Auteur Sujet: Quand penser fait mal  (Lu 4798 fois)

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Hors ligne N@t

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Quand penser fait mal
« le: 31 Mai 2013 à 10:01:02 »
Seulement 1 mois et 3 jours et déjà il faudrait que je l'ai effacé de ma vie. Sous prétexte que cela fait mal de penser à lui, que cela fait couler mes larmes, il faudra que pour "guérir" je cesse de penser à Tristan. Comme il est difficile de supporter les commentaires de certains "bien-pensants". Fort heureusement que ces "bien-pensants" ne sont pas les personnes les plus proches de moi, que je peux sans peine mettre de la distance entre eux et moi mais j'avais envie de leur envoyer un message, donc voilà ma lettre ouverte, je l'ai postée sur mon mur facebook, ceux qui sont visé se reconnaitront ... ou pas. Peu importe, j'ai dis ce que j'avais à leur dire et cela fait du bien. Maintenant je la partage avec vous car je sais que vous aussi vous avez envie de leur dire la même chose à tous ces "bien-pensants".


"J'aimerais que l'on cesse de me dire d' « arrêter de me faire du mal » parce que je pense à mon fils et que cela me rend triste.
Vous qui aussi avez des enfants ne me dites pas que lorsqu'ils sont loin de vous, vous ne pensez pas à eux. Lorsqu'ils sont à la crèche, à l'école, chez mamie, chez des copains, en vacances. Osez me dire que vous ne pensez pas à eux plusieurs fois par jour ! Osez me dire que lorsqu'ils sont loin de vous trop longtemps ils ne vous manquent pas ! Ce n'est pas parce que la vie a cessé de couler dans ses veines que j'ai cessé d'être sa mère. Alors oui je l'aime toujours, oui je pense à lui tous les jours comme je pense à son frère et sa sœur. La différence c'est que si je veux entendre leur voix lorsqu'ils sont en vacances je peux leur téléphoner, lorsqu'ils sont en vacances ils m'écrivent et je sais que à la fin de la journée, de la semaine ou du mois je les reverrais et je pourrais enfin les prendre dans mes bras, le serrer contre mon cœur et les embrasser. Si je pleure lorsque je pense à Tristan c'est parce qu'il tient toujours la même place dans mon cœur que les autres et la tiendra toujours, c'est toujours mon enfant et je pense à lui comme aux autres, mais que plus jamais je n'entendrais sa voix, et aussi patiente que je sois, plus jamais je ne pourrais le serrer dans mes bras.
Alors la prochaine fois que en voyant mes larmes ou mon regard triste, la prochaine fois que je vous parlerais de lui, la prochaine fois que vous penserez que je devrais « arrêter de me faire du mal », alors oui à ce moment là demandez vous si vous seriez capable de ne plus penser à vos enfants pendant 1 jour, 1 semaine, 1 mois, 1 an ..."
Natacha, maman de Tristan, emporté par un lymphome foudroyant le 28 Avril 2013 peu avant ses 13 ans, après 7 semaines de combat acharné contre la maladie.

Hors ligne cilaosse

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Re : Quand penser fait mal
« Réponse #1 le: 31 Mai 2013 à 11:53:39 »
A tous ceux qqui sont dans la peine et en butte, souvent, à l'incompréhension des autres, voici un poème de Louis Amada, chanté par Gilbert Bécaud

L'absent

Qu'elle est lourde à porter l'absence de l'ami,
L'ami qui tous les soirs venait à cette table
Et qui ne viendra plus, la mort est misérable,
Qui poignarde le cœur et qui te déconstruit.

Il avait dit un jour : "Lorsque je partirai
Pour les lointains pays au-delà de la terre,
Vous ne pleurerez pas, vous lèverez vos verres
Et vous boirez pour moi à mon éternité."

Dans le creux de mes nuits, pourtant, je voudrais bien
Boire à son souvenir pour lui rester fidèle,
Mais j'ai trop de chagrin et sa voix qui m'appelle
Se plante comme un clou dans le creux de ma main.

Alors je reste là au bord de mon passé,
Silencieux et vaincu, pendant que sa voix passe
Et j'écoute la vie s'installer à sa place,
Sa place qui pourtant demeure abandonnée.

La vie de chaque jour aux minuscules joies
Veut remplir à tout prix le vide de l'absence
Mais elle ne pourra pas, avec ses manigances,
Me prendre mon ami pour la seconde fois.

Qu'elle est lourde à porter l'absence de l'ami.
Qu'elle est lourde à porter l'absence de l'ami !

Hors ligne angelik

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Re : Quand penser fait mal
« Réponse #2 le: 31 Mai 2013 à 12:23:19 »
Bonjour N@t
Ton message évoque en moi la "colère" que j'ai souvent ressenti en entendant les conseils de certains "bien pensants" qui croient nous aider mais qui en fait rajoutent de la douleur et de la culpabilité à notre deuil.
Ils ne savent pas et comment pourraient ils savoir... avant cette épreuve terrible, pouvions nous seulement imaginer ce que nous vivons aujourd'hui...
Et puis, il y a ceux qui ne disent rien, de peur de nous blesser... et ce n'est pas forcément mieux...
Il reste quelques personnes, très peu, qui savent écouter et ne pas émettre de jugement mais elles sont rares.
Le mieux, ce forum ou des associations spécialisées, où l'on peut être écouté et partager avec ceux ou celles qui savent exactement et qui comprennnent.

Au début de mon deuil, j'avais poster ce texte qui résonnait tellement en moi et qui traduisait ce que je ressentais à chaque "conseil" malheureux :

Je vous en prie, ne me demandez pas si j'ai réussi à le surmonter,

Je ne le surmonterai jamais.

Je vous en prie, ne me dites pas qu'il est mieux là où il est maintenant,

Il n'est pas ici auprès de moi

.Je vous en prie, ne me dites pas qu'il ne souffre plus,

Je n'ai toujours pas accepté qu'il ait dû souffrir.

Je vous en prie, ne me dites pas que vous savez ce que je ressens,

A moins que vous aussi, vous ayez perdu un enfant.

Je vous en prie, ne me demandez pas de guérir,

Le deuil n'est pas une maladie dont on peut se débarrasser.

Je vous en prie, ne me dites pas "Au moins vous l'avez eu pendant tel nombre d'années",

Selon vous, à quel âge votre enfant devrait-il mourir ?

Je vous en prie, ne me dites pas que Dieu n'inflige pas plus que ce que l'homme peut supporter.

Je vous en prie, dites-moi simplement que vous êtes désolés.

Je vous en prie, dites-moi simplement que vous vous souvenez de mon enfant, si vous vous rappelez de lui.

Je vous en prie, laissez-moi simplement parler de mon enfant.

Je vous en prie, mentionnez le nom de mon enfant.

Je vous en prie, laissez-moi simplement pleurer.

Rita Moran.

Courage N@t, un jour après l'autre, heure après heure...
Mais rien n'effacera jamais l'amour que nous portons à nos enfants, sois en sûre.
Prends bien soin de toi
Corinne
« Modifié: 31 Mai 2013 à 12:26:31 par Angelik »
chaque fois que tu sentiras le vent sur ton visage, c'est moi qui vient t'embrasser...

Hors ligne Méduse

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Re : Quand penser fait mal
« Réponse #3 le: 31 Mai 2013 à 12:39:22 »
Je me retrouve aussi dans ces deux textes, celui de toi N@t et de Rita Moran.

Mais comment ceux qui n’ont pas perdu d’enfant pourraient-ils savoir ce que nous vivons. Je n’éprouve pas de colère envers eux, mais quand ils sont maladroits, je ressens toujours ce fossé entre eux et moi. Je me sens toujours extraterrestre bien que je puisse de nouveau m’intéresser à leurs plaisirs de vie : mariages, naissances.

Nos enfants qui se sont envolés trop tôt feront toujours partie de nous. Mais la douleur s’adoucira, c’est promis.

Hors ligne magalilou

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Re : Quand penser fait mal
« Réponse #4 le: 31 Mai 2013 à 15:02:11 »
Bonjour à vous toutes,
Parce que, moi aussi, je ne supportais plus les réflexions de certains, pourtant j'en suis certaine bien intentionnés mais combien maladroits, j'ai mis sur le net mais aussi déposé dans un petit cadre près de l'urne de Madeleine le même texte qu'Angélik a posté ici. Depuis, d'ailleur, je lui mets constamment des poèmes (elle aime beaucoup les poèmes).
Ton texte est plein d'amour, N@t, pour tes enfants. Il reflète la vérité alors tu as bien fait de dire à tous ce qu'il en est.
Je ne connaissait pas ce poème chanté par Becaud. Il est magnifique.
NOS ENFANTS RESTERONT TOUJOURS ET ETERNELLEMENT NOS ENFANTS C'est une chose que personne ne peut nous enlever quoiqu'on en dise ils sont constamment dans nos coeurs et nos pensées.
Avec toute mon affection, tendres pensées
Martine, maman de Madeleine
 


Ce n’est pas parce que vous ne voyez pas de larmes que je ne pleure pas.
 Ce n’est pas parce qu’à nouveau je souris que j’oublie.
 Ce n’est pas parce que j’ai l’air heureuse que je vais mieux.
 Je peux vous offrir le visage qui vous fait plaisir,
 Mais il n’empêche qu’à l’intérieur, je meurs.

Hors ligne N@t

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Re : Quand penser fait mal
« Réponse #5 le: 31 Mai 2013 à 15:30:14 »
Je ne connaissais pas cette chanson de Becaud, du coup j'ai été la chercher sur youtube.
Elle me rappelle ce que Tristan pensait de la mort, nous n'en avions pas parlé durant sa maladie mais avant qu'il ne tombe malade. Tristan pensait qu'il n'y avait rien de grave dans la mort car le mort lui-même ne souffrait pas, il aurait détesté me savoir si triste alors que lui est libéré. J'aimerais bien moi aussi "Boire à son souvenir pour lui rester fidèle" mais l'absence est bien trop lourde, l'absence et le manque.

Je connaissais par contre le poème de Rita Moran, je l'avais un peu modifié et posté sur mon mur Facebook  l'avant veille des obsèques

"Quand on cherche des textes sur le net pour exprimer le deuil d'un enfant on retrouve souvent les mêmes un peu partout. L'un de ces poèmes a été écris par Rita Moran, je me suis permis de le modifier un peu

JE VOUS EN PRIE,
Ne me demandez pas si j'ai réussi à le surmonter,
Je ne le surmonterai jamais.

JE VOUS EN PRIE,
Ne me dites pas qu'il est mieux là où il est maintenant,
Il n'est pas ici auprès de moi.

JE VOUS EN PRIE,
Ne me dites pas qu'il ne souffre plus,
Je n'ai toujours pas accepté qu'il ait dû souffrir.

JE VOUS EN PRIE,
Ne me dites pas qu’il est parti en paix,
Qu’est-ce que quelques heures de paix après des semaines de douleurs ?

JE VOUS EN PRIE,
Ne me dites pas que vous savez ce que je ressens,
A moins que vous aussi, vous ayez perdu un enfant.

JE VOUS EN PRIE,
Ne me demandez pas de guérir,
Le deuil n'est pas une maladie qui s'arrange avec quelques cachets.

JE VOUS EN PRIE,
Ne me dites pas “au moins vous l'avez eu pendant 12 ans”,
Selon vous, à partir de quel âge est-il juste de mourir ?

JE VOUS EN PRIE,
Ne me dites pas qu'il me reste 2 autres enfants,
L'amour n'est pas un héritage qui se redistribue à ceux toujours en vie.

JE VOUS EN PRIE,
Ne me dites pas que je suis une bonne mère,
alors que tant de promesses n'ont pas été tenues.

JE VOUS EN PRIE,
Ne me dites pas que vous êtes désolés,
Dites-moi simplement que vous vous souvenez de Tristan, si vous vous rappelez de lui.

JE VOUS EN PRIE,
Laissez-moi simplement parler de mon enfant,
Et mentionnez son nom en ma présence,
Même si cela me fait pleurer."
Natacha, maman de Tristan, emporté par un lymphome foudroyant le 28 Avril 2013 peu avant ses 13 ans, après 7 semaines de combat acharné contre la maladie.

Hors ligne mars29

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Re : Quand penser fait mal
« Réponse #6 le: 31 Mai 2013 à 22:46:34 »
Excellente initiative N@t, que cette lettre ouverte!
Douces pensées pour toi!
Marce

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Re : Quand penser fait mal
« Réponse #7 le: 01 Juin 2013 à 12:40:55 »
Je pensais justement à écrire quelque chose d'approchant, car demain cela fera 6 mois que mon ange s'est envolé...

Hier, j'avais une copine au téléphone, elle prenait des nouvelles... Je me suis dit ouf, quelqu'un qui prend de mes nouvelles et qui n'a pas peur de me passer un coup de fil! Qui veut donc vraiment savoir comment je vais!!
J'ai créé un groupe facebook ou je post des messages, des photos et vidéos de ma princesse.
Et elle me raconte quelque chose...

Elle me dit qu'un aprem, elle était sur l'ordi... Son mari (que j'ai aperçu 2 fois, on habite loin elle et moi) lui dit qu'est ce que tu fais sur facebook (elle n'est pas très réseau sociaux), elle lui dit "ba je regarde les photos que Jessica à mis, c'est Liah qd elle avait 2 ans" Il lui dit "Quoi?? Elle met encore des photos de sa fille?? Mais pour quoi faire??" et elle "ba c'est sa fille Nico, c'est normal"

Alors ma copine me dit, qd je vois la différence de réaction entre Nico et moi, comment ça se passe avec ton mari??
Elle a perçu comme c'est compliqué entre les papa et les mamans...

Mais la maladresse de son mari... Whaaa ça fout un coup quand même... Je sais que plusieurs personnes doivent penser la même chose... Putain que c'est dur de se dire ça...

Alors je crois que je vais poster un message demain, expliquant un peu notre ressenti...
Le mot de rita moran est tellement criant de vérité :/

Biz à vous les mamans...
Courage, accrochons nous... Evidemment que nous n'arrêteront jamais de penser à nos chers enfants disparus vers peut être un monde meilleur... Evidemment que c'est normal et pas du masochisme de notre part...
"Je te fais exister, si fort, que moi je crois que c'est vrai" Tal

Pour suivre mon projet:
http://roseenchantee.wordpress.com/

Un livre... Un espoir... Celui de trouver la lumière...

Hors ligne cora

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Re : Quand penser fait mal
« Réponse #8 le: 01 Juin 2013 à 14:29:04 »
Bonjour à vous

Penser fait mal, oui, mais avoir mal c'est vivre, vivre avec l'absence, si cette absence n'était pas tant réelle, nous n'aurions pas si mal ....
Un peu plus de 3 ans d'absence pour ma princesse Mila, pas un jour sans cette absence .... Je l'ai domptée cette absence, juste une absence physique d'ailleurs car je porte ma fille dans mon cœur, dans ma tête, dans mes gestes, etc ....
Parfois cette absence nous mord en plein visage comme un chien fou, elle se fait sournoise et insidieuse, mais j'apprends à la dompter.
Le plus souvent, quand je pense à Mila, le sourire illumine mon visage, les larmes aussi d'ailleurs, tout est en grande lumière.
Nos enfants demeurent en nous, comme nous demeurons en eux, l'amour qui nous unit voyage au-delà des frontières de notre quotidien.
Je pense à vous, parents endeuillés et vous prie de croire en mon soutien

Hors ligne Cri

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Re : Quand penser fait mal
« Réponse #9 le: 12 Juin 2013 à 17:07:25 »
Je ne sais si je me sens mieux de voir que tout le monde vit les mêmes maladresses ou si au contraire ça me fait encore plus de mal! ça me parait tellement normal, évident de parler de ma fille, comme elle fait toujours partie de ma vie! C'est cela que les gens doivent comprendre, la place de nos enfants n'est pas à prendre, elle est toujours la même! Rien ni personne ne les remplacera jamais...Comment"arrêter de se faire du mal" quand on sait que toute cette douleur est à la hauteur de l'amour que l'on a pour nos petits anges...Nous aspirons toutes à avoir moins mal un jour mais pour l'instant, dans mon cas, ma douleur me lie à Gabrielle, alors je ne veux pas qu'on m'enlève ça! Et je pense que si en écrivant un mot, en répondant à une personne, en criant, en pleurant parfois on peut se faire un peu de bien alors il faut le faire! tu as eu raison, N@t, toi seule sait ce qui te fait du bien. Vos textes sont magnifiques, je ne les connaissais pas...
Par ailleurs, Méduse je suis comme toi, je me sens tellement à part. Ce sentiment étrange de vivre au milieu des autres mais de ne plus être comme eux. tout a changé, j'ai changé... je ne m'inquiète pas des mêmes choses, la plupart du temps leurs préoccupations me paraissent dérisoires et pourtant, j'étais comme eux avant...

Hors ligne mam'deCath

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Re : Quand penser fait mal
« Réponse #10 le: 14 Août 2013 à 14:27:03 »
Bonjour à toutes et tous,
Vous avez raison, si penser fait mal, pendant  un  temps plus ou moins long,  il est indéniable que  notre douleur nous relie à notre enfant tant aimé(e) et nous ne voulons pas qu'on nous enlève ce qui dans l'instant nous rapproche d'elle ou de lui !
Comme vous et d'autres parents endeuillés, j'espère qu' exprimer notre souffrance nous aidera à continuer  "autrement"  malgré leur absence physique...
Depuis que j'écris sur ce forum, j'ai usé les mots mais pas encore le chagrin, sachez cependant que je comprends parfaitement ce ressenti que vous décrivez si bien...
L'amour partagé avec nos enfants finira par avoir raison de nous, finira par nous donner la force de cheminer  avec eux d'une autre manière, je veux y croire !
Affectueusement.  Mj
« Modifié: 15 Août 2013 à 12:25:43 par Mammj »

Hors ligne Yuna

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Re : Quand penser fait mal
« Réponse #11 le: 15 Août 2013 à 10:23:32 »
"Alors la prochaine fois que en voyant mes larmes ou mon regard triste, la prochaine fois que je vous parlerais de lui, la prochaine fois que vous penserez que je devrais « arrêter de me faire du mal », alors oui à ce moment là demandez vous si vous seriez capable de ne plus penser à vos enfants pendant 1 jour, 1 semaine, 1 mois, 1 an ..."

Comme je vous comprends, N@t !

J'ai perdu mon fils unique moi aussi ; il était mon rayon de soleil et il l'est toujours, d'ailleurs.

J'ai essayé de me mettre à la place des personnes qui n'avaient (qui n'ont) pas connu ce cruel malheur : survivre à la mort de son enfant.
Pas facile, c'est vrai ! Qui peut se mettre à notre place !

Et puis, je me suis rappelée la  phrase, (un conseil) que m'avait donnée une grande amie qui allait décéder de maladie deux mois plus tard ( elle  se savait condamnée, mais n'avait rien dit).
La mort venait brutalement de surgir, me séparant de la personne unique qui comptait le plus pour moi, mon fils.

 Alors qu'elle souffrait terriblement et savait sa mort prochaine, Elle, qui ne se plaignait jamais et  que je "voyais"  toujours lumineuse et  souriante  m'a alors écrit ceci :

"Accorde-toi la paix de l'âme."

C'est tout.

Ces paroles là, je ne les ai pas comprises tout de suite ;  je les ai lues et relues, analysées, décryptées, sondées ...elles m'ont fait réfléchir ...

Un jour, j'ai décidé d'appliquer ce conseil.

Grand bien m'a fait.

 Comme Mammj l'a dit aussi -
" L'amour partagé avec nos enfants finira par avoir raison de nous, finira par nous donner la force de cheminer avec eux d'une autre manière" - mon enfant, je le porte en moi et réciproquement ; il fait partie de ma vie, éternellement . L'amour rend présent , fait vivre ; oui l'amour  est plus fort que la mort. Et je me suis enfin accordé ce que cette amie me conseillait de faire  : m'accorder la paix de l'âme.

Par la pensée, je vous envoie plein d'ondes d'amour, de lumière et de paix. Passez une belle journée,  un beau 15 août.

Yuna





Hors ligne Méduse

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Re : Quand penser fait mal
« Réponse #12 le: 16 Août 2013 à 12:58:30 »
Merci d'avoir partagé avec nous ce sage conseil, Yuna.

Je crois que je suis en route vers la paix de l'âme après le suicide de ma fille et le décès de mon mari et parfois j'en ai même mauvaise conscience. Je vais alors me rappeler ce conseil.

Douce journée à toutes et tous

Méduse

Hors ligne N@t

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Re : Quand penser fait mal
« Réponse #13 le: 16 Août 2013 à 18:02:47 »
J'ai fait beaucoup de chemin depuis le jour où j'ai ouvert ce fil de discussion.

Aujourd'hui, 3 mois et demi après le grand départ de mon fils, je retrouvé une certaine sérénité.

Bien sur il y a toujours des moments où cela fait mal, plusieurs fois dans la semaine mais ces moments s'espacent au fil du temps.
Bien sur il y a toujours des larmes tous les soirs mais les matins sont plus faciles et les journées se déroulent bien. J'arrive à être souriante et même moins malheureuse. Cela ne veut pas dire que je l'oublie, au contraire Tristan occupe toujours toutes mes pensées, à chaque seconde, mais ces pensées ne sont plus aussi douloureuses que avant.
Mes amis, mes collègues, tous ont remarqué l'important changement

Souvent je me dis que ce n'est pas "normal" que j'aille déjà aussi bien, que c'est "trop tôt", je me demande comment j'ai pu me "remettre" de ce que je considérais être la plus terrible des choses. Je ressens toujours la colère et l'injustice, je culpabilise toujours mais cela reste comme un bruit de fond un peu désagréable auquel on finit par s'habituer. Au final mes proches avaient raison, je suis une battante, je l'ai toujours été, capable de tout surmonter même l'insurmontable, et même si je refusais de le croire tellement la souffrance était intense, aujourd'hui je dois me rendre à l'évidence, j'ai traversé cette épreuve. J'en ressors changée à jamais, un peu plus écorchée, un peu plus blasée par rapport à l'injustice de la vie, un peu moins croyante;

Je sais que le chemin n'est pas terminé, il y a encore du progré à faire mais le plus dur est derrière moi (enfin je crois, j'espère)
Natacha, maman de Tristan, emporté par un lymphome foudroyant le 28 Avril 2013 peu avant ses 13 ans, après 7 semaines de combat acharné contre la maladie.

Hors ligne lapuce

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Re : Quand penser fait mal
« Réponse #14 le: 16 Août 2013 à 19:35:07 »
N@t,

Tu as raison, ton chemin n'est pas finit, je cromprends ce dont tu parles, j'avais senti ce changement et  j'avais dit que ma douleur, ma souffrance et ma peine étaient plus secretes, plus intimes, ça rejoint ton ressenti ; moi, aprés 6 mois je me trouvais plus forte, j'avais passé un cap, mais voilà qu'aprés les 7 mois j'ai fait une grosse rechute, un peu un effet boomrang, ascenseur , vagues, ... toutes les métaphores sont bonnes
En tous les cas je sais que Tristan est bien au chaud dans ton coeur, dans ton esprit, c'est sûr
quelqu'un m'a dit aprés la mort de Guillaume "il n'aura jamais été aussi proche de toi que maintenant", j'ai pas aimé cette phrase au début, comment pouvait'il être proche en étant mort ? maintenant je la comprends : il est en moi à chaque respiration, à chaque expiration, à chaque battement de cils

en tous cas c'est sûr qu'il a  (ils ont ) une sacrée MAMAN  ;) Tristan et tes loulous
douce journée

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