Auteur Sujet: recherche d'un livre pour une maman en deuil  (Lu 2199 fois)

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Hors ligne annabelle

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recherche d'un livre pour une maman en deuil
« le: 26 Novembre 2012 à 00:19:14 »
bonsoir
j'ai perdu mon frère il y a 3 mois et ma maman ne va pas bien du tout
je n'arrive pas a la remonter elle perd en santé et se recroqueville dans son enveloppe corporelle .j'ai l'impression qu'elle est comme  sur un bateau qui dérive et aucun signe de vouloir vivre ou survivre ,rien!!!
je voudrais trouver un livre ou autre  sur la perte d'un enfant qui la rebouste car l'avenir me fait peur, j'ai très peur de la perdre a son tour
j'aimerai aussi lui écrire une lettre mais je ne sais pas comment m'exprimer ,ni même quoi mettre dans cette lettre qui pourrait lui faire du bien.j'ai beau parler avec elle mais rien ni fait.
que faire!!!!
courage a tous
annabelle



Hors ligne Méduse

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Re : recherche d'un livre pour une maman en deuil
« Réponse #1 le: 26 Novembre 2012 à 15:24:20 »
Il te faudra beaucoup de patience avec ta mère. Tu ne pourras pas la « rebouster ». Elle ne sera plus jamais comme avant et il lui faudra beaucoup de temps pour s’apaiser. Trois mois, c'est si peu de temps. J’ai perdu ma fille ainée qui a mis fin à ses jours. Elle est décédée, il y a 21 mois aujourd’hui. Les premiers mois, je n’arrivais pas à penser à autre chose qu’à elle. J’avais besoin de parler d’elle en permanence. Cela fera du bien à ta mère de parler de ton frère avec toi. Fais-la parler de son fils, de vos souvenirs. N’aies pas peur de lui rappeler son chagrin, de toute façon, elle ne pense qu’à lui. Pas la peine de la raisonner. Il faut "user" sa peine.
Dis-lui que tu as peur de la perdre.
Tu peux lui montrer ce site également. Si elle ne veut pas écrire dans un premier temps, au moins, elle se sentira moins seule puisque nous sommes bien trop nombreuses à avoir perdu un enfant.
Regardez les modules-vidéo :
http://www.traverserledeuil.com/
ou la conférence du Dr Fauré :
http://www.inrees.com/Conferences/dimensions-du-deuil-Comment-vivre-le-deuil/
ou regarde les livres de la bibliographie.
Ici, tu trouves pleins d’autres conseils de lecture :
http://forum.traverserledeuil.com/index.php/topic,864.0.html
Pour moi, ce qui m’a aidé aussi dans un premier temps, c’était « Ce lien qui ne meurt jamais » de Lytta Basset : Albin Michel 2007 qui a perdu son fils par suicide et parle de ses émotions.

Avant la mort de ma fille, je pensais que la mort était une fin. Mais depuis, j’ai eu de nombreux signes d’elle et j’ai lu le livre sur des expériences proches de la mort du Dr. Elisabeth Kübler-Ross « La mort est un nouveau soleil ». Ce psychiatre a accompagné et écouté des mourants pendant toute sa vie et a essayé de percer le mystère de la mort. Les témoignages réunis dans son livre m’ont donné la certitude que la mort n’est pas une fin et que la vie a un sens. J’ai la certitude que je vais retrouver ma fille, il me faudra juste patienter. C’est à cela que je m’accroche.
Et toi, comment tu vas ? Il y a aussi une rubrique pour ceux qui ont perdu un frère ou une sœur.
Prends bien soin de toi aussi.
Méduse

Hors ligne lamama

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Re : recherche d'un livre pour une maman en deuil
« Réponse #2 le: 30 Novembre 2012 à 03:34:06 »
Bonjour Annabelle,
Je comprends d'autant mieux ce que ressent ta mère que j’ai traversé la même épreuve il y a un an. En lisant tout ce qui s’écrit sur ce site, je me rends compte que les réactions de chacun et chacune sont très proches. Les différences viennent surtout de l'âge que l'on a, de notre environnement et des conditions du décès de la personne aimée. Il est des situations plus dures que d’autres même si toutes  sont insupportables à ceux qui les vivent. En tout cas, perdre un enfant, même s’il est adulte et ne vit plus chez soi, est je crois l’une des souffrances les plus inimaginables et les plus difficilement surmontables. En tant que mère, on se sent amputée d’une partie de soi-même et on se demande comment on va pouvoir survivre.
Il m’est malheureusement difficile de te dire que les choses vont s’arranger rapidement. Ta mère va certainement souffrir longtemps encore. Mon fils s'est suicidé il y a douze mois, le 9 novembre 2011. Il aurait eu 31 ans ce 24 novembre 2012. Or bien qu’une année se soit écoulée, j’ai revécu tout le scénario de son décès comme si c’était hier. L’angoisse est montée progressivement, et depuis le 15 octobre 2012, j’ai vécu une sorte d'enfer, comme si la douleur s’était encore amplifiée au moment des anniversaires. Tous les pourquoi se sont reposés avec un sentiment de culpabilité presque plus fort, alors que je pensais avoir intégré un certain nombre de choses. Après une très grosse crise, il y a trois jours, j’ai retrouvé un semblant de sérénité.
Pourtant, je suis moins apathique que je ne l'étais les six premiers mois. Je ne dirais pas que j'ai repris goût à la vie, mais je me focalise moins sur mon fils disparu. Je pense aussi à celui qui reste et j'essaie de m'investir dans des choses qui m'intéressent. La mort d'un enfant, c'est l'horreur et je ne crois pas que l'on puisse vraiment s'en remettre. En revanche, si on veut encore vivre et partager des choses avec les autres, amis ou famille, il est indispensable de prendre en soi la douleur que l’on ressent, de ne pas vouloir l’éliminer mais au contraire de s’y adapter. C’est un effort, un travail quotidien sur soi-même. Mais ce travail sur soi, il est plus ou moins facile en fonction de l’environnement dans lequel on est. Ta mère est-elle seule ou accompagnée ? A-t-elle des amis sur lesquels elle peut compter, avec lesquels elle peut parler ?
Après le suicide de mon fils, la première chose que j’ai faite a été de me réfugier dans la lecture en essayant de trouver des récits qui me parlaient d’expériences proches de celle que je vivais. J’ai commencé par "j'ai réussi à rester en vie" de Joyce Carol Oates (ed. Philippe Rey) : une femme écrivaine de 69 ans qui perd brutalement son mari (maladie). Puis, j’ai lu "le fils" de Michel Rostain (ed. Pocket) : un jeune de 20 ans décédé lui aussi brutalement de maladie. Avec ces deux livres, j’ai compris que je n’étais pas seule à vivre une situation dramatique et que la douleur était partout presque la même. Puis plus récemment car j’avais l’impression que je ne m’en sortirais pas, j’ai lu les livres de Christophe Fauré : "Vivre le deuil au jour le jour" et "Après le suicide d'un proche" chez Albin Michel. Ceux-là m’ont beaucoup aidée à comprendre ce qui se passait en moi et à faire face à la douleur. Méduse t’en a recommandé un autre que je ne connais pas encore. Et il y en a certainement d’autres.
Les livres sont extrêmement importants à la fois parce qu’ils nous permettent de « sortir de nous-mêmes » et en même temps de cheminer avec notre douleur, car d’autres l’expriment pour nous. Mais bien sûr, tout dépend des habitudes de ta mère en matière de lecture. Lit-elle beaucoup, souvent ? Je dois dire que pour moi, la lecture et l'écriture sont essentielles depuis un an. Mais c’était une pratique courante pour moi. Je ne sais pas s’ils « reboosteront » ta mère, mais il l’aideront certainement à accepter un peu mieux sa douleur. Peut-être pourrais-tu également lui suggérer d’écrire ce qu’elle vit, comme on tient un journal. Même si elle n’en a pas l’habitude, cela peut l’aider d’écrire ce qu'elle ressent au jour le jour. C’est une forme d’ouverture et de délestage, rien que pour soi. Elle pourra se relire et voir ce qui change de jour en jour. Là encore, tout dépend de son âge et de ses facilités ou difficultés en la matière.
Une fois de plus je me rends compte qu’il est difficile d'aider les autres sans savoir plus précisément ce qui s'est passé. Il n’y a qu’en fonction du contexte que l’on peut réfléchir à ce qui soulagerait le plus.
En tout cas, le décès d'un frère est aussi extrêmement douloureux. Ces livres pourraient également t’aider, tout en devenant le support d’un dialogue plus aisé avec ta mère au sujet de la perte de ton frère. Ils m’ont facilité les rapports avec mon mari (qui n’est pas le père de mes deux enfants) en m’amenant à exprimer ma douleur sur un registre plus collectif, plus général qu’il était mieux à même d’entendre tant il se sentait désorienté et impuissant devant ma souffrance. Courage à toi et à ta mère. Amicalement, lamama