Auteur Sujet: ne perdez pas espoir  (Lu 2653 fois)

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Hors ligne marymar

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ne perdez pas espoir
« le: 06 Décembre 2012 à 16:27:44 »
Bonjour à tous et toutes,
Je viens de découvrir ce site et je le trouve formidable. Un site dans ce genre là m’aurait bien aidée à surmonter mon épreuve (mais je n’avais pas mon propre ordinateur à l’époque haha). Le temps me manque pour lire chaque message mais le peu que j’ai pu lire m’a donné envie de vous écrire, du moins vous adresser mon soutien et vous donner un petit peu d’espoir si j’y arrive.
Je ne veux pas en rajouter en vous disant que je sais ce que c’est etc, parce que je sais bien que chaque peine est différente et chaque histoire aussi. Je veux seulement vous dire qu’on peut s’en sortir. On y arrive. C’est long, et il ne faut pas se voiler la face, on oublie jamais, et on ne guérit jamais vraiment. Mon frère est mort il y a 7 ans et croyez-moi j’ai encore l’impression que c’était hier. Nous étions très proches et sa mort a chamboulé ma vie.
Même après 7 ans, j’ai encore des hauts et des bas. Mais j’ai appris à vivre avec. Je pense que j’ai accepté le fait qu’il soit parti. Mais ça ne m’empêche pas d’avoir des crises d’angoisse, et d’éclater parfois, même si ça devient assez rare. C’est l’habitude de vivre avec qui fait qu’on accepte un peu plus chaque jour. Mais il me manque de plus en plus. Maintenant c’est de la tristesse qui reste, de l’amertume, mais ce n’est plus l’appréhension du « comment s’en sortir  après un tel choc ». Ca je sais que je l’ai vaincu. Plusieurs choses m’ont aidée et je tenais à vous en parler, et si jamais ça peut vous aider, alors tant mieux, car personne ne m’a aidée quand ça m’est arrivé, je m’en suis sortie toute seule et je n’ai pas toujours choisi les bonnes solutions.
D’abord le dialogue avec mes parents. Au début ça a été compliqué, personne ne parlait, tout était cassé. Puis on a essayé de partager notre peine petit à petit, on s’est serré les coudes. Je sais que ce n’est pas évident de trouver du soutien auprès des plus proches, parce que tout s’effondre, mais il faut persévérer et tout le monde peut s’y retrouver. Il faut apprendre à écouter l’autre, il faut faire un effort (encore un je sais…) mais il faut surtout se rendre compte que l’on n’est pas seul, et que d’autres souffrent autant voire même plus que nous ! J’ai pris conscience de ce qu’enduraient mes parents et cela m’a aidé à relativiser par rapport à ma propre souffrance. C’est ce qui m’a aidé à avancer : je me suis battue pour eux, et vice versa, ils se sont reconstruits pour moi. Maintenant on souffre encore mais différemment. On parle de mon frère en évoquant des bons souvenirs, il nous arrive d’avoir des coups durs, mais on les contrôle mieux et on peut se réconforter en riant de bêtises qu’on faisait avec mon frère par exemple, de phrases ou de blagues qu’on avait l’habitude de faire. (Contrairement à avant où rien y faisait, chacun était enfermé dans son monde)
Avec mes amis, autant être franche, je n’ai jamais vraiment réussi à me confier, et à vraiment extérioriser. Ils sont pourtant de très bons amis, mais certains n’ont pas le tact que l’on attend qu’ils aient, et du coup leur réaction peut parfois surprendre. Mon choix a donc été d’occulter mon problème et de vivre comme si de rien était lorsque j’étais en société. Je ne vous conseille vraiment pas de faire comme moi. J’en ai souffert intérieurement, et j’ai fini par devenir insensible. Ce que je veux dire, c’est que j’avais une sorte de double vie, à la maison c’était le drame continu, et au lycée c’était une autre vie, que je m’étais inventée, une vie sans problèmes où personne ne savait ce qui m’était arrivé. Mais à la maison aussi j’occultais ma peine pour ne pas en rajouter, mes parents en avaient déjà bien assez comme ça. Là aussi, faux pas ; j’en ai payé le prix bien après. Lorsque j’ai quitté la maison, le fait de me retrouver seule face à moi-même et face à mon drame, ça a été comme une deuxième plaie. Comme si je revivais tout ça. Mais c’est vraiment là que mon travail de deuil a commencé. Il était grand temps qu’il commence d’ailleurs, et je le savais bien que ça me guettait, que j’allais finir par exploser de toute façon. J’ai donc continué (seule) à affronter cette peine, et le manque de mon frère de plus en plus grandissant chaque jour. Et plus le temps passe, plus on apprend à relativiser, on apprend à profiter sans culpabiliser, car oui on a aussi le droit d’être heureux, justement, on nous prive déjà d’un ou de plusieurs de nos proches, alors pourquoi se priver de ce qui nous reste ! Je me dis que mon frère lui en profiterait surement à ma place et il aurait raison !
Une autre chose qui m’a énormément aidée et calmée en cas de crise, c’est de lui écrire à mon frère. Je lui ai écrit dès le début, parce qu’il n’y avait rien d’autre à faire, personne à qui parler, (on était en plein déménagement et je n’avais plus beaucoup d’amis à ce moment là, et j’étais anti-psy…) un repli sur soi-même. Eh bien lui écrire ça marche, en tout cas, ça calme.
 Je vais aussi vous dire pourquoi qu’il fallait absolument que j’avance : nous avions une amie très malade, paralysée, mais ayant encore toute sa tête. Je me disais toujours qu’elle souffrait aussi d’un autre mal mais tout aussi insupportable, et que c’était certainement encore pire parce qu’elle savait qu’elle allait mourir, et elle ne pouvait rien faire, juste attendre que ça se passe. C’est aussi elle qui m’a appris à arrêter de me morfondre, et d’essayer de profiter un peu plus de chaque jour, en me disant que j’ai déjà de la chance d’être en vie et de pouvoir marcher pour aller me promener par exemple. Ce sont des plaisirs simples mais qui peuvent prendre une autre ampleur de ce point de vue là. Je me dis qu’elle a fait preuve d’un tel courage, que je n’ai pas le droit de me laisser aller. Pour elle qui est partie, pour mon frère, mais aussi pour tous ceux qui font partie de ma vie et qui comptent sur moi.
Si vous n’y arrivez pas, si vous n’acceptez pas, essayez de penser à ces gens là, qui se battent malgré eux. Demandez vous qui vous êtes, est ce que vous êtes une personne lâche qui va se laisser pourrir chez soi sans faire aucun effort pour se relever ? Où est-ce que plutôt vous allez vous bouger fesses et avancer, parce que votre défunt/te se moquerait de vous en vous voyant dans un tel état. Je sais bien ce que vous allez me dire : plus facile à dire qu’à faire ; mais croyez-moi, quand on se bat, on le fait pas seulement pour nous, mais aussi pour la personne qui est partie, on se bat pour l’honorer. On aura eu le courage d’affronter la réalité, et d’en sortir plus fort.
Une autre chose qui peut aussi aider, c’est de justement faire des choses en son honneur, des choses qu’il/elle aimait faire ou aurait aimé faire. C’est une manière de continuer à vivre tout en lui faisant des clins d’œil en lui montrant qu’on va de l’avant mais qu’on pense à lui , qu’on le fait aussi pour lui. C’est comme Noel. Nous, on a seulement recommencé à faire « noël » l’année dernière. C’était timide, mais l’intention, c’était qu’on le faisait aussi pour lui, qu’il était là dans notre cœur. Et que ça le rendrait malade de nous voir nous morfondre. Et même si on n’avait pas envie de la faire, (faut être honnête) on s’est dit que l’on n’allait pas passer le reste de notre vie comme ça à ne plus rien faire.
Voilà voilà, je ne voulais peut être pas faire aussi long et je ne sais pas si cela vous sera utile. En tout cas, ça m’a aidé de vous lire, et merci à vous d’ailleurs d’avoir témoigné : je prends conscience que je n’étais pas la seule à vivre ça. Je vous souhaite du courage et vous envoie plein de bonnes pensées.
A bientôt.

Hors ligne madâme

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Re : ne perdez pas espoir
« Réponse #1 le: 06 Décembre 2012 à 19:09:29 »
Bonsoir Marymar,

Et merci pour ton post! J'ai perdu ma soeur en août 2011, et je commence timidement à me reconstruire, c'est-à-dire à accepter le fait qu'elle ne reviendra plus, et qu'il faut bien que ma vie continue (c'est-à-dire que je vive des moments de sérénité, de bonheur, de joie, de reconnaissance, etc. etc.). Au début du deuil, il y a plus de moments tristes que de moments heureux. Et puis, après plusieurs mois, la tendance s'inverse. Les moments de tristesse se font encore sentir (traîtres, ils nous prennent toujours par surprise), mais les moments de bonheur font tout ce qu'ils peuvent pour les chasser! Je sais de quoi je parle, j'ai déjà fait le deuil de ma mère et de mon père. Mais là ma soeur! Insupportable! Au début, j'étais persuadée que j'allais sombrer dans le néant. Et puis, toujours cet instinct de survie. Et puis les terribles images de l'agonie de ma soeur. Et la prise de conscience "quelle chance tu as d'être en bonne santé". Alors je savoure le fait d'être vivante, de plus en plus, de mieux en mieux, à nouveau. Même si les retours de boomerang sont encore là, ils s'espacent.
Et, comme tu le dis toi même, j'ai la chance d'avoir trouver ce site, un jour que j'étais en plein désespoir, j'ai tapé dans google "deuil d'une soeur", et j'ai fini par tomber sur traverser le deuil. Et ce qui doit nous faire réfléchir au-delà de la mort de nos défunts, c'est que ce site existe parce que d'autres ont perdu les leurs. Nous ne sommes pas les seuls à subir les coups de la vie. Et le meilleur n'est il pas quand nous faisons profiter les autres de notre expérience alors que ce sont de parfaits inconnus? Comme tu le fais toi aujourd'hui, et pour ça, je te dis MERCI

Madâme

Hors ligne marymar

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Re : ne perdez pas espoir
« Réponse #2 le: 07 Décembre 2012 à 01:43:18 »
Bonsoir Madâme,

Merci pour ta réponse, je trouve que tu as tellement de courage, et j’admire ta volonté à aller de l’avant, même si je sais bien qu’au fond tout comme pour nous tous ici, c’est très dur. As-tu d’autres membres de ta famille sur qui tu peux te reposer et à qui tu peux te confier parfois ? Comme tu le dis si bien, c’est vraiment de la survie, ma mère me l’a souvent dit. Elle survit plus qu’elle ne vit. Elle a elle aussi perdu ses deux parents quand elle était jeune, et voilà que 20 ans plus tard elle perd son fils…c’était l’apocalypse pour elle. J’avais 15 ans quand mon frère est parti et j’avoue que je n’étais pas encore bien mature, et cela m’a fait grandir un peu plus tôt que prévu. On se rend compte que tout ne tient qu’à un fil. J’étais tellement obsédée par ça que j’étais persuadée que je pouvais mourir, moi aussi, du jour au lendemain, mais je n’avais pas peur de la mort en soi, j’étais surtout terrorisée à l’idée de laisser mes parents. Je vivais dans une espèce de paranoïa, à ne plus rien vouloir faire de peur de risquer ma vie. Heureusement cette peur s’est effacée (une fois que j’ai compris que non, je n’allais pas forcément mourir en sortant en ville passer du bon temps avec mes amis, ça paraît débile mais c’est vraiment ce que je pensais) et maintenant je suis un peu plus sereine, parce que mes parents vont un peu mieux.

Je suis d’accord avec toi, c’est cyclique en fait, c’est par période, on va bien un temps puis tout à coup ça nous reprend. C’est comme si on niait la vérité pour essayer d’être heureux, puis on s’arrête parce que la réalité nous rattrape. Comme tous les moments forts de nos vies où ceux qui ne sont plus là ne peuvent pas en être témoin. Je me dis qu’ils nous voient, c’est tout ce qu’on peut se dire. Je me dis que mon frère est fier de moi, et que de là où il est, il se marre bien de voir ce que je fais. C’est comme ça que je me suis reconstruite. C’est pour lui que je me suis donnée à fond dans tout ce que je fais, je me fixe des buts à atteindre et je me dis que je le fais pour lui, ça me donne du courage et ça me motive. Et puis surtout je veux réussir ma vie parce que lui n’en aura pas eu le temps. Il y a encore des moments où je craque, quand tout devient trop lourd, et que j’ai envie de tout envoyer balader, je me dis à quoi bon ? Et puis je me reprends, je pense à lui et je me dis que s’il était là, il me botterait les fesses ! Alors je sèche mes larmes et je retourne à mes activités.
Je voulais aussi raconter, si ça peut en rassurer certains, que j’ai fait un rêve il y a quelques temps peut être 2 ans quelque chose comme ça, où mon frère apparaissait. Il revenait. Je lui ai dit « mais qu’est ce que tu faisais pendant tout ce temps ? Pourquoi t’es parti ? » Il ne répondait pas. Il souriait. On a joué un morceau de guitare ensemble comme si de rien était, comme avant, et là des gens arrivaient dans la maison, il s’est donc arrêté de jouer et il m’a dit « bon faut qu’j’y aille », je lui ai dit « mais où ? », il m’a répondu « t’inquiète pas », je lui ai dit « mais est ce que t’es bien là-bas ? Est-ce que tu vas revenir ? » Il a souri à nouveau et m’a dit « t’inquiète pas tout va bien » j’ai entendu du bruit en bas, j’ai regardé dans le couloir et lorsque que je me suis retournée, il n’était plus là. Il était parti. Lorsque je me suis réveillée, je me suis sentie apaisée, et même si ce n’est peut être que le fruit de mon imagination, je l’ai quand même vu dans mon rêve, et je l’ai vu serein. Ca m’a beaucoup fait avancer.

Je te souhaite plein de choses positives Madâme, et j’espère que tu trouveras les éléments pour te reconstruire. C’est encore tout récent pour toi et j’imagine que le choc est encore très grand, (il le sera toujours à mon avis) je ne peux pas prétendre te comprendre complètement parce que nos contextes sont différents, mais je veux t’encourager. Je veux que tu y arrives, à aller mieux. Assez de souffrance comme ça, comme dirait ma mère, tu as eu ta dose !

Hors ligne madâme

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Re : ne perdez pas espoir
« Réponse #3 le: 07 Décembre 2012 à 21:47:09 »
Bonsoir Marymar,

Ca me fait du bien de te lire, parce que tu as du recul par rapport à la mort de ton frère, et que tu es message d'espoir. Mais pas un espoir "naïf", un espoir lucide qui nous montre qu'on peut retrouver un équilibre, tout en pouvant succomber à certains moments à des éclairs de lucidité "il/elle ne reviendra plus jamais" qui nous laissent avec un sentiment de vide, que nous devons combler. Tu as raison, comme dit ta mère "j'ai eu ma dose", et pour l'instant, malgré mon désir d'avancer, c'est encore dur. La plaie cicatrise, mais à chaque éclair de conscience, elle se rouvre…Bien sûr que le choc est encore très grand. Mon médecin me le disait encore cette après-midi. Il faut laisser le temps au temps, mais il ne faut pas s'oublier. C'est ce que tu fais du haut de tes 22 ans (deux ans de plus que ma fille :)), et je t'admire aussi pour la sagesse que tu as développée. Je te souhaite d'arriver à réaliser de belles choses qui te tiennent à coeur, et t'invite à les partager avec ton frère par la pensée. Personnellement, je me suis juré de dédier tous mes bons moments à Carole. Un clin d'oeil à notre relation.

Merci à toi d'être venue témoigner. J'ai tellement besoin de parler de la mort d'un frère ou d'une soeur avec des personnes qui savent ce que ça fait. C'est sur ce site que je peux le plus me livrer. Sinon, je sens bien que je dérange mes collègues, mes amis, mon mari. Les gens s'imaginent qu'avancer, c'est ne plus parler de sa peine au bout de quelque temps, et "profiter". Etrange mot que "profiter". Tellement porteur d'un sens différent selon ce que l'on est…

A bientôt Marymar, prends soin de toi

madâme

Hors ligne marymar

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Re : ne perdez pas espoir
« Réponse #4 le: 13 Décembre 2012 à 00:29:41 »
Bonsoir Madâme,
Excuse-moi de répondre seulement maintenant, difficile de trouver du temps en ce moment,
merci pour tes gentilles paroles,
je te comprends quand tu parles des gens qui considèrent que la vie continue, on ose jamais leur dire, "non pour moi la vie s'est arrêtée" finalement on a tendance à les laisser parler parce en fait je crois qu'ils ne comprennent jamais. Tu sais parfois j'ai l'impression que toute ma famille a déjà oublié, (mis à part mes parents bien sûr) mais ils s'imaginent qu'on va bien maintenant, comme si la douleur était "passée", avant je trouvais ça fou (un an après c'était dejà comme ça, les gens se demandaient pourquoi on ne faisait pas noel, pourquoi il y avait des soirs on avait envie de ne rien faire etc) je les détestais pour ça, j'avais l'impression qu'ils n'en avaient rien à faire. Et je trouvais ça insultant pour mon frère.
Maintenant je comprends, je crois juste que les gens ont peur d'avoir à affronter le fait qu'on aille mal, tout simplement parce qu'ils ne savent pas quoi faire dans ces cas là, alors maintenant je me contente de ne pas en parler, parce que je me dis que ce n'est pas de leur faute s'ils ne comprennent pas, ça ne vient pas d'une mauvaise intention de leur part, c'est juste qu'ils ont peur parce que c'est quelque chose qu'ils ne connaissent pas et comme maintenant on est dans une société où c'est chacun pour soi, je ne pense pas que ça ira en s'arrangeant...je crois qu'il n'y a vraiment que les amis qui peuvent nous aider, bien sûr ça dépend lesquels, mais je pense que les bons amis sont ceux à qui on peut tout dire, sans avoir besoin de prendre de gants, et à qui on peut confier ses états d'âme n'importe quand. J'ai quelques amies dans ce genre, et j'avoue c'est vrai, que parfois je n'ose pas les déranger avec ça, mais j'essaye quand même de leur glisser le message quand ça ne va pas, même sans leur dire, mais je vois tout de suite qu'elles sont là, et que même si on ne parle pas de mon frère, au moins elles connaissent mon histore, je n'ai pas à me justifier du fait que ça n'aille pas, et on fait autre chose, on se change les idée et ça repart.
As-tu repris le travail rapidement? Mon père a repris le travail quand même peu de temps après et ça a été très dur pour lui. Il ne le montrait pas vraiment mais il le portait sur son visage. Je n'imagine même pas le calvaire pour aller affronter chaque jour le quotidien. le travail, les collègues, il faut oublier ses problèmes quand on doit être à fond chaque jour à son poste. Sachant qu'on est pas censé avoir d'excuse et que quoi qu'il arrive, il faut assurer quand même. 
ça me fait penser à ce que m'a dit un jour ma prof de français quand j'étais en 1ère, je me suis confiée à elle en espérant trouver un soutien, j'ai regretté aussitôt car je l'ai trouvée dure avec moi, elle m'a dit "concentre toi sur ton travail, n'arrête jamais, c'est la seule chose que je peux te dire" je lui ai répondu que ce n'était pas évident etc, et je suis rentrée chez moi bredouille me sentant un peu bête de m'être confiée, en même temps qu'est ce qu'elle pouvait bien me dire d'autre, la pauvre, je me mets aujourd'hui à sa place, et je me dis qu'elle a eu raison, parce que non seulement j'ai suivi son conseil mais en plus ça a marché!

Ta fille peut être fière de toi, parce que tu ne te laisses pas aller, et je suis sûre que tu te bats aussi pour elle, et pour ton mari, et que parfois c'est normal, ils ne vont pas forcément comprendre l'état d'esprit dans lequel tu es, mais ils comptent sur toi, j'imagine, et il faut continuer pour eux aussi.

Je te souhaite une bonne nuit, Madâme, enfin plutôt une bonne journée ... à bientôt

Hors ligne madâme

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Re : ne perdez pas espoir
« Réponse #5 le: 13 Décembre 2012 à 20:29:36 »
Bonsoir Marymar,

Pas trop le temps de te répondre, mais je vais être concise. Ma soeur est décédée le 17 août, et j'ai repris le 1er septembre. j'étais complètement  déconnectée des soucis du boulot, mais j'ai tenu le coup, pour lutter contre la pulsion de mort. Les montagnes russes ont été hallucinantes d'intensité.
Tu as raison, au bout d'un an, les gens croient que nous avons fait le tour et qu'il est grand temps de recommencer à profiter de la vie, puisque nous devons mourir. Pour ma part, ce site a été une bénédiction! Plus personne ne me parle de la mort de Carole, de ce que nous avons enduré. Je les comprends. Ils ont peur de remuer la vase…Mais ça fait du bien, de remuer la vase. Ca permet de s'en sortir, contrairement à ce qu'on croit! Je ne suis pas d'accord avec ta prof, il faut continuer, mais il faut aussi savoir lâcher prise. Nous ne sommes pas des autruches! (mon mari, si…). Ne nous voilons pas la face, et continuons. Nous nous en sortirons, car comme je l'ai déjà dit, nous plions, mais ne rompons pas :)

Bonne soirée et douce nuit,

madâme