Auteur Sujet: Mon enfant  (Lu 2789 fois)

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Hors ligne amelieC74

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Mon enfant
« le: 13 Septembre 2012 à 17:59:10 »
Bonjour
J'écris ici pour décharger mon émotion, ma peine et ma colère. Ma fille de 4ans et demi est partie pour toujours le15 juillet dernier. Sa naissance avait été très compliquée et nous avions déjà dûs à l'époque nous résoudre et faire le deuil de l'enfant normal car notre petite est née polyhandicapée.Pas de diagnostic, pas d'explications à tous ces problèmes mais une enfant gaie et souriante; l'innocence même, la pureté des simples d'esprit.
Après la naissance nous avons dus nous acclimater à cette enfant différente, de prises en charges contraignantes (kiné, ergo, psychomo....) aux séjours en hopital pour tenter d'établir un diagnostic, notre vie a été régit par notre petite... Nous avons tout fait pour ne pas perdre de vue notre couple et notre premier enfant mais tout à été longtemps très difficile. Puis le temps a passé, les habitudes se sont mises en places et notre petite vie s'est reconstruite malgré le handicap et les difficultées quotidiennes.... Nous avions retrouvé une certaine sérénité, une vie de famille et amicale heureuses, notre fille faisait même quelques progrès moteurs et cognitifs et tout un coup un soir de juillet où le vent faisait rage, elle a fait un malaise (comme elle en faisait régulièrement depuis sa naisance mais que nous refusions de voir comme dangereux) et puis plus rien. Les pompiers, le massage cardiaque, la fuite vers l'hopital et puis le verdict. Il n'y a plus garnd chose  à faire, il faut se faire à l'idée que nous ne pourrons pas la faire revenir parmi nous sans séquelles cérébrales (elle qui avait déjà tant de problèmes avant cet épisode..). Nous avons choisi, mon conjoint et moi de la laisser partir sereinement. Mais quelle tritesse maintenant, quel manque, quel trou béant dans notre vie. Elle qui nous demandait tellement de temps et de patience, car nous nous en occupions tel un nourrisson depuis déjà 4 ans et demi. Nous aurions tout assumé, maintenant nous n'avons plus à nous poser la question comment ferons-nous plus tard avec notre enfant différente?
Je suis perdue, je suis seule avec ma douleur, elle me nargue tous les jours même si nous sommes très bien entourés. Les proches ne peuvent comprendre ce que nous vivons. Merci de m'avoir écouté
« Modifié: 13 Septembre 2012 à 18:06:08 par amelieC74 »

Hors ligne Bluette

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Re : Mon enfant
« Réponse #1 le: 16 Septembre 2012 à 22:10:03 »
Bonsoir,
J'aurais aimé pouvoir te répondre plus vite, mais les mots me manquent toujours.
J'ai perdu moi même mon fils aîné à la suite d'un malaise (une rupture d'anévrisme), je comprends ce que tu as pu traverser, les pompiers, la rea impossible, l'atroce décision.
Mon drame est un peu plus ancien que le tien. La douleur se manifeste désormais différemment.
Malheureusement mais je pense que tu le sais déjà elle est toujours presente, tous les jours, toutes les heures, chaque minute qui passe, je pense à mon grand garçon.
Cependant aujourd'hui j'ai pu regarder des photos sans pleurer. Cela paraît sans doute dérisoire mais mon plus jeune fils m'a signale au passage que nous avions fait du chemin puisqu'il y a quatre mois nous n'y parvenions pas.
Je t'embrasse.
B.

Hors ligne amelieC74

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Re : Mon enfant
« Réponse #2 le: 19 Septembre 2012 à 09:31:44 »
Bonjour
Merci de vos réponses à mon message. Cela fait du bien d'entendre que nous ne sommes pas seuls à vivre cette détresse. Le temps passe avec un jours ou deux où "tout va bien" et puis ça revient. on a l'impression que tout recommence, je revois l'accident, la réa, ça me réveille la nuit et je pleure de nouveau par vague... Je vais voir un psy cet après-midi, j'espère que ça me fera du bien.
Merci de vos réponses et pensées réconfortantes. Ma fille s'appellait Sélène et elle était magnifique.

Hors ligne Bluette

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Re : Mon enfant
« Réponse #3 le: 19 Septembre 2012 à 12:46:41 »
Bonjour,
Comme ta situation me rappelle la mienne, pendant des mois et des mois, j'ai tout revécu. Le cri, l'arrivée des pompiers puis du SAMU, la première réa, la deuxième, l'annonce du médecin (mais il est mort, madame), les hurlements de Gabriel, même les arrivées de tous mes amis, l'enterrement. Je sais que c'est l'enfer.
Et puis, un jour, le travail avec le psy a porté ses fruits. Avec du recul, je pense qu'il m'a laissé touché le fond du fond en six mois. Il m'a expliqué que d'après lui, j'avais peur d'oublier le décès et qu'il fallait que j'arrive à chasser ces images qui revenaient sans arrêt et qui me bloquaient. Il m'a expliqué que même si je les chassais quelques heures, je serai toujours aussi triste ensuite.
Autant de dire que je l'ai TRES mal pris, vraiment très mal. J'ai commencé à chercher un autre psy plus empathique.
Puis, un jour après une séance de sport particulièrement difficile (je me suis lancée dans la course à pied depuis le décès), je me suis aperçue qu'en fait, je n'y avais pas pensé et qu'effectivement, cela n'avait rien enlevé à cette horreur, hormis le fait que j'avais pu me concentrer sur quelque chose pendant un peu de temps.
Depuis, je pose les armes régulièrement. Tu peux lire sur mon message plus bas que je ne suis pas encore tirée d'affaire, d'ailleurs je me demande si on peut l'être un jour quand on a perdu un enfant.
Mais voilà, je pense que Gabriel est heureux malgré tout de m'avoir un peu récupéré. Et pour le clin d'oeil, j'ai tellement progressé à course à pied, que maintenant j'arrive à être classée et ça, il en est tellement fier que cela vaut tous les efforts du monde.

Sélène est un prénom magnifique.

Hors ligne Méduse

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Re : Mon enfant
« Réponse #4 le: 19 Septembre 2012 à 13:14:59 »
Bonjour Amélie,
Je suis très touchée moi aussi par ton témoignage d’amour et de détresse et je comprends ta colère.
Avant de mettre fin à ses jours, ma fille était anorexique pendant trois ans et je me suis battue pour essayer de l’en sortir. A son départ, le vide a été d’autant plus grand.
Pendant les premiers mois après le drame, j’ai pleuré pour toute ma vie. Cela te fera du bien de pleurer, ne te retiens pas. J’ai revu alors sans cesse les dernières semaines et pensé à ses derniers instants. Depuis, j’ai lu le livre sur des expériences proches de la mort du Dr. Elisabeth Kübler-Ross « La mort est un nouveau soleil ». Je suis convaincue maintenant que la mort n’est qu’un passage dans une autre existence et que nous nous retrouverons. Je m’imagine qu’elle se sent bien maintenant et cela m’apaise. Je pense aussi que c’est en retrouvant de l’apaisement moi-même qu’elle peut trouver la paix.
Votre petite Sélène fera toujours partie de votre famille. Parlez-lui, parlez d’elle. Elle sait que vous auriez tout assumé pour elle comme vous avez tout fait pour elle. Vous lui aviez donné tant d’amour dans sa courte vie, cela se sent dans tes paroles. Vous l’avez tellement entourée.
Et votre premier enfant, comment vit-il la perte de sa petite sœur ?
Prenez bien soin de vous.
Je t’embrasse
Méduse