Auteur Sujet: JULIEN, mon fils décédé à 24 ans  (Lu 6410 fois)

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Hors ligne sylviane

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JULIEN, mon fils décédé à 24 ans
« le: 17 Juin 2012 à 10:24:54 »
notre fils JULIEN est décédé d'une embolie pulmonaire, le 31 janvier 2010, il est mort dans mes bras en attendant l'arrivée des secours.Les médecins arrivent et disent "il est mort depuis un moment" et là un hurlement de bête, des cris, je suis sortie de la chambre car ils essayaient malgré tout de tenter l'impossible. Je courrais partout dans la maison en l'appelant, j'étais folle, mon mari aussi ; on se répétait c'est pas possible, il va revenir ! au bout d'une demi-heure, la doctoresse descend me voir pour me dire que c'est fini. L'horreur, le cataclysme, la vie s'arrête tout d'un coup. Mon Julien pas lui, non pas lui, qu'allons-nous devenir sans lui ? Il vivait toujours avec nous, il aimait bien. Nous avons une fille de 40 ans, mes enfants avaient 13 ans d'écart, elle souffre terriblement de la mort de son petit frère adoré, ses amis ne s'en remettent pas.
Quant à nous nous essayons de survivre, tant bien que mal, chaque jour est une montagne à gravir, la douleur est là dès le réveil et elle colle à la peau. Les médicaments soulagent mais L'ABSENCE fait si mal. Je sais qu'il vit dans un autre monde et combien de fois n'ai-je eu l'idée de le rejoindre .... je suis une maman entre ciel et terre. Je, nous souffrons le martyre comme vous tous et toutes ici et il y a tellement peu d'endroits pour dire sa peine. Julien a été enterré 10 jours après, il y a eu autopsie ; ces 10 je ne réalisais pas, 'étais anéantie par le chagrin, après on réalise et là c'est encore pire. Le chemin est long qui nous mènera jusqu'à lui, comment tenir ?
« Modifié: 17 Juin 2012 à 10:35:13 par sylviane »
Julien, la douleur de t'avoir perdu, ne nous fera jamais oublier le bonheur de t'avoir connu.

Hors ligne Bluette

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Re : JULIEN, mon fils décédé à 24 ans
« Réponse #1 le: 18 Juin 2012 à 11:34:46 »
Bonjour Sylviane,
Ton post résonne tout particulièrement en moi.
Mon fils de 15 ans est décédé d'une rupture d'anévrisme en décembre et tu décris ma propre douleur, tellement bien que j'ai mis du temps à réagir.
Cette impression d'être comme folle lorsque les pompiers, le samu est arrivé.
L'espoir puis le deni complet quand le médecin m'a annoncé que tout était fini après presque 24 heures de réa.
Il s'est passé presque 6 mois depuis et il pourrait s'être passé deux jours, la douleur est la même.
Je t'embrasse.
B.

Hors ligne sylviane

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Re : JULIEN, mon fils décédé à 24 ans
« Réponse #2 le: 18 Juin 2012 à 13:14:56 »
mplémentaires. Dix jours d'attente avant de pouvoir l'enterrer, 10 jours complètement hébétés mon mari et moi, on ne réalisait pas, on ne voulait pas y croire.Et puis arrive le jour de l'enterrement. Le matin à L'I.M.L. j'ai pu voir mon fils dans son cercueil, qu'il était beau, je l'ai embrassé et puis mes larmes ont inondé son visage  ; j'ai demandé à ce que l'on me donne quelque cheveux que je garde comme un trésor.
Et puis, et puis les jours se traînent dans la douleur, chaque jour est Himalaya à franchir c'est ce que je dis. J'ai repris mon travail assez vite pour tenter d'oublier un peu ces horribles images. Car notre fils nous ne l'oublierons jamais. Plus de projets, une vie au jour le jour oui BLUETTE cette impression de devenir folle, hagarde, hurlant le nom de mon fils, pour moi ce n'était pas possible. Puis son corps part à l'Institut Médico Légal pour autopsie, c'est la règlementation  quand on décède chez soi et il voulait pratiquer des analyses coet la souffrance qui colle à la peau et qui ne lâche pas sa proie.Il n'y a qu'en dormant que je trouve un peu de répit
Julien, la douleur de t'avoir perdu, ne nous fera jamais oublier le bonheur de t'avoir connu.

Hors ligne magalilou

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Re : JULIEN, mon fils décédé à 24 ans
« Réponse #3 le: 18 Juin 2012 à 23:30:57 »
Bonsoir Sylviane,
Comme Bluette, je n'ai pu réagir tout de suite à ton appel me retrouvant 8 mois en arrière. Ma fille de 30 ans est partie au petit matin du 17 octobre 2011. Moi aussi j'ai hurlée, criée, suppliée qu'on me la rende.
Il a fallu attendre 2 mois pour avoir un début d'information de la part de l'IML puis encore 3 mois pour savoir exactement ce qu'il s'est passé. Elle a été intoxiquée par un médicament, un sirop contre la toux, HUMEX. Une simple toux et ma fille est partie pour toujours nous laissant complètement desemparés. Elle nous a laissé 2 petites filles de 6 et 8 ans. Depuis le monde a changé. Nous avons changé, plus rien jamais ne sera comme avant mais cela n'a pas d'importance ce qui en a c'est le manque de notre fille, la douleur de nos petites filles. Je sais maintenant que c'était hier, que c'est demain car ma vie s'est arrêtée ce jour là.
Si un seul ou une seule d'entre nous avait la solution pour moins souffrir, pour atténuer cette plaie qu'est maintenant notre coeur je crois qu'il la donnerait volontier aux autres, oui mais voilà il n'y a pas de reméde, il nous faut continuer pour ceux qui restent avec notre souffrance et notre mal. Pleurer, gémir quand nous sommes seuls car personne ne comprend ce que nous vivons. La vie nous a joué un sale tour.
Douce nuit, affectueusement
Martine, maman de Madeleine
Ce n’est pas parce que vous ne voyez pas de larmes que je ne pleure pas.
 Ce n’est pas parce qu’à nouveau je souris que j’oublie.
 Ce n’est pas parce que j’ai l’air heureuse que je vais mieux.
 Je peux vous offrir le visage qui vous fait plaisir,
 Mais il n’empêche qu’à l’intérieur, je meurs.

Hors ligne sylviane

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Re : JULIEN, mon fils décédé à 24 ans
« Réponse #4 le: 19 Juin 2012 à 06:05:39 »
et oui Martine nous en sommes toutes la, la douleur ne nous laisse pas un instant de répit, sauf quand je dors en ce qui me concerne. Nous en avons jusqu'à la fin de nos jours, rien que d'y penser j'en tremble. La mort d'un enfant est illogique, ce n'est pas aux parents d'enterrer leur enfant. Et personne ne peut rien pour nous d'ailleurs ceux qui n'ont pas connu ce drame ne comprennent pas, pour eux la page devrait être tournée.

bon courage

je vous embrasse de tout coeur
Julien, la douleur de t'avoir perdu, ne nous fera jamais oublier le bonheur de t'avoir connu.

Hors ligne sylviane

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Re : JULIEN, mon fils décédé à 24 ans
« Réponse #5 le: 20 Juin 2012 à 04:30:01 »
comme j'ai mal ce matin encore mon Julien, le manque de toi est atroce, atroce. Vais-je pouvoir tenir encore longtemps comme çà ...
tu me manques mon coeur, tu me manques trop.

Je t'aime ma puce et je t'aimerai toujours


ta maman entre ciel et terre
Julien, la douleur de t'avoir perdu, ne nous fera jamais oublier le bonheur de t'avoir connu.

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Re : JULIEN, mon fils décédé à 24 ans
« Réponse #6 le: 20 Juin 2012 à 23:20:10 »
Comme tu le dis si bien Sylviane, le manque est atroce ... et comme toi, je répète sans cesse à mon fils : je t'aime.

Je voudrais rêver de lui en bonne santé, eh bien non, cette nuit encore c'est Antoine, malade qui est encore revenu dans mon rêve, Antoine souffrant et je me suis sortie du lit en pleurant ce matin ... j'aimerais tant le revoir dans mes rêves tel qu'il était avant cette saloperie de maladie ... un an le 27 juillet, à cette époque de juin, il savait qu'il ne s'en sortirait pas, il déclinait de plus en plus et dans ma tête tout revient, même dans mes rêves. Je dois me raccrocher aux photos, aux souvenirs heureux, sinon je m'éffondre.

Sa souffrance, je la ressens encore dans tous les pores de ma peau, cela revient sans cesse ; j'aurais voulu prendre sa place sur son lit de souffrance, oui c'est illogique la mort d'un enfant ... mais nous ne maîtrisons rien dans cette vie et n'avons pas d'autre choix que d'accepter cette terrible réalité : la mort de notre enfant.

Mais, notre enfant, on l'aura toujours dans notre coeur et je me fais souvent la réflexion suivante : avant, quand Antoine vivait heureux, je ne pensais pas à lui constamment, pas plus et autant qu'à son frère et à sa soeur, maintenant il est constamment dans mes pensées, je le porte en moi, dans mon coeur, je le fais vivre et il m'accompagne partout.

Je te souhaite une bonne nuit, de doux rêves pour oublier la dure réalité et te ressourcer.

Marithé
"Au lieu de me désoler d'un futur qui n'existera plus, j'ai savouré la chance inouïe que j'ai eue de vivre à tes côtés, de te connaître et de t'aimer"

"Que la relation cesse n'est pas l'essentiel, l'Essentiel c'est qu'elle ait existé"

(Marie-Lise Labonté "Le point de rupture")

Hors ligne sylviane

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Re : JULIEN, mon fils décédé à 24 ans
« Réponse #7 le: 21 Juin 2012 à 06:03:14 »
je pense beaucoup à ces parents qui ont vu leurs enfants souffrir avant de partir, je trouve cela absolument insupportable, un déchirement, on aimerait pouvoir prendre leur place à nos anges. Julien aux dires des médecins n'a pas souffert mais je me pose toujours la question ...
Et oui Mamita quand ils étaient présents on pensait  à eux mais sans "excès" disons ; la mort de Julien m'a appris que lorsqu'on a envie de dire "je t'aime" à son enfant ou à l'un de ses proches, il faut écouter son coeur et le dire, nul ne sait de quoi l'instant d'après sera fait.

Ce matin encore, j'ai Julien en photos près de moi, je lui parle, je lui demande de me donner la main pour vivre cette journée ; c'est un "monologue  quasi permanent entre lui et moi, je dis monologue car il ne peut me répondre mais je sais qu'il m'entend. J'ai un besoin viscéral de lui parler et quand je vois son sourire et ses beaux yeux bleus, je me dis, oui, il t'a entendue. Mais quelle souffrance que cette absence, mon dieu c'est atroce, jamais je n'ai souffert de cette façon et je ne fais plus de projets à long terme, non c'est au jour le jour, quelque chose s'est brisé, rien ne sera plus jamais comme avant . Je vous embrasse très fort et courage.
Julien, la douleur de t'avoir perdu, ne nous fera jamais oublier le bonheur de t'avoir connu.

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Re : JULIEN, mon fils décédé à 24 ans
« Réponse #8 le: 21 Juin 2012 à 10:24:08 »
Tu as raison Sylviane, quand mon fils aîné était près de mois, j'avais l'impression de penser toujours à eux.
Maintenant qu'il est parti et que je vis seule avec son petit frère, je sais bien que c'est faux. C'est maintenant que je ne pense qu'à eux.

Cette nuit encore sans sommeil ou quasiment pas, je hurlais en silence devant tant d'horreur. Pourquoi lui ? Pourquoi si jeune ? Quelle vie possible pour mon fils cadet après avoir assisté à tout cela ?
Effectivement, savoir également qu'il est parti sans douleur est un soulagement.

Je vous embrasse.


B.

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Re : JULIEN, mon fils décédé à 24 ans
« Réponse #9 le: 21 Juin 2012 à 16:05:30 »
dis-voir Bluette ton plus jeune fils ne devrait-il pas voir un psychologue, peut-être le fait-il déjà ... il faut absolument que comme nous ils arrivent à exprimer ce qu'ils ressentent, c'est indispensable.

Je vous embrasse très fort tous les deux et j'envoie de douces pensées à l'ange qui est parti.
Julien, la douleur de t'avoir perdu, ne nous fera jamais oublier le bonheur de t'avoir connu.

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Re : JULIEN, mon fils décédé à 24 ans
« Réponse #10 le: 21 Juin 2012 à 16:14:41 »
Il en a vu un au début mais à sa demande et avec l'accord du médecin, il a arrêté les séances pour les reprendre un peu plus tard.
Je pense réinitialiser tout cela à la rentrée.

Ce qui me rassure, un peu, c'est qu'il verbalise très bien ce qu'il a vu et ressenti pendant toute cette période.
Ce n'est sans doute pas suffisant mais c'est déjà cela de gagné.


Hors ligne sylviane

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Re : JULIEN, mon fils décédé à 24 ans
« Réponse #11 le: 22 Juin 2012 à 14:09:56 »
oui c'est déjà bien ce qu'il a fait, il reprendra s'il le  souhaite et si le besoin s'en fait sentir.

bisous
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Hors ligne sylviane

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Re : JULIEN, mon fils décédé à 24 ans
« Réponse #12 le: 16 Juillet 2012 à 21:09:54 »
mon fils,

sache que je ne pourrai JAMAIS vivre sans toi, ce ne sera que de la survie et j'attends avec impatience le jour de nos retrouvailles. Je t'aime plus que tout

Julien, la douleur de t'avoir perdu, ne nous fera jamais oublier le bonheur de t'avoir connu.