Auteur Sujet: Antidépresseurs  (Lu 2742 fois)

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Hors ligne Nora

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Antidépresseurs
« le: 26 Décembre 2015 à 22:49:02 »
La période actuelle est très difficile pour moi.
Il y a eu l'anniversaire de mon mari le 10 décembre, maintenant les "fêtes de fin d'année ", mon anniversaire de mariage le 3 janvier, un an de mariage, ou plutôt 40 jours de mariage car il est décédé le 12 février...

Et une impression de m'enliser, des idées noires, plus rien pour me tirer vers la vie.

Je lutte je lutte mais je n'ai plus de forces et mon médecin, le médecin du travail et le psychologue avec qui je commence à nouveau des séances m'ont conseillé, tous les 3,  de prendre un antidépresseur.

Je ne voulais pas passer par là, mais maintenant je crois que je vais devoir me laisser faire pour éviter de sombrer.

Je souhaiterais avoir les témoignages de ceux ou celles qui y ont eu recours. On me dit qu'il n'y a pas d'accoutumance, que c'est une aide ponctuelle...j'ai du mal à y croire.

Je vous remercie par avance pour vos réponses.

Je vous embrasse

Nora

Hors ligne piera

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Re : Antidépresseurs
« Réponse #1 le: 27 Décembre 2015 à 10:32:41 »
Chère Nora,
Je prends des antidépresseurs depuis plus de 2ans maintenant, Cipralex 10mg.
Je m'y suis résolue parce que la maladie de Pierre me tirait trop en bas et que je voulais lui être pleinement présente pour le soutenir au mieux.
Au départ, on m'avait prescrit du Citalopram que j'ai dû interrompre parce qu'il avait fini par me  provoquer des maux de tête. Je me souviens des premiers jours, sensation un peu nauséeuse, sécheresse buccale, tout cela s'estompe très vite mais pas rassurant.
Je n'ai eu par contre aucun effet secondaire avec le Cipralex si ce n'est au niveau de la libido mais tu peux jongler avec les dosages, j'étais pendant très longtemps avec seulement 1/4 et à cette dose pas d'incidence. Je peux te parler de son effet pendant la maladie, il m'a permis de ne pas sombrer complètement alors que je voulais être au mieux pour mon homme. J'ai réussi à puiser dans mes ressources pour continuer à vivre au mieux avec cette épée de Damoclès. J'ai pu travailler jusqu'au bout, m'occuper de tout et de tous, sans défaillir.
L'avantage de l'antidépresseur est de permettre de ne pas sombrer complètement, il n'enlève aucune douleur, ni souffrance, ni émotion mais te donne un peu de force pour continuer.
D'après un ami psychiatre, il n'y aurait pas d'accoutumance ni de toxicologie connue avec le Cipralex, quand tu vas mieux tu peux l'arrêter mais toujours progressivement.
Voilà Nora, mon témoignage. N'hésite pas à me solliciter si tu as besoin d'en savoir plus. Et je peux toujours poser des questions à cet ami si jamais. Je t'embrasse tendrement.

Hors ligne fleurdecoton

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Re : Antidépresseurs
« Réponse #2 le: 27 Décembre 2015 à 12:50:43 »
Chere Nora

 Comme à chacun son cas ...pour ma part les antidépresseurs m'ont ête prescrit mais je n'ai pas supporté, alors on m'a proposé d'autres alternatives...... La psychomotricité, l'ergotherapie et psychothérapie .... Avec du sport comme le t'ai chi ... Évidement c'est plus long mais pour ma part ça a marché  pour traverser les phases aiguës , comprendre ce qui se passe , apprendre aussi à identifier et à gérer les émotions négatives et mes crises d'angoisses .....


Voici mon témoignage

En ligne souci

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Re : Antidépresseurs
« Réponse #3 le: 27 Décembre 2015 à 15:02:34 »

    Salut ma chère Nora,

    hum ... la question des anti-dép, pas facile, vraiment c'est à toi de sentir ...

    Cela ne nous rend pas nos disparus, notre joie de vivre, évidemment !

    Cela aide à "fonctionner" ... puisque "tout" nous oblige à fonctionner dans ce monde qui ... fonctionne!

    D'un autre côté, les symptômes dépressifs sont là pour que nous prenions mieux soin de nous, de nos sentiments ... et pour cela, il faudrait parfois, quand on est hyper blessé, que le monde ENTIER soit "thérapeutique", or c'est pas vraiment le cas !

    Des murs porteurs, pour celui ou celle qui pèse trop ? Nenni !
    Alors les médocs sont des béquilles.

    A savoir: essayer toujours une petite dose et attendre 3 SEMAINES avant de juger des effets, toujours différents selon la personne.
    Ne jamais interrompre le traitement d'un coup, couper soi-même les cachets en tout petits morceaux si il faut.

    Il n'y a rien à craindre d'une petite dose.
    Quand on est trop mal, ça redonne un peu d'énergie.
    Et il vaut mieux par exemple prendre des anti-dep pour rester en contact social que de se couper du monde pour cause de trop grande fatigue !
   
    Et puis dès que le soleil montre son nez, profite de son pouvoir de gaieté!
    C'est un peu tôt pour le dire, mais les jours vont s'allonger et comme chante Aznavour, la misère est moins pénible au soleil ...
    Bon courage à toi, bisou, Martine.
   

   
Heureuse d'être inconsolable, j'Aime.

Hors ligne loma

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Re : Antidépresseurs
« Réponse #4 le: 27 Décembre 2015 à 18:53:03 »
Chère Nora,

ces dates "anniversaire" et ces fêtes nous font tellement replonger .... pour ma part, j'ai du faire face à une partie de ces dates en cours d'été,
Noël ? une catastrophe ... et j'appréhende les un an de la mort de Marc, le 11 février, j'ai l'impression que le compte à rebours a déjà été enclenché .

En ce qui concerne les antidépresseurs, je ne peux pas parler pour mon cas (je n'en prends pas encore) mais pour Marc qui en a pris environ 8 ans.
Je suis d'accord avec Souci :
" Cela aide à "fonctionner" ... puisque "tout" nous oblige à fonctionner dans ce monde qui ... fonctionne! " , et pour Marc , il n'avait pas vraiment le choix, il était déjà très avancé dans la dépression

Il faut surveiller les effets indésirables, en parler avec son médecin et surtout ne pas supprimer d'un coup de son propre chef les antidépresseurs mais sous surveillance médicale.
Il faudra faire peut-être des essais avec différentes familles de médicaments, tous les patients ne réagissent pas le la même façon

Prends bien soin de toi, loma
"si un jour je meurs et qu'on m'ouvre le coeur, on pourra lire en lettres d'or ... je t'aime encore"  William Shakespeare

Hors ligne Nora

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Re : Antidépresseurs
« Réponse #5 le: 27 Décembre 2015 à 19:58:57 »
Merci pour vos différents avis et témoignages.

Je ne suis pas convaincue ... j'y vais vraiment à reculons ...

j'ai l'impression d'avoir encore des ressources pour relever la tête même si les larmes sont parfois en continu.

Il y a ces idées noires cependant ...la période est catastrophique ...mais quoi de plus normal ...

Je ne sais pas ...


Hors ligne Oiseau-de-Pluie

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Re : Antidépresseurs
« Réponse #6 le: 29 Janvier 2016 à 15:51:45 »
Bonjour,

Je suis désolée pour ton mari...
Ton post m'a interpellée étant donné que malgré mes seulement 21 ans, les antidépresseurs (et d'autres psychotropes) ont fait partie d'une grande partie de ma vie...
Si tu veux connaître mon histoire entièrement et que tu aimes lire, tu peux aller sur ici : http://forumdeuil.comemo.org/vivre-le-deuil/pourquoi-le-sort-s'acharne-sur-certains/

Sinon, je vais te faire un résumé :  après avoir été victime de plusieurs années de harcèlement scolaire et de violences verbales dans mon enfance, j'ai sombré dans la dépendance affective, la mutilation,  un début d'anorexie, des envies suicidaires et un très profond mal-être. J'avais 13 ans.
Suite à tout ça, j'avais dû me faire hospitaliser (j'en garde un mauvais souvenir) et dès 13 ans, on me donnait des antidépresseurs et des neuroleptiques (du Zoloft chaque matin et du Tercian, matin, midi et soir).
Le Tercian, c'est vraiment une horreur (de toute façon, les neuroleptiques sont pour moi les pires médicaments qui puissent exister). Cela m'assommait, me shootait, à tel point que je m'étais d'ailleurs endormie sur mon épreuve de Brevet Blanc !

Sans entrer dans les détails, par la suite, de mes 13 à mes 19 ans inclus, j'ai été droguée d'innombrables antidépresseurs, anxiolytiques et neuroleptiques (Tercian, Risperdal, Atarax, Zoloft, Norset, Prozac, Citalopram,  Seroplex, Abilify, Xanax, Xeroquel...), j'en oublie peut-être.
En tout cas, avant même d'avoir 20 ans, tous ces médicaments m'ont été prescrits, parfois à très forte doses.
Le pire du pire, c'était lorsque j'avais été internée en hôpital psychiatrique à 18 ans et qu'on m'avait filé 50 gouttes de Tercian. Je voyais si flou que je ne pouvais même plus tenir debout et m'étais écroulée dans les couloirs, ce sont à ce jour les pires malaises de ma vie entière. Il existe énormément d'abus en psychiatrie.
C'est le troisième pire traumatisme de ma vie après le décès de deux êtres chers (survenus après cet internement).

Et je ne te parle même pas de mon médecin généraliste ! Mes parents avaient fait appel à lui, lui avaient simplement dit que j'étais déprimée, et hop, il avait décidé de me prescrire du ZYPREXA, un neuroleptique encore, qui en plus provoque le diabète (moi qui ne trouve du plaisir plus que dans le chocolat ... !)
Ce médecin ne s'était même pas entretenu ne serait-ce qu'une seule minute avec moi et ne savait absolument pas de quoi je souffrais. On lui avait dit que j'étais attachée à une personne, il en avait directement conclu que j'étais lesbienne. En réalité je suis asexuelle.

Oui, vraiment, il faut se méfier de tous ces médecins et psychiatres, peut-être en existe-t-il des biens, mais selon mon expérience personnelle, beaucoup abusent hélas de leur pouvoir...
Je pense que c'est parce que dans ce métier, on sait qu'on va avoir affaire à des gens fragiles, ce sont donc des proies idéales quand on se nourrit de la souffrance d'autrui...

Pour en revenir au sujet de base, à savoir les médicaments, ils n'ont jamais apaisé ma douleur (sauf peut-être le Xanax, oui, vraiment, c'est le seul et unique médicament qui me faisait un tout petit de bien, mais très étrangement, c'est le seul et unique médicament qu'on a le plus de mal à se faire prescrire, alors que tous les autres qui transforment en zombie sont prescrits hyper facilement, comme le fameux Zyprexa !)
Je me souviens que les antidépresseurs me donnaient de violentes crises de nerfs avec pulsions suicidaires...  Je me souviens de certaines nuits où j'étais très agitée, je ne pouvais plus respirer, j'avais envie de sauter par la fenêtre, je me voyais me jeter. J'étais sous antidépresseurs.

Aujourd'hui, je n'en prends plus aucun, je vis des malheurs bien pires que ceux que je vivais à l'époque où j'en prenais (à savoir la perte de 2 personnes très proches), et pourtant, je n'ai plus aucune crise de nerfs aussi violente ! Je ne dis pas que je dors bien, non, je dors assez mal, mais ça n'a vraiment aucun rapport avec les nuits horribles que j'avais lorsque je prenais ces antidépresseurs...

Quant aux neuroleptiques, ils me transformaient en véritable zombie. Le mal-être moral provoque déjà un ralentissement psychomoteur, alors si on y ajoute des neuroleptiques, c'est carrément un arrêt psychomoteur qu'il y a...

Cet été je suis partie en Corse avec ma mère et ma sœur, j'ai fait de la plongée, je me suis baignée, ça m'a fait du bien. J'étais très mal, je pensais sans cesse à ma mamie (décédée fin 2013) et à mon cousin (décédé d'une mort foudroyante à 42 ans en décembre 2014 soit 8 mois plus tôt), j'avais du mal à faire beaucoup de choses, mais j'ai quand même réussi...
Je te garantis que si j'avais été sous médicaments, ce voyage qui m'a fait changer un peu d'air aurait tout simplement été impossible. Sous neuroleptiques, je serais restée à l'hôtel dans le lit toute la journée, incapable de bouger !
Et sous antidépresseurs, j'aurais peut-être refait de violentes crises comme j'en avais fait à l'époque... 


Je garde de très mauvais souvenirs de tous ces médicaments. Le meilleur antidépresseur que j'avais était mon cousin... Je le considérais comme mon frère, nous faisions plein de choses ensemble... Il était un bout-en-train, il disait des conneries à longueur de journée, il était impossible de ne pas rire avec lui !
Ses conneries me manquent tellement, elles me faisaient tant mourir de rire. Il m'a aidé plus que tous les psys (plus d'une vingtaine) que j'ai vu et plus que tous les médicaments que j'ai pris (et il y en a eu beaucoup comme tu as vu, parfois à forte dose).
Hélas, il a attrapé une maladie mortelle qui l'a tué en 19 jours, à 42 ans...  :'(

Depuis que j'ai vécu 2 terribles drames (sa mort et celle de ma mamie) qui se sont rajoutées à mes souffrances passées et que j'entends sans cesse les gens parler de psys et de médicaments, j'ai terriblement peur.
Je fais des cauchemars éveillés où je m'imagine que toutes les personnes que j'aime disparaissent, et qu'elles sont toutes remplacées par des psys et des médicaments... C'est horrible...
J'ai d'ailleurs sans cesse peur de perdre les êtres chers qu'il me reste. Quand je songe au fait qu'ils peuvent disparaître n'importe quand comme mon cousin, alors que les psys et les médicaments existeront toujours, que je pourrai toujours être internée en hôpital psychiatrique, droguée de neuroleptiques jusqu'à être transformée en légume, attachée etc, c'est une véritable torture morale de chaque instant...


Voilà, tu as mon témoignage. Je suis désolée, il est assez négatif, mais il s'agit de mon expérience personnelle.

Mais je vais tout de même te dire une chose au sujet des antidépresseurs. Ils sont prescrits parce que les psychiatres partent du principe que la dépression est due à un déséquilibre chimique dans le cerveau, le but de l'antidépresseur serait donc de rétablir ce déséquilibre.
Dans ton cas, il ne s'agit pas de ça, puisque tu sais très bien pourquoi tu souffres, ton mal-être est du au décès de ton mari et ça n'a aucun rapport avec un déséquilibre chimique dans le cerveau...
C'est sûrement pour cette raison que les antidépresseurs n'ont jamais fonctionné sur moi, j'ai toujours su pourquoi j'allais mal.
C'est différent des personnes qui se sentent malheureuses et qui sont incapables d'expliquer pourquoi...

Pour un témoignage plus positif, je vais voir une sophrologue et une hypnothérapeute. Contrairement aux psys que j'ai vu et qui ne se préoccupaient absolument pas de mes problèmes mais pensaient juste à me droguer de médicaments, elle m'écoute et me comprend. Bien entendu, elle ne comblera jamais le manque laissé par la disparition de ma mamie et de mon cousin  :'( (rien ni personne ne pourra jamais combler l'absence...), mais ça fait du bien de pouvoir se confier à quelqu'un qui ne nous juge pas, qui ne pense pas uniquement à nous bourrer de médicaments et qui nous comprend.

Bon courage.
« Modifié: 29 Janvier 2016 à 15:58:33 par Oiseau-de-Pluie »

Hors ligne Ludmilla 31

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Re : Antidépresseurs
« Réponse #7 le: 16 Mai 2016 à 08:31:42 »
Suite à une petite opération (sous anesthésie générale ) qui m'a mobilisée pendant 3 semaines qui m'a provoquée une embolie ,hypertension ,n'étant pas sous anticoagulants ,du coup ,après une grosse frayeur ,malgré que j'étais entre 2 sensations  (partir rejoindre mon fils ou rester  avec mes proches ) ,le moral a "déconné" grave ,pleurs sans arrêt ,moi qui remontais doucement la pente ,j'avais l'impression d'avoir pris 20 ans j'étais découragée au point d'aller voir une psychiatre ,après plusieurs tentatives pour avoir un rdv ,ayant laissé 3 messages sur son répondeur,elle ne m'a rappelé ,donc je me suis dit ou ce n'est pas le moment ou je ne dois pas y aller .
J'ai choisi la 2 ième solution ,j'ai acheté l'ignatia 10MK et une amie m'a conseillé BION  seniors  ,(voir sur le net les avis ) .
Bon lundi de Pentecôte à tous .