Auteur Sujet: Le suicide du conjoint : se faire aider. La vie au quotidien.  (Lu 39750 fois)

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Re : Le suicide du conjoint : se faire aider. La vie au quotidien.
« Réponse #15 le: 11 Février 2011 à 11:07:49 »
Bonjour

Merci Mjdi et Sylvia pour votre soutien.
Mon ami se disait bipolaire mais je ne suis pas médecin.
Quand nous parlions du suicide de mon mari il disait que c'était un acte de courage qu'il n'aurait jamais, qu'il s'aimait de trop pour se
faire du mal et je savais qu'il était peiné pour moi de ce que j'avais vécu.
A chaque passage à vide il me disait "ne t'inquiètes pas j'ai tjrs fonctionné comme cela, je gère".
Il y a 2 ans il a accepté de se faire suivre par un psy, 2 semaines d'hopital, 6 mois de traitement, mais il ne supportait pas les effets
secondaires et a préféré arreter.
En décembre il a été pris de douleur dans le tube digestif, arret de travail pendant 2 semaines, traitement sans effet, cette fois encore
il m'a dit au téléphone "je suis chez mes parents ne t'inquiètes pas je ne suis pas tout seul".
Le  2 janvier il m'a appelée pour me souhaiter une bonne année, le lendemain il passait une fibroscopie, tout était normal, il a décidé de rentrer chez lui. Il aurait du reprendre son travail le 6. Le pire c'est que je ne saurais jamais combien de temps il est resté sans vie, tout seul avant qu'on le trouve. Si il a mis fin à ses jours pour me libérer d'un poids alors c'est raté
Amitiés
Sylvie

Hors ligne mjdi

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Re : Le suicide du conjoint : se faire aider. La vie au quotidien.
« Réponse #16 le: 13 Février 2011 à 20:20:26 »
bien sur que cela ne libère pas d'un poids... Surtout pour nous qui restons bien en vie.
Comment gérer au quotidien cette absence?
Moi aussi je crois que mon mari était bipolaire, mais il disait toujours que c'était moi qui le rendait comme cela.
Aujourd'hui je suis triste et la, dans mon canapé à trainer sur le net, envie de rien. Quel gâchis, nous avions tout pour être heureux( sauf ce fameux mal être au fond de mon mari) mais qui gâchait notre vie au quotidien. Et pourtant comme je voudrai revenir en arrière... :-[

Hors ligne thalie72

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Re : Le suicide du conjoint : se faire aider. La vie au quotidien.
« Réponse #17 le: 14 Février 2011 à 22:21:10 »
bonsoir à tous, c'est la saint valentin et je suis devant internet. Seule, mon mari plus là. La dernière fois qu'il m'a dit je t'aime, c'etait 2 heures avant de mettre fin à ces jours, peut être pour me libérée ? par ce qu'il avait reprit l'alcool 1 mois avant (j'ai trouvé des tickets de caisse dans le garage) ? je n'aurait aucune réponse. Mais ce "je t'aime" il fait mal en ce moment. Il ne ma pas laisser de lettre, la police à chercher, moi aussi. Je n'est rien trouver. Un coup de folie ? ha ces medicaments qui font du bien au début et qui font mal après, tout ces effets secondaires qui change la personne, les insomnies, les cauchemards, l'incontinence urinaire, les crises de paranaux et j'en passe, l'isolement qu'entraîne la dépression autour de soi. Je sait que mon mari n'en pouvait plus, je ne pensait pas qu'il partirait de cette façon et qu'il pensait que c'est moi qui le trouverait dans ce garage. Ce garage est toujours présent dans mes cauchemards, j'ai résilié le bail mais il est toujours là.

Hors ligne thalie72

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Re : Le suicide du conjoint : se faire aider. La vie au quotidien.
« Réponse #18 le: 22 Février 2011 à 22:28:52 »
bonsoir, j'ai beaucoup d'angoisse en ce moment, je vais mal. Je me sent enfermée, je suis seule même si j'habite chez ma mère et mon beau-père. Je ne vois qu'eux. Je regrette ce démenagement par moment, je me sent si éloigné de mon mari, je ne peux pas aller me receuillir au cimetière, pas de permis, suis à 120 Km de lui. Cette ville me manque, même si je n'y est vecue que 19 ans. L'avenir m'angoisse tout recommencer. Une amie au télephone qui ne comprend pas que je ne suis pas bien. Ma belle mère qui à sa peine, et qui veux oublier les circonstance de la mort de son fils, moi j'ai vue, je l'ai trouvé, j'etait là à hurler ce jour là. Je n'arrive pas à chasser cette image de ma tête. Le frére de mon mari qui m'ignore. Au déces de mon mari je me suis sentie devenir caduc, comme une procuration aprés le décés. J'ai l'impréssion d'être en apnée. Le soir dans mon lit je lui parle, est que c'est normal ? des fois j'ai l'impression d'être dans une autre réalité, ce n'est pas ma vie. Je me dit, tiens dans 5 minutes il arrive et puis la réalité est là, le vide et le froid.

Hors ligne mjdi

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Re : Le suicide du conjoint : se faire aider. La vie au quotidien.
« Réponse #19 le: 24 Février 2011 à 17:40:24 »
Oui Thalie tu as raison, c'est le vide le froid....
Si tu peux lui parler le soir dans ton lit... Fait le cela peut t'aider.
Je suis d'accord avec toi. On a l'impression d'être dans une autre vie. Que plus rien nous concerne!!!
On a l'impression d'être ailleurs, sur une autre planète.
C'est drole comme les gens qui perdent un proche utilisent les mêmes mots!
Moi je dis souvent j'ai perdu ma canne mon soutien. Mais j'ai cette impression qu'on ne me comprends pas.
Au bout de 2 ans et demi, mes collegues me disent" ça va" et quand je dis" pas trop".... ils me répondent" bah, qu'est ce qu'il y a?"....j'ai envie de les tuer de leur dire" mais oh! vous ne vous rapellez pas j'ai plus mon mari, je ne pense qu'à ça, vous ne voyez pas?"
Mais bon je ne dis rien. Chacun sa vie.
Je vis dans mes souvenirs heureux et malheureux... je me sens si seule!

Hors ligne thalie72

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Re : Le suicide du conjoint : se faire aider. La vie au quotidien.
« Réponse #20 le: 24 Février 2011 à 22:20:18 »
bonsoir Mjdi,
Merci pour vos conseils. Il me semble que le suicide est toujours tabou, même et surtout au sein de la famille, ma belle-mère ne m'a pas poser de question au sujet de son fils, elle veut oublier, moi cela sera difficile. je suis suivie par une psychologue qui m'aide beaucoup, je peux parler de mon mari sans gène, et toi est tu ou as tu était suivie par une psychologue ? Moi je ne travaille pas je me sens très seule. Il faut que je me mette au permis de conduire, ça va être dur ! Problème de concentration, beaucoup de personne me dise de faire un effort pour le passer, l'effort pour moi c'est d'essayer de sourire dans un repas familliale alors que j'aimerais aller me coucher par ce que je suis fatiguée, d'éviter de dire non ça ne va pas à ma belle-mère au téléphonne qui m'a dit quelques semaines après le suicide de son fils "tu en as pour 6 mois de tristesse" n'importe quoi ! J'eprouve tant de colère mais aucune contre mon mari.

Hors ligne slm

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Re : Le suicide du conjoint : se faire aider. La vie au quotidien.
« Réponse #21 le: 24 Février 2011 à 23:56:01 »
bonsoir thalie

comme je vs comprend le suicide est pour beaucoup un acte incompréhensible et inexcusable. Je ne me suis pas encore décidée à voir
un psy mais mon médecin m'a prescrit des antidépresseurs et depuis j'ai l'impression de ne plus rien ressentir, je suis comme anésthésiée
complétement vide, je ne pleure plus. Moi aussi je ne travaille plus et je ne conduis pas mais j'ai passé l'age d'apprendre et c'est vrai
que je me sens bien seule et complétement inutile.Je me sens détachée de tout, en dehors de la vie. Cela fait à peine 2 mois que mon
ami m'a quittée et parfois j'ai l'impression que cela fait des années qu'il est parti ou que cela n'a pas vraiment exister ailleurs que dans
mon esprit. Impression vraiment étrange, à se demander si on ne va pas perdre la raison, sans doute l'effet des médicaments.

Amicalement
Sylvie

Hors ligne thalie72

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Re : Le suicide du conjoint : se faire aider. La vie au quotidien.
« Réponse #22 le: 25 Février 2011 à 13:25:53 »
bonjour sylvie
Moi aussi je prend des médicament, cela évite les crises d'angoisse. Je vous conseille d'aller consulter un psy, il ne vous faira aucun reproche vous aidera à analyser ce que vous éprouver. Pour le permis il n'y a pas d'age à ce qu'il parait. J'ai 39 ans et je essayer de le décrocher pour moi pas pour les autre, je pense que cela sera laborieux mais je ne peux pas continuer à vivre chez mes parents comme si j'avait 10 ans. Pendant 19 ans j'ai vecue en couple et cette vie me manque je n'est plus de chez nous (avec mon mari), la plus part des meubles ont étés donnés cela me fait mal au coeur de voir nos affaires eparpillées à droite et à gauche, tout recommencer depuis le début. Il me reste quelques meubles, maigres souvenirs, plus de logement, hébergée car je n'est pas eue la force de dire non à ce déménagement j'etait ailleure la descente est dure. Et cela me met dans un état de colère contre tout le monde. Ma mère qui me parle de décoration alors que je m'en fou complètement, ce n'est pas chez moi. Je vous souhaite bon courage, reposez vous tout simplement.

Hors ligne mjdi

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Re : Le suicide du conjoint : se faire aider. La vie au quotidien.
« Réponse #23 le: 25 Février 2011 à 19:38:06 »
Bonsoir Thalie et bien sur tous les autres,

comme cela fait du bien de lire des messages de personnes qui ont vécu la même chose.

Mon mari s'est suicidé il y a maintenant 30 mois. La première année j'ai cru que j'allais pouvoir gérer sans me faire aider. J'ai repris le travail 15 jours après le décès de mon Stéphane. Les papiers, les déménagements de mes enfants dans de nouveaux logements pour leurs études, tout cela m'a permit d'être "forte" avec cette tristesse, ce vide continuel en moi...Puis la 2° année un de mes fils n'a pas été bien et du coup je me suis effondrée et depuis je suis suivi par un psychiatre... Une femme, fort sympathique a qui je raconte toutes ces années de vie commune, les bons, les mauvais moments!!!! J' ai pris des anti déprésseur pendant un an et cela m'empêchait de pleurer trop. J'ai arrêté progressivement le traitement je ne prends plus que des médicaments pour dormir...Mais rien n'avance vraiment.... Je me sens si seule. J'ai une très bonne amie qui m'a aidé du mieux qu'elle a pu, elle m'a écouté pendant des heures parlant et reparlant de mon Stéphane.

Avec ma famille les relations sont très faciles et pourtant plus jamais personne ne me parle de mon Stéphane. Et du coté de mes beaux parents et de mes beaux frères et belles soeurs, pas de nouvelles si je n'en donne pas!! et tout cela m'attriste encore plus.

Avec mes deux enfants nous parlons de leur Père, avec toujours des anecdotes tristes ou gaies suivant le contexte. Nous disons Papa aurait fait ça, aurait dit ça, se serait fâché etc.... et parfois nous rigolons bien de comment il aurait réagit.
Mon mari nous a apprit l'humour et je crois que cela nous aident au quotidien...

Par contre ils nous manquent à chaque secondes et je pense jusqu'à la fin de nos jours. Je voudrai si fort revenir en arrière et pouvoir empecher de ce geste irréversible.
Je ne lui en veux pas.... je sais qu'il ne voulait pas me laisser seule, mais il allait très mal... Et voilà!!!
Je suis infirmière et j'en veux aux médecins qui ne savent pas s'occuper de ces gens qui sont mal dans leurs"peaux", comme on dit....J'ai signalé que mon mari n'allait pas bien..On m'a répondu simple dépréssion, ça va passer!!!!!
 Je suis en colère contre cette société qui ne fait rien pour tous ces suicides. Il y a plus de mort par suicide par an que de mort d'accidenté de la route, et pourtant les médias ne nous parlent que des accidents de voitures.... C'est très triste aussi, je suis d'accord mais toutes ces personnes qui se donnent la Mort?????

Voila, un peu de moi, un peu de mon vécu et je trouve que plus le temps passe plus mon mari me manque....
Mjdi
 
 

Hors ligne slm

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Re : Le suicide du conjoint : se faire aider. La vie au quotidien.
« Réponse #24 le: 26 Février 2011 à 14:51:19 »
Bonjour Thalie, mjdi

Je crois que je vais me décider pour un psy. J'en ai déjà consulté un quand mon mari s'est suicidé en 89, pendant 2 ans et c'est grace à
ma rencontre avec mon ami que j'ai pu arreter. Je ne pensais pas que ce serait à cause de lui que je retomberais.  Si au moins il m'avait
laissé une explication sur les raisons profondes de son geste, mais comment accepter et pardonner quand on ne comprend pas...
Comment la vie peut elle vous infliger deux fois cette souffrance, je le prend comme une malédiction au dessus de ma tete et je vis
dans l'angoisse de la prochaine épreuve.
Je me dis que cela ne s'arretera jamais que je ne pourrai jamais vivre dans la sérénité.
Comment tout cela va t'il se terminer???
Je ne suis pas faite pour la solitude, incapable de vivre uniquement pour moi, et je sais qu'un jour cela finira par me tuer d'une
manière ou d'une autre.

Sylvie

Hors ligne thalie72

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Re : Le suicide du conjoint : se faire aider. La vie au quotidien.
« Réponse #25 le: 26 Février 2011 à 16:33:52 »
bonjour slm,

C'est bien que vous vous decider à aller consulter un psy. L'être humain n'est pas fait pour vivre seul de toute façon. Je comprend votre solitude même si je vie chez mes parents,on peut être seul au milieu de la foule. René (c'est mon mari), je n'arrive pas à parler au passé, me manque de plus en plus, comme si les mois ne faisait qu'en rajouté. Je me sens éloignée de tout. Je vous souhaite bon courage tout simplement.

Hors ligne chantalmarie

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Re : Le suicide du conjoint : se faire aider. La vie au quotidien.
« Réponse #26 le: 28 Février 2011 à 16:02:02 »
Bonjour,

Fin 2009, mon mari s'est suicidé par pendaison.
Il avait déjà fait 2 tentatives : une en 1996 et une autre en 2009. Il était suivi, prenait un médicament.
Ce jour là, ma vie a basculé vers le vide, l'absence. Tous mes repères ont volé en éclats. Mon Amour était le centre de ma vie de puis plus de 15 ans. Nous n'avons pas eu d'enfant.
Nous avons eu des épreuves chacun, soit dans notre enfance, mais aussi ensuite adulte, mais notre Amour est ce qu'il y a de plus important.
Je crois très fort à la Vie après la mort, ce qui me réconforte car j'ai l'espérance qu'on se retrouvera dans l'Eternité.
Malgré cela, je souffre énormément de son absence, de son regard, de sa tendresse, ... besoin de le toucher, de lui parler. Tout ce quotidien est à présent impossible.
Je m'accroche à la Vie pour mes proches et puis je me dis que lors de notre mariage, mon mari nous sommes engagés dans une alliance entre lui, moi et Dieu. Je me motive en me disant que ce n'est pas parce que mon Amour a renoncé (il souffrait d'être bipolaire mais c'est un mari extrêmement doux, attentionné, généreux, ... mais fragile) car il souffrait trop (j'ai mal de son absence mais je ne lui en veux pas) et à priori n'a pas eu la clairvoyance nécessaire pour lacher prise par rapport à ses obsessions (il se sentait inutile, perdait confiance en lui, ...), je me dois d'être forte pour 2.
Il nous a écrit qu'il se pensait un boulet pour nous (sa femme et sa famille), ..., il demandait de nous excuser, ... et espérait nous aider autrement ... et être plus présent par la pensée. Je culpabilise car c'est vrai que son "laisser-aller" me stressait, ainsi que sa fragilité (j'avais peur). Ma propre fragilité ne l'a pas aidé.
Je me fais aider par des associations, ... mais je suis toujours à la recherche de nouvelles infos utiles pour m'en sortir.
Depuis quelques jours, j'ai l'idée de savoir comment a été trouvé mon mari (apparence, y avait il 1 mise en scène ?, ...) et pour cela contacter le médecin qui a constaté le décès et les gendarmes. Pensez vous que cela puisse m'aider.

Merci


Hors ligne chantalmarie

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Re : Le suicide du conjoint : se faire aider. La vie au quotidien.
« Réponse #27 le: 28 Février 2011 à 16:20:34 »
bonjour Kathynette

Pour avoir vécu le suicide de mon compagnon il y a 4 mois, avoir été prévenue par la gendarmerie par téléphone...avoir rencontré le médecin du Samu 4 jours après le drame, oui je peux vous dire que de connaître les circonstances exactes de "l'accident" est une démarche très importante qui permet d'évacuer certaines questions même si ces questions reviennent en force tout au long du processus de deuil et de trouver un peu de paix. Le chemin est aride, la solitude très présente, l'entourage pas toujours bienveillant mais il y a une force intérieure qui vous pousse à vivre. C'est la première fois que je réponds à quelqu'un sur ce forum et j'espère de tout coeur que vous pourrez trouver les ressources nécessaires pour traverser le deuil. N'hésitez pas à vous rapprocher des associations qui mettent en place des groupes de soutien mutuel composés de personnes ayant vécu la même situation et en mesure de vous comprendre sans être jugée. Cela permet aussi de ne pas rester seule avec sa souffrance.

Je vous embrasse

ChantalMarie

Hors ligne thalie72

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Re : Le suicide du conjoint : se faire aider. La vie au quotidien.
« Réponse #28 le: 11 Mars 2011 à 23:07:44 »
Bonsoir,

Bientôt 6 mois que René est parti, celà me semble hier. L'angoisse est là ce soir, encore et toujours plus douleureuse. Je n'arrive pas à exprimer toutes ces émotions, pas grand monde comprend, j'ai compris que le deuil suite à un suicide n'est pas facile, ça je le sait mais l'entourage à des oeuillères ou c'est moi qui vit dans un autre monde. Je ne supporte plus les phrases toutes faîtes ( style : il faut faire un effort ou comment ça va pas mieux ! ) Je ne pense pas que je me lamente à chaque fois que je parle avec quelqu'un de ma famille ou ma belle mère, mais que les gens sont bêtes et choquants. Etre obliger de sourire pour faire une photo alors que je n'en est pas envie, ecouter les autres parler de leurs petits problèmes existentiels qui sont des pacotilles pour moi. Pas pouvoir dire ce que je ressent à ma belle mère, son éloignement envers moi, pourquoi pour oublier que son fils était marier avec moi ? Qu'il avait une vie avec moi ? Qu'elle a pas comprit que son fils était malade ? Que si il était en invalidité c'était bien pour quelque chose. Qu'il penser ne pas exister à ces yeux. Qu'il n'a pas supporter la préference qu'elle avait envers son frére ainé. Que la dépression conduit souvent au suicide et que pendant 7 ans il a cumulé le licenciement, le chomage, l'acool et la dépression. J'ai fait tout ce que j'ai pu pour le sortir de cette maladie mais j"etait trop isolée, sa mère et son frère ne m'ont pas aider et surtout pas René. J'ai une colère contre tout ça sauf contre René, tu me manques.

Hors ligne slm

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Re : Le suicide du conjoint : se faire aider. La vie au quotidien.
« Réponse #29 le: 12 Mars 2011 à 12:25:55 »
Bonjour Thalie

Mon mari s'appelait aussi René, il avait 38 ans quand il s'est suicidé il y a maintenant 22 ans. Je suis d'accord le deuil par suicide est
un deuil particulier. On ne se sent pas assez entourée et comprise. Je m'en suis aussi rendue compte sur ce forum. Nous sommes moins
nombreux à parler du suicide de nos proches que ceux qui ont vécu la maladie, mais pourtant la dépression est une maladie effectivement
souvent fatale pour ceux qui ne sont pas soignés correctement. Pourquoi le suicide est il aussi difficile à admettre ?
Pour mon mari je m'en suis voulue de ne pas m'avoir rendue compte de sa souffrance, pour mon ami c'est différent, il avait fini par me
parler de ses passages à vide, je crois que j'étais la seule à vraiment savoir et à m'en inquiéter. Moi aussi j'en veux à beaucoup, sa famille
qui n'a pas compris que son mal était sérieux et qui ne l'a pas assez soutenu alors qu'il s'était réfugié auprès d'eux, les médecins qui ne  l'ont pas correctement pris en charge, mais contrairement à vous je ne peux m'empecher de leur en vouloir aussi à tous les deux de me
faire autant de mal. Pour eux c'est fini ils ne souffrent plus, moi je vivrais avec le souvenir de ces deux suicides jusqu'à la fin de mes
jours.
N'hésitez pas à vous exprimer sur ce forum, moi je suis là et je vous comprend.

Sylvie