Auteur Sujet: Parents-Enfants envolés  (Lu 840 fois)

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Parents-Enfants envolés
« le: 29 Août 2018 à 11:53:04 »

Parents-Enfants envolés

J'ai de plus en plus envie d'écrire aux Papa et Maman.....  soutenir encore et toujours..... transmettre quelques notes d'espoir.....

Espérer, c'est avoir la force de sourire avec un cœur qui ne cesse de pleurer !

C'est à nous de continuer à faire vivre nos enfants envolés dans nos Coeurs et nos pensées...
C'est à nous aussi d'apprendre à les aimer d'une autre manière... les aimer différemment entre Terre et ciel !
Vous savez, vous comprenez, vous ressentez !

S'exprimer sincèrement sans filtre et sans filet... c'est difficile mais ça soulage !
Dévoiler nos faiblesses... c'est dur mais c'est mieux !!!
Être authentique avec nos émotions et nos sentiments.

En tout cas merci à VOUS pour votre soutien et vos amicales attentions ...
J'essaie parfois de vous surprendre un peu grâce à ma bonne humeur et un brin d'humour !

Pensées émues et solidaires.
Je vous embrasse toutes (les Maman)  et tous (les papa)

Papa de Raphaël
Federico
- Espérer, c'est avoir la force de sourire avec un cœur qui ne cesse de pleurer
- Qui pourrait me dire maintenant ce que je dois dire, écrire, croire, penser ou faire ? Personne ! je suis LIBRE !

Hors ligne Federico

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Re : Parents-Enfants envolés
« Réponse #1 le: 29 Août 2018 à 17:55:47 »

J'ai beaucoup réfléchi avant d'écrire ces quelques lignes et longuement hésité avant de publier ce texte ... parce que... justement et personnellement, j'ose à peine le dire : mon couple n'a pas réussi à surmonter la mort par suicide de notre fils aîné âgé de 18 ans !
Notre couple a tout de même tenu très difficilement AVEC cette tragédie pendant 3 ans !... et aujourd'hui, nous sommes séparés depuis un peu plus de 2 ans !
25 années de vie commune... famille aimante et très unie !
Notre couple complice, solide et amoureux a éclaté en mille morceaux !... douleur indicible, souffrance impartageable, communication impossible !
J'étais extraverti..."depuis" je suis introverti ! silencieux et solitaire ! secret !
Mon ex-compagne étais plutôt introvertie... "depuis" elle est extravertie, super active physiquement et socialement !
Je suis "spirituellement intérieur"... elle est "superficiellement extérieure"...
Bien évidemment... nous traversions chacun de notre côté cet insurmontable malheur !
Elle a visité médecin, psy... etc... etc... accompagnée par une aide médicamenteuse !
Moi... pas de psy... pas de médicaments !
Nous nous sommes irrévocablement éloignés... mentalement et physiquement (chambre à part donc nous ne faisions même plus l'amour ).
Absence de gestes et de mots doux & tendres...
Absence d'affection, d'attention...
Plus RIEN à échanger, à partager, à communiquer !
Nous vivions un deuil diamétralement opposé... contraire...
Quand elle n'a plus supporté mon deuil... elle m'a quitté...
C'est son choix, sa décision, sa Liberté !
Nous nous sommes très respectueusement séparés...
Un exemple de séparation !!!
Désormais, je ne veux plus ni la voir ni lui parler...
Pas d'invitations, pas de relations amicales !
C'est mon choix, ma décision, ma Liberté
Elle sait où j'habite en cas d'urgence et comment me joindre au téléphone ou par e-mails 24h/24h mais c'est uniquement et exclusivement pour tout ce qui concerne notre fils !
Elle est maman ... je suis papa !
RESPECT !
OUI, c'est triste ... mais la vie... c'est comme ça ! parfois injuste et souvent cruelle !

Amicalement, solidairement
Federico
Le papa de Raphaël

PS : Courage aux couples !
Soyez attentif... faîtes attention... ne mettez pas en danger l'unité de votre couple... cela ne résoudra rien... au contraire, cela va vous appauvrir indiscutablement...
Tolérance, compréhension, respect, amour...
Pensez à lui, il pensera à vous, pensez couple !
Gestes et mots doux et tendres au menu de tous les jours... matin, midi et soir !
- Espérer, c'est avoir la force de sourire avec un cœur qui ne cesse de pleurer
- Qui pourrait me dire maintenant ce que je dois dire, écrire, croire, penser ou faire ? Personne ! je suis LIBRE !

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Re : Parents-Enfants envolés
« Réponse #2 le: 29 Août 2018 à 22:21:07 »
Quand la douleur balaie tout sur son passage......

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Re : Parents-Enfants envolés
« Réponse #3 le: 30 Août 2018 à 07:26:26 »
Federico

Papa, Maman présents sur le forum, nous vivons la même déchirure, la même tristesse, le même aquoibon, le même
pourquoi?, merci pour ton soutien à tous.

En ce qui concerne le couple, il est éclaté, nous n'avons pas tous la même faculté à rebondir, à repartir ensemble,
je laisse mon mari aller et venir seul chez les amis, il a le droit, celà lui permet de supporter l'insupportable, il
souffre aussi à sa manière, Jérôme nous aimait tous les deux.

Une Maman     

Hors ligne Federico

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Re : Parents-Enfants envolés
« Réponse #4 le: 31 Août 2018 à 01:31:36 »

Je suis en train de relire un beau livre : "Camille, mon envolée"
de Sophie Daull, aux Editions Philippe Rey.

Ce message s'inspire largement de l'auteure Sophie Daull.
Avec votre permission, Madame.

C'est l'histoire de Camille, 16 ans, qui s'est brutalement envolée et qui laisse ses parents dans une immense souffrance !

Au cours d'une dispute avec son mari, l'auteure écrit : " Le vrai ravage c'est toi, toi qui n'est plus là. Trois c'est 2 + 1,
maintenant c'est 2 - 1 . Tu butinais de l'un à l'autre, tu faisais la valeur d'équilibre...maintenant, c'est le vide qui doit faire l'équilibre."
Le couple (2) moins l'enfant (1) ... 2 - 1 et on se retrouve SEUL... terrible de vérité !

" Epouvantable compétition. Chamaillerie désespérée. Affreuses ruses pour ne pas laisser entrer dans notre être la réalité de ta mort. Réflexes mesquins de séparation, d'adversité, de coupure ; comme si nous livrer à ces petites guerres allait nous tenir hors de la grande tragédie."
Je ne comprends que "trop" bien... hélas...

" Et puis j'ai senti qu'il valait mieux céder, se laisser entièrement dévaster."
Dans le silence et la solitude de ma douleur, mon chagrin... mon quotidien !

" La vie assassinée, oui, mais pas la vie dégradée par notre propre laideur."
La vie suicidée, oui, mais j'ai ma fierté de papa, ma dignité d'homme...
Je ne veux pas qu'on me vole mon espérance...

" Encore aujourd'hui, tu sais, je cherche des coins isolés où je puisse hurler ma douleur, ton absence."
Oui, c'est vrai... j'ai besoin de crier, de hurler... seul !
Oui, c'est vrai... j'ai besoin d'écrire mon désespoir... seul !

Mais comment c'est possible, bordel, que JE ne sois pas mort tout de suite après l'annonce de TA mort.

Raphaël... requiescat in pace.

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Re : Parents-Enfants envolés
« Réponse #5 le: 01 Septembre 2018 à 14:27:19 »

Parents- Enfants envolés

Je lutte... c'est une lutte incessante... contre un adversaire invisible : le suicide !

Je fais TOUT ce que je peux... je prends soin de moi... je suis indulgent envers moi !

Je résiste à mon amie Souffrance pour mieux l'apprivoiser... oui, je fais de mon mieux !

Je tombe régulièrement par terre... j'essaie toujours courageusement de me relever, j'essaie tout doucement de remonter la pente, j'essaie de tenir debout et d'être fort, j'essaie d'avancer... pas à pas...puis de sourire et de rire...

Je suis en plein désespoir mais je recherche infiniment et perpétuellement la paix et la sérénité.

Je travaille, je fais face à tous mes devoirs, à toutes mes obligations et je me repose un maximum... je me protège pour tenir, survivre !

Ce weekend, je suis en pensée au plus près de Raphaël et de mes proches.
Cette année, j'éprouve tout particulièrement un grand besoin de me recueillir... respirer, pleurer... au grand air !

POUR MOI... avec les autres !

Papa de Raphaël
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Re : Parents-Enfants envolés
« Réponse #6 le: 03 Septembre 2018 à 02:04:32 »
Federico

Le suicide, la maladie incurable, des adversaires contre lesquels nous sommes impuissants, qui nous laissent à terre,
qui nous ont pris nos enfants sans qui nous ne sommes plus rien, des loques qui tentent de se relever sans succès.

Je suis de tout cœur avec toi , Raphaël et Jérôme mon enfant d'amour.

Une maman

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Re : Parents-Enfants envolés
« Réponse #7 le: 05 Septembre 2018 à 05:36:03 »

Une Maman,

Tu as remarqué comme NOTRE sujet "Parents-Enfants envolés" est confidentiel... moi, personnellement, j'aime bien ! comme ça nous pouvons être en toute intimité AVEC nos enfants...
N'hésite pas à me parler de Jérôme, ton enfant d'Amour... tu peux raconter... aie confiance !

Nous sommes là pour échanger, partager... nous soutenir et nous aider à traverser nos propres douleurs et souffrances !

Moi aussi, je suis de tout Coeur avec toi... mais ça tu le sais déjà !

Amicalement, solidairement.
Papa de Raphaël
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Re : Parents-Enfants envolés
« Réponse #8 le: 07 Septembre 2018 à 13:09:08 »

"Les anniversaires sont de tristes moments
Qui nous ramènent à notre vie d’auparavant
Nos souvenirs se bousculent intensément
Après ce choc indescriptible
Tourner la page est impossible
Quoi de plus douloureux pour mous, parents
Que la perte de nos très chers enfants  ?
Il ne nous reste que les souvenirs
Et évoquer et voir le temps s’enfuir
Les « jamais plus »sont devenus notre  quotidien
Nous nous  questionnons sur tout ce gâchis pour rien
Pourquoi naitre, vivre et mourir
Aimer nos anges et les chérir
Pour finalement les voir partir
Le matin qu'il est difficile de se lever
Et de forcer de faire semblant de bien aller!

Nous les gardons en nous et les aimons pour le restant de notre vie et pourtant ils nous manquent tellement."

Vol du papillon

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Re : Parents-Enfants envolés
« Réponse #9 le: 07 Septembre 2018 à 22:13:23 »
Certains jours on voudrait les rejoindre aujourd’hui je voudrais partir , rétrécir comme un lapin me faire attraper par une buse et m’envoler pour toujours

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Re : Parents-Enfants envolés
« Réponse #10 le: 07 Septembre 2018 à 22:21:31 »
Kompsong Speu,

Le fond de ce que tu exprimes n'a vraiment rien de réjouissant mais pourtant tu viens de m'arracher un franc rire avec la façon dont tu décris ton souhait de partir....le lapin et la buse....quelle idée originale 
Tu as  le  don de  mêler tristesse et drôlerie. ;)

Une nouvelle etoile brille dans le ciel
aussi intensement que l'amour qu'elle porte en elle.

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Re : Parents-Enfants envolés
« Réponse #11 le: 09 Septembre 2018 à 02:11:20 »

"La perte fait entrer l'éternel dans nos chairs et l'éternel c'est ce qui ne passe pas, ce qui reste en travers de la gorge .
Elle avait perdu un enfant il y a de ça quelques années, en vérité il y avait une seconde : le coeur ignore le temps. "

 Christian Bodin - La grande vie-
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Re : Parents-Enfants envolés
« Réponse #12 le: 09 Septembre 2018 à 02:36:01 »

   René-François SULLY PRUDHOMME   (1839-1907)


Les yeux

Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,
Des yeux sans nombre ont vu l'aurore ;
Ils dorment au fond des tombeaux
Et le soleil se lève encore.

Les nuits plus douces que les jours
Ont enchanté des yeux sans nombre ;
Les étoiles brillent toujours
Et les yeux se sont remplis d'ombre.

Oh ! qu'ils aient perdu le regard,
Non, non, cela n'est pas possible !
Ils se sont tournés quelque part
Vers ce qu'on nomme l'invisible ;

Et comme les astres penchants,
Nous quittent, mais au ciel demeurent,
Les prunelles ont leurs couchants,
Mais il n'est pas vrai qu'elles meurent :

Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,
Ouverts à quelque immense aurore,
De l'autre côté des tombeaux
Les yeux qu'on ferme voient encore.

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Re : Parents-Enfants envolés
« Réponse #13 le: 23 Septembre 2018 à 22:35:14 »

La perte d'un enfant

Tout est terrible dans la perte d'un enfant. Il n'y a pas un âge ou une manière. Revendiquer le pire même si je le comprends aurait-il un sens ? L'essentiel est de respecter l'horreur et le traumatisme. Nous avons en commun d'avoir vu mourir notre enfant, d'avoir vécu ce qu'aucun parent ne devrait avoir à vivre.
Certains souffrent de ne pas avoir vu le corps mais même en ayant vu, on ne réalise pas et on continue à croire en apercevant une silhouette. Le rationnel n'a plus sa place.
Je n'ai pas pu lui dire au revoir... Il est mort seul... Il n'a pas souffert... Il a été assassiné, au mauvais endroit au mauvais moment, un accident une erreur, une disparition... C'est de ma faute, comment a-t-il, que s'est-il passé... ? Procès, attente, papiers indélicats...
Il n'y a pas de mot pour décrire ce que l'on subit à la découverte du corps de celui qu'on aime et de tout le questionnement et le choc que provoque un suicide. A ce propos, alors que les familles réclament que le tabou soit levé, ce qui est essentiel notamment au niveau de la prévention, le mot est rarement employé. Lorsque nous présentons celui que nous aimons, ce n'est pas suicide, on accole généralement au prénom "a choisi de partir", ce qui personnellement me trouble. Je ne parlerais pas de choix sauf peut-être en de rares occasions. Ils ne souhaitent pas mourir mais arrêter de souffrir. Savoir qu'ils en sont arrivés là n'est pas une consolation mais me paraît plus correspondre à leurs secrets, ceux qu’il faut respecter et auxquels nous n'aurons pas accès. Cela permet aussi d'avancer sur le chemin de reconstruction qui nous parait impossible après un tel drame et entendre que notre amour n'aurait pas pu sauver. Personne ne sauve personne. Il faut aussi savoir que ce n'est jamais une seule cause mais un ensemble d'éléments qui conduisent une personne à commettre l'irréparable avec en fond, une sensibilité très souvent, une vulnérabilité. C'est généralement plus complexe qu'il n'y parait et croire que l'on aurait pu l'éviter n'est pas évident. Ceux qui ont accompagné une personne qui a sombré le savent bien, ni les médicaments ni l'hospitalisation ni l'amour ne peuvent redonner goût à la vie sans un déclic. J'ai réussi à force de remises en question à mettre toute ma culpabilité et mes interrogations de côté sauf ce déclic, que je n'ai toujours pas accepté. Pourquoi certains ont-ils les armes pour supporter pire et pas d'autres ? Je devrai faire avec, tout comme la frustration de ne pas lui avoir transmis mon énergie, ma force vitale et ces souvenirs que j'aimerais tant effacer et qui brûlent ma chair.
Mais les images sont tout autant cruelles lorsqu'il s'agit d'accompagner son enfant vers une mort plus ou moins annoncée. Chaque étape de la maladie est autant d'espoirs déçus auxquels on se raccroche, de souffrances insupportables. On voit son enfant dépérir, s'éteindre et on assiste impuissant là encore à sa descente, guettant le moindre signe sur le visage du docteur qui nous laisserait croire à un miracle alors que notre enfant est plus léger que la plume. Où trouver l'énergie de lui sourire encore à travers la vitre, de lui tenir cette main si pâle, si faible ? Puis de lâcher...
Est-ce pour autant plus facile de n'avoir eu son petit que quelques heures ou rien, avec un trou béant au creux de ses reins et la frustration abyssale de ne pas l'avoir connu, de nos câlins, de notre avenir manqué. Un petit cercueil blanc, un berceau vide, une famille qui n'a pas eu le temps de le voir, la réa, les perfusions, bercer son petit corps.
Et ce père de quatre-vingt ans qui n'a plus la force de marcher ni aucun projet, le temps qui passe au compte-goutte pour repasser en boucle les moments du passé avec son fils qu'il vient de perdre.
C'est un deuil encore mal reconnu dans une société qui refuse la vieillesse et la mort. Le temps n'est plus le même. Chaque parent se dit que cela aurait dû être son tour, qu'il aurait donné sa vie pour. Chacun sait que sa famille, sa vie vont exploser et est terrifié à l'idée de ce qui l'attend. Certains d'entre nous y parviendront, d'autres moins. Nous n'avons pas le même vécu et l'histoire est différente. Difficile pour les frères et sœurs de trouver leur place, pour notre entourage de s'adapter. Certains s'éloigneront, pas seulement à cause du deuil, révélateur malheureux de la qualité de notre relation d'avant et du vrai visage de ceux que l'on croyait proches. Dans l'idéal, j'aurais à la fois aimé que l'on en tienne compte et que cela ne change rien.
Il faut passer par là pour comprendre. Mais pas pour tendre la main
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Re : Parents-Enfants envolés
« Réponse #14 le: 24 Septembre 2018 à 13:52:56 »
Tu seras un Homme papa. Au Lucernaire à partir du 24 octobre 2018.

De et avec Gaël Leiblang
Mise en scène Thibault Amorfini

Tu seras un Homme papa, est une histoire vraie. C’est autour de la couveuse de Roman, né prématurément, que va se tisser ce récit bouleversant d’une famille mise à l’épreuve 13 jours durant. Sur scène, Gaël Leiblang nous plonge dans le journal de bord d’un père qui se bat pour trouver le chemin de la résilience. Écrite avec pudeur, la pièce est racontée en éclats fragmentés à travers l’allégorie du sport. Une manière pour cet ancien journaliste sportif de nous arracher à la réalité désincarnée de l’hôpital. Le sport pour affronter ses peurs et mener cet inconcevable combat, la perte de l’enfant. On ne sort pas indemne de ce témoignage sensible, on en sort plus vivant que jamais.

Réservations: web.digitick.com/tu-seras-un-homme-papa-theatre-contemporain-css5-lelucernaire-pg51-ei605799.html

Tu seras un Homme papa, est une expérience de théâtre unique.

https://vimeo.com/234963097

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