Auteur Sujet: Suicide de mon mari  (Lu 290 fois)

0 Membres et 1 Invité sur ce sujet

Hors ligne Alba1985

  • Néophyte
  • *
  • Messages: 4
  • Le forum d'entraide durant un deuil
Suicide de mon mari
« le: 11 Août 2017 à 10:00:29 »
Bonjour à tous,

Je suis nouvelle sur ce forum. J'ose prendre la parole car jai vu pleins de commentaires bienveillants et que je suis dans la phase d'interrogation, je cherche des gens qui pourraient me partager leur expériences et leurs réponses pour avancer. J'ai perdu mon mari par suicide il y a 3 mois. Mon mari était tout sauf suicidaire il était pompier et avait déjà fait des gens sur intervention pour tentative de suicide et je sais qu'il était "contre" cette mort. Il n'a pas dormi pendant 4 jours d'affilé et du coup cogite beaucoup. Il repensait à son enfance (sa mère est bipolaire) et il parlait de problème d'argent qui allait être résolu avec la vente de notre bien.  Il parlait de mauvaises évaluations à son travail alors qu'au contraire il a eu des félicitations enfin tout était mélange. Je n'ai pas compris sa douleur j'ai cru que c'était du fait qu'il ne dormait pas car jusqua son geste il n'a jamais été déprime il avait toujours pleins d'objectifs. Je ne comprends pas. Il m'a laissé alors que c'était tout pour moi m. On était ensemble depuis mes 15 ans (jai 32 ans). On essayait d'avoir un enfant depuis 4 ans.
Je ne comprends pas ce suicide comment en ait il arrive à ce geste ? Il ne m'a pas laissé de mot les médecins parlement de bouffes délirantes. Il croyait sentir du gaz la veille (ça non plus ça ne m'a pas mis la puce à l'oreille). Je me sens vide. Je reste pour l'instant pour ma mère et mes sœurs mais tout mon avenir est remis en cause.

Merci pour vos soutiens

Hors ligne souci

  • Membre Héroïque
  • *****
  • Messages: 1883
Re : Suicide de mon mari
« Réponse #1 le: 11 Août 2017 à 15:45:58 »
    Bonjour Alba 1985,

    Je crains que suite à une mort par suicide, la phase d'interrogation reste à jamais ... en suspens ...

    Il y a le deuil, et puis le problème du suicide, qui complique puisque, en tant que proches, nous pensons que nous aurions pu aider, et/ou être appelés à le faire, afin d'éviter la fatale issue.

   Je suis la tata d'un jeune suicidé, et des années après, les questions sont toujours ouvertes et sans possible conclusion !
   La problématique de ce suicide se pose chaque jour pour moi !
   Mais j'enverrais chier au diable quiconque oserait me dire de "tourner la page", NORMAL, c'est NOTRE PETIT, et je continue de l'accompagner pour toujours, ma seule catharsis possible dans cette souillure de ma vie. Non pas que je me sente coupable, mais je prends part, parce que cet enfant fait partie de moi point barre.
   Chaque vie est unique ... chaque souffrance si intime ... chaque "concours de circonstances" étroitement emmêlé de malchance ...
   Il semble qu'un rien aurait pu stopper l'engrenage ... quant à prétendre savoir "quoi" ...

   Ce n'est pas facile ...
   Et toi, à SEULEMENT trois mois, tu es encore sous le choc.
   S'il est vraiment arrivé à ton homme de ne pas dormir plusieurs nuits d'affilée, c' est très dangereux pour le psychisme, c'est ainsi que le cerveau se met à percevoir des sensations irréelles, à halluciner ... les hallucinations sont des "mélanges" incontrôlés ...
   
   Il est très difficile de reconnaître la personne équilibrée et saine que l'on a connue dans l'acte suicidaire, on se dit que si toutes les ressources avaient été présentes à l'esprit, le moment fatidique du suicide ne se serait pas passé.
 
   Mais ça s'est passé, horreur pour nous, oui horreur à "gérer", à rationaliser/contenir, sous peine, en s'identifiant de trop près au suicidé, à finir comme lui ...
   Je sais à quel point notre impuissance est inacceptable, et pourtant la vérité cruelle du suicide, nous révèle qu'on ne peut sauver ... que NOUS, hélas, tant il existe une distance entre les êtres même étroitement liés ! Terrible solitude ... terrible crise de confiance ... en soi, en l'autre, en ce de quoi les sentiments sont faits ... crise de confiance tout simplement dans la solidité de nos convictions, de nos options ...
   Et puis cette lancinante question: quelle part de l'autre nous était-elle
inconnue, nous connaissions-nous VRAIMENT ? Et donc, quelle était notre valeur pour l'autre ? N'oublions pas que jamais nous ne sommes dans la tête de l'autre, que nous ne savons pas, que nous ne saurons jamais, comment, pourquoi, à un moment tout s'est mélangé en déséquilibre envers son jugement ...
   Comme "tout remue", n'est-ce pas, Alba 1985 ...

   Et sans aller jusqu'à parler de "folie", ce qui est de toute manière une notion très relative, on ne peut s'empêcher de penser qu'il aurait suffi d'un rien pour que, telle les balances anciennes, notre aimé reste du côté de la vie au lieu de basculer dans l'abandon, dans le vide.

   UN RIEN, un rien ... voilà qui est bien amer à considérer ...
   Mais qui place le suicide dans l'ensemble des fatalités qui cause la mort ...
   Acceptable ou non, personnellement je ne pense pas que le deuil "avance" vers cette question, le deuil avance tout simplement vers une vie dans l'Amour en soi, à sonder, délivrer, partager ...

   Je t'ai pondu une tartine !
   Sans penser si ça allait t'aider ou non, simplement parce que ton histoire "inexplicable" me touche.
   Amicalement et solidairement, Martine.
J'aime donc je suis !

Hors ligne Alba1985

  • Néophyte
  • *
  • Messages: 4
  • Le forum d'entraide durant un deuil
Re : Suicide de mon mari
« Réponse #2 le: 11 Août 2017 à 17:37:58 »
Merci beaucoup Martine. Tes mots me touchent. Je ne me rendais pas compte que d'en parler à des gens vivant la même situation me soulagerais.
Le problème c'est comme tu  le mentionnes cest l'acceptation. Je n'accepte pas. Souvent la nuit je rêve que cette situation n'existe pas et qu'il est à côté de moi en me disant que jamais il ne m'abandonnerait. Car cest bien ça que je ressens de abandon. On a passé plus de la moitié de notre vie ensemble et j'ai l'impression de ne pas le reconnaître dans ce geste. Je n'arrive pas à comprendre comment il a pu faire ça. Je ne dis pas qu'il y a des personnes prédisposées au suicide mais il y en a qui après une longue dépression ne voit que cette issue. Je ne dis pas que le geste est moins grave mais la il n'y avait rien de tout ça au contraire comme je le dis il était "contre" ce geste. Je ne comprends pas alors que pendant ces 17 ans on a tout partage et la pendant 4 jours je n'ai pas su l'aider et voir ce qui se passer.

Je partage aussi ta douleur car perdre un enfant de sa famille cest aussi une grosse douleur.
Comment fais tu ?

Encore merci pour ton soutien

Hors ligne souci

  • Membre Héroïque
  • *****
  • Messages: 1883
Re : Suicide de mon mari
« Réponse #3 le: 11 Août 2017 à 22:41:51 »

    Oh, eh bien, ma chère Alba 1985,
    si tu souhaites savoir comment je me débrouille, mon fil "ce deuil pour les autres" dans cette même rubrique, en témoigne pas à pas ... en pratique et non en recommandations, ces dernières ne valant pas grand-chose ...
    Non, le "problème" n'est pas l'acceptation, je l'ai d'ailleurs mentionné en précisant que, selon moi (mais je sais que beaucoup de théories simplistes -à mon avis- ne visent que ce -pauvre- terme),
   selon moi donc, l'avancement dans le deuil n'est PAS dans cette "étape" , mais tout simplement vers une vie dans l'Amour en soi, à sonder, délivrer, partager ...
   Bien amicalement et solidairement, M.
J'aime donc je suis !