Auteur Sujet: Suicide de mon compagnon  (Lu 642 fois)

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Hors ligne Lilou42

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Suicide de mon compagnon
« le: 26 Novembre 2018 à 13:15:26 »

Jamais je n'ai été inscrite sur le moindre forum, mais il faut une première fois à tout... J'ai beaucoup lu vos messages dans l'ombre, j'ai parfois eu l'impression que j'aurais pu être l'auteur de ces mots, alors aujourd'hui je me lance, pour vider un peu mon sac de chagrin, de douleur, auprès de personnes qui sauront, j'en suis sûre, les comprendre et peut-être les apaiser quand l'entourage sera usé ou trop démuni...

Rémi s'est suicidé début septembre. Jamais je n'aurais imaginé qu'il puisse en arriver là... J'ai parfois encore du mal à réaliser qu'il ne reviendra pas. Il y a eu le choc, il y a maintenant le manque, l'incompréhension, la colère, la culpabilité de n'avoir pas vu venir, de ne pas avoir entendu les mots qui résonnent aujourd'hui comme des évidences du désespoir qui le rongeait, cet au revoir à demi-mot que je n'ai pas compris...  Il ne s'est laissé aucune chance : il a sauté d'un pont, à un endroit tristement connu pour ne pas se rater... il ne savait pas dire sa souffrance, c'est parfois difficile, je le conçois, mais pourquoi pas "seulement" une tentative de suicide, un appel au secours, pour que je comprenne, que son entourage comprenne, que les soignants comprennent où il en était et que nous puissions l'aider ? Il est parti sans un mot, déterminé à en finir, il a sauté sans une seconde d'hésitation aux dires du témoins qui a donné l'alerte... Pourquoi avoir baissé les bras alors que je croyais tellement en lui...

Oui il a fait une erreur stupide, il m'a blessée, il s'en voulait mais j'aurais pu pardonner... Lui ne s'est pas pardonné... J'ai parfois étais dure dans mes mots, blessante, j'attendais tellement que tu me montres ta détermination à réparer ce que tu avais abimé mais tu n'y arrivais pas, tu étais bloqué, comme tétanisé par la conviction que tout était perdu, que tu étais vaincu d'avance... Je n'ai pas su le rassurer, lui témoigner assez fort à quel point je l'Aimais. Aujourd'hui son absence est une torture au quotidien... Nos deux enfants vont grandir sans leur Papa... Comment a-t-il pu ne pas penser à la souffrance qu'il allait infliger à tous ceux qui l'aimaient ? Il avait tellement souffert de la mort de son père alors qu'il n'avait que 15 ans, comment infliger la même chose à ses enfants qu'il aimait tant ? Notre fils aura bientôt 3 ans et pleure son Papa tous les jours depuis que nous avons "fêté" le premier anniversaire de sa petite sœur sans Papa... Il a compris ce jour-là je pense, que son Papa ne sera plus jamais présent. C'est tellement dur d'aller de l'avant, de continuer sans lui... Il n'y a pas de mots pour décrire cette souffrance qui ronge de l'intérieur, cette douleur incomparable à tout ce qu'on peut imaginer...

Comme certains d'entre vous j'ai beaucoup lu, sur le deuil en général, le deuil après suicide, le suicide... pour comprendre son geste, comprendre ces émotions terribles qui me ballotent sans relâche... J'ai l'impression d'être sur un radeau, sur une mer maintenant trop souvent déchaînée... Et puis j'ai aperçu vos radeaux et j'ai compris que je n'étais pas seule à essayer de garder la tête hors de l'eau... alors MERCI à vous, pour vos témoignages et le temps que vous aurez consacré à me lire aujourd'hui.

Hors ligne biche07

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Re : Suicide de mon compagnon
« Réponse #1 le: 26 Novembre 2018 à 14:01:29 »
bonjour lilou..bienvenue parmi nous ..dans cette grande famille de douleur sans lien de sang mais avec le lien de  la compréhension et de l'ecoute...j'ai juste envie de te prendre dans mes bras et te bercer pour prendre un peu de ta peine.
pas trouvé de mots pour l'instant...tendresse biche
Si j'avais su que je T 'aimais autant, je T'aurais aimé encore davantage.

Hors ligne mike67

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Re : Suicide de mon compagnon
« Réponse #2 le: 26 Novembre 2018 à 14:19:27 »
Très chère Lilou

Je me permets de t'accueillir sur ce forum, où on peut exprimer ses peines, son désespoir, ses craintes, sans jugement, et trouver de la compréhension, peut être des réponses à nos questions, des conseils pour avancer.

Ce que tu vis est terrible, terrifiant.
Je le sais car toutes les questions que tu te poses, tous les remords que tu exprimes, je les vis moi aussi.
Comme toi, je regrette de ne pas avoir compris les appels au secours, formulé à demi-mot.
Je regrette comme toi de ne pas en avoir mesuré la terrible portée, de ne pas avoir mesuré la terrible souffrance à l'intérieur de la personne aimée.

J'ai le moral un peu bas aujourd'hui, mais te lire me fait du bien.
Que te dire pour t'aider un peu?
Lire le livre de Christophe Fauré sur le suicide.
Regarder sur internet l'émission :
https://www.bing.com/videos/search?q=que+faire+apres+le+suicide+d%27un+proche+france+5&&view=detail&mid=39E8AC38C33263B7B76A39E8AC38C33263B7B76A&&FORM=VRDGAR

Feuilleter sur le net, comme on le fait tous pour lire, essayer de comprendre ce geste fou...

Je me permets de te le dire : tu ne trouveras pas de réponse, ou certaines zones resterons sans réponse pour toi.

Je suis sincèrement de tout cœur avec toi, réellement car je sais que les premier mois sont très difficiles à vivre.
Essayes d'être douce avec toi, tu souffres suffisamment, avec tes enfants à protéger et à t'occuper. Donc pas la peine d'en faire davantage.
Ce n'est pas facile. J'ai envie de te dire : mets tout en œuvre pour essayer de comprendre un petit peu son geste.
Mais essaies  au maximum, même si cela n'est pas évident, de ne pas t'intégrer dans son geste, afin de ne pas alimenter trop douloureusement ton sentiment de culpabilité.
Comme toi, comme tous ici, on se demande le cataclysme qui a fait qu'on est arrivé sur ce forum...
Se ménager au maximum, prendre soin de toi et de tes enfants demandent déjà suffisamment d'énergie.
Tu n'es pas responsable de son geste. C'est son acte personnel, intime.
Avec le temps, même si cela est difficile, j'essaie d'apprendre à respecter ce geste terrible. L'accepter, c'est aimer la personne perdue, c'est respecter ses souffrances, ne surtout pas les minorer.
Pour autant, et c'est le plus dur, essaies d'éviter de tomber dans les regrets : oui on aurait pu changer les choses si on l'avait retenu, si on lui avait parlé autrement, si ... si...
Certes, c'est peut être vrai..  mais cela reste leur geste, leur volonté d'arrêter.
Comme on me l'a répété ici des centaines de fois, on ne se suicide pas après une  rupture, ou une dispute.
On se suicide car il y a un désespoir profond, enfoui, emmagasiné depuis des années et qui atteint son point de rupture.
C'est leur parcours de vie, c'est leur histoire. Essayer de respecter cela.
Je pourrais t'écrire pendant des heures encore...
Ta reconstruction interviendra plus tard.
A ce stade, préserves toi, alimentes toi, dors le plus correctement possible.
La clé, qui me permet à moi de m'en sortir, c'est d'en parler à mon entourage.
Je n'ai pas cessé de parler du drame à mes proches, parler, parler, parler encore. Tout délier, tout dire à des personnes proches et de confiance, sans tabou. Il faut cracher sa douleur, cracher ses regrets, ses remords, et ne rien garder enfoui.
Voies tu peut être un thérapeute?
Comme moi, tu vas passer toute ta vie de couple à la moulinette. Tu vas chercher des détails, tu vas essayer de t'imputer des responsabilités, tu vas regretter des choses dites, des actions parfois très lointaines. C'est normal, mais essaie de te préserver et de te voir comme une belle personne. Ne pas s'abimer... eux l'étaient déjà suffisamment.

Tout doucement, pas maintenant bien sûr, un petit mieux va s'installer, je peux te le promettre.
Pas loin de 8 mois après le drame absolu, je peux te dire que je me réintègre tout doucement dans la vie. Mais je continue de pleurer, de regretter ce départ qui n'aurait pas dû être, je continue de pleurer sa tristesse à lui, mais je parviens tout doucement, naturellement à ne rien regretter en ce qui concerne mes propres actions.
Car tu est juste humaine et à toi seule, tu ne peux t'imputer la responsabilité d'un tel geste. c'est SON CHOIX, aussi terrible puisse t-il être.
"J'aurais dû lui pardonner" : pourquoi cela? aucunement!! Tu as le droit d'exprimer ton désaccord.
Comme toi, je vis assez mal le fait de n'avoir aucun mot, aucun écrit. J'ai des dernières paroles adressées, comme dans ton cas, pleine de tristesse, mais à demi-mots (elles étaient profondément  sincères, je ne les ai pas comprises ;-(...). Et rien. J'aurais tellement aimé une lettre où il me dise l'essentiel... mais rien..

Je me permets de t'embrasser.
T'écrire me fait du bien et j'espère que me lire également.
Un très grand courage à toi. Je ne te connais pas, mais je suis sincèrement, à l'instant présent, avec toi, car je comprends et que j'ai capté ta douleur.




« Modifié: 26 Novembre 2018 à 14:22:46 par mike67 »

Hors ligne Bmylove

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Re : Suicide de mon compagnon
« Réponse #3 le: 26 Novembre 2018 à 16:36:46 »
Bonjour Lilou... Tu es la bienvenue parmi nous.

Le suicide, c'est une mutilation de l'âme pour les survivants.
Etre en colère contre mon mari pour ce geste m'aide un peu, parfois.
Mais en vouloir à une personne qui a tant souffert, c'est difficile.

L'image de la torture me revient souvent face à tant de violence.
J'ai l'impression, toi aussi peut-être, de ne plus faire partie du monde des gens ordinaires.
J'envie leurs petits ennuis même s'ils m'exaspèrent. S'ils savaient que tout peut basculer...

Mike m'écrivait hier qu'on est des galériens, moi je parle de marathoniens...
Bref, c'est un long périple, douloureux et éprouvant qui t'attend malheureusement.
Prends tout ce qui peut t'apaiser, te faire du bien, te donner de l'énergie.
Tes proches peuvent-ils t'épauler ?
On est là, nous aussi, on forme un réseau de soutien que je trouve vraiment salvateur par moments.
Tu peux nous écrire autant que tu veux, lire, fouiller : http://forumdeuil.comemo.org/vivre-le-deuil-de-son-conjoint/en-guise-de-table-des-matieres/

Prends bien soin de toi et de tes enfants, ils ont besoin de toi comme jamais.
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Hors ligne Mircea

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Re : Suicide de mon compagnon
« Réponse #4 le: 27 Novembre 2018 à 02:07:07 »
Je me joins aux autres pour te souhaiter la bienvenue ici.
Ton partage est triste, touchant : te voir face au suicide de ton amoureux, avec des enfants si jeunes, la détresse de ton petit garçon ...
Mais si douloureux et dur que ce soit, tes enfants, vos enfants, te donneront la force de continuer ...

Oui continues à venir déposer ton sac de chagrin ici, tant que tu en as besoin, que tu le souhaites ....
Prends tout ce qui peut te soutenir, t'aider, te faire du bien ...

Mes plus douces pensées pour toi, pour ton fils, et ta puce,
Pensée émue pour Rémi
Catherine

Hors ligne Lilou42

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Re : Suicide de mon compagnon
« Réponse #5 le: 27 Novembre 2018 à 16:12:22 »
MERCI à vous tous pour votre accueil, pour vos mots, votre compréhension.
J'ai passé des heures à lire vos fils de conversations. Je sais que vous êtes quelques pas devant moi, dans ce tunnel dont je ne vois pas encore le bout. J'avance doucement, dans le noir, à tâtons, mais savoir qu'il y a du monde un peu plus loin dans ce tunnel est rassurant et donne l'espoir d'apercevoir un jour la lumière tout au bout.

Merci Mike pour les ressources que tu mentionnes. Avant d'arriver sur ce forum, je me suis beaucoup documentée, j'ai lu les ouvrages de Christophe Fauré ("Après le suicide d'un proche" et "Vivre le deuil au jour le jour"), je suis son site internet et j'avais regardé cette émission sur le suicide qui m'a aidée. J'ai la fâcheuse tendance à avoir besoin de comprendre pour avancer, j’intellectualise tout, je lis, je questionne, je cherche à comprendre comme si j'avais devant moi une énigme à résoudre... Je sais que dans cette situation, il faudra que j'abandonne cette quête de réponses mais dans l'immédiat, je n'y arrive pas... Je vois un psychologue, encore une chose qui ne faisait pas partie de ma vie avant ces événements... Mais j'ai tout de suite été consciente face à ce drame, qu'il faudrait que je cherche et que j'accepte l'aide car j'ai l'exemple de Rémi qui ne l'a pas fait, et je sais où ça l'a mené... Qu'il ne soit pas mort pour rien, que j'apprenne de ses erreurs en m'appliquant à faire ce travail de deuil même si c'est douloureux, que j'apprenne à parler de mes souffrances, à ne pas me réfugier dans le silence quand ça ne va pas, à appeler à l'aide... Parfois il faut savoir reconnaître qu'on ne peut pas s'en sortir seul, qu'un regard extérieur nous évitera de tourner en rond dans notre mode de pensée ou désamorcera ce travail inconscient d'enfouissement de la douleur qui donne certes l'impression d'avancer, mais qui détruit dans le long terme... Nous avons tous maintenant des exemples des dégâts qu'occasionnent ces blessures profondes...
J'ai la chance d'avoir pu trouver une psychologue qui travaille en collaboration avec un service de psychiatrie dans un CHU et qui est spécialisée dans le suivi des suicidaires et endeuillés par suicide. Elle m'aide beaucoup à comprendre ce qui est arrivé et  ce que je ressens aujourd'hui...

Je sais, pour l'avoir lu dans vos conversations, que ni toi Mike, ni Bmylove n'y croyez, mais cette vidéo m'a fait du bien et je vous encourage à la regarder si ce n'est déjà fait :
https://www.youtube.com/watch?v=HpsJ4o5C4Hg
Je suis, comme Rémi l'était, très terre à terre, non croyante, de formation scientifique, il faut souvent que je vois pour que je crois... Et pourtant, j'aimais à laisser planer le doute sur ce qu'il peut y avoir après la mort et aujourd'hui, ce doute qui plane est empreint de l'espoir qu'il soit quelque part... au pire, ce quelque part, c'est dans mon cœur et dans celui de mes enfants, où j'ai l'intention de le garder bien vivant. "Vivant" c'est "Humain", cela implique des qualités et des défauts et je m'applique à penser à Rémi avec tout ça en tête pour ne pas le placer sur un piédestal malgré tout l'Amour que j'ai pour lui car ce serait terrible pour mes enfants : mon fils risquerait de se construire avec cet idéal d'homme qu'il n'arrivera jamais à atteindre lui-même et ma fille risquerait de peut-être un jour chercher cet idéal masculin sans jamais le trouver...

C'est parfois la réflexion que je me suis faite en lisant vos fils de conversation Mike et Bmylove : n'oubliez pas ces défauts, qui certes faisaient le charme de ces hommes que vous avez aimés mais qui devaient aussi parfois vous fatiguer, pour que l'histoire se soit écrite ainsi... Je ne l'écris pas pour blesser, mais pour qu'un jour vous aussi vous me rappeliez que Rémi n'était pas que beau, généreux, souriant, drôle, intelligent... Il était aussi un peu casanier, pessimiste, parfois trop sensible, trop maniaque, pas assez patient... Les petites anecdotes qui illustrent ces traits de caractère, bons et moins bons, j'ai décidé de les écrire et j'ai mis à contribution ses amis et proches collègues pour qu'un jour les enfants découvrent, à travers les mots de ceux qui ont fait partie de sa vie, qui était leur Papa. Ce projet commence tout juste à voir le jour mais ça m'aide beaucoup... Pour les enfants je suis obligée de mettre en place un travail de deuil qui intègre leurs besoins... J'ai fait un petit album photo à mon fils, qui est très demandeur de photos de son Papa. Ça m'oblige à regarder en face tous ces souvenirs avec Rémi, à parler de lui, à lui trouver cette nouvelle place dans notre quotidien...

Ce quotidien est encore complètement biaisé car ma sœur nous a récupérés chez elle quelques jours après la cérémonie, à presque 200 Km de là où nous avions fait construire notre maison avec Rémi. Nous cohabitons à 8 sous son toit, elle m'aide beaucoup mais c'est parfois difficile et je me demande souvent si cette approche est la bonne... Je ne sais pas du tout où je veux écrire la suite. L'idée de vendre la maison me fait beaucoup de mal mais je ne pense pas que poursuivre ma vie là-bas m'aidera à avancer... Alors pour l'instant je me laisse accompagner et mes enfants semblent tirer beaucoup de bonheur de cette vie avec leurs cousins-cousines. On verra... chaque chose en son temps, comme on ne cesse de me le répéter...

Chaleureusement

Hors ligne biche07

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Re : Suicide de mon compagnon
« Réponse #6 le: 27 Novembre 2018 à 17:32:54 »
Lilou ton chemin est au début ,tu semble si forte, si  compréhensive et attentive. En te lisant j'ai l'impression que tu est plus lucide que je ne le suis après 7 mois et que c'est toi qui viens à mon aide...c'est toi qui me donne une leçon de courage..je te remercie et tu sais déjà que le temps est notre ami...prends soins de toi et de tes enfants.biche
Si j'avais su que je T 'aimais autant, je T'aurais aimé encore davantage.

Hors ligne Bmylove

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Re : Suicide de mon compagnon
« Réponse #7 le: 27 Novembre 2018 à 17:55:51 »
Très chère Lilou,
 Quelle sagesse émane de tes messages.
Tu as raison de vouloir garder de Rémi l'image la plus fidèle possible.
Je fais la même chose, j'essaie en tous cas.

Où habiter, c'est vraiment un choix très personnel. Qu'en disent tes enfants ?
Et toi, dans le fond, qu'aimerais-tu ?

Affectueusement.
(On est un peu plus loin que toi dans le tunnel, mais on t'entend...)
« Modifié: 27 Novembre 2018 à 18:00:34 par Bmylove »
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Hors ligne Mircea

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Re : Re : Suicide de mon compagnon
« Réponse #8 le: 28 Novembre 2018 à 01:31:21 »
Lilou, tu n'es qu'au début de ton deuil et ta lucidité m'impressionne !
MERCI à toi pour ton partage si enrichissant ....
ton analyse concernant la gestion de la douleur,
et de nous rappeler que oui, la personne que nous avons perdue était humaine, avec ses qualités et ses défauts qui la rendait unique à nos yeux
j'ai l'intention de le garder bien vivant. "Vivant" c'est "Humain", cela implique des qualités et des défauts et je m'applique à penser à Rémi avec tout ça en tête pour ne pas le placer sur un piédestal malgré tout l'Amour que j'ai pour lui car ce serait terrible pour mes enfants : mon fils risquerait de se construire avec cet idéal d'homme qu'il n'arrivera jamais à atteindre lui-même et ma fille risquerait de peut-être un jour chercher cet idéal masculin sans jamais le trouver...

C'est parfois la réflexion que je me suis faite en lisant vos fils de conversation Mike et Bmylove : n'oubliez pas ces défauts, qui certes faisaient le charme de ces hommes que vous avez aimés mais qui devaient aussi parfois vous fatiguer, pour que l'histoire se soit écrite ainsi... Je ne l'écris pas pour blesser, mais pour qu'un jour vous aussi vous me rappeliez que Rémi n'était pas que beau, généreux, souriant, drôle, intelligent... Il était aussi un peu casanier, pessimiste, parfois trop sensible, trop maniaque, pas assez patient...
merci encore pour ce rappel.

Tu te demandes si l'hébergement chez ta soeur est la bonne approche : actuellement ça semble t'aider et faire beaucoup de bien à tes enfants.
Alors j'ai envie de te dire tant que ce n'est pesant pour personne, être dans un cocon familial, se sentir soutenue etc .... tant que c'est possible, que tu en as besoin : autant prendre !
Cela te laisse aussi du temps pour réfléchir au projet maison.
Les premiers mois, on est tellement perdue, changeante .... si tu en a la possibilité, autant te donner ce temps. Quand ce sera le moment, tu sauras ce qui est le mieux pour toi et tes enfants....
(rester dans le même logement ou déménager : c'est évoquer dans différents posts).

Au plaisir de te lire ...

Tendrement
Catherine




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Re : Suicide de mon compagnon
« Réponse #9 le: 28 Novembre 2018 à 23:42:09 »
En te lisant j'ai l'impression que tu est plus lucide que je ne le suis après 7 mois et que c'est toi qui viens à mon aide...
Merci biche. Je suis heureuse si mes mots t'ont donné un peu d'élan pour avancer sur ton chemin. Vos mots, vos histoires, m'en ont donné également et je sais que je pourrai venir en chercher dans les moments de moins bien qui m'attendent encore...

Où habiter, c'est vraiment un choix très personnel. Qu'en disent tes enfants ?
Et toi, dans le fond, qu'aimerais-tu ?
Mes enfants sont un peu petits pour avoir une idée bien à eux. Rémi est décédé le vendredi de la rentrée scolaire. Mon fils était à peine entré en maternelle qu'il changeait d'école. Aujourd'hui il est scolarisé dans la même école que les enfants de ma sœur et la présence de son cousin du même âge dans sa classe a énormément contribué à ce que ce changement se fasse sereinement pour lui. Il a longtemps parlé de l'autre école, de la maison où il pensait que Papa était encore et puis nous y sommes retournés tous les 3 sur 4 jours sur la première quinzaine de novembre et il a compris que Papa n'était pas à la maison non plus et qu'il n'y serait plus... Je n'ai que ma belle-famille là-bas et nos relations, déjà tendues avant le décès de mon compagnon, ne ressemblent maintenant plus à rien... J'aimerais déraciner la maison et la déplacer ici, pour garder cette proximité avec ma sœur tout en retrouvant notre cocon, ma zone de confort... Cette maison c'est lui, c'est nous... Nous l'avons dessinée, rêvée, attendue, aménagée à notre goût, elle était fonctionnelle pour nous, pour notre façon de vivre... Je suis un peu perdue sur ce sujet... Me rapprocher de ma sœur, c'est m'éloigner de mes parents : j'étais à mi-chemin, à 2h de route de chaque côté, ça m'arrangeait... J'espère qu'avec le temps j'y verrai plus clair, pour le moment c'est flou mais je ne veux pas m'éterniser dans cette configuration de vie, j'ai besoin de retrouver une vie à 3 avec mes enfants, même si je l'appréhende. J'ai peur que ce soit d'autant plus dur si ça s'éternise comme ça. Je pense qu'il faudrait que mon fils termine son année scolaire ici maintenant qu'il y est bien mais ça implique beaucoup de chose niveau logement, boulot...

Les premiers mois, on est tellement perdue, changeante .... si tu en a la possibilité, autant te donner ce temps. Quand ce sera le moment, tu sauras ce qui est le mieux pour toi et tes enfants....
C'est tellement vrai Mircea... malgré cette terrible épreuve, j'ai envie de garder confiance en la vie en espérant que les choses se mettent en place au mieux pour nous 3...

Bises à vous tous et merci pour vos réponses qui m'aident à cheminer dans mes pensées.

Hors ligne Lilou42

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Re : Suicide de mon compagnon
« Réponse #10 le: 30 Novembre 2018 à 01:29:28 »
Ce désagréable sentiment de lassitude s'est invité cet après-midi et n'a fait que grandir... Fatiguée d'avancer sur cette trajectoire que je n'ai pas choisie,  dans ce futur trop vide sans Toi... Ton absence me pèse,  ça commence à faire long... Comment accepter que  tu ne reviendras pas ?

Notre puce pleure quasiment toutes les nuits,  depuis que tu n'es plus là,  c'est épuisant... Cins fois déjà que j'essaie de la rendormir.  Avec Toi,  ce serait déjà fait.  Dans tes bras de Papa, leurs petits chagrins et bobos étaient vite balayés,  tu apportais ce sentiment de sécurité irremplaçable... J'étais toujours épatée par la rapidité avec laquelle le calme revenait la maison et tu me disais avec ton humour décalé en revenant te coucher : "Je l'ai assommée". Tes mots, tes gestes plein de douceur,  tes bercements avaient quelque chose de magique.  Comment as-tu pu douter d'être un bon père ? Pourquoi les as-tu privés d'un Papa, eux qui avaient tant à apprendre de Toi ?

Tu me manques tellement...

En ligne résilience et silence

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Re : Suicide de mon compagnon
« Réponse #11 le: 30 Novembre 2018 à 07:31:38 »
Tiens bon Lilou, tiens bon.   Mille millions de courage à toi. c'est le plus simple à dire et tu as certainement un bon thérapeute pour te soutenir, et mille tant mieux.
Pascal.
« Modifié: 30 Novembre 2018 à 18:40:43 par résilience et silence »

Hors ligne Helpa

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Re : Suicide de mon compagnon
« Réponse #12 le: 30 Novembre 2018 à 11:11:37 »
Bonjour Lilou,

Merci pour ta video que je ne connaissais pas. C'est un bon aperçu des études en cours et une bonne présentation des intervenants principaux dans le domaine de la recherche sur la vie après la mort.
https://www.youtube.com/watch?v=HpsJ4o5C4Hg

Pour ma part, je suis convaincu que Rémi est auprès de toi et qu'il souhaite que tu surmontes cette épreuve, et même qu'il a besoin que tu la surmontes. Il ne reviendra pas, mais il sera toujours là comme un ange bienveillant.

Affectueuses pensées.


Hors ligne mike67

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Re : Re : Suicide de mon compagnon
« Réponse #13 le: 30 Novembre 2018 à 12:26:02 »
Qu'il ne soit pas mort pour rien, que j'apprenne de ses erreurs...
Je sais, pour l'avoir lu dans vos conversations, que ni toi Mike, ni Bmylove n'y croyez, mais cette vidéo m'a fait du bien et je vous encourage à la regarder si ce n'est déjà fait :
https://www.youtube.com/watch?v=HpsJ4o5C4Hg
"Vivant" c'est "Humain", cela implique des qualités et des défauts et je m'applique à penser à Rémi avec tout ça en tête pour ne pas le placer sur un piédestal malgré tout l'Amour que j'ai pour lui car ce serait terrible pour mes enfants.


 n'oubliez pas ces défauts, qui certes faisaient le charme de ces hommes que vous avez aimés mais qui devaient aussi parfois vous fatiguer, pour que l'histoire se soit écrite ainsi... Je ne l'écris pas pour blesser, mais pour qu'un jour vous aussi vous me rappeliez que Rémi n'était pas que beau, généreux, souriant, drôle, intelligent... Il était aussi un peu casanier, pessimiste, parfois trop sensible, trop maniaque, pas assez patient


Très chère Lilou,

J'ai mis un peu de temps à te répondre.
Ton dernier message m'a fait du bien.
Comme dirait Mircea, j'ai le sentiment que tu avances très vite, que tu as déjà tout compris.
Peut être que trouver le bon thérapeute y est pour beaucoup. Peut être aussi que cela dépend de la manière de se livrer également. Je suis personnellement plus à l'aise pour poser mes meaux par l'écrit.

J'ai aimé ce que tu as écrit concernant nos proches disparus. Les aimer, mais essayer de ne pas les mettre sur un piédestal. Je m'aperçois que cette exercice est horriblement difficile pour moi car il faut être honnête, j'ai placé Ludovic dans la position du martyr abandonné par tous et que je m'efforce de glorifier, de rendre hommage après sa mort. Je ne parviens pas à sortir de ce shéma. C'est impossible pour moi.
Pour autant, il avait des défauts, mais je les relativise énormément aujourd'hui  : très secret, casanier (même s'il me disait le contraire), assez pessimiste (sur sa propre vie : j'aurais dû le rassurer, l'amener à positiver, à regarder son parcours avec fierté), et très cultivé, un amoureux des arts et du beau, très intelligent, extrêmement talentueux, tendre et avec le cœur sur la main. Comment ne pas placer en martyr une personne avec un tel tempérament?

J'espère que tu vas pour le mieux en ce moment, que tu arrives à trouver des solutions pour calmer l'absence.
Comme tu le dis, il est difficile de se dire qu'ils sont partis, qu'ils ne reviendront plus. C'est très compliqué à matérialiser.

Un très grand courage à toi.

Hors ligne mike67

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Re : Suicide de mon compagnon
« Réponse #14 le: 30 Novembre 2018 à 12:33:21 »

https://www.youtube.com/watch?v=HpsJ4o5C4Hg

Déjà regardé cette émission.
Je reste sceptique. Cela fait beaucoup dans le sensationalisme, avec cette présentatrice qui se promène dans un cimetière (...), avec un vernis scientifique, mais qui finalement ne démontre rien.  On en revient à des convictions personnelles, aussi respectueuses soient-elles.
L'essentiel pour moi est la manière dont nos défunts continuent à vivre dans nos cœurs.
Et quand je te lis, je trouve que tu le fais très bien :).