FORUM "LES MOTS DU DEUIL"

Comprendre et vivre son deuil => Être un parent en deuil => Discussion démarrée par: Zouzou 42 le 24 Mai 2019 à 22:28:16

Titre: 5 ans sans toi
Posté par: Zouzou 42 le 24 Mai 2019 à 22:28:16
On dit que qu avec le temps la douleur se fait moins dur pourtant je sent tout ce manque de toi et mon coeur porté une énorme cicatrice une douleur qui se refermeras jamais chaque jour qui passe je pense à toi en me disant qu est que tu aurais pu faire aujourd hui nos discours ta voie ton sourire et tes câlins me manques je suis Si vide sans toi je t aime ma fille ou que tu sois je ne cesserai de t aimer
Titre: Re : 5 ans sans toi
Posté par: Ludmilla 31 le 25 Mai 2019 à 09:23:54
Je te comprends Zouzou 42 , moi cela fera 5 ans en novembre 2 jours avant son anniversaire , et la douleur est toujours là ,vive ,il y a des hauts de temps en temps mais bcp de bas ,et le plus dur c'est de ne pas le montrer car déjà au bout même pas d'un an ,il fallait que je passe à autre chose ,là j'arrive dans les dernières années professionnelles j'ai 59 ans ,ça ne va pas du tout dans mon travail ,remaniement en fin d'année voir licenciements (mon secteur saute ) ,déjà que l'ambiance n'était pas terrible mais là c'est pire ... Tout affronter seule c'est épuisant ,physiquement et moralement ,moi qui était très active , je ne me reconnais plus , toute mon amitié et mon soutien .
Titre: Re : 5 ans sans toi
Posté par: Helpa le 25 Mai 2019 à 12:05:16
Bonjour Zouzou,

Moi, ça fera 8 ans en novembre pour ma fille. J'ai eu la chance d'avoir beaucoup de signes et de contacts à travers des médiums. Ca m'a fait beaucoup de bien et je suis apaisé maintenant. Je sais qu'elle n'est jamais loin et qu'elle garde un oeil sur nous.

Tu as raison de continuer à l'aimer toujours, où qu'elle soit. Elle n'est sûrement pas très loin de toi. Mais il faut que tu arrêtes de penser à ce qui aurait pu être et qui ne sera pas. Je sais que c'est très difficile quand on voit les autres autour de soi, quand on voit leurs enfants qui construisent leur vie. C'est l'épreuve la plus difficile de toutes. Il faut arriver à accepter ce qu'on ne peut pas changer et se faire aider si on n'y arrive pas.

Je pense que ta fille, depuis là où elle est, sera heureuse si tu arrives à relever la tête et qu'elle ne veut pas que tu restes prostrée toute ta vie. Pour moi, ça a été une motivation importante.

Je t'envoie mes pensées les plus chaleureuses. Continue à nous parler de ta fille, si ça te fait du bien.
Titre: Re : 5 ans sans toi
Posté par: résilience et silence le 25 Mai 2019 à 15:12:25
Bonjour à vous.
Je crois, Helpa, que votre façon de voir croise une grande partie des miennes. Même si nous n'empruntons pas tout à fait les mêmes chemins, ils sont proches.  Moins de 3 ans pour moi, c'est encore très fragile mais néanmoins, chaque jour,  ma certitude gagne sur la souffrance.
De tout coeur.
Pascal.
Titre: Re : 5 ans sans toi
Posté par: Maman coeur brisé le 06 Janvier 2020 à 12:08:17
Résilience et silence ,

J’aimerais que vous’ expliquiez votre façon de penser et comment êtes vous arrivez à ce cheminement. Ma douleur est très très récente ( un peu plus d un mois) et mon cœur fragile mais je voudrais être heureuse pour lui et pour nous. Je sais que le chemin va être très long et sinueux mais je vais me battre pour atteindre mon but.

Amicalement
Stéphanie
Titre: Re : 5 ans sans toi
Posté par: résilience et silence le 06 Janvier 2020 à 14:47:13
Bonjour Stéphanie.
De base, comme vous, je crois que je voulais que ma fille soit fière de moi. ça m'a aidé à jeter aux orties toutes les pensées négatives, voire pire, pensées qui ont pu me traverser au fil du temps. Mais ce combat intérieur a ses étapes, ses règles, ses exigences, ses limites  et  demande une attention permanente qui ne cessera jamais, car je crois aussi qu'il ne s'arrêtera jamais non plus. Il prend seulement d'autres formes.  Et il n'y a pas de conseil à donner, cela fait partie pour moi des choses bannies pas plus qu'on ne peut conseiller à un enfant comment apprendre à marcher. Car je crois que la mort d'un enfant nous propulse dans un état où il faut réapprendre et encore réapprendre à marcher, car toutes et tous nous nous sommes retrouvé(e)s plié(e)s en deux à 4 pattes et en total état de sidération.
Chronologiquement je peux penser que la première année fût celle du corps. Il était cassé. Sur cette première année, je n'ai pas hésité à recourir au soutien d'anxiolytiques sous  ordonnance, à dose dégressive, très prudemment. Mais je crois que la première année, c'est le corps qui a dominé plus que la pensée, juste pour survivre. La pratique musicale (saxophone)  m'a énormément aidé pour souffler et réparer la cassure du corps, clairement logée aux tripes.
La deuxième année est celle d'une confrontation à ma responsabilité, par le moyen d'un travail analytique avec un psychanalyste me garantissant sa neutralité et sa bienveillance professionnelle. L'essentiel du travail de cette deuxième année se résume à "dégonfler" la culpabilité, pour finir sur ce constat : le deuil n'est pas une pathologie et ce travail dans un cadre analytique n'avait plus d'utilité.
L'éprouvé de l'extrême solitude que nous pouvons traverser m'a poussé ensuite à chercher du côté de la physique quantique, qui par cascade m'a amené à la spiritualité. C'est au final de cette troisième année que toujours avec l'aide de professionnels haut de gamme, j'ai souhaité être délivré de ma colère. ça a marché, elle est tombée, en quelque sorte. Cela m'a aidé à retissé du lien social avec les gens qui soit sont maladroits, voire blessants ou tout simplement indifférents. La totalité de ma famille étant "disparue" de toute forme de soutien, me restaient heureusement enfants, beaux-enfants, compagne et ami(e)s. La mort ne nous retire pas notre place de parent, et nos enfants décédés, comme nos enfants vivants continuent de nous construire parent. Comme vous, c'est à ce titre de fierté que je m'accroche comme seul fil de lien qui nous unit.
Voilà, j'ai essayé de répondre le plus honnêtement possible tout en sachant que lorsque chacun(e) d'entre nous est dans le fond de l'abîme, toute corde peut paraître insupportable, presque froidement "technique". Mais je ne vois pas d'autres issues que ce cheminement personnel à partager.
Cette quatrième année est celle d'une confrontation au vide. Je ne sais pas quoi en dire pour l'instant.

En tout respect.
Pascal.
Titre: Re : 5 ans sans toi
Posté par: Maman coeur brisé le 06 Janvier 2020 à 15:34:26
Pascal ,

Merci pour cette réponse nous n’aurons pas forcément le même chemin mais j’espère pouvoir m’en inspirer ne serait-ce qu’un petit peu, pour aller dans la direction qui est là votre. Pour moi je m’accroche , je pousse très fort les pieds au fond de l’eau pour garder la tête hors de l’eau pour Lennon, pour notre couple et pour Liam et Emmy et j’espère pouvoir apprendre à. cohabiter avec cette  douleur et ne plus l’endurer.

Amicalement

Stéphanie
Titre: Re : 5 ans sans toi
Posté par: Ludmilla 31 le 27 Janvier 2020 à 14:50:01
Bonjour

Voici un petit moment que je n'étais venue sur le forum ,trop dur parfois ,psychologiquement d'assumer ,le décès de mon fils il y a 5 ans ,le travail , la vie en solo (après des échecs amoureux )  , heureusement je m'occupe de ma petite-fille (la fille de mon fils ) , et ma fille qui va être maman pour la 1 ière fois en juin .
Le décès de mon fils est toujours au fond de moi ,je suis un peu apaisée après avoir participé à des conférences sur le deuil ,des séances de photos avec médiums lors de ces conférences ,je me suis fait aider par les  médecines douces ,méditation,hypnose etc ...
En octobre, j'ai perdu mon frère de 9 ans de plus que moi ,même si nous n'étions pas hyper -proches ,beaucoup de non-dits (lui étant très renfermé) , j'ai toujours eu beaucoup de mal à savoir ce qui le rongeait , même si j'ai des pistes ,un jour qu'il me ramenait à la gare seule fois où il était seul il m'a dit "je n'ai pas ta force" ,je sais qu'il n'a pas eu la vie qu'il avait rêvé ,moi non plus d'ailleurs ,même après la mort de mon fils ça ne nous a pas rapproché .Il était très centré sur lui-même ,il m'avait même réclamé des médailles militaires d'un grand-oncle qui avait fait 14/18 , que mon père avait donné à mon fils parce qu'il faisait de la généalogie .
Je lui ai toujours pardonné , ayant pitié de lui car je savais qu'il était malheureux ,mais combien de fois ça m'a fait mal .
Lors de ses obsèques qui ont été très longues ,problème de date d'incinération ,habitant à 1000 km j'ai pris  tous mes congés pour soutenir ma mère de 87 ans , qui a la maladie de Parkinson ,mais vite j'en ai pris plein la tête ,elle a toujours eu une préférence , même si elle s'en défendait , j'ai voulu dire un texte pour lui à l'église ,ça m'a été refusé  ,ma belle-soeur ne voulait même pas qu'il ait une place au cimetière ,comme une fois il avait dit en riant qu'il voulait être avec mes parents dans le même colombarium ,on a respecté sa dernière volonté et  il y repose .
En décembre , j'ai perdu une petite-cousine de 63 ans suite à une opération (pas mise assez longtemps sous anticoagulants ),la dernière fois que je l'ai vu c'était justement aux obsèques de mon frère ,nous nous comprenions beaucoup elle même avait perdu son enfant ,sa fille fauchée par un chauffard .
Là ,je suis en arrêt suite à une mauvaise chute , je suis contente que les fêtes de fin d'année soient passées ,même après 5 ans toujours aussi dur , et ces 2 décès si près ont renforcé la douleur et le manque de nos chers disparus .
Tout à l'heure ,je vais avec ma fille et son compagnon à l'échographie ,j'espère tenir le coup étant très émotive .
Tendres pensées à toutes et tous .
Ludmilla .