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Qu’est-ce que le deuil ?

Démarré par Webmaster, 16 Février 2016 à 16:53:33

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Webmaster

Dans cet espace d'Ă©change, je vous invite Ă  partager votre expĂ©rience et votre vĂ©cu autour de ces deux questions principales : « Quels sont les effets du deuil sur vous ? »   et  « Comment prenez-vous soin de vous pour traverser cette Ă©preuve ? »

FaĂŻk

J'ouvre le bal donc, et je répondrai juste par quelques mots.

Quels sont les effets du deuil sur vous ?  : dĂ©lĂ©tères

Comment prenez-vous soin de vous ? : prendre soin de soi, c'est penser Ă  soi, je ne pense plus Ă  moi, car je ne sais plus qui je suis...

Eva Luna

Le deuil me fatigue,
m'aigrit,
me fait grossir,
me coupe des autres,
relativise tous les autres coups du sort...rien n'est grave depuis...
me rend monomaniaque de tout ce qui tourne autour de la mort et du deuil, de la souffrance et du manque, en livres, en émissions, en discussions...le reste est devenu secondaire et frivole...
me fait douter de la Vie
me propulse face aux questions existentielles qu'on repousse si souvent sous le tapis
me fracasse la mémoire
et le temps
me bouche l'avenir
m'a pris mes amis/es
me  fait imaginer le pire Ă  chaque fois et le craindre pour ceux que j'aime
m'oblige Ă  inventer des rituels pour conjurer l'absence
me vrille le cœur
me fait penser tordu...
me déprime
m'isole
me colle la nausée dans les pires creux
explose ma croyance en la vie est belle
me transforme en une autre moi encore peu connue
met un plexiglas entre moi et les autres, les non-en-deuil...moi et le monde...
affute mon regard sur le mal, la maladie, la souffrance, omniprésentes dans notre monde, spectacle affligeant...
me dérobe le sens, de tout...et un monde insensé est assez inhospitalier...
je ne crois plus en la psychologie ni la philosophie qui n'ont rien Ă  dire de la mort d'un enfant...

Je suis une maman laminée par la mort de sa fille, frappée par un deuil à traverser,( que je le veuille ou non...) qui perfectionne chaque jour sa technique de survie....Les effets de ce deuil essentiel sont ravageurs...je les subis, je suis impuissante face à sa mort qui irradie chaque instant de ma vie d'après, lui donnant une sale couleur gris-moche...je me brûle et me consume près du soleil noir de l'absence et du manque...


Et les effets positifs? Puisqu'il parait qu'il y en a pour certains/es?
ce deuil me rapproche de mes enfants, nous souffrons ensemble
soude ma famille
a supprimé ma peur de la mort



Romane

Je ne sais pas. Je ne comprends pas encore ce qui nous arrive, ce qui m'arrive.

souci

    Bonjour Ă  tout le monde.

    Le deuil m'a complètement ravagĂ©e.

    Le deuil ET la tragĂ©die du suicide de mon jeune neveu.

    Je me sens très concernĂ©e par la prĂ©vention du suicide.

    Jamais je n'oublie, j'ai ça prĂ©sent Ă  ma conscience tout le temps.

    Dans les foules, je repère les gens tristes, surtout les jeunes.

    Ou alors des fois je vois quelqu'un avec un regard "trouĂ©", et je me dis: "peut-ĂŞtre un(e) qui SAIT"...

    Et puis cette impression d'avoir dĂ©passĂ© une frontière, on ne reviendra pas Ă  l'Ă©tat d'esprit d'avant, on devra toujours "se forcer" Ă  aller bien.

    Je sauve "les meubles" en soignant ma prĂ©sentation, mĂŞme si mon visage a pris un air de gueule de gangster, quand je ne fais pas attention.
    Moi, ça m'a coupĂ© l'appĂ©tit, la mort du petit.
   
    Me faire du bien ? Oui, je m'en fais, il faut bien !
    Si j'ai besoin de me reposer, je renvoie les trucs Ă  faire aux calandres grecques.
    J'utilise les huiles essentielles d'aromathĂ©rapie le soir, elles me rĂ©confortent et me dĂ©tendent.

    J'Ă©tais super gaie et me voilĂ  super triste.
    J'ai des projets pour amuser des enfants, les petits enfants suscitent encore de l'espoir en moi, ils sont la perpĂ©tuitĂ© de l'innocence ...
    Je me bats contre le dĂ©sespoir.
    Il ne gagne pas, mais moi non plus.

    Merci Ă  ce forum et Ă  l'esprit de partage qui s'y Ă©tend.

kompong speu

le deuil ou plus exactement les deuils rĂ©pĂ©tĂ©s que j'ai vĂ©cu  on casse petit a petit l'essentiel de mon ĂŞtre
la mort de mon fils a brise le reste

milou

#6
ĂŠtre en deuil, c'est Ne plus ĂŞtre.

C'est comprendre en un instant que tout a changé et que plus rien ne sera jamais comme avant
C'est comprendre immĂ©diatement que la perte est irrĂ©mĂ©diable,  dĂ©finitive.

C'est devoir accepter que rien ni personne ne répondra à la question Pourquoi ?
C'est devoir se résigner à accepter l'inacceptable.
C'est devoir vivre dans un monde qui n'est plus le sien,
C'est devoir supporter le manque de l'être aimé.

C'est chercher au fond de soi les ressources pour aller jusqu'au jour suivant.
C'est chercher Ă  apprivoiser les images et les souvenirs du malheur qui surgissent Ă  tout moment
C'est chercher un sens Ă  sa vie dans un monde qui a perdu tout sens.

C'est accepter le prĂ©sent, ne plus rien dĂ©cider, vivre au jour le jour, tenter de dormir un peu, se rĂ©veiller en larmes, essayer de se nourrir correctement, comme une discipline de survie et non un plaisir, supporter tant bien que mal les  gĂŞneurs de tous ordres.

C'est aimer les siens et souffrir en silence avec eux, de peur que les mots soient trop insupportables.

C'est accueillir cette Ă©preuve humblement en espĂ©rant ne pas devoir en vivre une autre,  plus grande encore.

C'est découvrir que l'on peut partager ses émotions avec des inconnus qui souffrent encore plus et prennent le temps de vous soutenir,

C'est comprendre que le deuil est universel et que notre monde vaniteux et superficiel l'a oublié et en rejette toute expression.

Milou

Bonodelphe

Milou, vos mots résonnent si justes, si vrais.

linou

Je continue mais je rejoins Milou (tu sais mettre les mots)
Les effets du deuil : un immense vide, je me sens complètement inutile, une vieille noix séchée
j'ai perdu 6 kilos, mon sommeil, des connaissances. Une incompréhension.
Un poignard enfoncé en permanence dans le cœur, des angoisses, des aiguilles dans l'estomac.
J'agis comme un automate, me lever, travailler, revenir, manger un peu, douche, lit. J'ai l'impression qu'aucun plaisir ne m'est accordé et si infime soit-il, il me culpabilise.
Oui la culpabilité est moins forte qu' au début mais toujours là.
j'ai fait le tri dans la famille (la belle-famille), j'ai supprimé les gens toxiques.
Je suis allée deux fois voir Sainte Rita, 2 X un psy (je sens pas de différence, j'ai l'impression qu'il regarde un objet)
La maison ne résonne plus, tout est silence et lourd.
Comment je prends soin de moi : difficilement... je suis sur une autre planète. les conversations sont différentes puisqu'il n'y a plus que la douleur, le manque.
Mais : j'ai rencontré 2 personnes qui sont en deuil de leur compagnon aussi et le fait d'échanger nos émotions, m'a fait du bien.
Des collègues à l'écoute, des amis proches et qui restent proches, qui m'aident. Ma meilleure amie sert d'intermédiaire ( avec le frère de mon compagnon) et depuis que je n'ai plus à gérer ce mec, j'ai eu un poids énorme qui est tombé.
Déléguer m'a fortement soulagée. Lundi était la première journée sans pleurs (je n'y croyais pas)
Et puis ce  FORUM, ma bouĂ©e, des sĹ“urs de douleurs derrière leurs claviers... Si ce forum n'existait pas, je serais malheureuse Ă  un point incommensurable.

arfaca

ĂŠtre en deuil oui c est  faire face ,supporter le quotidien alors que Lui  n est plus lĂ .
Quand  je parviens Ă   avoir un moment  de sĂ©rĂ©nitĂ©, d apaisement ,il y a toujours un coup de  fouet qui vient me rappeler Ă   l 'ordre....le chocolat dans le placard, une Ă©mission  tĂ©lĂ©  une chanson ....Cette tristesse  ne nous laisse  pas de rĂ©pit, nous use!!
Prendre soin de moi ,je n'y arrive pas...voilĂ  un an at demi que je ne pense qu' Ă  mes enfants, ma famille, mes amis,je leur fais plaisir Ă   eux et c est ma seule  safisfaction,m occtroyer du plaisir me parait impensable et si difficile. .
Parler de Lui, de mes angoisses pour l avenir avec des personnes proches m 'apaise mais j ai peur de les ennuyer; de les mettre mal Ă   l'aise car elle  risquent de se sentir demunies...tu as raison les petites aiguilles ou le poignard ne nous lachent pas ..il faut trouver quelques petites consolations ...
Parler sur ce forum avec les amis de douleur en est une.....
Merci
Tendres pensĂ©es Ă   vous tous
Arfaca

MarieG

Le deuil pour moi, c'est le moment oĂą mes certitudes basculent.
Où ce que je croyais est remis complètement en question.
Où ma propre mort devient une évidence inéluctable et non souhaitée.
OĂą la vie en moi crie Ă  tue-tĂŞte : VIS!

Le deuil pour moi, c'est laisser partir ma meilleure amie et revenir vers moi.
Prendre le temps de m'habiter...
Prendre le temps de respirer...
Après une année d'hyperactivité, de fuite et de retrait.
Prendre le temps d'écrire ce que je ressens, ce que je vis
Et de raconter à l'infini, ce qui s'est passé.

Le deuil pour moi, c'est redéfinir ma vie.
Retourner à l'intérieur de moi et me bercer doucement.
Retourner à l'intérieur de moi et écouter mes pleurs, mes regrets et ma colère.
Retourner à l'intérieur de moi et ralentir le pas pour qu'enfin j'entende le son de sa voix.

Nandou_Guanaco

Y' a pas pire sur terre, on a connu le meilleur, ça c' est sûr, mais la vie ou plutôt la mort veut coûte que coûte reprendre ses droits car c' est elle la plus forte, personne ne l' a encore vaincue, alors voilà, le meilleur d' abord, le pire pour clore l' histoire de notre vie. On se croyait immortel, on se croyait fort face à la fatalité, on se disait qu' on avait bien le temps de préparer sa retraite et l' avenir, le temps passait trop vite et puis voilà, le deuil a tout fait voler en éclats.

Le deuil c' est donc pleurer sans cesse, regretter sans cesse, se poser des questions sans cesse, c' est avoir deux personnalitĂ©s ou une seule coupĂ©e en deux car on ne se reconnait plus dans ses rĂ©actions, je me surprends Ă  faire des choses  ou Ă  avoir des absences, je me dis: mais ce n' est pas moi qui ai fait ça! Ben qui d' autre alors? Moi c' est sĂ»r.

Je ne souhaite à personne, pourtant statistiquement on a une chance sur deux de devenir le conjoint survivant, c' est le pire cadeau empoisonné pire que la pomme de la sorcière, pasque l' être cher ne viendra jamais nous réveiller d' un baiser! Jamais je ne serais descendue sur terre si j' avais su ce qui m' y attendait, pourtant je n' ai pas à me plaindre, mais la conclusion de ma vie est infernale, on devrait mourir ensemble avec la personne qu' on a choisie, rester seul c' est mourir à petit feu. C' est sombrer, le deuil c' est un naufrage.

FaĂŻk


Cris74

Les effets du deuil sur moi depuis 76 jours, un peu plus de 2 mois : tristesse, chagrin, peine immense, vide complet, isolement, sentiment d'etre reellement seule et incomprise dans un monde different et egoiste, vulnerabilite, susceptibilite, une seule pensee en tete, celle de cette fin de vie et ce depart trop rapide, epuisement, insomnies, mal bouffe,  crises d'angoisse, douleurs physiques, incapacite a maitriser mes emotions ... depression.
Comment je prends soin de moi ? Seuls les antidepresseurs commencent a me permettre de me relever.  Ce forum m'a egalement aidee a comprendre mes emotions et ce mal etre generalise. Je consulte egalement un psy mais mon meilleur psy, c'est vous tous. Merci a vous qui prenez le temps de temoigner, aider, partager.

Kariole

Je traverse le deuil le plus douloureux de ma vie .. Je cherche a trouver la faille qui a fait que mon mari a été foudroyé si soudainement .. Dans ses tristes circonstances je me questionne a savoir si tout a été fait côté médical .. Je suis rudement mis a l'épreuve par son départ mais j'essaie de trouver les ressources pour m'aider ..