Auteur Sujet: Mamandeuil ou la vie après la mort de ma fille.  (Lu 322794 fois)

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Hors ligne Eva Luna

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Re : Mamandeuil ou la vie après la mort de ma fille.
« Réponse #1530 le: 27 Décembre 2017 à 21:19:37 »
Entre Noël et jour de l'an
notre souffrance de mamans
cabossées par ce deuil à vivre
semble faire une pause...
semble seulement...

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Re : Mamandeuil ou la vie après la mort de ma fille.
« Réponse #1531 le: 28 Décembre 2017 à 17:04:30 »
Rattrapée aujourd’hui seulement par le vieux , l'ancien chagrin toujours vivace de la mort de ma soeur en 1984...un 25 décembre au matin.

Hors ligne cabrau78

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Re : Mamandeuil ou la vie après la mort de ma fille.
« Réponse #1532 le: 28 Décembre 2017 à 17:43:01 »
Tant de departs Eva
Autant de cicatrices dans ton coeur
Aeline est partie le 27...
Je t embrasse tres fort

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Re : Mamandeuil ou la vie après la mort de ma fille.
« Réponse #1533 le: 01 Janvier 2018 à 05:29:21 »
Devant cette année qui s'ouvre devant nous...
que souhaiter à des éprouvés-endeuillés?

Je nous souhaite la force de traverser les remous incessants , la faiblesse bienvenue de nos larmes,l'amour-toujours pour nos chers aimés disparus et la sagesse de vivre un jour à la fois, une heure à la fois...
Que 2018 soit plus calme , avec de vraies accalmies dans la tempête de nos deuils .

A Emmanuelle, avec tout mon amour...

Hors ligne Eva Luna

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Re : Mamandeuil ou la vie après la mort de ma fille.
« Réponse #1534 le: 02 Janvier 2018 à 02:03:40 »
En ce jour de l'an...je vais saluer tous les lecteurs et lectrices de ce billet de blog qui jour après jour viennent lire, comprendre...se trouver au travers des mots des autres...se comparer à une expérience différente ...

C'est un peu pour vous que j'écris encore, pour témoigner qu'après le Grand Chagrin infernal...un allègement peut se faire ...

La détresse absolue n'est pas éternelle...je n'y croyais pas...je ne voulais pas...
Le temps a passé et quelque chose s'est évaporé tandis que quelque chose se déposait... se décantait...et ce n'est pas un apaisement ...Jamais en paix avec sa mort...

2017 a vu le poids du malheur se déplacer...laissant un peu d'espace pour que la vie reprenne des couleurs...
2018 sera encore autrement...
Comment l'absence d'Emmanuelle va t elle se mettre en forme dans ma vie?

Hors ligne ajihem

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Re : Mamandeuil ou la vie après la mort de ma fille.
« Réponse #1535 le: 02 Janvier 2018 à 12:57:27 »
Définition du deuil : (ce n'est absolument pas oublier..... c'est juste retrouver le pouvoir de continuer à vivre..)
Le deuil, un processus de cicatrisation

Le deuil, c'est ce processus indispensable dont la finalité est de préserver notre intégrité psychologique et émotionnelle, tout en construisant, en parallèle, un lien intérieur avec la personne disparue.

Ce processus inconscient de cicatrisation est au delà de nous et de notre volonté. Il nous est simplement demandé de l'accueillir avec sagesse, courage et humilité, en le laissant se dérouler, à son rythme, dans les tréfonds de notre être.

S'y opposer et tenter de "passer en force" par la volonté et le contrôle des émotions est inutile et dérisoire: c'est rajouter de la souffrance à la souffrance.

Le deuil exige de nous douceur et patience.

Tout comme une plaie physique nécessite des soins réguliers, il nous est demandé de mobiliser une égale attention pour celle du manque et de l'absence : il nous faut beaucoup de temps (en termes d'années...) pour accepter la réalité de ce décès à tous les niveaux de notre être. Ce n'est qu'à cette condition qu'il deviendra, petit à petit, acceptable de vivre à nouveau, en accueillant en dépit de tout ce que la vie a encore à nous offrir. 

Une évolution en quatre étapes

La connaissance des étapes du processus de deuil est indispensable pour ne pas se perdre dans les méandres de la douleur. Il est extrêmement rassurant de savoir que ce que l'on vit n'est pas "anormal" ou "morbide", comme le fait, par exemple, de couvrir de photos tous les murs de son appartement ou encore de continuer à payer, pendant des mois, un forfait téléphonique pour conserver la voix de la personne aimée sur sa messagerie. 

Tant de besoins et de comportements qui sont parfois jugés "malsains" par un entourage ignorant la réalité du processus, alors que ces attitudes ne sont que l'expression normale et naturelle d'un deuil qui se déploie harmonieusement.

Dans un tel cas, l'entourage pourtant désireux d'aider devient, dans sa maladresse, une paradoxale source de colère ou de frustration.

1- Le choc, la sidération

L'annonce du décès de la personne qu'on aime est insoutenable.

Ainsi, dans les premières heures, il se met en place en nous un mécanisme inconscient de protection psychique qui vise à "anesthésier" partiellement nos émotions.

En même temps qu'être plongé dans une insupportable peine, on se sent dans une sorte de fonctionnement automatique où nous sommes capable d'appeler nos proches et d'organiser les obsèques avec un étrange et déroutant détachement.


2- La phase de fuite et de recherche


Cette deuxième phase dure de 6 à 15 mois après le décès.

Durant les premiers mois qui suivent la perte, nous sommes dans une certaine agitation intérieure, reflet d'un (vain) espoir de sortir au plus vite de notre peine.

Nous avons aussi besoin de nous reconnecter à la personne disparue, via ses photos ou encore certains de ses vêtements que l'on souhaite porter. Toutes nos pensées, tous nos actes, toutes nos paroles sont tournées vers elle dans un besoin viscéral de préserver le lien avec elle. On peut alors croire que la douleur du deuil peut être maintenue sous contrôle... mais c'est une illusion. 

3- La phase de déstructuration

C'est à ce moment-là que la troisième étape survient: c'est le temps où on prend douloureusement et intimement conscience de l'irrémédiable et de l'impossible retour de la personne aimée.

Durant cette période, on a d'ailleurs très souvent l'impression de faire marche arrière car on se sent beaucoup plus mal que durant les premiers mois. Ceci est complètement normal et il est essentiel de le savoir et de le comprendre.

Cette étape va s'étaler sur un à trois ans, en fonction de qui était la personne disparue (son conjoint, son enfant, son parent...) et des circonstances de son décès (accident, suicide, longue maladie...). La tonalité émotionnelle de cette étape est un vécu dépressif qui oscille en intensité au fil des semaines.


4- La phase de restructuration


Enfin, très progressivement, après quelques années, d'imperceptibles changements se font sentir en soi. C'est le temps d'une lente reconstruction qui se décline sur trois axes:

•Une redéfinition de notre relation au monde et à autrui: petit à petit, on apprend à trouver une autre place dans la relation à autrui. Certes, on se sent différent à tout jamais vis-à-vis des autres mais notre relation au monde devient plus paisible.

•Une redéfinition de notre relation à la personne disparue: le lien intérieur avec l'être décédé s'est progressivement pacifié. Il devient profond et intime avec la certitude qu'il demeurera en nous à tout jamais.

•Une redéfinition de notre relation à nous même : nous ne sommes plus la même personne après le vécu du deuil. Sommes nous aujourd'hui plus fermé, dans le repli ou l'amertume, ou plus ouvert et tourné vers ce qui compte vraiment, dans une quête d'authenticité et de vérité avec soi même? C'est tout l'enjeu de ce long chemin.

De l'importance de l'accompagnement

Même si le vécu du deuil est une expérience d'ultime solitude, nous avons besoin des autres pour être accompagné:

les amis, les proches, les parents sont les indispensables témoins de notre peine. Ce sont eux qui constituent le réseau de soutien qui nous aide à "tenir" au fil des années.

Mais il est vrai qu'on leur demande beaucoup et que peu d'entre eux sont capables de répondre à ce dont on a besoin.

Ils doivent en effet apprendre à écouter une histoire sans cesse répétée au fil du temps, comprenant que c'est dans la constance de leur présence et de leur écoute qu'ils accompagnent réellement le processus de deuil ;

ils ont aussi besoin d'apprendre à tolérer le silence et leur impuissance face à des larmes qui ont besoin de couler, sans essayer systématiquement de les neutraliser par de vaines réassurances.

Mais le deuil passe aussi par des temps nécessaires de retrait, de solitude et de rencontre silencieuse avec soi même, par l'écriture, la prière, la méditation, le contact avec la nature. C'est dans cette alternance, maintes fois répétées, entre "être avec les autres" et "être avec soi même" que se construira, petit à petit, un chemin d'apaisement. 

C'est à ce prix que l'on parviendra, un jour, à vivre le sens ultime du deuil: honorer la vie et la mémoire de ceux que nous avons perdus et, petit à petit, trouver en nous les ressources pour avancer dans une existence où nous devenons un être humain unique et singulier par le fait même de les avoir aimés et d'en avoir été aimé en retour.

Le Dr Christophe Fauré est psychiatre - psychothérapeute en pratique libérale à Paris. Il est auteur de nombreux ouvrages chez Albin Michel, dont Vivre le deuil au jour le jour et Après le suicide d'un proche, Albin

Hors ligne Eva Luna

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Re : Mamandeuil ou la vie après la mort de ma fille.
« Réponse #1536 le: 09 Janvier 2018 à 20:49:18 »
Bon, ça y est, mon sujet de mémoire a été accepté ce matin...
Prélèvements d’organes et effets sur le deuil des proches.
Le titre est encore provisoire...
Je vais peut être chercher à entrer en contact avec des personnes qui ont vécu ça... pour avoir leur sentiment sur le deuil qui s'en est suivi...
Tout s’accélère...jusqu'au vertige...

La responsable pédagogique me proposera de participer à une table ronde sur les PD'O dans le cadre de la révision des lois bioéthiques de cette année...
Je ne suis pas sûre d'avoir le courage de dire la face sombre des PD'O devant un public...
 Sujet hautement sensible...encore et encore...

Et en même temps si je ne témoigne pas ... comment sauront ils ?
C'est peut être ma mission...
de ma vie d'après...
après la mort d’Emmanuelle...
Ben oui, je suis la mère de la "donneuse."..
"La mort est affaire de vivants".. c'est finalement si vrai...et ceux qui restent se débattent avec ...

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Re : Mamandeuil ou la vie après la mort de ma fille.
« Réponse #1537 le: 09 Janvier 2018 à 23:56:08 »
Eva
Je me demandais si tu avais rencontré des personnes greffées...
Des familles de donneurs peut être certains sont passées sur le forum.....
C'est un sujet très fort en émotions que tu choisis
J'admire ce que tu fais de ce grand chagrin
Affectueusement

Hors ligne Eva Luna

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Re : Mamandeuil ou la vie après la mort de ma fille.
« Réponse #1538 le: 10 Janvier 2018 à 00:50:44 »
En fait, je suis au début de la chaine, du coté des "donneurs", des prélevés et de leur famille...
du coté des greffés, j'en suis heureuse pour eux mais peu concernée et il y a déjà tant et plus d'associations qui les représentent.. je n'ai trouvé aucune association de proches de prélevés...sauf ceux qui  militent pour le don d'organes...

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Re : Mamandeuil ou la vie après la mort de ma fille.
« Réponse #1539 le: 10 Janvier 2018 à 11:01:02 »
J'ai lu un petit peu à ce sujet. Et il me semble que c'est tout à fait utile, afin que les gens prennent une décision en ayant toute l'information nécessaire.  On entend les témoignages de receveurs mais très peu celui des proches des donneurs.
Je suppose qu'il ne s'agit pas de militer dans un sens ou dans l'autre mais de faire comprendre ce que le don d'organes implique pour les familles des donneurs.
Utile mais difficile... J'ai été particulièrement choquée de lire sur un autre forum une personne être traitée de meurtrière par le médecin modérateur,  parce qu'elle exprimait ses doutes et questions au sujet du don d'organes.

Hors ligne Eva Luna

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Re : Mamandeuil ou la vie après la mort de ma fille.
« Réponse #1540 le: 13 Janvier 2018 à 00:36:27 »
Je pensais faire l’économie de la souffrance des dates anniversaire.. puisque je vais mieux.... et ... vlan, nan...
c'était mon anniversaire et ça fait toujours mal de le vivre sans Emmanuelle...de le fêter avec 2 enfants au lieu de 3...
Leur  attention et leur amour est encore plus teinté de sollicitude inquièr te pour moi, ce jour là...
D'être une famille amputée, toujours...se rappelle douloureusement à chaque date importante...
Mon fils aura 30 ans bientôt et Emmanuelle , sa moyenne soeur,a 24 ans pour toujours...
Beurk le temps qui  passe...

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Re : Mamandeuil ou la vie après la mort de ma fille.
« Réponse #1541 le: 14 Janvier 2018 à 19:55:58 »
Bonsoir Eva Luna et vous tous les parents endeuillés,
Je n'ai plus écrit sur le forum depuis longtemps : manque de courage, de volonté et un long état  grippal.
Je ne peux que vous souhaiter un peu plus de paix, un peu plus de douceur pour cette année, bien qu'elle continue de nous plonger dans ces terribles moments de tristesse...
Je trouve très courageuse la décision d'Eva Luna : comment accompagner les familles endeuillées de donneur ?
Tellement beau et tellement terrible ; je n'ai pas connu de familles de donneur, si ce n'est avoir vu ou entendu des émissions radio ou télé. Je n'ai pas de mots pour évoquer ce sujet.
Toutes mes pensées très chaleureuses.
A bientôt.

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Re : Mamandeuil ou la vie après la mort de ma fille.
« Réponse #1542 le: 16 Janvier 2018 à 21:49:13 »
Cet après midi, il y avait un ciel bas, lourd de pluie battante, chargé de nuages gris et sombres et ...

juste un petit et partiel pied d'un arc en ciel improbable...
 et je me sens comme ça...

C'est ma météo du jour...

Hors ligne Ode 06400

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Re : Mamandeuil ou la vie après la mort de ma fille.
« Réponse #1543 le: 18 Janvier 2018 à 19:45:44 »
ce bouleversement de l'âme à l'image parfois de la couleur du ciel et parfois pas...
Ici, un ciel bleu profond, des vents de tempête....et de la tristesse.
J'ai regardé en partie le documentaire sur la 5 hier soir "la vie après le suicide d'un proche", je vais voir en replay le débat.
J'ai trouvé ces familles très dignes ; ce moment de convivialité avec les autres endeuillés semble avoir été d'un grand réconfort. J'avais le sentiment qu'ils ont pu s'exprimer comme jamais ils n'avaient pu le faire auparavant. Une véritable catharsis.
Je repense à l'instant à cette citation de Khalil Gibran qui a été lue aux obsèques d'un jeune étudiant, décédé alors qu'il était en stage aux USA.  Ce texte a été lu par un de ses camarades de promotion :

"...Car qu'est-ce que mourir sinon se tenir nu dans le vent et se fondre au soleil ?
Et qu'est-ce que cesser de respirer, sinon libérer le souffle de ses marées inquiètes, pour qu'il puisse s'élever et se
dilater et rechercher Dieu sans entraves ?
C'est seulement lorsque vous boirez à la rivière du silence que vous chanterez vraiment.
Et quand vous aurez atteint le sommet de la montagne, vous commencerez enfin à monter.
Et lorsque la terre réclamera vos membres, alors vous danserez vraiment." (j'ai lu le Prophète)

Je viens un peu plus volontiers sur le blog.
Je pense qu'il est important de continuer à écrire et de partager quelques si fragiles émotions.

Toutes mes pensées les plus chaleureuses.






Hors ligne Eva Luna

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Re : Mamandeuil ou la vie après la mort de ma fille.
« Réponse #1544 le: 18 Janvier 2018 à 21:03:14 »
Je n'ai vu que la fin du débat...
La phrase sur: c'est en se tournant vers les autres qu'on peut aller mieux...enfin un truc approchant, m'a dérangée...comme souvent on confond les choses, c'est parcequ'ils vont un peu mieux ou moins mal...qu'ils peuvent se tourner vers les autres... et s'aider en les aidant... mais il faut être un peu sorti de la douleur abominable des débuts...
et ça ne marche pas pour tout le monde...
certaines ressources sont inaccessibles parfois...
On voit aussi à quel point les rencontres avec des "pareils" permet des échanges profonds et réconfortants...

Ma maman l'a regardé, elle a été très touchée... pourtant les morts de ma soeur et ma fille étaient accidentelles...

je vais le visionner replay, le documentaire...surement... ça parle aussi du deuil ...pas que du suicide.