Auteur Sujet: lectures  (Lu 50768 fois)

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Hors ligne Eva Luna

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Re : lectures
« Réponse #150 le: 11 Septembre 2016 à 12:23:25 »
j'ai lu: il est mort celui que j'aime...nicole fabre
et j'ai aimé ce petit livre qui évoque la mort de son compagnon de vie...
j'y reviendrai...picorer des phrases sombres ou lumineuses...
Je le recommande à ceux qui ont perdu leur conjoint mais aussi aux autres endeuillés parceque nous pleurons tous ici celui ou celle qu'on aime...

Hors ligne Eva Luna

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Re : lectures
« Réponse #151 le: 11 Septembre 2016 à 12:27:50 »

J'ai acheté: l'indicible de A à Z...ma fille Lola dansait au Bataclan...Georges Salines
j'ai lu des interview de ce père...
je vous en copie colle une...

"      Georges Salines, un père en deuil, un homme engagé
  Georges Salines est un homme sérieux. Derrière son petit bouc fin et son crâne dégarni de scientifique, on sent la personnalité méthodique, fiable et solide, capable de taper du poing sur la table sur le plateau du "20 heures" en dénonçant le sort réservé aux familles des victimes du 13-Novembre.

    Depuis janvier, il a endossé ce costume de "président" et est devenu le visage des proches des disparus, pour le grand public. Mais le président était d’abord un père. Celui de Lola, 29 ans, éditrice chez Gründ, tombée dès le début de la fusillade, ce sinistre vendredi 13, au Bataclan. Dans "l’Indicible de A à Z" (*), récit de l’année qu’il vient de vivre, à la fois effroyable et "extra-ordinaire", il raconte sa fille avec une tendresse infinie.
    "Ma fille a été heureuse"
    "Vie": "Elle a vécu, Lola, la belle Parisienne. Ce fut une belle vie. Des ombres sont parfois passées sur son visage, bien sûr. De petits et gros chagrins […] Elle a visité le monde. Elle a dansé, joué de la batterie, et du ukulélé. Elle a fait un métier [éditrice] qu’elle adorait. Elle a aimé et a fait l’amour. Elle a découvert le roller derby et ce fut la révélation d’une passion. Elle a bu des bières et fait des bêtises. Elle a donné et reçu de l’amour sans retenue. Elle n’a jamais jugé personne […] Oui, ce fut une vie trop courte, mais une si belle vie pour une si belle personne. Je crois que ma fille a été heureuse."

    Ce médecin de santé publique à la Ville de Paris a très vite commencé à écrire, après le drame, jetant des mots sur la feuille blanche, au fil de ses pensées. Pour les ranger, il a logiquement opté pour un classique abécédaire, procédé narratif sans faille ni surprise, qui pourrait paraître convenu ou technique comme une réunion sur la santé environnementale, la spécialité de notre homme. Il n’en est rien.
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    Car Georges Salines est un homme de cœur, tout autant capable de taper dans le dos de ses camarades d’infortune de l’association, pour les rassurer et les épauler. Les mots qui se succèdent dans son livre sont autant de prises auxquelles il se raccroche, comme sur un mur d’escalade. C’est qu’il ne faut pas tomber, après un tel drame.
    Sans haine, ni rancœur

    Les termes qu’il a choisis permettent de faire alterner les passages d’analyse, où Salines donne ses opinions, teintées de bon sens humaniste et marquées à gauche (il a été militant communiste dans sa jeunesse). Il parle sans haine ni rancœur, avec un recul incroyable qui montre l’étendue du gâchis. Que ce soit du "Djihad", de la "Déchéance" (de nationalité), de l’"Islam", qu’il connaît pour avoir vécu un temps au Caire, avec sa famille, ou des "Victimes", mot-phare depuis les attentats :
    "Le 14 novembre, une nouvelle identité m’a été donnée, celle de victime […] Précisons : victime indirecte, catégorie parent endeuillé. Car il y a toute une taxonomie des victimes. Les directs : décédés, blessés, impliqués, et les indirects : endeuillés, parents et proches de blessés, parents et proches d’impliqués-traumatisés […] Au tout début, les impliqués sont très recherchés [par les médias], car ils sont les témoins directs des événements […] Dans les jours qui suivent, la valeur qui monte est celle des endeuillés : les journaux sont pleins des portraits des cent trente victimes qui ont été tuées. […] Les semaines passant, la bourse aux victimes connaît de nouveaux soubresauts. […] Ceux dont la côte s’envole, ce sont les blessés. De préférence, des blessés avec des blessures bien visibles."

    Mais il y a surtout les mots qui font surgir l’émotion. C’est alors Georges qui parle sans pudeur, comme le font les timides, une fois que leurs verrous intérieurs ont sautés. A "Nourriture", nous apprenons que, lors d’un deuil si tragique, les gens, bien démunis, apportent à manger, alors que personne n’a faim. A la question automatique "Ça va ?", que les gens se mordent souvent les lèvres avoir demandé ça au père endeuillé. Comment si c'était lui faire insulte de le soupçonner d'"aller bien". Sauf que si, cliniquement : "Ça va très mal, mais moi je dors (sans somnifère), je mange, je fais du sport, je travaille, je ne suis pas malade […] [Mais] comment atteindre [la] complétude alors que l’absence de Lola est toujours présente à mon esprit, même dans les moments de plaisir ?"

    "Toucher", ramène à l’essentiel : le réconfort sans paroles devient aussi indispensable que l’air qu’on respire.
    "Je n’aime pas trop qu’on me touche […] Mais, après le 13 novembre, toucher, être touché, s’embrasser, se donner des hugs et des abrazos ont été des activités essentielles, vitales."

    "Larmes" : "Comme disait ma grand-mère, je n’ai pas la larme facile. Je me souviens d’avoir pleuré lors de la naissance de mon premier enfant. C’était des larmes d’émotion et d’épuisement. J’ai éclaté en sanglots tout seul, sans témoins […] Entre, disons, 1970 et 2015, je n’ai donc pleuré qu’une fois […] Après le mort de Lola, les larmes sont venues très vite. Guilhem [le frère de Lola] a pleuré avant moi, dès le mitan de cette nuit d’horreur [Ils ne savaient encore rien du sort de Lola, NDLR]. Les premières larmes d’Emmanuelle [sa mère] sont venues plus tard que les miennes. Puis il y en a eu d’autres, et d’autres, et d’autres […] Depuis, ça se tarit doucement. De temps à autre, le chagrin me tombe dessus […]"
    "Pourtant, si les larmes s’en vont, le souvenir de Lola, le sentiment d’injustice, d’inutilité et de malchance, le regret de ce qui aurait pu être, eux, sont toujours là."
    En creux, il y a bien sûr le portrait de Lola. Lola si vive, si rieuse, tant aimée.

    "Lola": "Ma chérie, mon amour. Tu aimais ce prénom, ces deux syllabes musicales que nous t’avions données. Un nom de voiture de course et de nymphette. Le titre d’un film de Jacques Demy, d’une chanson des Kinks, d’un tableau de Manet. Le prénom de l’Ange bleu."

    Lola toujours souriante sur les photos, avec ses fossettes de gamine espiègle. Lola et son visage serein à l’Institut médico-légal. Ce qui permet d’espérer qu’elle est morte sans comprendre, dans un moment gai.
    "Elle semble dormir. Elle semble prête à être réveillée, si on insistait un peu […]. Etrangement, cette étape nous a plutôt fait du bien. La sérénité de ses traits nous permet encore de penser qu’elle n’a peut-être pas vu la mort venir, prise dans la danse et la musique."

    Lola a été fauchée par des balles d’emblée mortelles. Un si mince soulagement. Depuis, Georges Salines est devenu papy. A "Ventres", il raconte :
    "Celui d’Amélie tenait pour moi la place centrale : il était le vaisseau qui m’amenait mon premier petit enfant, une fille qui ne remplacerait pas la mienne mais que j’aimais déjà de l’amour d’un grand-père."

    Lola n’aura pas eu d’enfants.

    Cécile Deffontaines

Cécile Deffontaines Publié le 08 septembre 2016 dans L'OBS.




Hors ligne Orfila

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Re : lectures pour les enfants
« Réponse #152 le: 18 Septembre 2016 à 12:46:37 »
Un conte très doux pour expliquer comment surmonter la mort d'un être cher: Pochée de Florence Seyvos

Pochée est une jeune tortue qui est partie vivre sa vie. Un jour son ami Pouce meurt et elle est très triste.Elle lui écrit des lettres. Elle pense à lui tout le temps. Un autre jour, un escargot frappe à sa porte. Pochée n'a pas très envie d'avoir de la visite mais elle lui ouvre quand même. Un autre jour encore, elle décide de partir en voyage. Elle marche beaucoup, fait de nombreuses rencontres et se trouve une nouvelle maison. Et bien des jours plus tard, Pochée, devenue grand-mère, raconte sa très longue vie à ses petits-enfants. Un livre pour les enfants qui aiment déjà lire tout seuls.

Hors ligne kompong speu

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Re : lectures
« Réponse #153 le: 27 Octobre 2016 à 15:12:11 »
Issam jarfi les couloirs du deuil

Hors ligne Faïk

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Re : lectures
« Réponse #154 le: 01 Novembre 2016 à 20:33:42 »


Nicolas, Pimprenelle et moi-même nous nous sommes mutuellement offerts ce petit livre destiné à l'enfance ... à nous les enfants perdus lorsqu'ils nous ont quittés, nos pères à qui nous avions tant de choses à dire et avec qui nous avions encore tant de choses à faire ...

Si votre père était encore là, il vous dirait combien il est fier de vous et combien il vous aime ...

Hors ligne Faïk

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Re : lectures
« Réponse #155 le: 11 Novembre 2016 à 13:13:15 »
Je ne connaissais pas le livre "Autobiographie d'une courgette". Le film m'a émue .. Ma vie de courgette ... du deuil, de la culpabilité, des enfants cassés, amochés ...
.

« Modifié: 11 Novembre 2016 à 13:15:41 par Faïk »

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Re : lectures
« Réponse #156 le: 12 Décembre 2016 à 16:59:53 »
"La Dictature du partage : éloge de l'incommunicabilité" . Christophe Langlois

Pas lu ... mais le titre me parle ... dans un temps où Parler ne veut plus souvent rien Dire.

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Re : lectures
« Réponse #157 le: 10 Février 2017 à 00:45:44 »
Immédiatement après, j'ai commandé deux livres :

- Après le suicide d'un proche, Dr Christophe Fauré

Le Dr Fauré est très pédagogue et ce livre m'aide à mettre en mots mes émotions et parfois à trouver des petites bribes de réponses à mes questions éternelles...

- Journal de deuil, de Roland Barthes

Il s'agit des notes prises par l'écrivain Roland Barthes après la mort de sa mère qu'il aimait par dessus tout. J'ai commencé en parallèle un modeste petit journal pour "avancer" également dans ce tunnel sombre, exprimer les quelques mots qui voulaient bien se laisser dire.

Courage à tous et à toutes, et merci pour toutes vos suggestions.

Pendant que la marée monte
Et que chacun refait ses comptes
J'emmène au creux de mon ombre
Des poussières de toi

[Le vent nous portera - Noir Désir]

Hors ligne Faïk

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Re : lectures
« Réponse #158 le: 26 Avril 2017 à 14:18:05 »
Pour faire écho à Souci, résister mais autrement ... perché dans les arbres ...
Quand on est plus loin, on voit mieux les choses parfois ...

"Le baron perché" Italo Calvino

Des mots, des idées pour aller se percher tout là-haut, remplis de fantaisie, d'esprit et de sens. cf. Ed Le Baron Perché
« Modifié: 26 Avril 2017 à 14:28:47 par Faïk »