Auteur Sujet: Comme toujours dans la vraie vie !  (Lu 10958 fois)

0 Membres et 1 Invité sur ce sujet

Hors ligne souci

  • Membre Héroïque
  • *****
  • Messages: 2247
Re : Comme toujours dans la vraie vie !
« Réponse #75 le: 30 Novembre 2017 à 18:15:44 »

   Ah ! Si y avait que des cochons de poètes parmi ces singes vaniteux que sont les Hommes ...

  Hier, j'ai vu un doc sur la jeunesse et l'éducation de Heinrich Himmler,
  ah ! Un PUR, celui-là, irréprochable sens de la bonne conduite ...
  Pas question de batifoler ! Du sérieux ...
  Faut croire que psychorigidité, déni de la sexualité et agressivité forment un syndrome ...
  ^^^^^^^^^^
  Poésie de Federico Garcia Lorca:
 
            La Mariée infidèle

    Et moi qui, sans m’en douter,
    L’ai menée à la rivière !
    Je croyais qu’elle était fille,
    Mais elle avait un mari.
    Pour la nuit de la Saint-Jacques,
    Tout paraissait convenu.
    Sitôt les lampes éteintes
    Et les grillons crépitant,
    Au dernier tournant des rues
    J’ai touché ses seins dormants
    Mais vite éveillés pour moi,
    Grappes de jacinthe écloses.
    L’amidon de son jupon
    Me crissait dans les oreilles
    Comme une pièce de soie
    Quand dix couteaux la déchirent.
    Sans clair de lune à leurs cimes,
    Les arbres se font plus hauts.
    L’horizon des chiens aboie
    Loin, très loin de la rivière.

    Passés les mûres sauvages,
    Les épines et les joncs,
    Elle a défait ses cheveux,
    Aplani pour nous la rive.
    J’ai enlevé ma cravate.
    Elle a enlevé sa robe.
    Moi, ceinture et revolver.
    Elle, ses quatre corsages.
    Odorant nard, coquillages,
    Rien ne se peut voir si fin.
    Ni le miroir sous la lune
    N’éblouit de cet éclat.
    Ses cuisses, qui m’échappaient
    Comme des poissons surpris,
    C’était le feu tout entier,
    Et aussi la fraîcheur même.
    Cette nuit-là, j’ai couru
    Dans le meilleur des chemins,
    Montant pouliche de nacre,
    Sans étriers et sans brides.
    Je n’ose dire, étant homme,
    Les choses qu’elle m’a dites.
    Le grand jour de la raison
    M’incite à plus de réserve.
    Je la ramenai salie
    Par les baisers et le sable.
    Contre le vent bataillaient
    Les iris et leurs épées.

    ^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^ F.G.L.
 
   
Heureuse d'être inconsolable, j'Aime.

Hors ligne Federico

  • Membre Héroïque
  • *****
  • Messages: 1757
  • De ma blessure a jailli un fleuve de liberté. "F"
Re : Comme toujours dans la vraie vie !
« Réponse #76 le: 16 Décembre 2017 à 03:11:46 »


Rectangle triangulaire

L’allée est silencieuse
Je n’entends pas les oiseaux ce matin

Cette fois tous les arbres sont verts autour de la gare
Un mécanisme de vérité s’est mis en route inexorablement

Voilà pourquoi je ne comprends plus rien

Ce printemps ne ressemble plus à celui où j’étais fidèle à toutes mes femmes
J’attends l’heure éternelle de volupté
Semblable à la délicatesse des sens
Qui occupait l’espace d’une vie

La joie n’aura plus jamais sa place maintenant

C’est l’heure de la folie destructrice
Que nous attendons tous

Edgar Georges, 1999
- Espérer, c'est avoir la force de sourire avec un cœur qui ne cesse de pleurer
- Qui pourrait me dire maintenant ce que je dois croire, penser ou faire ? Personne !
- J'aime les âmes sensibles sans domicile fixe
- Oser l'insoumission au malheur. M

Hors ligne souci

  • Membre Héroïque
  • *****
  • Messages: 2247
Re : Comme toujours dans la vraie vie !
« Réponse #77 le: 16 Décembre 2017 à 13:36:24 »

     
     
     Une seule vérité,
     Un seul printemps,
     Et tant de pleurs ...
     M.
Heureuse d'être inconsolable, j'Aime.

Hors ligne Eva Luna

  • Membre Héroïque
  • *****
  • Messages: 2262
Re : Comme toujours dans la vraie vie !
« Réponse #78 le: 16 Décembre 2017 à 14:02:45 »
oh, des cosmos!

Hors ligne Federico

  • Membre Héroïque
  • *****
  • Messages: 1757
  • De ma blessure a jailli un fleuve de liberté. "F"
Re : Comme toujours dans la vraie vie !
« Réponse #79 le: 18 Décembre 2017 à 10:55:26 »



Tropique du Cancer

À l’heure où se voile la nuit

 Il me revient en mémoire la saveur de très anciennes amours
 En des cités où le Soleil ne se couchait que par intermittences
 Pour prendre le deuil de la terre.
 Et croyez-moi, Ô vous , marins du «Mogadiscio»,
C’étaient de fières amantes que nos amies d’alors.

À l’heure où tombe la nuit

Vite, si vite qu’on n’a aucune peine à se savoir sous de très basses latitudes,
 Il me revient le souvenir de déchirures oubliées,
 Car mes bonheurs eurent parfois de tragiques fins.
 Peut-être vous les conterai-je quelque jour,
 Car il n’est pas de secret qui ne se puisse partager.

Puis vint le temps où le Soleil cessa de se coucher…

Et les jours étaient longs et mornes
 Ô si longs et mornes les jours
 longs, longs sous leur blanche morsure

Et des bonheurs, seule la déchirure.

Je t’ai quitté

Pour les Pays des Hautes Terres Froides et des Nuits Sombres
 Je t’ai quitté pour les tempêtes atlantiques et les aurores
 Pour la chanson du vent sur les genêts au temps d’hiver.

Mon souvenir va vers toi

 Quand s’effaçaient au loin les contours de Fuerteventura.
 Alors, pour les marins du « Mogadiscio », venait l’heure,
 Le moment furtif du regret
 Jusqu’à ce que la première étoile se lève

 Seulement la première étoile.

Villebramar, Puerto del Carmen, 1986   


- Espérer, c'est avoir la force de sourire avec un cœur qui ne cesse de pleurer
- Qui pourrait me dire maintenant ce que je dois croire, penser ou faire ? Personne !
- J'aime les âmes sensibles sans domicile fixe
- Oser l'insoumission au malheur. M

Hors ligne Federico

  • Membre Héroïque
  • *****
  • Messages: 1757
  • De ma blessure a jailli un fleuve de liberté. "F"
Re : Comme toujours dans la vraie vie !
« Réponse #80 le: 18 Décembre 2017 à 11:04:56 »


Symphonie des parfums

À Madame Dardoize

Je veux m’endormir dans le parfum des roses fanées, des sachets vieillis, des encens lointains et oubliés. –
Dans tous les chers et charmeurs parfums d’autrefois. –
Mes souvenirs chanteront sur des rythmes doux, et me berceront sans réveiller les regrets.
 Tandis que le morne et spléenétique hiver pleure sur la terre inconsolée,
 Et que le vent hurle comme un fou,
 Tordant brutalement les membres grêles des ormes et des peupliers,
 Je veux m’endormir dans le parfum des roses fanées,
 Des sachets vieillis, des encens lointains et oubliés.
 Et les rythmes et les parfums se confondront en une subtile et unique symphonie;
 Les roses fanées se lèveront superbes et éclatantes,
 Chantant avec leurs lèvres rouges les vieilles chansons aimées;
 Elles s’enlaceront aux pâles jasmins et aux nénuphars couleur de lune;
 Et je verrai passer leurs ombres miroitantes, comme en une ronde des robes de jeunes filles.
 Les clochettes des liserons chanteront avec leurs parfums amers – les mortelles voluptés;
 La violette à la robe de veuve dira les tendresses mystiques et les chères douleurs à jamais ignorées;
 L’héliotrope avec son parfum vieillot et sa couleur défraîchie, fredonnera des gavottes, ressuscitant les belles dames poudrées qui danseront avec des mouvements lents et gracieux.
 Musc minuscule et compliqué comme une arabesque,
 Scabieuse, – reine des tristesses,
 Opoponax dépravé comme une phrase de Chopin,
 Muguet, – hymne à la gloire des séraphiques fraîcheurs,
 La myrrhe solennelle, le mystérieux santal,
 L’odeur du foin coupé, – sereine et splendide comme un soleil couchant,
 Iris où pleurs l’âme des eaux dormantes,
 Lilas aux subtils opiums,
 L’amoureuse vanille et le chaud ambre gris
 S’uniront en des accords grondants et berceurs – comme les orgues et comme les violons
 Évoquant les visions cruelles et douces
 Les extases évanouies, – les valses mortes, – les cassolettes éteintes et les lunes disparues.
 Tandis que le morne et spléenétique hiver pleure sur la terre inconsolée;
 Et que le vent hurle comme un fou, tordant brutalement les membres grêles des ormes et des peupliers,
 Je veux m’endormir dans le parfum des roses fanées, des sachets vieillis, des encens lointains et oubliés.

Marie Krysinska, Rythmes pittoresques
- Espérer, c'est avoir la force de sourire avec un cœur qui ne cesse de pleurer
- Qui pourrait me dire maintenant ce que je dois croire, penser ou faire ? Personne !
- J'aime les âmes sensibles sans domicile fixe
- Oser l'insoumission au malheur. M

Hors ligne souci

  • Membre Héroïque
  • *****
  • Messages: 2247
Re : Comme toujours dans la vraie vie !
« Réponse #81 le: 25 Décembre 2017 à 16:32:47 »

   Un petit poème de Lorca,
   extrait de la suite "Herbiers."
   ^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^

   "Le courtier du temps
     apporte l'herbier des rêves.
   
     moi
     Où est cet herbier ?

     le courtier
     Tu l'as dans les mains.

     moi
     Mes dix doigts sont libres.

     le courtier
     Les rêves dansent sur tes cheveux.

     moi
     Combien de siècles ont passé ?

    le courtier
    Il n'est qu'une heure à mon herbier.

    moi
    Où vais-je ?
    Vers l'aube ou vers le soir ?

    le courtier
    Le passé est inhabitable.

    moi
    Ô jardin aux fruits d'amertume !

    le courtier
    Plus triste est l'herbier de la lune.

    ^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^ F.G.L.
Heureuse d'être inconsolable, j'Aime.

Hors ligne souci

  • Membre Héroïque
  • *****
  • Messages: 2247
Re : Comme toujours dans la vraie vie !
« Réponse #82 le: 31 Décembre 2017 à 19:39:56 »

   huhuhu, hihihi!

   N'est-ce point un peu brutal de souhaiter d'un bloc toute une bonne année D'UN COUP ?
   Franchement, si je dis "bonne année" ce soir, ce sera d'une petite voix des jours ramollos ... aussi je vous garde au frais des bondjou pouêt-pouêt printaniers pleins de verdure ...
   Les traditions, c'est super pour la technique, l'artisanat, tout ça, mais les sentiments ... LIBERTÉ !
   Le code ? Où ça, le code ?
   https://www.youtube.com/watch?v=YRxPRwmn6IM
 
   
Heureuse d'être inconsolable, j'Aime.

Hors ligne souci

  • Membre Héroïque
  • *****
  • Messages: 2247
Re : Comme toujours dans la vraie vie !
« Réponse #83 le: 15 Janvier 2018 à 13:02:30 »
       Première ponte de l'année ...

      ^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^

                       Poème d'hier.

               On peut voir encore
               Mes pas sur la neige
                    Pour un temps
              -Soupçon d'inconfort-
               Seulement y étais-je ?

                     Seulement ...

                Si un seul disparaît
              Une seule préférence
               Son souvenir revêt

             Toutes les différences
           
           Que te connaître un peu
             Me confine en ces pas
              Où neige l'épaisseur
             
             Et ta douce présence
          Qui fit fondre mon cœur.

          ^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^ M.
Heureuse d'être inconsolable, j'Aime.

Hors ligne Federico

  • Membre Héroïque
  • *****
  • Messages: 1757
  • De ma blessure a jailli un fleuve de liberté. "F"
Re : Comme toujours dans la vraie vie !
« Réponse #84 le: 16 Janvier 2018 à 02:19:25 »
Écriture

Un livre une page des mots
 Un adulte
 l’enfant caché
 Tu parles
 à toi, de toi
 à moi
 au monde
 Maintenant, tout de suite
 Sans aucune règle
 Libre de t’affirmer
 sans respecter les conventions
 bourgeoises, castratrices, arbitraires
 la pensée globalisée se construit
 élixir alchimique enivrant
 réaffirme notre analogie
 le temps d’un instant
 recompose le puzzle fraternel
 le mot philosophale rayonne
 ainsi restauré

Sybille Rembard, 2016

*******************************************************************

J'aime beaucoup ! MERCI..... A découvrir... cadeau pour vous mes AmiEs du forum !

****************************************************************

Sybille Rembard – biographie
 

Sybille Rembard est née à Turin en Italie le 21 juin 1966.

De père français et de mère italienne, elle a vécu une enfance et une adolescence paisible se construisant dans l’univers multiculturel d’une famille aux multiples racines. Son esprit libre s’est nourri des livres de la bibliothèque familiale et en particulier de la vaste collection d’œuvres poétiques dont, depuis le plus jeune âge, elle était friande. Les débats et les échanges, dans une famille très ouverte au monde et aux autres, ont forgé sa personnalité et sa pensée. Après des études littéraires, elle est partie à la découverte du monde. Dans ses pérégrinations d’outre-Manche elle a rencontré l’Amour avec qui elle a fondé une grande famille.

Aujourd’hui elle a planté ses racines en France, en faisant de sa passion pour les mots et l’écriture son métier.

Les poèmes de Sybille Rembard... https://www.poetica.fr/categories/sybille-rembard/

« Modifié: 16 Janvier 2018 à 02:31:02 par Federico »
- Espérer, c'est avoir la force de sourire avec un cœur qui ne cesse de pleurer
- Qui pourrait me dire maintenant ce que je dois croire, penser ou faire ? Personne !
- J'aime les âmes sensibles sans domicile fixe
- Oser l'insoumission au malheur. M