FORUM "LES MOTS DU DEUIL"

Comprendre et vivre son deuil => Après le suicide d’un proche => Discussion démarrée par: Webmaster le 21 octobre 2013 à 17:14:14

Titre: Le guide "Vous êtes en deuil après le suicide d'un proche"
Posté par: Webmaster le 21 octobre 2013 à 17:14:14
Bonjour,

Nous savons combien le deuil après suicide est difficile et soulève beaucoup de questions.
Pour vous aider à comprendre ce que vous traversez, nous vous invitons fortement à consulter ou télécharger un très beau guide  édité par l'UNPS et l'association Vivre son deuil.
Vous trouverez le guide "Vous êtes en deuil après suicide"à cette adresse : deuil suicide (http://deuil.comemo.org/mon-proche-s-est-suicide)
Le guide aborde toutes les questions liées au deuil après suicide d'une manière très touchante, nous espérons que cette lecture pourra faire écho en vous et vous apporter un éclairage sur le deuil après suicide.

Chaleureusement,

Yacine
Titre: Re : Le guide "Vous êtes en deuil après le suicide d'un proche"
Posté par: willy le 11 novembre 2013 à 14:32:48
Merci pour ce guide très utile !
Titre: Re : Le guide "Vous êtes en deuil après le suicide d'un proche"
Posté par: saintnicolas le 28 novembre 2013 à 02:45:49
Bonsoir,
Merci pour ce guide simple mais Tres utile qui me permets de comprendre que je ne suis pas anormale, depuis le décès de ma mere il y a 2 ans.
Mais pousser la réflexion sur : la modification du caractère et de la personnalité de la personne endeuillée serait bien.
Ou puis je avoir ce genre d'informations, svp?
Depuis le suicide de ma mere je suis passée par de nombreuses phases décrites dans ce guide, mais bizarrement j'ai la sensation que le plus dure est a venir. Que ce soit au niveau personnel, professionnel ou autre je me sens en dehors des pensées générales et du "troupau" je dirais meme.
Si vous avez des informations pour aider a se "reinserrer" dans la societe, la vie courante tout simplement, je suis preneuse.
Car franchement, comme le dit le guide, chaque effort est épuisant. Une sensation d'etre en représentation permanente afin de sourire, rire des blagues, discuter... Alors que franchement, les gens ne s'intéressent pas aux souffrances des autres, alors pourquoi vouloir les écouter me raconter leurs malheurs ou franchement, quand il n'y a pas "mort d'homme", l'espoirt existe encore et il est possible d'avancer.
Quand la personne que l'on aime le plus au monde est partie brutalement, sans un mot, sans une lettre, quel espoir reste-t-il? Le retrouver dans l'au delà peut Etre et encore...
Si vous avez des témoignages, comment vous vivez le suicide d'un de vos parents, je suis attentive et a l'écoute. Sutout que la date de décès de ma mere arrive a grand pas, ainsi que sa date d'enterrement (juste avant noel) et franchement je vie mal, Tres mal cette Periode.
Merci a tous.
Titre: Re : Le guide "Vous êtes en deuil après le suicide d'un proche"
Posté par: Orchidée le 08 décembre 2013 à 20:03:19
Bonsoir,
J'ai perdu mon fils le 27 Mai 2012, il s'est suicidé. Il allait avoir 20 ans le 1er Juillet 2012. Merci pour ce guide qui m'a beaucoup aidé.
Titre: Re : Le guide "Vous êtes en deuil après le suicide d'un proche"
Posté par: Mammj le 22 janvier 2014 à 17:20:57

Du lundi 20 janvier 2014, avec participation du Dr Fauré :
témoignage d'un couple de parents après la perte d'un enfant...

http://pluzz.francetv.fr/videos/allo_docteurs_,95256778.html
Titre: Re : Le guide "Vous êtes en deuil après le suicide d'un proche"
Posté par: Mammj le 07 mars 2014 à 20:26:50
Bonsoir  à Toutes et Tous,

Il n'est plus possible de visionner l'émission du 20 janvier 2014 sur Allo Docteurs, mais sur Youtube :

http://youtu.be/eUE1CzatP6g         

Je remets  le lien pour le petit guide de l'UNPS :  http://deuil.comemo.org/mon-proche-s-est-suicide

Ce dossier est extrait du guide  » Vous êtes en deuil après suicide » édité par l’UNPS et l’association Vivre son deuil.

Vous pouvez retrouver une version téléchargeable du dépliant : Vsd après suicide

 Chaleureusement à tous.
Titre: Re : Le guide "Vous êtes en deuil après le suicide d'un proche"
Posté par: Mammj le 11 juin 2014 à 10:53:57
Nous ne sommes pas dans la tête de la personne qui a souffert au point d'en arriver à poser un tel acte sur elle-même...
Aussi comment porter  un jugement au prétexte que ce geste  nous est incompréhensible ? Par conséquent, les mots  : "sa décision" "son choix" "son non à la vie" "il/elle a oublié les siens"...     pour moi,  ainsi que pour  tous ceux qui s'impliquent  dans la prévention du suicide, sont inappropriés, douloureux  au même titre  que la disparition inexpliquée cruelle  insoutenable et inacceptable de nos êtres tant aimés.

"Tuez la dépression avant qu'elle ne vous tue" !
à lire : http://marre-de-la-vie.fr/

Rappel du lien de la conférence du Dr Axel Kahn quant à la notion de liberté... lui dont le père s'est suicidé à l'âge de 56 ans.
http://www.geps.asso.fr/journees43.php
(des paroles apaisantes permettant ni d'accuser ni de s'accuser... et qui sait... d'aider à prévenir ? )

Douceur et paix à Toutes et Tous.
Titre: Re : Le guide "Vous êtes en deuil après le suicide d'un proche"
Posté par: EDMA le 11 juin 2014 à 12:17:02
Merci mam'deCath de remettre les choses à leur place .
 "Aussi nous ne pouvons porter de jugement sous prétexte que ce geste  nous est incompréhensible ! De ce fait, les mots  : "sa décision" "son choix" "son non à la vie" "il/elle a oublié les siens"...     pour moi,  ainsi que pour  tous ceux qui s'impliquent  dans la prévention du suicide, sont inappropriés, douloureux  au même titre  que la disparition inexpliquée cruelle  insoutenable et inacceptable de nos êtres tant aimés.
Je deteste ces mots aussi , ils n'ont aucun sens , pour ma part je sais que ma mere aimait la vie et savait l'apprecier à sa juste valeur , que ce n'etait pas un "choix" et qu'elle ne nous aurais jamais "abandonnés" .
 Le suicide pour moi est un ACCIDENT provoqué en amont par une MALADIE sournoise et insidieuse que l'on ne prend pas encore assez au sérieux et que l'on ne sait pas malheureusement prendre en charge et traiter .
 La medecine a fait d'immense progrés dans d'autres domaines , mais elle reste impuissante dans celui ci , le fonctionnement du cerveau demeure pour tous un immense mystére....
Alors RENDONS HOMMAGE à ces personnes qui se sont battues et qui ont souffert . Elles ont ete vaincues par la maladie , elles n'ont pas eu le choix , c'est trop facile de penser ca ! .
Titre: Re : Le guide "Vous êtes en deuil après le suicide d'un proche"
Posté par: stellarose le 11 juin 2014 à 15:17:59
Oui, merci Mam'de Cath pour ce message, cela fait du bien.

C'est souvent que j'entends cette phrase : il ou elle nous a abandonnés.  Mais connaît-on la souffrance de celui ou de celle qui s'est suicidé ?  Non.  On est pas dans leur tête,  on ne sait pas tout.

Comme c'est dur d'accepter de ne pas comprendre l'incompréhensible. On veut tout comprendre, tout décortiquer,  donner une explication à tout, mais là on est devant quelque chose qui nous dépasse.  Et surtout il faut toujours se justifier vis à vis des autres.

Cette saleté de maladie qui conduit au burn out, qui peut détruire une vie, des vies, fera encore des dégâts,  je le crains. On en est aux balbutiements de l'étude du cerveau, tellement plus complexe qu'un ordinateur avec toutes les émotions,  tous les sentiments et tout ce qui fait notre humanité.

Non, ils ne nous ont pas abandonnés,  pour eux une seule et unique solution, pour en finir avec cette souffrance qui leur mangeait le cerveau. Une seule issue, même fatale.

Le chemin est encore long, la prévention de temps en temps ne règle pas tout, en parler c'est bien, faire avancer les choses c'est mieux. Mais quand on est dans les sables mouvants, il n'est pas facile d'attraper la branche pour s'extirper et au bout du compte, on lâche parfois prise pour se laisser aller, pour en finir et abréger sa souffrance.
Qui est lâche ? Qui abanfonne qui ?
Je ne sais pas, mais je vais essayer d'accepter de ne pas avoir la réponse.





Titre: Re : Le guide "Vous êtes en deuil après le suicide d'un proche"
Posté par: Flo le 16 décembre 2014 à 15:43:22
Bonjour,

le 31 décembre, cela fera 6 ans que notre fille unique s'est suicidée en se jetant des falaises du cap blanc.
Je crois toujours vivre un mauvais rêve et que je vais me réveiller et qu' elle sera à nos cotés.
Toujours pleins de questions dans la tête, POURQUOI ?  et aussi la curiosité et la maladresse des gens qui nous posent la question "et pourquoi elle a fait cela". Laetitia avait 31 ans, et aujourd' hui si on survit c'est parce qu'elle nous a laissé un petit fils que nous adorons  mais nous ne comprenons pas, il ne nous parle jamais de sa maman.   
C'est très difficile de vivre un tel drame  et on se pose toujours beaucoup questions.
Titre: Re : Le guide "Vous êtes en deuil après le suicide d'un proche"
Posté par: marcnot le 16 décembre 2014 à 21:50:01
Bonsoir FLO

Mon fils est parti à l'âge de 27 ans l'année dernière. Je me suis demandé aussi pourquoi ? !!! J'avais pourtant pleins de réponses mais laquelle était la bonne ?!!!
Je ne sais toujours pas aujourd'hui et je ne suis pas sûr de pouvoir y répondre un jour.
Il n'avait pas d'enfant .
Je vous souhaite à toi et tes proches de pouvoir trouver un jour la paix.
Une pensée pour ta fille.

Amicalement
Marc
Titre: Re : Le guide "Vous êtes en deuil après le suicide d'un proche"
Posté par: Eva Luna le 08 février 2015 à 16:11:00

Le suicide, c’est dur en bibite pour ceux qui restent Sophie-Luce Morin

Publié le 18 août 2014Mis à jour le 23 septembre 2014 Québec   

Aujourd’hui, je voulais rédiger une petite chronique à propos du bonheur que l’on peut recréer à l’infini à partir de nos souvenirs sensoriels.

Par exemple, il suffit que j’entende une chanson d’Olivia Newton-John jouer à la radio pour me retrouver en train de faire du lipsync en me déhanchant devant le miroir de ma chambre. Le chocolat chaud me rappelle mes hivers à construire des forts dans les montagnes de neige qui poussaient dans notre cour. Les vallons de la campagne, les odeurs de foins coupés, le chant des criquets me ramènent à mon essence. Les vieux arbres m’apaisent.

Ma vie se conjugue à des petits moments, comme ceux-là, qui me remplissent de bonheur et que je peux recréer facilement. Il suffit que je mette une tarte aux pommes à chauffer pour me retrouver en automne. Mignonne est attelée. Mes frères, ma sœur et moi, on s’apprête à aller cueillir des pommes. Elles sont piquées de vers, mais ça ne fait rien. Le plaisir, c’est d’aller aux pommes. Le plaisir, c’est de grimper dans les arbres, d’apercevoir une maman chevreuil avec son petit, de s’aventurer plus loin que permis et d’avoir, pour cette raison, le cœur qui bat un peu plus fort…

Dans cet article, j’avais envie de vous parler de la joie, même si, au fond, c’est plutôt la tristesse qui m’habite depuis quelques jours. J’ai tenté de combattre ce sentiment envahissant en faisant fi des hurlements qui résonnaient en moi ; en noyant ma douleur dans des activités qui accaparaient totalement mon esprit ; en troquant les mots grisaille, dérive, chagrin ou peine pour des mots tendres, teintés de rires. Des mots qui sentent le caramel fondu et le sucre à la crème. En vain.

Je rends donc les armes. J’abdique. J’abandonne, je m’abandonne. Je laisse s’écrire ce qui veut s’écrire, comme Duras l’aurait dit, ma boîte de kleenex posée près de moi.

Comme plusieurs, la mort abrupte et violente de Robin Williams m’a bouleversée. Il était un acteur fabuleux. Avec sa bouille sympathique, sa sensibilité, son intelligence, son humour, sa manière de dire les choses, il a su toucher le cœur de bien des gens.

Robin Williams projetait l’image d’un homme heureux, bien dans sa peau. Dans ces conditions, il est difficile pour certaines personnes de concevoir qu’il ait pu être habité d’un désespoir tel qu’il ne puisse envisager d’autre issue que la mort pour apaiser ses souffrances.

Vous vous demandez sûrement où je veux en venir ? J’y arrive…

Mon père est mort de la même manière. Il avait 59 ans.

Je ne me rappelle plus la date exacte de son suicide. C’était en fin d’après-midi, quelque part en mai ‘98 ou ’99. Je pourrais vérifier cette information facilement, me direz-vous. Je pourrais l’inscrire dans mon calendrier Outlook en y ajoutant même un petit rappel annuel : « Mort de papa ». Mais je ne le fais pas. Le suicide de mon père ne se réduit pas à une date ou à une journée dans l’année. Le suicide de mon père, je vis avec. Il fait partie de mon héritage. Il fait de moi ce que je suis.

Bien sûr, après toutes ces années, mes émotions ne sont plus à fleur de peau quand je me remémore cet événement. Aujourd’hui, je vis relativement en paix avec ce souvenir. Je dis « relativement », parce que c’est une paix fragile. Je l’imagine, ma paix, voguant sur l’océan au gré des intempéries. Au début, elle se promenait en chaloupe. Maintenant, c’est à bord d’un paquebot qu’elle suit son cours. Mais même les paquebots ne sont pas invincibles. Des nouvelles — comme celle de la mort de Robin Williams – peuvent endommager lourdement leur coque. Qui sait si les mots n’ont pas le pouvoir de réparer ces dégâts ?

Je me rappelle cet appel téléphonique, puis le choc terrible que j’ai ressenti quand j’ai entendu ces mots : « Ton père est mort. Il s’est suicidé. »

Je me rappelle l’église, l’entourage compatissant, les témoignages d’amour. Je me rappelle aussi les cancans et les médisances. Saviez-vous que les gens qui se suicident brûlent en enfer ? Moi, je n’étais pas au courant, mais certaines langues sales se sont fait un devoir de nous le rappeler, à ma famille et à moi. Ma mère — qui était alors en instance de divorce — a même reçu une corde pour aller se pendre. On lui a offert ce présent dans une boîte enveloppée d’un beau papier d’emballage à motifs de fleurs. Après tout, n’était-ce pas sa faute si mon père s’était enlevé la vie ? C’est pour vous dire la méchanceté du monde, parfois.

J’ai souvent imaginé les derniers moments de la vie de mon père, la détresse qu’il avait pu ressentir pendant les minutes qui ont précédé son geste, et même pendant. Je ne sais pas ce que j’aurais donné pour changer le cours du destin. Tout était pourtant si simple, dans mes rêves éveillés. J’aurais pris sa main et je lui aurais dit : « T’inquiète pas, papa, je te promets que ça va bien aller. Allez, viens, on va aller marcher dans le bois. Les pommiers sont en fleurs, le ruisseau gronde, les oiseaux pépient. Tu vas voir que la vie suit son cours ; qu’après l’hiver, c’est le printemps. »

Le suicide, c’est dur en bibite pour ceux qui restent…

Le jour où mon père s’est enlevé la vie, je suis morte avec lui. Je me suis mise à vivoter, enfermée dans un long tunnel avec pour seule lumière une flamme vacillante. J’avançais dans le noir en me demandant pourquoi il avait fait ça, et en ressassant ce que j’aurais pu faire ou ce que je n’aurais pas dû faire pour éviter ce drame. Je ne sais pas pourquoi j’ai réagi de la sorte. De toutes les routes que j’aurais pu emprunter, j’ai choisi un dead end, une route qui ne menait qu’à me détruire.

Combien d’années ai-je vécues ainsi, anéantie par la culpabilité face à la mort de mon père ? Trop, bien sûr. Tout cela parce ce que la dernière fois que je lui avais parlé, il m’avait semblé « bizarre ». Mais bon, mon père vivait des moments difficiles, et ça pouvait expliquer ce petit je-ne-sais-quoi que j’avais cru lire dans son regard. Même les médecins, qui l’ont examiné le matin de sa mort, n’ont rien vu, et l’ont laissé quitter l’hôpital. Mon père a franchi les portes de l’urgence avec un renouvellement de sa prescription d’antidépresseurs dans la poche, alors qu’il s’y rendait pour trouver refuge. Aujourd’hui, les recherches démontrent que les antidépresseurs peuvent pousser certaines personnes à commettre l’irréparable.

***

Je suis presque passée à travers ma boîte de kleenex. J’ai le nez rouge et les yeux bouffis. Je vais finir par m’arracher le cœur à force de brailler. Il est temps de conclure, mais comment ?

À part vous dire de consulter un spécialiste sans tarder si vous avez des pensées suicidaires et surtout, de ne pas hésiter à en parler ouvertement, que pourrais-je rajouter ?

Papa, je t’aime. Et tu sais quoi ? Ceux qui nous ont fait accroire que tu grillerais en enfer, je ne les ai jamais crus. Maman non plus.


Titre: Re : Le guide "Vous êtes en deuil après le suicide d'un proche"
Posté par: Matthieuuuu le 19 février 2016 à 14:45:05
Oui c'est facile de dire ca quand les gens ne sont plus là .. ha on les aiment les disparus !! moi je pense qu'ils sont en paix , ils n'etaient pas maso , voudriez vous avoir une vie de souffrance ? moi non merci .. 
Titre: Re : Le guide "Vous êtes en deuil après le suicide d'un proche"
Posté par: Eva Luna le 11 septembre 2016 à 15:32:38
http://www.huffingtonpost.fr/jean-claude-delgenes/journee-suicide_b_11947468.html?utm_hp_ref=france


Jean-Claude Delgènes
Fondateur et directeur général du cabinet Technologia

Michel Debout Headshot
Psychiatre, spécialiste de la prévention du suicide

Le suicide ne doit pas faire exception au traitement de l'information
Publication: 10/09/2016 11h11 CEST Mis à jour: 10/09/2016 11h11 CEST

   





En 1984 à Berlin-Est, le capitaine de la Stasi Gerd Wiesler, matricule HGW XX/7, espionne le dramaturge Georg Dreyman, une figure de la dissidence est-allemande. A la suite du suicide d'un de ses amis metteur en scène dont la carrière a été détruite, Dreyman rédige, pour le magazine ouest-allemand Der Spiegel, un article destiné à révéler une vérité dérangeante pour le régime... On aura reconnu la trame du film "La vie des autres" qui a connu un immense succès en 2006. Mais quel était le secret explosif que Dreyman cherchait à faire connaître à l'ouest ? Il s'agissait d'un chiffre ; un chiffre simple mais qui dit presque tout de la vérité d'une société : le taux de suicide anormalement élevé en RDA...

Parler de suicide aujourd'hui en France et du nombre de morts (27 par jour...) n'a sans doute pas la même charge politique qu'il y a 30 ans en RDA. Néanmoins, parler du suicide c'est toujours prendre un risque. Cela revêt la même signification et surtout cela jette le même trouble : faut-il vraiment en parler et comment le faire sans être morbide, larmoyant, alarmiste, racoleur ou tout simplement incitatif ?

La question est lancinante ; elle ressurgit d'ailleurs à chaque nouvelle journée mondiale de prévention du suicide, le 10 septembre : n'y a-t-il pas un risque à aborder ouvertement cette question ? Les personnes concernées ne vont-elles pas en déduire qu'en raison d'une expression plus libre, l'acte suicidaire deviendrait acceptable et surtout accepté ? Tous ceux qui sont en charge du traitement de cette question dans les secteurs de la santé, des études, ou encore des médias, doivent-ils alors s'astreindre au silence ? Et les familles endeuillées, les amis meurtris, les collègues ou salariés choqués et interpelés par un suicide sur le lieu de travail... Doivent-ils se taire ? Si l'on répond "oui", même avec les meilleures raisons du monde, le débat est clos. Mais la question n'est pas pour autant réglée. Et le silence va devenir aussi pesant que dans "La vie des autres".

Avant d'être un désarroi devant ce qui peut être dit, le silence autour du suicide répond d'abord à la peur d'un effet de contagion. On connaît en effet, depuis le 18ème siècle, le fameux "effet Werther" dont les souffrances et la mise en scène romantique du suicide par Goethe, dans son premier roman, avaient provoqué une vague de suicides chez les jeunes européens de l'époque. Ce fut la même chose aux Etats-Unis après le 05 août 1962 et le suicide ultra-médiatisée de Marylin Monroe.

Cet effet de contagion est bien connu et peut conduire à ce qu'on appelle des "suicides en grappe". Il y a ainsi des effets de contagion dans certaines familles, certaines localités, ou encore dans certaines entreprises. Tout se passe comme si lorsqu'il y a crise suicidaire, l'acte renvoyait aux personnes en proie à des tourments existentiels une solution qu'elles n'avaient pas envisagée jusqu'ici pour traiter un problème qu'elles jugent insurmontable.

Pourtant, l'alternative ne se résume pas, d'un côté, à l'omerta lourde de culpabilité mais tissée de chuchotements gênés, et de l'autre à l'exhibition contagieuse, on pense par exemple à ce suicide d'une jeune femme filmé en direct sur Périscope en mai 2016. Disons-le, il n'existe pas de prévention sans expression ; pas de programmes éducatifs et pédagogiques envers les jeunes sans démarche collective ; pas de prise en charge des Anciens, souvent abandonnées dans un isolement facteur de passage à l'acte, sans mise en place de programmes d'assistance qui supposent là encore des actions d'information ; et enfin, pas de qualité de vie au travail sans la possibilité pour les salariés de mettre des mots sur la mort volontaire d'un collègue qu'ils en soient proches ou non. Il est donc nécessaire de parler du suicide. Encore faut-il savoir comment en parler.

C'est dans les collectifs et notamment les entreprises, parfois les écoles, que la question se pose de manière la plus aiguë.

Sortir du déni d'expression face au suicide c'est d'abord accepter de se préparer à subir la crise. C'est le temps de l'anticipation et de la prévention. A ce niveau, il est nécessaire de former ceux qui seront en première ligne en cas de suicide dans une équipe : les managers, les dirigeants, les représentants du personnel. Il s'agit à ce stade de les rendre sensibles aux signaux qu'envoient, sans forcément les exprimer clairement, ceux qui souffrent.

Le suicide est une mort qui jette sur ceux qui restent, les collègues, les éducateurs, les familles, une culpabilité lancinante : on recherche immédiatement les raisons d'un acte forcément insondable, les responsables ; on s'accuse, on se dédouane, on blâme la victime... Tout cela est naturel mais tout cela n'est pas sain. Parler du suicide, c'est d'abord suspendre son jugement pour laisser la tristesse et les faits simples et vrais parler en premier.

Ainsi parler, c'est d'abord nommer l'acte pour ce qu'il est, un suicide. Mais la parole doit savoir immédiatement se restreindre en matière de retranscription d'éléments matériels : rien sur les modalités de passage à l'acte, rien sur les circonstances trop précises de la mort, rien sur les personnes qui ont découvert le corps ou l'ont pris en charge. Dire donc, mais en mesurant le propos et en étant attentif aux effets négatifs possibles de ce que l'on dit. Attentif aussi aux proches et aux familles pour les aider à sortir de l'idée que l'acte suicidaire serait le seul événement humain dont on ne pourrait rien dire. Ce qui aggrave leur repli sur eux-mêmes et plus encore, leur culpabilité.

Si le déni du suicide n'est pas acceptable, le spectacle autour de l'acte ne l'est pas plus. Il faut tout de suite en souligner la gravité afin d'éviter tout risque de viralité et d'imitation. Parler donc, mais en évitant la spectacularisation, l'esthétisme ou le romantisme.

Cette retenue concerne aussi ceux qui ont survécu à leur passage à l'acte. Ils disparaissent un temps du collectif pour se soigner, reprendre pied mais regagnent un jour leur place dans l'entreprise. Là aussi, il n'est pas question de les ignorer et de passer sous silence leur retour au travail. Préparer au mieux leur retour dans l'entreprise suppose une prise de parole soigneuse et régulière vis-à-vis de l'encadrement et des collègues.

Comme on le voit, parler du suicide c'est prendre un risque ; celui de se tenir sur une ligne de crête entre le silence impuissant et l'expression maladroite. Mais c'est la seule certitude de pouvoir ainsi mener des actes de prévention, susciter des demandes d'aide, inciter à appeler les structures d'écoute, encourager à mettre en place des programmes de prévention dans les entreprises. La prévention ne peut avoir lieu sans une étape préalable de connaissance de la situation du suicide en France. C'est pour cela que nous nous étions mobilisés afin qu'existe un Observatoire des suicides et des crises suicidaires. Celui-ci fête aujourd'hui ses trois ans d'existence : cette première étape de compréhension du phénomène doit désormais mieux servir la prévention. C'est le sens que nous donnons à la journée nationale de prévention du suicide ce 10 septembre.
Titre: Re : Le guide "Vous êtes en deuil après le suicide d'un proche"
Posté par: Noëlle le 11 septembre 2016 à 15:53:24
.... M. Monroe ne s'est pas suicidée .... a mort a été masquée en suicide.

bien à vous

Noëlle
Titre: Re : Le guide "Vous êtes en deuil après le suicide d'un proche"
Posté par: Marie08 le 29 novembre 2016 à 12:48:34
bonjour à tous
j'ai perdu mon compagnon en mai dernier.
il s'est pendu dans le garage après une dispute.
nous étions ensemble depuis 10 ans et nous nous aimions comme au premier jour.
il avait du mal à supporter les soucis du quotidien, grands et petits.
je m'en veux terriblement et il me manque cruellement.
je survis pour mes 2 enfants de 20 et 22 ans mais chaque jour sans lui est une épreuve.
je l'aime tellement.
un suivi psy, des traitements , rien ne m'aide.
j'ai juste envie de mourir pour ne plus souffrir....
Titre: Re : Le guide "Vous êtes en deuil après le suicide d'un proche"
Posté par: Helpa le 29 novembre 2016 à 14:58:53
Bonjour Marie,

Il y a plusieurs suicides dans ma famille et en particulier ma fille de 16 ans. Les deux questions qui me taraudaient au début, en plus de la douleur, c'était la culpabilité et l'idée qu'elle souffre dans l'au-delà.

Maintenant, 5 ans après, je suis certain qu'elle va bien, qu'elle est même très heureuse, qu'elle poursuit son chemin comme nous poursuivons le nôtre en parallèle. Elle n'est jamais loin de nous, elle reçoit toutes nos pensées d'amour et en retour elle nous envoie des signes.

De même, je sais que je ne suis en rien responsable de sa mort, pas plus que tout son entourage. 

Je sais que nous nous retrouverons quand le moment sera venu. J'ai acquis ces certitudes grâce à des médiums que je suis allé consulter. C'est une alternative à la psychologie pour ceux qui sont ouverts à l'idée de la survivance de l'âme.

Comme le dit le célèbre texte "La mort n'est rien"  : "Je ne suis pas loin, juste de l'autre côté du chemin".

Titre: Re : Le guide "Vous êtes en deuil après le suicide d'un proche"
Posté par: Injustice le 15 décembre 2016 à 01:42:23
Merci infiniment pour ce guide très précieux....

Injustice
Titre: Re : Le guide "Vous êtes en deuil après le suicide d'un proche"
Posté par: luciole44 le 05 janvier 2017 à 21:15:33
Voilà 10 ans que mon mari s'est suicidé. Le livre du Dr Fauré "Après le suicide d'un proche"  m'a énormément aidée. Par ailleurs, l'association "Recherches et rencontres" est aussi très efficace dans la prise en charge des proches d'un suicidé sous forme de groupes de paroles.
Depuis, j'avance même s'il y a parfois quelques coups de blues. La vie continue !
Titre: Re : Le guide "Vous êtes en deuil après le suicide d'un proche"
Posté par: Eva Luna le 19 février 2017 à 19:34:26
Pour info...parceque ça peut intéresser des parents ou fratries confrontées au suicide...
(info trouvée sur le site Apprivoiser l'Absence, et ça me fait penser qu'il faut que je règle ma cotisation...)

Parents, frères et sœurs endeuillés par suicide
Jonathan Pierres Vivantes - 10, 11 et 12 mars 2017


Jonathan Pierre Vivantes propose deux fois par an des week-ends pour les parents, les frères et sœurs adultes confrontés au suicide de l’enfant, frère ou soeur. L’objectif de ces rencontres est de tenter de comprendre le geste suicidaire et de partager ensemble ses questionnements.
Il y a des temps d’écoute et des temps de partage en grand et petits groupes pour que chacun puisse s’exprimer s’il le souhaite.
Les participants sont aidés par un(e) psychiatre et un(e) psychologue tout au long du week-end qui viennent répondre à leurs interrogations. Les organisateurs souhaitent que chacun puisse repartir vers la vie le plus sereinement possible. Prochainement, un week-end est organisé les 11 et 12 mars près de Reims.

Contacts Elisabeth et Eric de Gentil-Baichis. Mail : jonathanpostvention@orange.fr

Renseignements sur cette page (cliquer pour activer le lien) Familles confrontées au suicide de l’enfant. Le bulletin d’inscription est téléchargeable en cliquant sur le lien du week-end concerné.

Lieu Maison Diocésaine Saint Sixte

Tarif 110 euros par personne pour l’ensemble du week-end
Titre: Re : Le guide "Vous êtes en deuil après le suicide d'un proche"
Posté par: Eva Luna le 28 février 2017 à 20:07:27
Texte de 13 pages sur ce deuil si particulier:

Effets et conséquences du suicide sur l’entourage
: modalités d’aide et de soutien
Deuil normal, deuil difficile, deuil compliqué, deuil pathologique
Particularités des deuils après suicide

Dr Christophe FAURÉ

http://www.psydoc-france.fr/conf&rm/conf/endeuilles/textesexperts/FAURE.pdf
Titre: Re : Le guide "Vous êtes en deuil après le suicide d'un proche"
Posté par: Eva Luna le 28 février 2017 à 21:00:21
Conférence TEDx
Nous pouvons tous agir contre le suicide | Corine Rondel | TEDxLaRochelle

https://www.youtube.com/watch?v=7L9heVfFOXs
Titre: Re : Le guide "Vous êtes en deuil après le suicide d'un proche"
Posté par: Eva Luna le 13 septembre 2017 à 21:11:07
  Entretien vidéo de Christophe Fauré sur le deuil après suicide , pour l'association Empreintes Vivre son Deuil.

https://youtu.be/EjijsdBzGWg
Titre: Re : Le guide "Vous êtes en deuil après le suicide d'un proche"
Posté par: Sabie le 01 octobre 2017 à 21:40:35
bonsoir Luciole44

je viens de te lire, j'ai perdu mon amour il y a 6 mois. Il était tout pour moi, nous étions ensemble depuis 9 ans enfin ca aurait du faire 9 ans.
Je viens vers toi ce soir, car j' ai mon 1er rdv avec une psy de l'association "recherche et rencontre" pour intégrer  un groupe. Mais l' attente est de 5 a 6 mois.
As tu fais partie d'un groupe ? Comment avance tu aujourd'hui après ces 10 longues années ?
Bien a toi

Sab
Titre: Re : Le guide "Vous êtes en deuil après le suicide d'un proche"
Posté par: Marjojo le 07 avril 2018 à 10:34:20
Le 14 février 2012, ce jour la tout à basculer.. Mon grand frère, mon ame soeur, mon meilleur ami, tu as décidé de partir, sans dire un mot.. Je regrette de ne pas avoir reussi à l'aider.

Aujourd'hui je ne comprends toujours pas, je me pose toujours autant de questions.. Depuis sa mort, je suis quelqu'un d'instable, déménagement tous les 6 mois, joyeuse a un moment et triste à un autre, je suis maintenant hypersensible, toujours peur qu'un tel malheur se reproduise...

Mon seul bonheur c'est mon homme, on partage notre vie depuis cette année la, je m'accroche à ca pour ne pas le rejoindre
Les traitements médicaux, j'en prend déjà assez pour soulager des douleurs physiques donc non merci, les psy c'est vraiment pas pour moi.. Moi j'ecris, je lui ecris dans mon petit cahier secret.. Cette année j'ai franchit un cap : j'ai réussi à aller sur sa tombe, ca ma retourner mais j'y suis arrivée, j'ai fait 600 km pour y aller, pour essayer et j'ai réussi
Titre: Re : Le guide "Vous êtes en deuil après le suicide d'un proche"
Posté par: dany.gaborit123@orange .f le 25 mai 2018 à 08:34:42
bonjour mon fils de 26 ans  as mis fin a ses jours fin decembre et je comprend votre douleur car en ce momentt tout les jours j ai cette culpabilite qui m envahi et depuis le décès de mon fils  je me retrouve seule car je vois plus personne des amis m on laisser tomber je survie grace a mes deux enfants qui ont besoin de moi  il me manque terriblement  j ai plus le gout a rien  j essaye d etre forte pour mes enfants je vois un psy il m aide pas beaucoup j espere que cette douleur  va s atténuer je pense a lui tout le temps il me manque trop l absence est terrible 
Cordialement
Titre: Re : Le guide "Vous êtes en deuil après le suicide d'un proche"
Posté par: Eva Luna le 11 juin 2018 à 18:12:43
Livre:A Juliette de Fabienne Le Clauze-2 mai 2018


    Résumé
"Quand ma fille Juliette s'est suicidée, j'ai été dévastée, anéantie. Pourquoi une jeune fille de quatorze ans décide-t-elle de mettre fin à ses jours ? Je me suis sentie totalement coupable, je n'avais pas su protéger ma fille. Comment survivre à la mort de son enfant ?" Par cette lettre ouverte à sa fille, l'auteur exprime comment elle a apprivoisé l'absence, le silence, la souffrance ainsi que le sentiment d'impuissance éprouvés suite à sa disparition.
Comment elle a découvert en elle une force inconnue mais surtout a appris à se reconnecter à des émotions enfouies, à la confiance en soi et à la bienveillance. "Même si la tempête s'est calmée, si les vagues de fond sont de plus en plus éloignées, je sais que le chemin n'est pas fini, il faut énormément de temps pour faire le deuil de son enfant. Il faut accepter notre impermanence."

http://www.leparisien.fr/yvelines-78/video-rambouillet-ecrire-ma-souffrance-me-faisait-du-bien-j-avais-l-impression-d-etre-avec-juliette-09-05-2018-7707162.php
Titre: Le jour ou ma vie a basculé. .
Posté par: CarpeDiem85 le 05 décembre 2018 à 23:08:51
Chère année de merde notre histoire s'arrête là.

Oui ..mais malheureusement la nouvelle ne  me rendra pas ce que tu m'as enlevé! ce dont tu nous as privé voila maintenant 1 an!
18 ans de ma vie partie en un instant..
18 ans d'Amour, de joie, de bonheur,de peine, de colère, mais surtout de vie!
Oui.. il  reste les souvenirs...
Des souvenirs qui à ce jour sont trop douloureux, des photos que je ne peux regarder, des chansons qui résonnent et qui te prennent aux trippes, des éclats de rires qui t'assomment de douleur et qui font si mal!

Ce jour où ta vie bascule et te change à tout jamais...
Ce jour où, la maman prend le dessus et le relais car la femme que tu étais, n'est plus..
Ce jour où un nouveau combat commence.. Celui de la survie! Des questions sans réponses.. des décisions fragiles..
Et cette pensée .. tu dois continuer, avancer.. alors que tu es complètement anesthésiée  et que le monde continue de tourner..
Sourire et répondre que  çà va.
Mais surtout, celui de ne rien laisser paraître aux yeux de ce qui me reste de plus precieux ..nos enfants!
Ces êtres qui seront privés d'une enfance innocente.. si jeune et déjà plus que conscient de ce que la mort inflige.. cette douleur,l'absence, ce manque! Le manque d'un modèle et pas n'importe lequel..leur Papa! Le meilleur des papas!

Le chemin du deuil et de la reconstruction sera long, et très certainement inachevé...

Tous ces mois, où il n'y a pas une seconde où l'on ne pense pas à toi.

Te parler et attendre que tu me répondes..
Rester dans le silence pour peut être, enfin entendre ta voix..
Mais surtout,  espérer te voir surgir quand mon âme t'implore de revenir..
 OUI, j'attendrai toujours qu'un beau jour,  tu passes la porte..

Pour moi le deuil ne sera pas possible..
Je le remplacerai par le Temps..
Le temps ne guérit pas, mais il nous apprend à vivre avec notre douleur..
Cette douleur devenue ta meilleure ennemie... Quand tu te sens si seule et espère de toutes tes forces, te reveiller de cet affreux cauchemard, elle est là. .bien réelle..et te rapelle que tu ne rêves pas!
La rage que tu éprouves et toute cette colère intérieure puissent elles au minimun t'aider à  affronter et faire face!

J'aimerai effacer de ma mémoire une partie de mon passé. . Mais c'est notre histoire, qui a fait celle que je suis aujourd'hui.

Ma force à présent, je la puise dans mes enfants et ma famille.

Mes parents,  les plus exeptionnels au monde, leur présence,leur silence lorsque c'etait nécessaire, leur patiente mais surtout leur Amour . .
Mes soeurs, ma chair, mon sang, pour leur soutien sans faille..
Ma soeur de coeur pour son courage, et sa force! Je t'admire énormément, tu étais et tu resteras ma belle soeur et soeur pour toujours, ta main serrant la mienne, à cet instant là où il à fallut dire au revoir, je ne l'oublirai jamais.
Ma meilleure amie en Or et bien plus! Ma Darling fidèle, pour le meilleur et pour le pire ...
Mes amis qui ont su se faire discret tout en montrant qu'ils étaient là..

Du fond du coeur merci, je vous aime infiniment

Alors peut être que d'écrire tout ce mal qui me ronge et me consume, est, en quelque sorte ma thérapie..
 Il est possible que quelqu'un s'identifie et j'espère qu'il se sentira moins seul dans sa souffrance..

Nous portons tous notre croix.. il y a des fardeaux plus au moins lourds et qui nous rendent prisonniers. 

Prisonnière de tout l'Amour que tu nous as laissé!

Il est temps que je libère ton âme que je garde prisonnière sur terre.. Je dois te laisser rejoindre les anges qui nous ont quitté plus tôt.

Merci d'avoir partagé ma vie, de m'avoir donné 2 extraordinaires garçons❤

Tu es libre ma saucisse! Va rejoindre la lumière et continues à veiller sur nos loulous ou que tu sois..

Tu n'es plus là où tu étais, mais je sais que tu es partout là ou nous sommes!

Un jour on se retrouvera!


#ILYFEOY#

Mes mots sur mes maux le 19 avril 2018.. 1 an apres que ma vie est basculé. . Le soir ou j'ai retrouvé l'homme avec qui j'avais partagé 18 ans de ma vie, pendu..
Cela fait 20 mois et rien à changé. .je dirai même que c'est pire!
Je n'ai pas dit la vérité à mes enfants qui avaient 6 et 12 ans..
Je suis incapable de comprendre ce geste, et je porte cette culpabilité chaque seconde.. je ne peux concevoir que mes loulous puissent penser une seule seconde qu'ils sont peut être responsable.. 
Je suis plus que consciente qu'ils ont le droit de savoir, mais aujourd'hui je n'y arrive pas.

Comment retrouver le gout de vivre après un tel acte..
Titre: Re : Le guide "Vous êtes en deuil après le suicide d'un proche"
Posté par: Federico le 07 décembre 2018 à 13:43:40
... ... ... ... ... ...
Pour moi le deuil ne sera pas possible..
Je le remplacerai par le Temps..
Le temps ne guérit pas, mais il nous apprend à vivre avec notre douleur..

Cette douleur devenue ta meilleure ennemie... Quand tu te sens si seule et espère de toutes tes forces, te reveiller de cet affreux cauchemard, elle est là. .bien réelle..et te rapelle que tu ne rêves pas!
La rage que tu éprouves et toute cette colère intérieure puissent elles au minimun t'aider à  affronter et faire face!


Ma force à présent, je la puise dans mes enfants et ma famille.

Mes parents,  les plus exeptionnels au monde,
Mes soeurs, ma chair, mon sang, pour leur soutien sans faille..
Ma soeur de coeur pour son courage, et sa force!
Ma meilleure amie en Or et bien plus!
Mes amis...
Du fond du coeur merci, je vous aime infiniment

Alors peut être que d'écrire tout ce mal qui me ronge et me consume, est, en quelque sorte ma thérapie..
Il est possible que quelqu'un s'identifie et j'espère qu'il se sentira moins seul dans sa souffrance..

Nous portons tous notre croix.. il y a des fardeaux plus au moins lourds...

Il est temps que je libère ton âme que je garde prisonnière sur terre.. Je dois te laisser rejoindre les anges qui nous ont quitté plus tôt.

Merci d'avoir partagé ma vie, de m'avoir donné 2 extraordinaires garçons❤

Tu es libre ... et continues à veiller sur nos loulous ou que tu sois..

Tu n'es plus là où tu étais, mais je sais que tu es partout là ou nous sommes!

Un jour on se retrouvera!

Mes mots sur mes maux le 19 avril 2018.. 1 an apres que ma vie est basculé. . Le soir ou j'ai retrouvé l'homme avec qui j'avais partagé 18 ans de ma vie, pendu..
Cela fait 20 mois et rien à changé. .je dirai même que c'est pire!
Je n'ai pas dit la vérité à mes enfants qui avaient 6 et 12 ans..
Je suis incapable de comprendre ce geste, et je porte cette culpabilité chaque seconde.. je ne peux concevoir que mes loulous puissent penser une seule seconde qu'ils sont peut être responsable.. 
Je suis plus que consciente qu'ils ont le droit de savoir, mais aujourd'hui je n'y arrive pas.

Comment retrouver le gout de vivre après un tel acte..


Comment retrouver le goût de vivre après un tel acte ?

Vous avez une partie de réponse à la question que vous vous posez très légitimement ...
grâce aux liens forts et étroits que vous avez avec votre famille, ami(es), enfants... c'est salvateur !
ET... grâce au choix de votre pseudo Carpe Diem.... cueille le jour présent sans te soucier du lendemain !... vivre à fond, intensément le moment présent !

Amicalement, solidairement.
Federico

Titre: Re : Le guide "Vous êtes en deuil après le suicide d'un proche"
Posté par: Bmylove le 07 décembre 2018 à 19:04:36
Bonsoir Carpe Diem,
Je t'accueille avec une infinie tristesse. Je me retrouve dans ce que tu as écrit.
Nous avons basculé en enfer à la même période. Je pèse mes mots. L'enfer.

Si tu le souhaites, tu peux créer ton propre fil.
Ecrire, partager ici ce qui lasse nos proches, hurler, jurer, ça m'aide beaucoup.

Il faudra te débarrasser de ta culpabilité. Elle est stérile, insidieuse et dangereuse.
Je pèse là aussi mes mots.

C'est le lien avec nos proches, le soutien d'où qu'il vienne qui nous sauve.

Je sais que tu ne vas pas me croire, mais je mets mon chapeau au feu (ou qq soit l'expression consacrée) que tu n'es pas coupable.
Il faut du temps pour l'intégrer, mais personne n'est coupable dans un suicide.
Ecris-nous, si tu veux, consulte la boîte à outils aussi, lis les témoignages, je suis sûre que tu trouveras un peu d'apaisement.
http://forumdeuil.comemo.org/vivre-le-deuil-de-son-conjoint/en-guise-de-table-des-matieres

On me le répète beaucoup, et c'est très important : prends soin de toi.
On est en danger après un suicide, surtout si on porte ce fardeau si lourd et si injuste.

On peut continuer à vivre, je t'assure. Différemment, mais vivre.
On apprécie chaque moment comme si c'était le dernier, on regarde avec effarement les gens s'énerver pour rien...

Mais on reste là pour ceux qui nous aime.

Je t'embrasse très fort, j'espère avoir de tes nouvelles.
Titre: Re : Le guide "Vous êtes en deuil après le suicide d'un proche"
Posté par: lsf le 03 septembre 2019 à 19:38:30
Juste une pensée pour mon frère qui s'est suicidé. C'est son anniversaire aujourd'hui.

Tendrement à vous
Titre: Re : Le guide "Vous êtes en deuil après le suicide d'un proche"
Posté par: mike67 le 04 septembre 2019 à 14:23:56
Bonjour ISF,

Une magnifique pensée, une splendide, une éclatante pensée pour ton frère.
C'est important de les évoquer, de ne jamais les oublier.
Si tu le souhaites, n'hésites pas à nous parler de lui.

Michaël
Titre: Re : Le guide "Vous êtes en deuil après le suicide d'un proche"
Posté par: lsf le 05 septembre 2019 à 17:49:46
Merci Michael. C'est adorable de ta part.

Mon frère avait 45 ans quand il s'est donné la mort d'un coup de fusil dans la bouche. Il avait des blessures profondes qui remontaient à loin. En plus il était en plein divorce, il venait d'être licencié. Il  avait retrouvé un travail qui ne lui convenait pas.
Une accumulation  trop dur à gérer pour lui... Il n'a pas supporter. Il a préféré quitter ce monde.  Il a emporté avec lui tous ces autres secrets... car dans un suicide il y a beaucoup de choses que l'on ne sait pas.

Il était très sensible.
Dans ma famille, nous ne sommes pas habitués à parler. Il a fallu que j'apprenne après ce drame pour ne pas sombrer moi-même

Affectueusement à toi
Titre: Re : Le guide "Vous êtes en deuil après le suicide d'un proche"
Posté par: Carolus le 29 mars 2020 à 18:39:52
Bonjour,
Cela fait 10 mois que mon amie s est suicidée et c est encore très douloureux. J ai essayé la psychanalyse mais ça ne me plaît pas. Pouvez vous m aider, me conseiller.

Merci par avance

Titre: Re : Le guide "Vous êtes en deuil après le suicide d'un proche"
Posté par: Eva Luna le 14 juin 2021 à 20:26:55
Memona Hintermann : "Il y a une honte autour de la tentative de suicide"

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