Auteur Sujet: Que repondez vous quand on vous demande votre nombre de frères et soeurs ?  (Lu 4757 fois)

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Bonjour, j'ai perdu mon jumeau au cours du 1er trimestre de grosesse, il ne porte pas de prénom et n'est pas inscrit sur le livret de famille. J'ai pourtant le besoin de le reconnaître comme étant mon frère parce qu'après tout il est ma  moitié malgré cela je dis rarement qu'il est mon frère parce ce  que les gens ne comprennent pas pourquoi Je parle de lui alors qu'il est décédé in utero .
J'aimerai donc savoir si  les personnes ayant perdu un jumeau/une jumelle considèrent t-elle leur double comme un frère ou une soeur à part entière  quand les gens posent cette question.
J'aimerai savoir également pour ceux ayant perdu leur frère ou leur soeur au cours de la vie s'ils disent le nombre de frères et soeurs en comptant la personne envolée ou non
Pour ma part, je trouve tout à fait normal de comptabiliser le nombre total de frères et soeurs qu'ils aient vécus ou qu'ils se soient envolés in utero .
Quand pensez vous ?
Je vous remercie d'avance pour vos réponses

Hors ligne Webmaster

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Bonjour Cé,

Je trouve ta question très intéressante. Mon cas est un peu différent de toi, car je n'ai pas perdu mon frère jumeau mais c 'est vrai que comme toi lorsque l'on me pose la question je réponds instinctivement un frère et une sœur.
Je pense que tu as raison d'en parler, il a sa place dans ton histoire de vie. Dans votre famille vous parliez librement de la perte de ton frère ?

Chaleureusement,

Yacine

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Bonjour à vous 2, tout d'abord merci pour vos réponses.
Pour te répondre Yacine, non nous en parlons pas du tout même avec mes parents c'est un sujet tabou cependant ma mère en fait parfois allusion lorsque elle écoute Vole ou les petits pieds de Léa, elle dit toujours de ces chansons qu'elles sont magnifiques et en est émue alors que mon père n'en parle vraiment jamais et au fond ça fait mal parce même si personne dans ma famille ne le comprend vraiment c'est mon double ..
Oui en effet j'éprouve les mêmes sentiments que votre fille ce n'est pas le fait de dire que j'ai un jumeau qui me fait peur c'est le fait d'expliqué au gens qu'il est décédé pendant la grossesse.. Mais vos réponses respectives me réconfortant dans l'idée qu'il faut que je dise 2 frères car il fait parti de ma vie et c'est une façon pour moi de ne pas l'oublier et de combler le vide et le manque qu'il me laisse et si les gens ne comprennent pas tempis.
Plein de courage à vous 2

Hors ligne Webmaster

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Oui, je comprends ce que tu vis Cé, le silence c'est ce qu'il y a de plus difficile. Et puis jumeaux ou pas, un frère c'est la personne qui nous ressemble le plus au monde, pendant l'année qui est passée, bizarrement à chaque fois que je me regardais dans la glace je voyais un peu de lui alors qu'avant je nous trouvais très différents.
Tu as l'occasion d'en parler avec quelqu'un d'autre dans ton entourage ?
Je suis d'accord avec vous, même si au début on ne veut pas toujours avoir à raconter son histoire quand la douleur est encore un peu vive, dans un second temps c'est important pour faire vivre la relation, d'en parler.

Merci pour ta réponse également Cé, c'est beau de te voir vouloir faire vivre le souvenir de ton frère.

Chaleureusement,

Yacine

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Pour te répondre Yacine,  non je n'ai pas la chance de pouvoir en parler à mon entourage, je n'en parle pas à mes parents de peur de les faire souffrir et les autres membres de ma famille ne comprennent en aucun  cas ce que je ressens pour lui parce que ils ne l'ont pas vécu et ils me prennent pour une folle alors je préfère me taire. Je me dis " à quoi bon leur parler de ça alors qu'ils ne comprendront jamais"
Ça fais plaisir que tu trouves ça beau, mais je me dis que si moi je n'en parle pas, qui en parlera ? Personne je pense puisque même mes parents n'evoquent pas son souvenir... Ne plus en parler pour moi voudrait dire le faire mourir une 2de fois , je pense que de vouloir le faire vivre c'est le minimum puisque de toute façon je ne peux rien faire de plus malheuresement...
Si ça te fais du bien de trouver des ressemblances avec ton frère que tu ne voyais pas avant alors c'est le principal et pour ceux qui ne comprennent pas tempis. Il me semble difficile de comprendre un frère ou une soeur endeuillé(e) si on ne l'a pas vécu soi même.
Merci pour ta réponse.
« Modifié: 28 Septembre 2015 à 18:48:09 par Cé »

Hors ligne Floflo84

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Moi j'ai perdu un de mes frères quand on me pose la question je compte mon frère décédé même si ils ne sont plus là physiquement ce sont toujours nos frères et soeurs

Hors ligne Kairys

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Que repondez vous quand on vous demande votre nombre de frères et soeurs ?
« Réponse #6 le: 18 Novembre 2015 à 18:38:26 »
Je dis que nous étions 5 et que nous ne sommes plus que 3.  Peut-être, vu mon âge (60 ans), on ne me questionne pas
plus en général...

Hors ligne Eva Luna

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Il y a un livre qui parle un peu de ce que tu as vécu ( Je connais personnellement un des témoins...)

Perdre un jumeau à l'aube de la vie  Béatrice ASFAUX, Benoît BAYLE

Dans la collection : La vie de l'enfant

Préface de Joël Schmidt

Perdre un jumeau à l'aube de la vie est une épreuve douloureuse, souvent ignorée par les proches et la société. Pour bien des gens, la venue au monde de l'un des jumeaux efface la perte de l'autre enfant, comme si celui-ci n'avait jamais existé. Cette attitude est une véritable offense pour les parents qui se sont préparés à accueillir deux enfants.

Mais ce deuil soulève aussi des questions inhabituelles. Le jumeau survivant a partagé l'utérus maternel. Il a perçu durant la grossesse cette présence vivante, qui soudainement se fait silence. Quelle place occupera cette expérience singulière au cours de son développement ?

Cet ouvrage cherche à comprendre les enjeux de ce deuil singulier. Comment l'accompagner et trouver le ton juste, sans rendre obsédante la présence du jumeau mort, ni banaliser ou nier sa perte ? Pour les familles comme pour les professionnels qui sont à leurs côtés, il s'agit de relever le véritable défi d'affronter la douleur de la perte et de s'occuper du bébé survivant. Ce sujet est ici traité de façon vivante à travers le récit autobiographique d'une jumelle qui a perdu sa soeur à la naissance, le portait « thérapeutique » d'une autre jumelle, un entretien avec des parents confrontés à ce deuil particulier, et une étude psychologique approfondie.

Cet ouvrage a été publié avec le soutien de la Société Marcé Francophone, association qui a pour but de faire connaître les pathologies liées à la puerpuéralité et leur retentissement chez l'enfant.

Mise en vente le 17 janvier 2013


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  • Le forum d'entraide durant un deuil
Bonjour à tous,

Désolé de ma réponse si tardive, j'ai eu besoin de me "couper" un peu du forum. Vous me reconfortez dans l'idée qu'il faut que je dise aux personne que c'est mon frère.
J'ai appris il a peu de temps, qu'en fait mon frère n'était pas une fausse couche mais bel et bien un enfant né sans vie le même jour que moi. C'est un médecin me l'a annoncé en me dissqnt qu'"expulser naturellement" voulait dire qu'il est né par voie basse, qu'il était sûrement de très petit poids. Son prénom est Ange ma mère à dit "nous aurions dû avoir un troisième, Ange le jumeau de Céline" même si ce n'est pas officiel car pas écrit dans le livret de famille dû fait de son trop petit âge gestationnel (- de 22 SA). Ange résonne en moi, comme son prénom pour toujours. L'hôpital c'est sûrement  occupé de la crémation du corps. J'ai beaucoup de mal à accepter le fait qu'il se soit fait crématisé, j'ai l'impression qu'il ne reste rien de lui sur Terre, je ne sais même pas où se trouve c'est cendres ...
J'ai donc fais faire son portrait à partie de ma photo, il me fait beaucoup de bien.
En ayant appris sa "naissance" le même jour que moi j'ai l'impression que ma peine est plus légitime..

Merci pour la proposition de lecture, je pense le lire .

Bon dimanche à chacun

Céline