Auteur Sujet: Infos ....  (Lu 41858 fois)

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Hors ligne Catherine Th

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Les ados c'est comme des hirondelles ....
« Réponse #60 le: 25 janvier 2021 à 07:25:24 »
"Les ados, c'est comme des hirondelles, ça ne doit pas être isolé"
message du psychiatre Xavier Pommereau


Isolés, stigmatisés, invisibles... Xavier Pommereau est psychiatre à Bordeaux, spécialiste de l'adolescence en difficulté. Il nous explique comment les jeunes vivent la crise sanitaire, les symptômes qu'il constate et nous livre ses conseils pour les aider à la traverser. 
 Xavier Pommereau a créé la première unité en France dédiée à l'accueil des jeunes suicidants, il y a presque trente ans au centre Abadie du CHU de Bordeaux. 
 Il un regard très critique sur la politique du gouvernement envers les jeunes. 

Comment, selon le psychiatre que vous êtes, les jeunes vivent-ils  la crise sanitaire et sociale ?
Il faut garder en tête que les jeunes ont bien supporté le premier confinement. Il était assez précis, global et pas très durable dans le temps, deux mois maximum. Et ils l’ont assez bien vécu. Ils respectaient même mieux que certains adultes les règles sanitaires. Ça a commencé à se gâter lors du deuxième confinement. Ils l’ont ressenti comme flou et injuste. Ils ne comprenaient pas pourquoi certains commerces étaient ouverts alors que certains bars respectant les gestes sanitaires ne l’étaient pas.

Ce sentiment d’injustice s’est aggravé avec le temps. Et aujourd’hui, ils redoutent un troisième confinement. Ce qui les inquiète aussi, c'est la dévalorisation de leur diplôme ou examen. « Tu as eu ton bac covid mais il ne vaut rien. »

Quels symptômes constatez-vous ?

Face à ces difficultés, certains ont des crises d’angoisse qui surviennent sans cause déclenchante.  La gorge qui se serre, la poitrine qui se comprime, une sensation de ne plus bien respirer… Des crises d’angoisse aigües qu’ils n’avaient pas développées avant et qui sont provoquées par cette situation.  
Certains développent aussi un repli dépressif. Ils se replient dans leur chambre. Ils se réfugient dans des jeux vidéo, ne font plus que ça. D’autres se coupent de leurs amis ou, au contraire, vont sur les réseaux sociaux pour trouver de l’appui. Ils découvrent que le distanciel ne se suffit pas à lui-même. En temps normal, ils vont tous sur les réseaux sociaux. Mais il y a aussi du présentiel. Là, ils ont l’impression d’être isolés. Il leur manque la relation avec les autres. Les étudiants plus que les autres.

On a supposé qu’ils seraient  capables de supporter les cours à distance. Mais ils sont comme les collégiens, les lycéens, ils ont besoin de voir les autres. Certains décrochent. Ils ne suivent plus les cours. Ils ont le sentiment d’être noyés, d’avoir davantage de travail. Certains ne s’habillent plus, ne se lavent plus, ne quittent plus leur lit dans leur chambre universitaire. Ils vivent ce que vivraient, toute proportion gardée, les gens dans des ghettos.

Ils n’acceptent pas qu’on entende parler des remonte-pentes et pas des universités. Ils ne comprennent pas pourquoi la fac reste fermée alors que, le samedi après-midi, la rue Sainte-Catherine est noire de monde. Ils se sentent discriminés. On les stigmatise en croyant à tort qu’ils passent leur temps à transgresser les règles, à participer à des fêtes sauvages, à des raves comme à Rennes. La plupart ne font pas cela. Ils sont souvent loin de leur famille. Ils ont perdu la ressource qu’étaient les petits boulots.

Leur avenir incertain les inquiète-t-il ?

Ils ne sont pas contre payer la dette de la Covid. Ce qui les inquiète, c’est de voir qu’ils vont avoir du mal à trouver du travail, une orientation. Ils pressentent que de nouveaux métiers vont émerger dans l’écologie  mais on ne leur dit rien. Le discours du pouvoir public parle d’éoliennes, de développement durable  mais pas des emplois que cela va amener. On se contente de dire « on pourrit la planète » sans leur donner les moyens d’agir. Ils n’ont pas accès à des conseils. Avoir en face de soi le portail de parcoursup pour choisir son orientation, c’est inquiétant. Je ne comprends pas une telle ignorance de la gravité des implications pour les jeunes.

Sans parler de l’effet des masques. Ils ne peuvent plus se serrer dans les bras, s’embrasser à un âge où l’on a besoin de faire corps avec les autres. Les relations amoureuses sont virtuelles.  Ils en souffrent énormément. Les ados, c’est comme les hirondelles, ça ne peut pas être isolé. C’est comme s’ils n’existaient pas. Il n’y a aucun message à leur destination pour le vaccin. Aucun  calendrier.  

Comment les enseignants, les parents, les adultes peuvent aider les jeunes ?

Il faut qu’on s’exprime, qu’on dise qu’on n’est pas d’accord. C’est ce que je fais en répondant à vos questions.  Et il faut réintroduire du présentiel dans le respect des gestes barrière. Dans notre centre, nous tenons des réunions en présentiel, deux fois par semaine. Je vais des visios mais cela ne suffit pas.  De la même façon, tel enseignant qui va avoir 12 étudiants qui font leur mémoire, il faut qu’il les rencontre en petit groupe. C’est scandaleux en terme de méconnaissance du fonctionnement de ces jeunes dits « du numérique ».

Certains responsables politiques croient que parce qu'ils sont fluides avec le numérique, le présentiel leur suffira.  Le comité scientifique n’inclut aucun psy. Il n’est question que de quantité de vaccins….

Nous sommes interrogés par les médias mais pas par le gouvernement. Notre boulot, c’est de s’occuper des jeunes mais on ne nous demande rien. C’est très mauvais que les responsables politiques se coupent de la jeunesse.

Et les parents ?
Les parents, il faut qu’ils soient compréhensifs. Surtout ne pas supprimer le portable. Ne pas leur laisser la nuit le jour, bien sûr mais peut-être aménager des plages horaires. Il faut les encourager à prendre l’air et être avec d’autres, favoriser des moments de rencontres en respectant les règles sanitaires. Certains parents, par exemple, sont d’accord pour que leur enfant fête son anniversaire en tout petit comité, moitié en extérieur,  moitié dedans. S'ils invitent des copains à la maison, certains parents ont peur qu’ils apportent la covid. Ils se sentent pestiférés.


*********************************************************************************

Pas pour la personne qui a écrit mais pour le contenu ! L’inquiétude pour les étudiant-e-s, leur santé mentale, le fait qu’ils soient actuellement particulièrement isolé-e-s, exclu-e-s et aussi muselé-e-s ciblé-e-s par certaines mesures …


«  On en a plein le derrière.
Et je reste poli, je pense à ma mère.
Y en a marre.
Ca suffit.
On vous a donné un an, oui, tout un printemps à l’isolement, avec les Ausweis pour sortir, les parcs et jardins interdits, les enfants enfermés, les grands-parents qui ne voient plus les petits. Et depuis, c’est pire, on vasouille, déconfinement, re-confinement, re-déconfinement, et peut-être, bientôt, le re-re-confinement, plus les couvre-feux à 20 h, à 18 h, les commerces ouverts, fermés, ouverts, les pas plus de six à table.

On patauge, on pédale dans la semoule.
On vous a donné un an, un an pour tout rater, les masques, les tests, les vaccins.
On vous a donné un an d’obéissance, de docilité comme jamais, mais maintenant, y en a ras le bol.
Ma claque.

Ca craque.
Fin décembre, je rencontrais le président de l’Université de Picardie : « On a fait passer des questionnaires auprès de nos étudiants, il me racontait, sur les 3450 réponses qui nous sont remontées, 20 % ont scénarisé leur suicide. »
Waouh.
Ca me paraissait énorme.

J’avais beau les entendre, les lire, ces témoignages, de Maëlys : « J’ai envie de me taper la tête sur la table, tellement je n’en peux plus », Jessica, « Je pleure tout le temps, je ne me fais même plus à manger, je passe mes journées allongée dans mon lit », de Yann, « J’ai même picolé seul dans ma chambre tellement j’étais désespéré », j’avais beau, 20% de notre jeunesse étudiante qui aurait scénarisé son suicide, y a un biais d’enquête, je me disais.

Et puis, vient de tomber, l’étude, nationale, elle, de Santé Publique France.
Près de 30%, 29% exactement, des 18-25 ans sont en dépression.
50 %, la moitié, un sur deux, sont inquiets pour leur santé mentale.
Et certains, combien ?, ne se contentent pas de le scénariser, leur suicide. Cette semaine, un étudiant vient de se défenestrer à Lyon. En novembre, c’est à Nice, à Montpellier, que deux drames survenaient. Et un autre, en octobre, à Nancy. Les organisations étudiantes vous demandent cela : combien de suicides ? Combien ?
Nous l’ignorons.
Vous l’ignorez.


Et vous répondez à la détresse par un numéro vert !
C’est de la faute au virus, vous me direz. Oui, évidemment, en partie.
Mais c’est de la faute, aussi, à votre politique.

D’abord, parce que vous n’en avez rien à secouer, de cette santé mentale. La preuve ?
Dans votre conseil scientifique, dans votre conseil de défense, pas un seul expert, pas un seul médecin, pas un seul statisticien qui travaille là-dessus, sur la santé mentale. C’est la marque, évidente, que ça ne pèse pas dans la balance, ces dépressions, ces idées suicidaires, ce mal-être psychique. Que dans vos décisions, ça ne compte pas.
Vos décisions, justement, quelles décisions ? Comme un ça va de soi, à l’automne, vous fermez les amphis, vous fermez les facultés, vous fermez les universités. Les profs se débrouilleront avec Zoom, ils feront de la visio, c’est l’avenir, quoi, le numérique, qu’ils s’y mettent enfin, ces ringards, l’occasion de moderniser tout ça, de massifier pour pas cher.

Les usines tournent.
Les sites Amazon tournent.
Cet amphi, ici, de 577 personnes, tourne.
Mais les autres amphis du pays, eux, doivent fermer. Pourquoi ? Après quelles discussions ?
Après zéro discussion.

Où met-on en question que, au fond, on enferme les jeunes pour protéger les plus âgés ? Ni ici ni ailleurs.
Où examine-t-on le pour et le contre de mesures plus ciblées, sur les plus fragiles, sur les plus à risque, plutôt qu’un confinement généralisé ? Plutôt qu’un pays mis à l’arrêt ? Ni ici ni ailleurs.

Alors, je viens ici, pas pour pleurnicher, mais avec une demande claire, nette, précise :
Rouvrez les amphis.
Rouvrez les amphis !
Rouvrez les amphis !
Décidez-le tout de suite, et faites-le très vite.

Si, demain, vous re-confinez le pays, eh bien vous les re-confinerez avec. Vous les re-confinerez avec les entreprises. Vous les re-confinerez avec les lycées, avec les collèges, avec les écoles. Soit. Comme toute la Nation. Mais pas, aujourd’hui, contre eux, une loi d’exception.
Cette demande de bon sens, vous n’en ferez rien, et je veux dire pourquoi.
Pourquoi, depuis un an, l’enfermement des jeunes.
Pourquoi leur mort sociale.
La réponse est simple :
Ils ne votent pas, ou peu.
Ils ne sont pas, ou peu, organisés.
Ils ne protestent même plus.

« S'il ne fait aucun doute que des révoltes ont existé, écrivait Max Weber, ce qui appelle manifestement une explication, c'est surtout le fait qu'elles n'aient pas été plus nombreuses. »
Et oui, j’espère, j’aspire, à une révolte des jeunes.
Que leur vitalité se répande en cris, en manifs, plutôt qu’une une résignation mortifère, solitaire.
Oui, je préfèrerais qu’ils prennent la rue plutôt que du Xanax. »

François Ruffin
18 janvier 2021

Hors ligne Faïk

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Re : Infos ....
« Réponse #61 le: 25 janvier 2021 à 12:11:39 »
Merci de mettre un coup de projecteur sur la détresse des jeunes, bien souvent pointés du doigt. Et spécialement en ce temps de crise sanitaire  !
On a beaucoup glosé sur leur irresponsabilité.. A mon avis bien partagée par des moins jeunes...
Et quand bien même ? Loin de moi de vouloir absoudre  tout comportement, mais une certaine forme d'insouciance, si on veut l'appeler comme ça, n'est-elle pas un privilège des jeunes années ? Nous-mêmes la pleurons bien des fois... Et nous aussi nous avions et avons des devoirs envers eux.

Les quelques mesures prises dernièrement ne sont le reflet que de l'urgence. Mais quand un service de santé est détricoté depuis tant d'années, que la logique économique prime sur tout et tous, on ne peut guère espérer remédier au coup par coup, dépassés bien souvent par les événements qui vont plus vite que nous. Rafistolage de dernière minute, populiste et même pas populaire..

2 jeunes adultes, mes enfants dont je suis séparée par des kilomètres. L'un travaillant dans la culture, à l'arrêt depuis des semaines, l'autre dans le médical à qui on demande de travailler sans cesse, en exhortant  les deux à être "raisonnables", au mépris de leur isolement ou de leur risque d''être contaminés ... Voilà le choix qui leur est offert.
Alors oui on peut les plaindre. Et avoir une pensée pour leur avenir, car c'est aussi à eux que reviendra de payer l'ardoise... Toutes les casses.

Misère...

« Modifié: 25 janvier 2021 à 12:45:43 par Faïk »

Hors ligne Catherine Th

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5 Février : Journée Nationale de Prévention du Suicide
« Réponse #62 le: 01 février 2021 à 23:51:12 »
Thème de la journée nationale de prévention du suicide de février

"Plaidoyer pour une prévention partagée : écouter, faire entendre, agir ensemble"

Philippe

Cette année, évidemment et malheureusement les temps sont par internet …
(présentation de certains, d’autres en plus, bien peu, répertoriés ici : https://blogdinfosuicide.blogspot.com/2020/12/theme-jnps-2021-25-emes-journees.html )

Tout d’abord une très courte vidéo dessinée illustrant la chaîne de prévention du suicide : CHACUN-E a un rôle à jouer (avec sur la fin, un appel à soutien pour les endeuillé-e-s) :
https://www.dailymotion.com/video/k3gX5CkjGCsm5zwB48k

"Un dessin vaut souvent mieux qu’un long discours. Qu’est-ce que « la chaîne de prévention du suicide » ?
3 minutes pour comprendre avec une vidéo dessinée, créée par la Mutualité Française Bretagne à destination de tous ses partenaires et acteurs de prévention de la souffrance psychique et du suicide. Ainsi, professionnels, élus et bénévoles concernés peuvent comprendre que, dans ce vaste domaine, chacun a un rôle à jouer !
"


5/02/2021 Limoges (87)

Le CHE organise une campagne de sensibilisation dans le cadre de la Journée Nationale de la Prévention du Suicide. Une permanence au Pôle des Usagers aura lieu le 5 février 2021 de 10h à 12h30 et de 14h à 16h30 et sera animée par la Coordinatrice de la Prévention du Suicide en Limousin.
En 2021, la thématique de cette prévention est : Ecouter, Faire ensemble, Agir ensemble.
Familles, Soignants, Etudiants, vous pouvez vous inscrire au Pôle des Usagers, nous vous attendons !

Tel : 05 55 43 10 95
pdu@ch-esquirol-limoges.fr


5/02/2021 l’UNPS

A l’occasion des 25èmes Journées nationales pour la prévention du suicide (JNPS), l'Union Nationale pour la Prévention du Suicide (UNPS) propose un forum digital de 10h à 12h et de 14h à 16h:

"Plaidoyer pour une prévention partagée : Écouter, Faire entendre, Agir ensemble"

Cette année, pour des raisons liées au contexte sanitaire, la journée se tiendra toujours en direct mais uniquement sur internet et en 4 séquences de 30 à 45 mn:

A) LA PRÉVENTION DU SUICIDE BOUSCULÉE PAR LA COVID … DURABLEMENT ? (10h – 10h45)
B) VIOLENCES, ADDICTIONS ET PRÉVENTION DU SUICIDE : L’IMPACT DE LA CRISE SANITAIRE (11h – 11h45)

C) ÉDUCATION, TRAVAIL ET SANTÉ MENTALE : L’IMPACT DE LA CRISE SANITAIRE (14h – 14h45)

D) DEMAIN, TOUS ACTEURS D’UNE PRÉVENTION DE PROXIMITÉ PARTAGÉE ? (15h-15h45)

Programme : https://www.unps.fr/unps_images/jnps-2021/jnps-2021-programme-5-fevrier.pdf
Inscription : https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSdYp1amlZ62pdLS1xwI3PtoBCZ4GsRcAcqr5wnJrl1FL0ysHw/viewform


le 17/02/2021 Bretagne

 Une visioconférence "Repérer la souffrance" est proposée le mercredi 17 février 2021 de 14h à 17h. Elle s'adresse aux professionnels, élus et bénévoles amenés à être en relation avec le public et à accueillir leurs paroles et souffrances.
Visuel ci-joint, avec Inscriptions en ligne : https://padlet-uploads.storage.googleapis.com/105972333/3067ed115a468513857f35759a903f62/Visio_Rep_rer_la_souffrance_17_f_vrier_2021_14h.pdf

Un dessin vaut souvent mieux qu’un long discours. Qu’est-ce que « la chaîne de prévention du suicide » ? https://www.dailymotion.com/video/k3gX5CkjGCsm5zwB48k

Cette vidéo sera intégrée au futur site internet « Ensemble Veillons » destiné aux acteurs de la prévention du suicide en Bretagne. Il est actuellement en cours de création et paraîtra au premier semestre 2021. 
Informations contact :
Pauline LE FAUCHEUR,
Chargée de prévention
Mutualité Française Bretagne
07-87-74-72-27
plefaucheur@bretagne.mutualite.fr

Hors ligne Adnarag

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Re : Infos ....
« Réponse #63 le: 02 février 2021 à 09:57:34 »
Quel magnifique blabla !

La vidéo est remarquable : elle va permettre de sauver plein de vie dès demain !

Depuis le temps que l'on forme des élus à la reconnaissance du suicide ! ...

Le numéro personnel de Pauline LEFAUCHEUR ?

J'ai presque envie de dire merci à la covid de permettre cette année une diffusion uniquement par le web ! Il y aura peut-être alors une certaine visibilité !



" Qui sait, demain, vous aurez peut être dans le reflet du soleil ... de nouvelles joies qui méritent la peine."
K.

Hors ligne Catherine Th

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PHARE Enfants-Parents lettre ouverte pour la journée "prévention suicide"
« Réponse #64 le: 04 février 2021 à 08:55:58 »
PHARE
Enfants-Parents

LETTRE OUVERTE à Monsieur le Premier Ministre
à l’occasion de la 25e Journée Nationale de Prévention du Suicide - 5 février 2021

*******************************************************************************************

Jeanne 12 ans, Tim 12 ans, Romain 13 ans, Thibaut 15 ans, Clémence 17 ans, Hadrien 17 ans, Marko 18 ans, Raphaël 18 ans, Renaud 21 ans, Maxime 22 ans, Amandine 27 ans …
Ces jeunes se sont récemment donné la mort

Ils font partie de la terrible statistique des 10 000 suicides annuels en France.

Le coût humain, social, moral et économique du suicide est immense et sans doute jamais mesuré dans toutes ses dimensions. Tout porte à croire que la situation s’aggrave avec les effets de la crise sanitaire, tout particulièrement pour les jeunes, dont le mal-être est patent et désormais reconnu dans les discours politiques. Il ne fait cependant pas l’objet de mesures globales et concrètes de prévention, même si le« chèque-psy » est un début de réponse. C’est un énorme gâchis humain, pourtant évitable comme l’affirme l’OMS. Ces vies brisées privent la société d’une source de richesses essentielles à son devenir.

Nous en avons la conviction. C’est le but de l’association PHARE Enfants-Parents, qui œuvre depuis 30 ans sur le terrain de la prévention du mal-être et du suicide des jeunes et qui, au quotidien, répond aux demandes des parents de jeunes en souffrance pour éviter les passages à l’acte fatal. Notre action, si elle est d’une grande utilité, est extrêmement limitée compte tenu du manque de moyens financiers.  La prévention du suicide relève d’une volonté politique résolument active afin d’infléchir cette triste réalité et non pas seulement en période de crise sanitaire.


Monsieur le Premier Ministre, nous vous demandons de mettre en œuvre des mesures efficaces et concrètes :


 Engagez un vaste programme de prévention du suicide en faisant jouer les synergies des différents départements ministériels concernés : Santé, Education Nationale, Aide Sociale, Police, Justice, avec les associations spécialisées,

Donnez aux territoires les moyens d’assurer localement les dispositifs de prévention, notamment des centres de prise en charge pluridisciplinaire alliant soins, éducation, accompagnement social et protection judiciaire,

Faites développer la formation des médecins généralistes, professionnels de santé et de tous les acteurs médico-sociaux et associatifs au repérage de la crise suicidaire,

Luttez contre toutes les formes d’incitation à l’autodestruction, en particulier sur internet et les réseaux sociaux et contre les facteurs de mal-être comme le harcèlement, l’abus sexuel,

Favorisez l’épanouissement des enfants, dès la petite enfance, par une école respectueuse des plus vulnérables,

Encouragez les institutions intermédiaires entre les familles et la société


PHARE Enfants-Parents, et toutes les associations qui œuvrent au quotidien, attendent de votre part des engagements, des actes et des moyens. Au moment où la vie et la santé des citoyens sont une priorité pour votre Gouvernement dans la lutte contre le coronavirus, vous ne pouvez pas négliger ce combat pour la vie.

Ainsi, Jeanne, Tim, Romain, Thibault, Clémence, Hadrien, Marko, Rafael, Renaud, Maxime, Amandine,
ne seront pas morts pour rien.



PHARE Enfants-Parents-Association d’intérêt général Prévention du mal-être et du suicide des jeunes -5, rue Guillaumot -75012 PARIS
Secrétariat : 01.42.66.55.55 - Écoute : 01.43.46.00.62  -Email : vivre@phare.org- Site : www.phare.org
« Modifié: 04 février 2021 à 09:04:47 par Catherine Th »

Hors ligne dom1

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Re : Infos ....
« Réponse #65 le: 10 février 2021 à 21:14:07 »
Un film à voir et revoir pour tenter de comprendre le processus étrange, et sans retour possible, qui conduit à la fin ceux qui renoncent à vivre...
Domi...

https://youtu.be/iCJ2GawC4DY

« Modifié: 10 février 2021 à 22:00:13 par dom1 »

Hors ligne Catherine Th

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Trop tard pour les nôtres ... peut-être pas pour d'autres ...
« Réponse #66 le: 13 février 2021 à 01:00:21 »
Lettre d’appel de la maman d'Adrien, endeuillée par suicide ... parce que même s'il est trop tard pour les nôtres, nous ne voulons pas que "ça" arrive à d'autres !

Elle propose, pour les endeuillé-e-s par suicide qui le souhaitent, de faire aussi une lettre témoignage à diffuser un max (réseaux sociaux et ...)
"Vous pouvez reprendre une partie de ma lettre, ajouter votre texte, votre ressenti, votre colère !
A nous tous et toutes nous toucherions le cœur et focaliserions le regard de milliers de personnes et peut-être bien davantage !
Tous et toutes ensemble c'est possible
. "


"En France la prévention du suicide n’existe pas c’est un sujet tabou !

Adrien venait d’avoir 25 ans et « avait tout pour être heureux. » Et pourtant il s’est suicidé le 24 juillet 2018.
Ingénieur Supaéro, il avait permis à Thalès de développer un brevet pour permettre à un drone de suivre la trajectoire d’un avion de chasse. Une application militaire secret défense appelée : « compagnon de vol ». Il chantait et jouait du violon dans deux orchestres et pilotait des avions. Il était passionné, passionnant, calme, posé, lucide, consciencieux, travailleur acharné, raisonnable, créatif inspiré…et surtout un vrai gentil. Il avait accompli tous ses rêves.

Mais ses vulnérabilités, son hypersensibilité l’ont rattrapé. Le psychiatre qui le suivait à Toulouse n’a rien vu. Rien ! Aucune psychose.
Nous ses parents avons été écarté du processus de soins. Il était adulte.

Aujourd’hui, 5 février, en cette journée nationale de prévention du suicide il est temps de dire combien le tabou du suicide tue. C’est à travers un livre témoignage qui retrace toute sa vie et qui sera bientôt publié que nous l’écrivons.

En France il n’y a pas de véritable politique de prévention des maladies psychiatriques et du suicide. Prévenir le suicide c’est prévenir les conséquences de cet empilement de fragilités, de vulnérabilités qui sont observées souvent 10 ans avant par les familles. Mais qui les aident à détecter puis à comprendre ces signaux faibles s’ils ne peuvent être intégrés au processus de soins dès lors que leur enfant est majeur ?
Le suicide, c’est un sujet tabou, oui parce qu’il serait « contagieux » ?

En attendant la somme des vulnérabilités des jeunes explose en pleine lumière. Et les plus fragiles ne parviennent plus à faire face à leur mal-être.

Les progrès de la recherche sont encore extrêmement limités dans ce domaine car le budget du gouvernement Français est ridicule : « les budgets alloués à la prévention du suicide (15 millions d’euros chiffres 2011 à 2014) sont cent fois plus faibles que ceux qui sont alloués à la prévention routière (1.5 milliard d’euros). Alors que « le suicide chez les jeunes est désormais la première cause de mortalité chez les jeunes de 15 à 30 ans ». La psychiatrie est le parent pauvre de la médecine. Et pourtant nous observons une explosion du mal-être des personnes depuis des années, amplifié notamment depuis la crise de la Covid19. On attend beaucoup des recherches sur le cerveau en neurosciences, mais le futur n’est pas aujourd’hui.

Il est habituellement convenu, dans les médias, qu’on ne parle pas des morts par suicide. Pourquoi ? Pour éviter que des personnes vulnérables ne passent à l’acte dans les heures, les jours, les semaines qui suivent la nouvelle. Mais comment, alors, traiter un mal qu’on ne peut pas nommer ? Comment prévenir le pire, surtout en ces temps de crise sanitaire ou la solitude des jeunes adultes (15 – 30 ans) est sournoise, insondable et cachée.

Quand on refuse de parler du suicide, on refuse de donner la chance d’en parler à ceux qui pensent au suicide.

Quand on refuse à des parents d’accompagner le mal-être de leur enfant parce qu’il est adulte, on prive le médecin d’un éclairage sur son histoire, ses éventuelles vulnérabilités. On prive les parents de leur parole, celle qui aurait pu éclairer le médecin dans son accompagnement. Le jeune en mal-être lui n’est déjà plus en mesure ni de la comprendre, ni de l’exprimer.

Pourquoi le gouvernement ne déploie-t-il aucun budget à la prévention du suicide comme celle du cancer ou d’autres maladies ? Le suicide n’est pas une fatalité. C’est une impasse de vie à un moment donné qui s’il était prévenu permettrait de prévenir des drames qui touchent comme une bombe atomique de nombreuses familles et bien au-delà. Cela n’arrive pas qu’autres, et si c’était vous demain qui étiez concernés ? Personne n’est à l’abri du désespoir !

C’est le constat que font de nombreux médecins et des associations comme Phare-Enfants-Parents qui aujourd’hui écrit une lettre ouverte au premier ministre."

Lyon, ce 4 février 2021, Marie-Régine de Jauréguiberry, maman d’Adrien

Hors ligne dom1

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Re : Infos ....
« Réponse #67 le: 02 mars 2021 à 06:13:30 »
À écouter...

<iframe src="https://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=b4b80e53-05e9-469f-afd2-8011eabb4823" width="481" frameborder="0" scrolling="no" height="137"></iframe>

Hors ligne assiniboine

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Re : Infos ....
« Réponse #68 le: 31 mars 2021 à 02:45:48 »
Info : toujours aussi peu d empathie et de soutien à l égard des endeuille e s du suicide de la part de la societe

Une vieille info mais qu' il est bon de rappeler

Philippe