Auteur Sujet: Aller à la rencontre de l'endeuillé(e) oui ou non?  (Lu 941 fois)

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En ligne Sortie de ma noyade

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Aller à la rencontre de l'endeuillé(e) oui ou non?
« le: 15 Décembre 2016 à 01:50:21 »
Je suis devenue tellement experte à fuir les rencontres sociales telles que les marriages, les fêtes de Noël, les rencontres de famille  par exemple que je pourrais m’obtenir une médaille à courrir.  Éviter les sorties où les couples amoureux semblent être partout autour de moi, et là où je m’amène à doûter de leur authenticité ou de leur longévité possible suite à ma perte, quelle horreur pour moi de me retrouver dans ces états! Ce n’est pas possible comment je suis devenue triste, douteuse, fâchée, farouche.  Je trouvais cela tellement injuste qu’il y en ait qui puisse pouvoir le vivre alors que moi je devais en faire le deuil! Oh comme cela m’a pris du temps à m’en remettre! Je ne peux dire que je ne revis jamais ces moments de doute mais au moins j’arrive à m’émerveiller un peu plus devant  ces couples que j’apprends à découvrir et connaître, et qui font partie en effet de relations de couples réelles et authentiques! Certaines qui durent depuis longue date d’ailleurs.
Assumer mon nouveau statut social: «célibataire» n’est pas toujours facile non plus, car non seulement je me suis retrouvée séparée de mon conjoint ( causée en partie par sa maladie) mais je suis devenu veuve par la suite, et maintenant je suis redevenue célibataire. De plus, tout le monde semble vouloir règler mon problème meme après 6 mois  en voulant m’introduire sitôt à un autre partenaire, vite fait.  Comme si cela était pour règler le tout! (Je veux dire le fait de tenter remplacer la personne sous ce qui me semble, si peu de temps, tant qu’à moi).  Il nous faut faire vite et oublier au coeur de notre société sinon l’on crée un malaise autour de soi. Les gens qui nous entourent se glissent dans notre peau, ressentent un malaise et veulent solutionner notre problème et ce, à une  haute vitesse ausi rapide que celle de la connexion  d’Internet. Que l’on perde un conjoint, une soeur, un frère, un parent, un chien ou autre…il ne s’agit pas tout simplement de remplacer le vide aussitôt dit, aussitôt fait! Alors, comment m’en suis-je sortie?  En prenant plus du temps pour mieux me connaître.  Que ce soit par une thérapie, un bon bouquin etc, je savais que c’était ce que je devais faire.  Je devais bâtir mon autonomie avant de pouvoir refaire partie d’un couple.
Qu’est-ce qui m’avait attiré ou qu’est-ce que j’avais aimé du ou de la disparue?  Qu’est-ce que je n’avais pas apprécié? Bien oui, aussi difficle soit-il.  Il fallait que je m’arrête à y penser au moins quelque temps. Chaque perte vécue dans ma vie m’a amené à me redécouvrir moi même car lorsque la personne partait, elle partait avec un peu de moi même et je devais reprendre cette partie, sinon, je deviendrais aussi disparue. Par exemple, si la personne avait des valeurs qui m'attiraient vers elle, les chances étaient que j'avais ces mêmes valeurs et que je devais me les ré-approprier.  Si au contraire certains autres traits de la personne ne m'attiraient pas en cette personne, je devais les laisser partir avec elle.
Un autre truc qui m’a beaucoup aidé et que j’ai à travailler chaque jour de ma vie est le fait que je ne dois pas toujours attendre que le ou la «mal à l’aise» vienne  vers moi.  J’ai découvert que je devais parfois plutôt aller vers cette personne.  Cela je l’ai appris par une collègue du secondaire.  Elle avait perdu sa mère subitement.  Cette dernière aurait basculé dans les escaliers et serait morte par la suite. En tant qu’étudiante, j’éprouvais un malaise horrible.  C’était comme un sujet  hors question.  Eh bien, imaginez-vous que ce fut plutôt ma collègue qui est venue vers moi en me confrontant, c.à.d. en me demandant pourquoi je ne la saluais pas à son retour. J’étais bouche bée.Tout ce qui entourait le décès de sa mère m’était inconnu dans les petits details mais le besoin pour ma collègue de se faire plutôt saluer  fut toute une leçon de vie.  Je l’ai trouver terriblement courageuse et je la garde comme modèle encore aujourd’hui. Le fait que c’était plutôtot l’endeuillée qui venue vers moi lorsqu’elle reconnue mon malaise me fit voir qu’elle était ainsi et je la garde à ce jour comme modèle lorsque la gêne m’envahit.
« Modifié: 19 Décembre 2016 à 22:55:38 par Sortie de ma noyade »