Auteur Sujet: Mon compagnon m'a quitté  (Lu 23142 fois)

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Hors ligne BEBE

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Re : Mon compagnon m'a quitté
« Réponse #540 le: 15 Mars 2019 à 20:50:03 »
Cher Michael,

L'arrivée des un an est une période très difficile à vivre... on ne peut s'empêcher de revivre tous les événements de l'année précédente dans les moindres détails. En Décembre j'en suis tombée malade pendant trois semaines.... même les antibiotiques ne pouvaient rien pour moi. Un ami médecin m'à dit que c'était très fréquent que les  endeuillés tombent malade à ce moment là.
Le sachant prendre soin de soi encore plus que d'habitude peut peut être aider à amortir un peu le choc et éviter de trop affaiblir son système immunitaire.
Mes pensées t'accompagnent dans ce passage particulièrement délicat.

Merci pour les gentilles attentions que tu laisses sur mon fil régulièrement.
J'ai répondu aujourd'hui à une de tes questions et je te dépose ici un lien à ma réponse.
http://forumdeuil.comemo.org/vivre-le-deuil-de-son-conjoint/rencontre-en-apesanteur/msg109470/#msg109470

L'hiver se termine, nous allons avoir beaucoup de travail pour sortir toutes les fleurs de la serre et aller les mettre à l'extérieur.  Mais on a encore un peu de temps... on va laisser passer les saintes glaces avant de s'y attaquer.

Je t'embrasse fort Michael, je te lis toujours même si je ne t'écris pas souvent.
Prends soin de toi.

Affectueusement,
BEBE
« Modifié: 15 Mars 2019 à 20:51:41 par BEBE »
L'Amour ne meurt jamais

Hors ligne mike67

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Re : Mon compagnon m'a quitté
« Réponse #541 le: 18 Mars 2019 à 13:00:56 »
Bonjour Bebe,

Merci pour ton gentil message.
Et oui... le passage des un an s'avère compliqué.
J'ai le sentiment de tout revivre comme une replongée dans le passé.
Et forcément, la tristesse, le chagrin et le remord cruel reviennent me faire chier!!!

J'ai pensé à toi ce week-end.
Je suis allé voir un spectacle (le show de Jean-Paul Gaultier).
Comme tu aimes la musique, j'ai pensé à toi à deux moments très touchants pour moi.
Il s'agissait de deux chansons chantées par Catherine Ringer pendant le spectacle (c'était une vidéo).
Sur la première chanson, elle se trémousse, entouré de motifs et de fleurs multicolores, elle chante enjouée et rend hommage à la vie, à la beauté de l'amour. Je trouvais cela beau comme instant, venant d'une artiste qui avait perdu l'homme de sa vie quelques années plus tôt.
Et une seconde chanson, plus poignante, drappée de rouge, où elle chante, les traits du visage fermé, la perte de l'être aimée.
Je trouve que ce sont deux facettes qu'on doit parvenir à capter : se donner du temps pour pleurer et se souvenir de la personne qu'on a perdu/ mais savoir aussi profiter de la légèreté de la vie.

Je t'embrasse très fort.
Moral moyen... j'espère que ca va aller mieux....

Hors ligne mike67

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Re : Mon compagnon m'a quitté
« Réponse #542 le: 19 Mars 2019 à 16:26:45 »
Moral moyen moyen...

Ludovic, Ludovic, Ludovic... comment en est-on arrivé là? C'est terrible...
C'est insensé, c'est inimaginable...
J'ai l'impression d'être entre quatre murs, prisonnier de ma propre prison mentale.
Tu ne t'es pas suicidé.. tu as disparu littéralement de la surface de la terre, comme si ta personne entière était devenue un souvenir, une abstraction, une image presque irréelle qui n'aurait jamais existé.
Je suis retombé par hasard sur une photo de nous deux en vacances.
Cela fait toujours aussi mal... C'est impensable, c'est inouï...
Je suis si attristé de ne pas être parvenu à te comprendre, à percevoir ce qui était véritablement essentiel.
J'ai tout perdu aujourd'hui...
Mes sentiments, mon attachement pur toi, mon admiration pour toi sont indestructibles.  Personne ne me les prendra.
Et à ma mort, tu as intérêt d'être là pour m'accueillir!!!!!!!!! Sinon... :( :-\

Hors ligne assiniboine

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Re : Mon compagnon m'a quitté
« Réponse #543 le: 19 Mars 2019 à 17:31:05 »
Cher Mike, je suis tout le contraire d'un expert du travail de deuil, mais je suis là et je pense à toi et à Ludo, comme tu le dis des liens indestructibles.

Tiens bon Mike et pleure si cela te fait du bien

Mes amitiés

Philippe

Hors ligne sylvie44

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Re : Mon compagnon m'a quitté
« Réponse #544 le: 19 Mars 2019 à 18:11:16 »
Bonjour Michael
Ton message m'as parlé c'est exactement ce que je ressent. Il a disparu de la surface de la terre c'est tout simplement
Inimaginable !!!!
Pour moi aussi bientôt 1 ans je peux pas le croire j'ai l'impression que c'était avant hier. Je me demande toujours où il est?

Le 1 avril c'est son anniversaire le27 avril ça fera un an ,je n'ai aucune idée de comment je vais le vivre ! Est que ça va être
Plus dur encore !  Par moment j'ai l'impression de vivre dans une autre dimension!!!

Il n'existe pas de baguette magique  pour  guerrir, ce geste reste pour moi incompréhensible !
Mais je cherche moins les réponses j'essaye de vivre avec ce mal ,pas facile en ce moment.

Sylvie



Hors ligne BEBE

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Re : Re : Mon compagnon m'a quitté
« Réponse #545 le: 19 Mars 2019 à 18:19:23 »

Je trouve que ce sont deux facettes qu'on doit parvenir à capter : se donner du temps pour pleurer et se souvenir de la personne qu'on a perdu/ mais savoir aussi profiter de la légèreté de la vie.



Cher Michael,

Pour le moment ces deux facettes se mélangent toujours chez moi, je n’arrive pas à les dissocier, à les alterner… c’est toujours les deux en même temps.

Je viens de raconter sur le fil de Boutchou mon dimanche d’excursion ou j’ai bien tenté d’essayer de profiter d’un moment d’évasion mais je n’ai pas réussi à me détacher de la douleur… elle est montée dans le car avec moi et ne m’a pas lâché de la journée et m’a encore bien tenu compagnie le soir…

Je crois qu’il n’y a qu’au weekend de stage de danse du mois de Février que j’ai réussi pendant les cours et les soirées de pratiques à moins y penser, le fait que ce soit une activité nouvelle que je n’avais pas partagée avec lui aide beaucoup… pas de fantômes à la danse… mais le dimanche soir en me couchant… retour de manivelle… explosion de sanglots irrépressibles…   et là je me suis dit mais non mais ma pauvre fille qu’est ce que tu as maintenant… tu viens de passer un merveilleux weekend alors pourquoi tu pleures comme ça ???
Ben c’est que la pauvre fille … elle était en train de réaliser que c’était avec l'Amour de sa vie qu’elle aurait voulu vivre tout ça.

Voilà… c’est pas faute d’essayer… vraiment… j’y mets du mien, je coopère… mais… c’est pas gagné !

Ceci étant dit, je dois préciser à ton intention, à celle de Biche et de mon ami Kristnat, vous qui êtes juste un peu avant la date des un an, que cette profonde douleur ressentie à cette période-là ne durera pas…  ça va vite aller de nouveau un peu mieux une fois la date passée. En attendant je pense à vous très fort pendant ce temps du deuil si particulier.

Et puisque tu citais Catherine Ringer, je vais finir par ces quelques paroles d’une de ses anciennes et très célèbre chanson qui vient souvent résonner dans ma tête

Mais c'est la mort
Qui t'a assassinée, Marcia
C'est la mort
Qui t’a consumée, Marcia
C'est le cancer
Que tu as pris sous ton bras
Maintenant
Tu es en cendres, en cendres
La mort
C'est comme une chose impossible
Pour toi
Qui est la vie même, Marcia
Et même à toi
Qui est forte comme une fusée
C'est la mort
Qui t'a emmenée


Affectueusement,
BEBE

« Modifié: 19 Mars 2019 à 18:51:27 par BEBE »
L'Amour ne meurt jamais

Hors ligne mike67

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Re : Mon compagnon m'a quitté
« Réponse #546 le: 26 Mars 2019 à 13:46:48 »
Fatigué
Epuisé
Je n'arrive pas à discerner quelle en est l'origine? est ce le physique qui rejaillit sur le moral ou l'inverse?
J'ai l'impression d'être en ciment, en acier.
Les questions sur le futur rejaillissent aussi. Que faire? Aucune réelle satisfaction, aucun réel plaisir à vivre...
Je me répète à l'infini... désespérant.... un brouillard, un sentiment d'impuissance, d'inexorable, de pessimisme en ce moment. C'est tout moche...

Hors ligne biche07

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Re : Mon compagnon m'a quitté
« Réponse #547 le: 26 Mars 2019 à 14:32:20 »
bonjour Mike...je te suis dans cette fatigue intense qui revient..seulement envie de s'enfermer et dormir..retrouver le cocon des premier mois comme pour de nouveau se protéger de la douleur..pourtant il me semble que je combat mais que de nouveau la bataille sera perdue..quelle reculade en quelques semaines..
On va réussir a surmonter cela , enfin je l'espère quand meme..je t'envois du ciel bleu de Provence, des bouquets de fleur d'amandiers. Ici déjà une image de l'été qui arrive et pourtant c'est si difficile d'apprécier.. je te le dis quand même garde espoir...bises biche.
Si j'avais su que je T 'aimais autant, je T'aurais aimé encore davantage.

Hors ligne mike67

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Re : Mon compagnon m'a quitté
« Réponse #548 le: 26 Mars 2019 à 17:42:04 »
Merci Biche pour la douceur de tes mots.
Plein de tendresse pour toi.

Michaël

Hors ligne mike67

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Re : Mon compagnon m'a quitté
« Réponse #549 le: 26 Mars 2019 à 17:43:41 »
Je m'autorise à copier les propos de DOM1 qui me sont formidablement aidants et posent des mots que je n'ose peut être pas encore écrire. Un immense merci à toi.



Merci pour ce petit mot.
Je suis revenu ici un peu à reculons.

Je sais un écueil à éviter, avec " l'expérience " acquise, c'est de trop venir sur ce site.
Celui de trop " baigner dans son jus ", se complaire dans un goût d'amertume triste et ressasser à l'excès cet événement.

J'ai cette image dans la tête de ces femmes habillées de noir, du matin jusqu'au soir, durant toute la fin de leur vie, pour ne plus quitter le deuil de leur mari.


Je comprends et ne juge pas ceux qui pratiquent cette façon de faire. Chacun fait comme il peut et le sent.
Ce n'est pas la mienne.
Cependant je reviens ici parce que j'en éprouve le besoin.
Et je lis, un peu effaré à chaque fois, les dégâts que provoquent ces suicides dans le cœur des survivants.
Cette indicible douleur qui parcourt ces écrits, ces cœurs
.


Il y a, mélangé dans mon esprit, une forme de compassion, de la tristesse, mais aussi l'idée suivante: ce que j'éprouve n'est pas unique, la mort telle quelle s'est affirmée pour mon amie porte les mêmes fondements qui motivent d'autres personnes à commettre l'irréparable.

En lisant ces récits, je retrouve dans ces morts-là, des êtres hyper-sensibles, " sur le fil du rasoir ", pouvant basculer, en fonction des circonstances de leur vie, dans une forme de folie morbide.

Des êtres qui errent parfois dans une maladie qui n'est pas ou mal diagnostiquée et souvent, une maladie mal appréhendée et mal soignée.
Ou pire, cachée.

Cela est inadmissible car c'est leur vie qui est en jeu, sachant qu'une  prise en charge correcte de leur maladie mentale  par des professionnels plus compétents, mieux formés, plus à l'écoute, aurait pu sans doute endiguer et éviter le pire, dans beaucoup de  cas, en leur trouvant une solution médicale et curative.
C'est un regret majeur pour les proches qui ont suivi les parcours chaotiques de ces êtres chers.


Autre évidence:
Il y a cette recherche nécessaire pour tenter de " comprendre " .
Il y a ces dizaines de " pourquoi " qui s'accumulent dans la tête et auxquels on aimerait avoir des réponses.
Des réponses que l'on trouve parfois et qui éclairent la réflexion.
Il y en a d'autres, souvent trop nombreuses qui restent à tout jamais enfouis dans le secret et parfois le " tabou " du suicide...
Cette recherche est indispensable et parfois salvatrice pour ne pas " porter " cette fin suicidaire comme un fardeau insupportable...


La fin.
La fin d'une souffrance immense, invivable, innommable.
Une souffrance qu'ils subissent parfois depuis de nombreuses années.
Une souffrance qu'ils ne pouvaient plus endurer, ne voulaient plus endurer.
Une souffrance qu'il est difficile " d'appréhender " et de comprendre.
Une souffrance morale capable de rendre leur mort plus douce, comme  une porte de sortie, comme une délivrance.


Une délivrance pour eux, et folie suprême, ils pensent très souvent que c'est le mieux pour leur entourage qu'ils finissent ainsi, qu'ils cessent d'exister, que leur présence est un poids pour tout le monde, pour tous ceux qu'ils aiment ou qui les aiment.
Ils pensent qu'ils vont nous soulager, nous libérer.


Dans cette situation mentale, ils ont une perception totalement faussée de la réalité. Ils errent dans une réalité qu'on peut résumer en une sorte de " folie du vide ".


Ainsi, parfois, l'amour qu'on leur a porté peut devenir un élément majeur et moteur dans leur choix de mort, à cause de leur souffrance maladive, de la peur d'une séparation, ou d'un abandon possible, fantasmé ou réel.

D'où la culpabilité qui invite et consiste à " s'enfermer " dans cette idée-là:

" C'est de ma faute si il ou elle a fait ça, je voulais le ou la quitter ".

"Je suis responsable de son suicide car je ne voulais plus être avec lui ou avec elle. "


Comme si être avec eux ne permettait pas  de douter, de subir des " hauts " et des " bas " que toutes les relations humaines traversent.

Comme si il devenait impossible de se séparer d'avec l'autre.

Comme si les aimer un jour ne laissait aucune autre possibilité que de les aimer toujours, pour toujours.

Comme si ceux qui ont partagé une relation amoureuse  avec eux devenaient  les " prisonniers " de cet amour, à tout jamais...


LE renoncement à vivre.
Cette vie qui est devenue  synonyme de mal-être.
Mal-être de l'âme.
" Souffrance de l'âme ".
" Je ne peux pas ne pas renoncer "
, m'a-t-elle écrit ce soir-là...

LA souffrance.
LA souffrance et sa fin.
Une fin qui ne laisse aucune autre option.

Autre évidence: lorsqu'ils ont pris la décision d'en finir, alors rien ne les arrêtent, rien ne peut les arrêter, ni personne.

Sauf s'ils sont sauvés par des circonstances chanceuses...

Et le manque de cette chance-là rajoute de la douleur à notre questionnement avec les fameux "si "...

"Si j'étais arrivé plus tôt ", " si j'avais compris ", " si j'avais su ", " si j'avais téléphoné ", etc...


C'est cela le plus difficile à admettre.


C'est qu'au fond, dans ce moment-là, ce moment où ils décident d'en finir, on est " rien ", face à cette folie destructrice, et que pire encore, l'amour qu'on leur porte ne suffit pas à les maintenir dans " l'envie de vivre ", " le choix de la vie ".

L'attirance vers la mort est plus forte que tout, que nous, que notre amour.
Cet amour pour ceux ou celles qui se suicident n'a pas suffit, ne suffit pas, à les retenir lorsque leur décision est prise.


Une fin qui laisse un état de chaos.

Un chaos morbide d'une violence inouïe faite à eux-mêmes et à leur entourage.

Comment ne pas leur en vouloir de nous avoir fait et de nous faire subir ça ?

Autre évidence:
On leur en veux.
Ils ont été capables de nous faire ce mal-là.
Capables de cette violence envers eux et aussi envers nous.
Nous qui les aimions, nous qui les aimons encore.


Ils sont responsables de ce chaos dans lequel on se débat comme des poissons pris dans un filet, malgré nous.
Un chaos duquel on doit extraire les croûtes et nettoyer les plaies envenimées, encore et encore.


Dernière évidence:
Ce qu'on éprouve est une douleur fracassante qui nous change tous et toutes, à tout jamais.
Une douleur que l'on doit surmonter comme un combat majeur.
Une douleur qui nous transforme.
Je pense que cette expérience nous grandit, malgré tout, et c'est paradoxal, nous rend plus humain, plus fort.


Mon amie, comment te rendre un hommage posthume véritable, si ce n'est en te pardonnant ce choix morbide, en te laissant prendre une place dans mon être...?

Aujourd'hui, je sais que l'on peut s'extirper de ce chaos, lui donner un sens, et même une perspective, une alliance posthume et morale avec l'esprit du défunt.

Niquer cette idée morbide, niquer cette folie, niquer la mort, c'est pardonner.
C'est vivre, encore et encore.
Vivre avec l'essence de l'esprit du défunt.
Ne pas avoir peur de celui ou de celle que l'on va devenir.
C'est aimer, encore et encore.
Je vis.
Je vis et j'aime...


domi...




Hors ligne Mircea

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Re : Re : Mon compagnon m'a quitté
« Réponse #550 le: 27 Mars 2019 à 00:08:59 »
Fatigué
Epuisé
Je n'arrive pas à discerner quelle en est l'origine? est ce le physique qui rejaillit sur le moral ou l'inverse?
J'ai l'impression d'être en ciment, en acier.
Les questions sur le futur rejaillissent aussi. Que faire? Aucune réelle satisfaction, aucun réel plaisir à vivre...
Je me répète à l'infini... désespérant.... un brouillard, un sentiment d'impuissance, d'inexorable, de pessimisme en ce moment. C'est tout moche...
Oui c’est vraiment dur ces périodes noires, toutes moches ...

Lorsque l’on est au fond du fond, rien n’est possible, plus d’énergie pour essayer ce qui habituellement donne du réconfort, même plus possible de réaliser que ça va s’arrêter, que l’on va sortir de cet état …..
Pas d’autre solution que de se laisser traverser par la douleur, de laisser les larmes couler ….

C’est différent pour chacun-e …..

Je ne sais pas pour vous mais pour moi c’était aussi la reprise de l’habitude des tout premiers mois de deuil (longtemps le matin avant de réussir à émerger du chagrin et des peurs puis marcher longuement sur le terrain en regardant ce qui pousse ….Après ce moment dehors, ça allait un peu mieux, ça permettait de raccrocher ….) 

Les moments de « mieux », je me raccrochais, entre autre, aux mots posés par des plus « ancien-nes » sur mon fil : je me retrouvais dans les ressentis évoqués et aux messages de soutien de tous et toutes.
Comme souvent depuis mon arrivée sur le forum, j’allais lire les textes postés dans « Mon petit monastère » et quasiment tout le temps, ils correspondaient à ce dont j’avais besoin à ce moment là (textes d’espoir etc ...) (certains disent qu’il n’y a pas de hasard, d’autres que le hasard fait bien les choses ….).
Réécouter le Dr Fauré aussi etc ….

Avec le constat, après coup, que c’était bien moins violent, moins traumatisant que ces premiers mois de deuil et moins continus aussi (périodes de « mieux » entre deux).

Une fois passée cette période, c’est bien moins tourmenté, beaucoup plus léger, plus en paix aussi avec Mircea …..
Je me rends compte que, malgré tout, j’ai « appris », j’ai un peu grandi …. (j’expliquerai plus tard …) (même si je m’en serai largement passée, cette période a quand même servi ….)

Par rapport à tes questions sur le futur : dans cette période si délicate, si embrouillée : peut-être les laisser un peu de côté et vivre un jour à la fois ? Souvent les réponses viennent toutes seules, quand c'est le moment ....  ;)

Au regard de tout ce que tu as déjà parcouru Mike : fais-toi confiance .... tu vas en sortir ....

Plein de courage à toi, à biche aussi
Des bisous

Catherine


Hors ligne Mircea

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Re : Mon compagnon m'a quitté
« Réponse #551 le: 06 Avril 2019 à 01:16:16 »
Aujourd'hui une pensée particulière pour Ludo le botaniste, le peintre sculpteur, ton amoureux et tant encore ....

Tout mon soutien, mon affection pour toi Mike,

Je t'embrasse

Catherine

Hors ligne mike67

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Re : Mon compagnon m'a quitté
« Réponse #552 le: 10 Avril 2019 à 20:08:27 »
Merci Catherine pour ce message et pour celui que tu m'as adressé en MP.

Je voulais te répondre en MP, mais je me suis dit que je vais continuer la rédaction de mon livre.

Un an hier, j'apprenais l'horreur, l'impensable me tombait dessus.
J'étais bien le week end dernier, relativement serein.
J'ai revu la famille de Ludovic hier. Un peu comme toi Catherine. J'ai appris le décès de Ludovic un mardi... et donc au delà du décallage des dates, c'est hier que j'ai été le pus marqué.
Nous avons terminé de "vider" l'appartement de Ludovic. C'était dur, mais nécessaire.
Chaque petit objet, chaque chemise, chaque chaussure, chaque chaussette, chaque chaise, chaque rainure sur la table en bois, chaque étagère sont un souvenir intact de Ludovic. Et ce moment est donc très émouvant.
J'aimerais prendre tout ses objets. Mais je sais qu'il ne faut pas. Sinon ma reconstruction ne se fera jamais.

J'essaie de chasser la culpabilité mais je m'en veux toujours lorsque je fais face à la famille de Ludovic.
Sa maman, déjà malade, est terriblement fragilisée psychologiquement. Et je sens que son papa est bloqué, il cherche des réponses dans les moindres objets, dans les moindres signes, pour essayer de comprendre. Mais je le sens perdu, extrêmement blessé, tant ce geste lui semble incompréhensible.
Ce sont donc des moments difficiles et je ne parviens pas à les aider.
J'ai récupéré (encore) des vêtements à Ludovic. L'idée que sa famille va finir par s'en séparer me fend le coeur. Je préfère ne même pas imaginer.
Comment cela a t-il pu finir ainsi?

Séance de larmes hier matin et aujourd'hui, toute la journée. J'ai le sentiment d'être qu'une chose triste, grise, sans espoir, sans rêve, sans avenir.
Ludovic n'est plus. Mais je sais que je ne me ferai jamais à sa mort.
Dans mon crane, ll n'est pas mort. Il est juste parti.
Et voilà...
Et en quelque sorte, je suis parti moi aussi. Une grosse partie de moi s'est à jamais envolé.
Un grand courage à ceux qui traversent ces moments bien funestes.




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Re : Mon compagnon m'a quitté
« Réponse #553 le: 11 Avril 2019 à 00:13:53 »
Bonsoir,
Je te lis ce soir et comprends évidemment le désarroi dans lequel tu te trouves.
Je voudrais te donner un ou deux conseils qui pourraient peut-être t'aider.
Tout d'abord, nous avons tendance à mettre sur un piédestal le défunt pour des raisons directement liées à la manière dont ils sont partis. La culpabilité,  le manque, etc en sont les principales raisons.

Je pense à ce sujet qu'il faut remettre les pendules à l'heure et ne pas oublier qu'ils ont fait le choix de partir ainsi. De leur propre volonté.

Ils nous ont quitté, se sont séparés de nous.
L'apaisement que tu souhaites passe par une séparation mentale avec Ludovic.
Je pense qu'il te faut admettre  qu'il va resté dans tes pensées. Il aura même une place particulière.
Il te faut admettre qu'il t'a quitté, violemment et admettre qu'il l'a voulu ainsi.
Il faut le quitter à ton tour.

domi...

« Modifié: 11 Avril 2019 à 00:19:10 par dom1 »

Hors ligne loma

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Re : Mon compagnon m'a quitté
« Réponse #554 le: 11 Avril 2019 à 16:24:28 »
Tendres pensées pour ton Ludovic, pour toi, pour sa famille.

Ils doivent bien discuter là haut, avec mon papa, ancien prof d'arts plastiques et Marc mon mari, peintre amateur à ses heures.

Comme j'ai regretté de ne pas avoir pensé à glisser quelques pinceaux et sa palette de peinture dans le cercueil de mon papa. Nous avons placé l 'urne contenant ses cendres dans une de ses poteries émaillées, décorée et signée de sa main.
La poterie sera déposée dans le caveau familial auprès de ses parents.
Les archéologues des générations futures vont vraiment se poser des questions sur cette poterie, une sorte d'œuf évidé sur un socle, émaillé de blanc avec des dessins stylisés géométriques bleus.

Tendrement
loma
"si un jour je meurs et qu'on m'ouvre le coeur, on pourra lire en lettres d'or ... je t'aime encore"  William Shakespeare