard noir de deuil au bras  la première année. Ce code vestimentaire est disparu et c'est à se demander si c'est une bonne chose. Surtout pour ce qui ne peut se dire car ce côté qui "gomme" notre état d'hommedeuil fait partie des signes de reconnaissance sociale signalant un état de fragilité émotionnelle. C'est un sujet chargé qui reflète certainement un des symptômes de notre lien social bien malade. Cela dit, ce que tu as posté sur la résilience est un gisement à lui seul!
itao Amigo!
C'est dans les situations les plus difficiles et les plus désespérées que les individus trouvent le courage de se battre pour leur conviction. Tecumseh.

Hors ligne Federico

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Re : Mon Petit Monastère... mon paradis blanc !
« Réponse #3301 le: 28 Mars 2019 à 23:03:25 »

J'ai vraiment conscience de l'effroyable et douloureux chemin parcouru DEPUIS "La tragédie"... et je m'aperçois doucement mais sûrement que je ressemble de plus en plus à "l'Homme que j'étais AVANT" mais en plus "révolté", "écorché vif" .... dans un sens ça me rassure !
NON, bien évidemment, je ne suis pas comme avant mais je retrouve jour après jour mes anciennes valeurs, les mêmes qui m'ont été transmises par mon Grand-père paternel, mon Père, ma Mère !
Des valeurs républicaines espagnoles, familiales, traditionnelles basées sur le respect de l'autre, l'éducation, la tolérance, la solidarité...

Liberté OUI, oui, oui... encore et toujours, je t'aime !

Je suis inlassablement, injustement, cruellement provoqué par la mort de mon fils aîné mais...
j'apprivoise ... j'apprends... je comprends... j'accepte... j'admets... je permets...
je m'autorise... je m'abandonne... je me libère...

Spirituellement, je suis plus riche aujourd'hui !
Je me recueille régulièrement dans les monastères à la recherche de profonde solitude et de Grand Silence...
J'en ai besoin car j'aime lui consacrer mon temps et mes pensées.

Ma vulnérabilité, mes incertitudes, mes doutes, ma fragilité sont devenues source d'inspiration... force d'analyse et de réflexion !
Ma sensibilité est encore plus humaine...
Mon regard plus indulgent, plus doux, plus tendre, plus affectueux...

Il me reste l'humilité de ma souffrance et un triste sourire mélancolique... à vie !

Papa de Raphaël
- Espérer, c'est avoir la force de sourire avec un cœur qui ne cesse de pleurer
- Qui pourrait me dire maintenant ce que je dois dire, écrire, croire, penser ou faire ? Personne ! je suis LIBRE !

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Re : Mon Petit Monastère... mon paradis blanc !
« Réponse #3302 le: 28 Mars 2019 à 23:38:27 »

Au cœur de mon amour
Paul ÉLUARD
Recueil : "Mourir de ne pas mourir"

Un bel oiseau me montre la lumière
Elle est dans ses yeux, bien en vue.
Il chante sur une boule de gui
Au milieu du soleil.

Les yeux des animaux chanteurs
Et leurs chants de colère ou d’ennui
M’ont interdit de sortir de ce lit.
J’y passerai ma vie.

L’aube dans les pays sans grâce
Prend l’apparence de l’oubli.
Et qu’une femme émue s’endorme, à l’aube,
La tête la première, sa chute l’illumine.

Constellations,
Vous connaissez la forme de sa tête.
Ici, tout s’obscurcit :
Le paysage se complète, sang aux joues,
Les masses diminuent et coulent dans mon cœur
Avec le sommeil.
Et qui donc veut me prendre le coeur.

Je n’ai jamais rêvé d’une si belle nuit.
Les femmes du jardin cherchent à m’embrasser —
Soutiens du ciel, les arbres immobiles
Embrassent bien l’ombre qui les soutient.

Une femme au cœur pâle
Met la nuit dans ses habits.
L’amour a découvert la nuit
Sur ses seins impalpables.

Comment prendre plaisir à tout ?
Plutôt tout effacer.
L’homme de tous les mouvements,
De tous les sacrifices et de toutes les conquêtes
Dort. Il dort, il dort, il dort.
Il raye de ses soupirs la nuit minuscule, invisible.

Il n’a ni froid, ni chaud.
Son prisonnier s’est évadé — pour dormir.
Il n’est pas mort, il dort.
Quand il s’est endormi
Tout l’étonnait,
Il jouait avec ardeur,
Il regardait,
Il entendait.

Sa dernière parole :
« Si c’était à recommencer, je te rencontrerais sans te chercher. »

Il dort, il dort, il dort.
L’aube a eu beau lever la tête,
Il dort.
- Espérer, c'est avoir la force de sourire avec un cœur qui ne cesse de pleurer
- Qui pourrait me dire maintenant ce que je dois dire, écrire, croire, penser ou faire ? Personne ! je suis LIBRE !

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Re : Mon Petit Monastère... mon paradis blanc !
« Réponse #3303 le: 29 Mars 2019 à 00:23:18 »

www.youtube.com/watch?v=QC9-m-FCS9o..... Jean-Louis Aubert..... Puisses-tu

J'adore !

Federico
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Re : Mon Petit Monastère... mon paradis blanc !
« Réponse #3304 le: 29 Mars 2019 à 00:52:30 »

Nudité de la vérité
Paul ÉLUARD
Recueil : "Mourir de ne pas mourir"


Je le sais bien.

Le désespoir n’a pas d’ailes,
L’amour non plus,
Pas de visage,
Ne parlent pas,
Je ne bouge pas,
Je ne les regarde pas,
Je ne leur parle pas
Mais je suis bien aussi vivant que mon amour et que mon désespoir.
- Espérer, c'est avoir la force de sourire avec un cœur qui ne cesse de pleurer
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Re : Mon Petit Monastère... mon paradis blanc !
« Réponse #3305 le: 29 Mars 2019 à 13:20:10 »
Je trouve intéressant le fait de parler du deuil vestimentaire !
Je m'habillais souvent en noir "Avant" (par choix) et "Depuis" c'est vrai aussi que je porte encore plus souvent du noir (en hommage) mais "porter le deuil vestimentaire" tous les jours est un signe fort de reconnaissance sociale signalant précisément un état de vulnérabilité physique et de fragilité émotionnelle !
Attention danger : lien social : Personne humaine sensible à manipuler avec grande précaution ! fragile !
Aujourd'hui, après plus de 6 ans de deuil intérieur, je n'ai plus vraiment ni ce besoin personnel ni cette nécessité de protection ! mon entourage familial et amical sait mais ne comprends pas... nous n'en parlons presque plus !
Les autres ? ils ne me connaissent pas et c'est tant mieux !
Je me comporte exactement comme j'en ai envie ! discrétion !
Je ne fais plus aucun effort social, je ne vais plus vers les gens... en revanche,  je ne porte jamais de masque !
Je suis tel et comme je suis ( c.a.d ADORABLE !) ... intérieurement et extérieurement ! moralement et physiquement ! Soyons nous même avec notre douleur, notre souffrance, notre Amour, notre Coeur !

Amicalement, chaleureusement, solidairement, respectueusement.
Federico
« Modifié: 29 Mars 2019 à 13:21:42 par Federico »
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Re : Re : Mon Petit Monastère... mon paradis blanc !
« Réponse #3306 le: 30 Mars 2019 à 00:37:54 »
Porter le deuil ? Oui c'est une question intéressante.
Lorsque Mircea est mort, je ne me suis absolument pas posée la question.
J’étais explosée. Juste trouver des vêtements adaptés à la saison, c’était déjà pas mal
Et c’est encore un peu comme ça aujourd'hui ….

En vous lisant, oui je me dis que « porter le deuil », ça peut avoir du sens.
Vestimentaire, entièrement, c’est peut-être un peu "lourd" ? Mais au moins porter un signe, bien visible.

Pour, comme tu le dis, alerter :  «  Personne humaine sensible à manipuler avec grande précaution ! fragile !»,
pour pouvoir aussi se permettre, se sentir pleinement le droit d’être triste, de ne pas avoir envie de sourire, de laisser couler les larmes …..
 et que cela puisse être « normal ».
Sans question de temps …. juste le temps d’en avoir besoin, (quitte à l’enlever quand ça va mieux, à le remettre quand c’est nécessaire).

Vu le nombre de personnes qui se sentent en deuil (4 français sur 10), rendre le deuil visible permettrait, peut-être, pour tout le monde, de « mettre la mort dans la vie » pour l’apprivoiser, apprendre à vivre avec elle etc …
ce serait peut-être un peu moins violent lorsqu’ elle tape ?

en revanche,  je ne porte jamais de masque !
pareil.
Je me demande comment d'autres arrivent à "porter un masque", retenir les larmes, sourire  quand on est triste etc ....
Parfois j'aimerai arriver à le faire pour ne pas infliger ma tristesse à certains proches ....

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Re : Mon Petit Monastère... mon paradis blanc !
« Réponse #3307 le: 30 Mars 2019 à 01:12:14 »
"Perdre un être cher, c'est perdre un morceau de sa vie, une pièce d'un puzzle que l'on ne pourra finir et qui restera à jamais inachevé au plus profond de notre coeur."    (Descrea)



 Je suis profondément convaincu que : Raphaël pouvait faire autrement ..... il a fait ce qu'il ne fallait pas faire !

Je comprends ton infinie tristesse et ta terrible désolation pour Mircea...

Tout comme toi, j'éprouve une infinie tristesse mêlée à une terrible frustration pour Raphaël...

Mircea et Raphaël se sont privés, dépossédés du plus précieux de tous les biens : la vie !

.... .... .... .... ....

Oui je suis aussi persuadée que pour beaucoup de personnes, surtout des jeunes comme Raphaël, elles pouvaient faire autrement, il ne fallait pas ! C'est d'autant plus désolant, plus terrible ....

Je te serre fort Federico

Catherine



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Re : Mon Petit Monastère... mon paradis blanc !
« Réponse #3308 le: 30 Mars 2019 à 08:11:15 »

"Perdre un être cher, c'est perdre un morceau de sa vie, une pièce d'un puzzle que l'on ne pourra finir et qui restera à jamais inachevé au plus profond de notre coeur." (Descrea)

Je suis profondément convaincu que Raphaël pouvait faire autrement ..... il a fait ce qu'il ne fallait pas faire !

Il s'est "isolé", "enfermé" tout seul et il a perdu les clefs.
Je suis persuadé que j'aurais pu l'aider à s'échapper, à respirer, à ouvrir une autre voie, à suivre un autre chemin de vie...

Aujourd'hui, je vis avec une infinie tristesse, une indescriptible désolation, une insupportable frustration, une désespérance absolue !

Oui, il y a bien des fois où souffle en moi un vent de révolte, une insoumission au malheur mais en vérité je suis devenu un homme-sandwich qui déambule avec mélancolie dans les rues d'une ville inconnue et qui porte deux placards affichant...
- l'un : "Attention fragile ! ne pas trop secouer ! merci !"
- l'autre : "Personne humaine sensible à manipuler avec grande précaution !"


Nos Amours se sont privés, dépossédés du plus précieux de tous les biens : la vie !

... ... ... les mots me manquent... ... ...

Chaleureusement, solidairement, respectueusement.

Papa de Raphaël
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Re : Mon Petit Monastère... mon paradis blanc !
« Réponse #3309 le: 30 Mars 2019 à 17:44:43 »
"Nous naissons seuls, nous vivons seuls, nous mourons seuls. Il n’y a qu’à travers l’amour et l’amitié que nous pouvons l’espace d’un instant créer l’illusion que nous ne sommes pas seuls." Orson Welles " Je me faisais cette remarque dans la nuit, elle m’a reprise en somnolant ce matin et je l’ai développée avant de me lever.
En effet, nous sommes seuls dans nos pensées, nos réflexions, nos douleurs physiques et psychologiques, personne ne peut en connaître l’intensité. Nous ne savons rien de ce qui s’échafaude dans le cerveau des autres . Nous n’avons pas entendu l’immensité de la détresse de nos enfants, il eut fallu qu’ils nous parlent, leurs désespoirs les a conduit au suicide, à une maladie psychosomatique qui nous les ont arrachés. Ils ont fini de souffrir, nous, c’est pour le reste de notre vie que nous subirons cette peine perpétuelle de ne plus jamais les voir, les embrasser.   Nous sommes seuls dans les épreuves, les deuils, les situations inextricables. Il faut avoir vécu ces évènements pour comprendre et prendre conscience de l’amplitude de leur malheur.
Le drame nous a fait découvrir que nous étions passé à côté de tant de choses ! Nous aimions fortement sincèrement sans penser au lendemain. La mort comme la fin d’une histoire donne un sens à tout ce qui l’a précédée , dit avec justesse Mary Catherine Bateson.
Ce drame que nous avons vécu, le décès d’un être cher, parce que c’est notre sang qui coulait dans ses veines, parce que ce n’est pas dans l’ordre des choses qu’il parte avant nous, nous a complètement changé. Autour de nous nous entendons dire : il te faut réagir, passe à autre chose, ton deuil est trop long, ce n’est pas normal, ton deuil est pathologique ! Non, il est normal, nous ne pouvons effacer notre enfant, nous ne pouvons gommer l’amour que nous avons eu et que nous avons toujours pour lui, il fait partie de notre vie, dans notre mémoire, il survit.
Cependant nous sommes dans une profonde neurasthénie et la colère nous envahit souvent.
Nous avons perdu notre ancienne façon de voir la vie, pour la plupart nous avons gagné en spiritualités, que sont les biens de ce monde après un tel tsunami ?
Je ne sais si vous êtes comme moi, mais je me demande
- pourquoi tant de richesses pour les uns et tant de misère pour les autres, alors qu’il suffirait de bien les répartir pour que tous puissent vivre correctement. Certains meurent avec un matelas d’action et un compte en banque bien garni, alors que d’autres crèvent de faim toute leur vie ? Je suis pour le partage pas, par jalousie mais par équité.
- pourquoi le terrorismes, les guerres économiques , des guerres de religions ou de voisinage ? Athée, juifs, catholiques, musulmans, bouddhistes, hindouistes, nous pourrions vivre dans nos croyances et nos convictions en paix, avec le respect de l’autre.
- Pourquoi l’esclavagisme moderne, la dictature,l’emprise ? Chacun doit pouvoir mener sa vie comme il l’entends sans être  contraint, dévalorisé, insulté.
-pourquoi existe t il des gens toxiques, foncièrement mauvais et de personnes bonnes empathiques.
Après le décès d’un être cher, tous ces tracas, ces injustices et ces désaccords nous semblent bien futiles et inutiles. Nous devrions, nous humains, prendre conscience que nous sommes tout liés, entre nous, à nos morts,  à la faune, à la flore à l’univers

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Re : Mon Petit Monastère... mon paradis blanc !
« Réponse #3310 le: 30 Mars 2019 à 22:06:37 »
"Nous naissons seuls, nous vivons seuls, nous mourons seuls. Il n’y a qu’à travers l’amour et l’amitié que nous pouvons l’espace d’un instant créer l’illusion que nous ne sommes pas seuls." Orson Welles " Je me faisais cette remarque dans la nuit, elle m’a reprise en somnolant ce matin et je l’ai développée avant de me lever.
En effet, nous sommes seuls dans nos pensées, nos réflexions, nos douleurs physiques et psychologiques, personne ne peut en connaître l’intensité. Nous ne savons rien de ce qui s’échafaude dans le cerveau des autres . Nous n’avons pas entendu l’immensité de la détresse de nos enfants, il eut fallu qu’ils nous parlent, leurs désespoirs les a conduit au suicide, à une maladie psychosomatique qui nous les ont arrachés. Ils ont fini de souffrir, nous, c’est pour le reste de notre vie que nous subirons cette peine perpétuelle de ne plus jamais les voir, les embrasser.   Nous sommes seuls dans les épreuves, les deuils, les situations inextricables. Il faut avoir vécu ces évènements pour comprendre et prendre conscience de l’amplitude de leur malheur.
Le drame nous a fait découvrir que nous étions passé à côté de tant de choses ! Nous aimions fortement sincèrement sans penser au lendemain. La mort comme la fin d’une histoire donne un sens à tout ce qui l’a précédée , dit avec justesse Mary Catherine Bateson.
Ce drame que nous avons vécu, le décès d’un être cher, parce que c’est notre sang qui coulait dans ses veines, parce que ce n’est pas dans l’ordre des choses qu’il parte avant nous, nous a complètement changé. Autour de nous nous entendons dire : il te faut réagir, passe à autre chose, ton deuil est trop long, ce n’est pas normal, ton deuil est pathologique ! Non, il est normal, nous ne pouvons effacer notre enfant, nous ne pouvons gommer l’amour que nous avons eu et que nous avons toujours pour lui, il fait partie de notre vie, dans notre mémoire, il survit.
Cependant nous sommes dans une profonde neurasthénie et la colère nous envahit souvent.
Nous avons perdu notre ancienne façon de voir la vie, pour la plupart nous avons gagné en spiritualités, que sont les biens de ce monde après un tel tsunami ?
Je ne sais si vous êtes comme moi, mais je me demande
- pourquoi tant de richesses pour les uns et tant de misère pour les autres, alors qu’il suffirait de bien les répartir pour que tous puissent vivre correctement. Certains meurent avec un matelas d’action et un compte en banque bien garni, alors que d’autres crèvent de faim toute leur vie ? Je suis pour le partage pas, par jalousie mais par équité.
- pourquoi le terrorismes, les guerres économiques , des guerres de religions ou de voisinage ? Athée, juifs, catholiques, musulmans, bouddhistes, hindouistes, nous pourrions vivre dans nos croyances et nos convictions en paix, avec le respect de l’autre.
- Pourquoi l’esclavagisme moderne, la dictature,l’emprise ? Chacun doit pouvoir mener sa vie comme il l’entends sans être  contraint, dévalorisé, insulté.
-pourquoi existe t il des gens toxiques, foncièrement mauvais et de personnes bonnes empathiques.
Après le décès d’un être cher, tous ces tracas, ces injustices et ces désaccords nous semblent bien futiles et inutiles. Nous devrions, nous humains, prendre conscience que nous sommes tout liés, entre nous, à nos morts,  à la faune, à la flore à l’univers

vol du papillon

Quel magnifique texte... quelle humilité, quelle solidarité... tellement juste, infiniment humain...
Simplement merci, merci vol du papillon

Federico

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Re : Mon Petit Monastère... mon paradis blanc !
« Réponse #3311 le: 01 Avril 2019 à 12:49:35 »
Mon Ami Pascal,

Alors oui, ce matin, en lisant ton poème pour ton cher Papa... l'amertume d'une larme a coulé jusqu'à la douceur de mes lèvres tremblantes d'émotion !

Mon papa a 87 ans et je l'aime très très fort ! il vit seul à Valencia en Espagne !

Mon Père ne m'a pas transmis du "savoir" et en héritage il ne me laissera aucun "avoir".....
Mais Il m'a appris l'essentiel à mes yeux : à Être !

Ma Mère m'a appris à Aimer et mon grand-père : l'Amitié !

Je suis riche de ses choses là...

Amicalement, chaleureusement, solidairement.

Federico

« Modifié: 01 Avril 2019 à 22:46:02 par Federico »
- Espérer, c'est avoir la force de sourire avec un cœur qui ne cesse de pleurer
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Re : Mon Petit Monastère... mon paradis blanc !
« Réponse #3312 le: 03 Avril 2019 à 08:03:02 »


"Perdre un enfant, c’est l’impensable, le jamais imaginé, quelque chose contre nature : un enfant ne peut pas mourir avant ses parents, avant ses grands-parents !
Perdre un enfant c’est tout un avenir qui disparaît, c’est toute la composition de la famille qui change, c’est notre rôle de mère, de père, qui est remis en cause.
Perdre un enfant c'est un choc émotionnel qui bouleverse la vie personnelle, conjugale, familiale, sociale et professionnelle.
Perdre un enfant c’est voir voler en éclats tous ses repères, une partie du sens donné à l’existence.
C’est être obsédé par des questions sans réponse. La mort d’un enfant, cela fait peur aux autres ! Personne n’ose en parler et les parents endeuillés, se retrouvent souvent dans une grande solitude. Ils ont le sentiment que le monde s’est arrêté. Plus rien ne sera comme avant et tout s’écroule autour de soi : les projets, les rêves, c’est comme si une partie de soi-même s’éteignait à tout jamais.
On met un enfant au monde pour la vie et nous parents nous n’avons pas pu l’empêcher de mourir ? Pourquoi lui et pas moi, ce qui semble dans l’ordre des choses… Il ressort une impression d’échec et de culpabilité énorme.
Le temps qui suit l’annonce du décès est une phase d’effondrement où les parents ne veulent rien voir ni rien sentir. L’important est qu’ils expriment leur peur du lendemain, leur souffrance tout en leur permettant de réaliser que cet enfant a été vivant avant de mourir et qu’ils doivent garder en eux cette image.
Dans ces moments tragiques, les couples parfois se défont. Etant donné que le deuil s’exprime différemment pour l’un et pour l’autre, il arrive qu’une certaine incompréhension se manifeste et provoque une distance entre les parents. L’un des conjoints en vient à penser dans son inconscient que l’autre est responsable de la mort de l’enfant.
Les périodes de douleur intense et de rechute ne sont pas toujours correspondantes entre les conjoints. Quand l’un finit par s’en remettre un peu et à remonter la pente, l’autre traverse une période difficile. Ce manque de synchronisme provoque l’impression d’être constamment dans la douleur. Afin d’éviter de retomber dans la souffrance, les conjoints peuvent finir par vouloir s’éviter dans les moments difficiles.
Et puis s’il y a d’autres enfants, il ne faut pas les oublier. Ils souffrent eux aussi de cette perte immense et se sentent eux aussi coupables. Et lorsque l’on évoque devant eux l’enfant décédé, il ne faut surtout pas établir de comparaison entre ceux qui restent. Il est important que tous puissent garder leur identité sans pour cela se sentir diminués ou encore regretter d’être vivants.
Comment essayer de surmonter cette épreuve familiale ? La révolte, la colère, la culpabilité font partie des passages obligés.
Pleurer, parler de son enfant à des proches capables d’écouter et de comprendre, fait partie du travail de deuil.
Garder ses objets aussi longtemps que l’on souhaite est aussi un moyen de vivre avec lui.
La date anniversaire de sa mort est toujours très douloureuse, tout comme les fêtes de fin d’année...


"Source : Témoignage émouvant d'Anne-Marie Revol dans "Nos étoiles ont filé". 
- Espérer, c'est avoir la force de sourire avec un cœur qui ne cesse de pleurer
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Re : Mon Petit Monastère... mon paradis blanc !
« Réponse #3313 le: 03 Avril 2019 à 09:21:25 »
cher fédérico tu aurais pu écrire aussi ce texte  cette dame écrit aussi bien que toi
une très douce pensée pour toi et pour Raphael, si joli prénom
bises
katrin

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Re : Mon Petit Monastère... mon paradis blanc !
« Réponse #3314 le: 03 Avril 2019 à 17:03:15 »
cher fédérico tu aurais pu écrire aussi ce texte  cette dame écrit aussi bien que toi
une très douce pensée pour toi et pour Raphael, si joli prénom
bises
katrin


Merci infiniment Katrin
Bises
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