Auteur Sujet: Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...  (Lu 69486 fois)

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Hors ligne mam'deCath

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Re : Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...
« Réponse #120 le: 26 Mars 2012 à 11:04:21 »
Bonjour Claudahoa, bonjour à tous.
Merci de votre pensée... Je venais de vous lire sur "tant de douleur"... Comme vous parfois je n'arrive plus
à écrire mais je vous lis tous. Hier j'ai été dans "le cirage" toute la journée ! J'ai refusé l'invitation à déjeuner
de mon filleul car je ne voulais pas sortir de mon chagrin, cela m'aurait demandé trop d'efforts... Par ailleurs,
je n'ai pas réussi à écrire sur le forum ni sur le petit cahier que j'ai préparé, toujours en attente depuis des mois.
Je préfère encore  parler  de ma fille et partager ma douleur  avec vous qui la comprenez que d'écrire à mon enfant
à qui je parle plutôt !
J'ai la peur au ventre de ne plus avoir à lui dire quelquechose, de ne plus parler d'elle, de ne plus me remémorer
sa voix, de ne plus l'avoir à mes côtés à ma manière ! Je me dis que je suis la seule à la pleurer et pourtant deux
enfants sont sans leur maman aujourd'hui... le père les occupe tant qu'ils n'ont pas le temps de penser, si ce
n'est à leur vie présente et tant mieux pour eux qui ont la vie devant !
J'arrive à une étape de ma vie où le monde se raréfie autour de moi... la famille,  ce qui m'en reste, non seulement
ne nous a pas aidées, ma fille et moi, mais elle a souvent commis des erreurs blessantes,  elle le sait...
Le bout de ma vie ne suffira pas à panser tant de plaies à vif, à venir à bout de tant de regrets car on ne lui a pas
facilité les choses du tout ! Il faut survivre à tout cela afin de laisser à deux petits-enfants l'image d'une grand-mère
digne ! Je me dis souvent : "à quoi bon" ? Ils ne sauront jamais que c'est leur père qui a entrainé leur mère dans une
telle galère qu'elle ne s'en est plus sortie ! La veille de son suicide il l'invectivait encore sur son répondeur parce
qu'elle ne récupérait pas assez vite pour reprendre sa garde alternée....
Quant à l'hôpital, lors de l' entretien obtenu quatre mois après son décès :"c'est un échec total,  ça nous disqualifie"
Le dernier psy consulté dira dans un méa culpa de quatre pages : "je me reproche de ne pas avoir mesuré la gravité
de la dépression de vote fille" "je fais partie des maillons faibles qui l'ont enfermée dans l'irrémédiable"... etc... etc...
On ne lui a pas donné toutes ses chances ! Elle a cherché du secours pourtant...
Des envies de fuir...  Où, d'autant que je ne veux pas m' éloigner de mon unique enfant ? Et ça ne règlerait rien !
Saisissez les perches qui vous sont tendues Claudahoa, votre chagrin, votre douleur de mère personne ne pourra vous
les épargner, mais la douceur de vos proches peut vous aider à faire en sorte qu'elle ne vous nuise pas outre mesure !
Ils ont été présents avant et après le départ de votre Loulou, vous avez tant à partager tous ensemble, je vous le souhaite
de tout coeur.
Afeectueusement  Mammj
« Modifié: 30 Décembre 2013 à 01:41:44 par mam'deCath »

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  • Benjamin - 14 février 2012 - 33 ans
Re : Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...
« Réponse #121 le: 26 Mars 2012 à 16:30:19 »
C'est vrai que j'ai bcp regretté ce parcours
Je viens d'en parler avec ma docteresse, elle confirme qu'il y a 20 ans, on ne mettait pas d'étiquette sur ces malaises nerveux excesifs, ca change un peu .
J'ai en classe des enfants sous Ritaline, mais c'est nécessaire pour eux .
Le danger, c'est toujours l'excès bien sùr et il faut un bon diagnostic
enfin on pourrait en parler pendant des heures
puis Benjamin refusait ses médicaments et ne voulait pas être à vie sous médicaments
ces jeunes ne se sentent pas malades
mais déjà tout petit, il nous a inquiété par son comportement parfois mais on a toujours pensé à un enfant difficile
ah, bon sang, quelle tristesse
Nous sommes si seuls, tu nous manques terriblement, j'ai mal

Hors ligne mam'deCath

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Re : Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...
« Réponse #122 le: 27 Mars 2012 à 14:17:02 »
Vous savez Saram qu'on n'est pas beaucoup plus avancés aujourd'hui d'après ce que j'ai appris de la bouche
de quelques psychiatres !
Ce que l'on peut leur rapprocher à ce jour, pour la plupart,  c'est de ne pas impliquer les proches
dans un processus de soins, en vue d'une amélioration si ce n'est d'une guérison !!! Après tout, les proches
bien intentionnés, peuvent être les meilleurs  partenaires des soignants....
Ceci surtout afin que nous sachions l'attitude à adopter afin de ne pas agir à contresens, de ne pas attiser
la douleur de ceux qui souffrent par des interventions complètement erronées !!!
Je souffre beaucoup de ne pas avoir été informée, de ne pas avoir su quoi dire, quoi faire, dans certaines
situations difficiles.... Outre la douleur de la perte de mon unique enfant, c'est sa souffrance, celle d'une maman
de deux enfants, les méprises et les erreurs des proches suite à celles du corps médical qui me sont insoutenables !
Chaleureusement à tous.   Mammj
« Modifié: 27 Mars 2012 à 14:53:46 par Mammj »

Hors ligne mam'deCath

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Re : Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...
« Réponse #123 le: 29 Mars 2012 à 10:13:13 »

                  "Si j’avais su

Si j’avais su hier soir quand je suis allé me coucher que je ne te reverrais pas…
Même fatigué, j’aurais dû entrer dans la chambre et te dire bonsoir, un baiser sur ta joue.
Si j’avais su quand tu as fermé la porte ce matin, que ce serait la dernière fois que tu la fermerais…
Je t’aurais fait une étreinte et t’aurais dit combien je t’aimais.
Si j’avais su que c’était la dernière fois que j’entendais ta voix…
J’aurais enregistré chaque parole et pourrais les réentendre chaque jour.
Si j’avais su que je ne te reverrais plus…
Chaque minute passée avec toi, je les aurais étirées tant de fois.
Si j’avais su, au lieu d’être toujours pressé de terminer…
de courir après le temps… tout le temps.
Pourquoi dans ce temps là, on n’a pas le droit à une deuxième chance pour rattraper tout cela, ne serait-ce qu’une fois.
Un autre jour pour te dire je t’aime tant…
pour dire combien tu es important…
te serrer si fort contre mon coeur.
Si j’avais su tout cela…
Pourquoi attendre le temps des regrets.
Personne ne sait de quoi sera fait le lendemain.
Ne laissez pas cette chance vous filer entre les doigts car, pour cela, il n’y a pas de deuxième fois.
Dites « je t’aime » à chaque instant.
Prenez ceux que vous aimez et serrez-les contre votre coeur.
Vous serez de ceux qui ne diront pas…
Si j’avais su. "

Anonyme   

Hors ligne saram

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Re : Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...
« Réponse #124 le: 29 Mars 2012 à 14:39:36 »
J'en ai parlé avec ma docteresse lundi, elle dit que les choses changent maintenant .

Il y a 20 ans quand mon fils (12 ans) est arrivé en clinique avec bras tailladés et poignets coupés : on accuse les parents de ne pas s'occuper assez de son enfant, on les culpabilise .
Même que mon mari a pris la porte .
On traite le jeune de délinquant, d'alccoolique et de drogué .

Attends, on doit se poser des questions quand on est médecin mais ils n'aiment pas ces cas .
Nous sommes si seuls, tu nous manques terriblement, j'ai mal

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Re : Re : Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...
« Réponse #125 le: 29 Mars 2012 à 14:52:55 »

                  "Si j’avais su

Si j’avais su hier soir quand je suis allé me coucher que je ne te reverrais pas…
Même fatigué, j’aurais dû entrer dans la chambre et te dire bonsoir, un baiser sur ta joue.
Si j’avais su quand tu as fermé la porte ce matin, que ce serait la dernière fois que tu la fermerais…
Je t’aurais fait une étreinte et t’aurais dit combien je t’aimais.
Si j’avais su que c’était la dernière fois que j’entendais ta voix…
J’aurais enregistré chaque parole et pourrais les réentendre chaque jour.
Si j’avais su que je ne te reverrais plus…
Chaque minute passée avec toi, je les aurais étirées tant de fois.
Si j’avais su, au lieu d’être toujours pressé de terminer…
de courir après le temps… tout le temps.
Pourquoi dans ce temps là, on n’a pas le droit à une deuxième chance pour rattraper tout cela, ne serait-ce qu’une fois.
Un autre jour pour te dire je t’aime tant…
pour dire combien tu es important…
te serrer si fort contre mon coeur.
Si j’avais su tout cela…
Pourquoi attendre le temps des regrets.
Personne ne sait de quoi sera fait le lendemain.
Ne laissez pas cette chance vous filer entre les doigts car, pour cela, il n’y a pas de deuxième fois.
Dites « je t’aime » à chaque instant.
Prenez ceux que vous aimez et serrez-les contre votre coeur.
Vous serez de ceux qui ne diront pas…
Si j’avais su. "

Anonyme   

comme je comprends ce beau texte, hélas il nous reste que nos regrets....

Hors ligne mam'deCath

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Re : Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...
« Réponse #126 le: 31 Mars 2012 à 10:21:00 »
Bonjour Mélie, bonjour à Toutes et Tous,
Inévitables ces regrets et le reste de ma vie ne suffira pas, pour m 'en alléger  !
Certes on apprend beaucoup de choses dans de si cruelles épreuves que celles qui nous sont infligées  !
Tard, Trop tard,  pour le malheur de nos si précieux disparus....
J'aurais tant voulu savoir ce que je sais aujourd'hui, que j'ai appris peu après ses obsèques, sur les difficultés
que ma fille traversait, sur l'attitude des proches dont je devais me méfier, sur le type de dépression, sa gravité
et les risques auxquels cette maladie expose ! Le corps médical s'est comporté de façon désinvolte, inconséquents
pour la plupart , ces médecins qui l'ont mal suivie !
Elle voulait vivre pour ses enfants qu'elle adorait....
Non seulement, elle n'est plus, elle n'est plus à sa vie, à ses deux enfants, moi j'ai perdu mon seul enfant, ma Cath
qui était encore pleine d'espoir l'an dernier  à cette époque où le printemps était encore plein de promesses pour
elle, pour nous....
Il n'y a plus personne après ce drame, chacun a repris le cours de son existence....
Il ne me reste que vous sur ce forum, qui comprenez,  un  groupe de paroles, une psy... et des jours interminables
où je ne cesse de pleurer ma fille, de porter sa souffrance !
Combien de temps devrais-je vivre tant de douleur, un tel vide ?
Chaleureusement.  Mammj
« Modifié: 31 Mars 2012 à 10:22:39 par Mammj »

Hors ligne mam'deCath

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Re : Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...
« Réponse #127 le: 03 Avril 2012 à 18:02:04 »

Saram, moi aussi j'aimerais que les choses bougent... Toutefois ce que j'entends c'est qu'on ne sait
pas encore soigner la dépression alors qu'il y en a, y aura,  de plus en plus !
Je souhaite que l'on fasse d'immenses progrès dans ce domaine, dans la prévention surtout, pour
ceux qui suivront....
En attendant quelle douleur pour nous... Combien  de temps il nous faudra pour nous en remettre ?
De tout coeur avec vous.  Mammj

Hors ligne saram

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Re : Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...
« Réponse #128 le: 03 Avril 2012 à 20:10:47 »
J'en ai parlé avec ma docteresse lundi, elle dit que les choses changent maintenant .

Il y a 20 ans quand mon fils (12 ans) est arrivé en clinique avec bras tailladés et poignets coupés : on accuse les parents de ne pas s'occuper assez de son enfant, on les culpabilise .
Même que mon mari a pris la porte .
On traite le jeune de délinquant, d'alccoolique et de drogué .

Attends, on doit se poser des questions quand on est médecin mais ils n'aiment pas ces cas.

Je ne sais pas si tu avais déjà lu ce post ??

Je fais partie du groupe Similes depuis 15 jours qui aide les proches atteints de dépression ou maladies nerveuses
ou fragiles .
si tu savais les cas qui existent ... pauvres enfants pauvres parents
Nous sommes si seuls, tu nous manques terriblement, j'ai mal

Hors ligne Claudahoa

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  • Ma Loulou,douleur indicible,plaie à jamais ouverte
Re : Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...
« Réponse #129 le: 04 Avril 2012 à 08:15:32 »
Bonjour Mammj et les autres ..

Nous attendons tous,nous qui avons été touchés par le suicide de nos enfants, des améliorations concernant le traitement des dépressions et des maladies psychiatriques mais c'est à nous de nous mobiliser quand nous en avons la force car  la jeunesse déboussolée ne semble pas une priorité nationale et alors les adultes n'en parlons pas!Quelques chiffres qui font froid dans le dos:3fois plus de morts par suicide que dans les accidents de la route,budget inférieur de 30% pour la prévention des suicides par rapport à la prévention routière,quatre jeunes sur cinq connaîtront dans leur vie un épisode psychiatrique...Réponse de notre société?Des psychiatres pour beaucoup incompétents qui s'en lavent les mains ,remplissent leur compte en banque en sacrifiant nos enfants....Honte à eux.....
Tendrement à vous
Claudia
Une maman qui s'est battue tant d'années pour élever ses enfants et dont la dernière ,abandonnée par son père,soignée par des incompétents, lui a glissé entre les doigts une nuit de fête des pères!!!!

Hors ligne mam'deCath

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Re : Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...
« Réponse #130 le: 04 Avril 2012 à 11:31:13 »
Hélas, Claudia, c'est quand il est trop tard que nous découvrons par nous-mêmes des associations qui  pourraient répondre
aux questions que nous nous posons. Il y a Phare Parents-Enfants qui semble s'occuper activement de prévention pour les jeunes
de même que l'UNAFAM déjà cité par Méduse recommandé par l"Association Similes.be... citée par Saram.
Ma fille a fait confiance aux   psychiatres qui médicalisent ou entreprennent des thérapies longues... Si parfois c'est nécessaire...
cela n'empêche pas de voir également un psychologue ( non remboursé), car c'est l'approche et l'interaction qui sont importantes dans l'urgence ! Les "taiseux" qui ne font qu'écouter ne conviennent pas à tous... Il ne faut pas hésiter à changer ; toutefois lorsque le transfert  s'est établi c'est moins facile d'en prendre la décision... Ma Cath ne quittait pas sa psy qui ne l'a pas aidée...
J'ai déjà appelé ces deux associations, après le suicide de ma fille quand j'ai eu besoin de  parler à des personnes neutres
et j'ai obtenu une bonne écoute !
Comme je regrette de ne pas avoir connu puis  proposé ces possibilités-là à ma fille qui avait besoin de mettre des
mots sur ses maux, par forcément à moi, la famille réagissant trop dans l'émotionnel la plupart du temps !
Pour moi-même j'ai trouvé une psychiatre "généreuse" mais qui ne fera pas de miracle c'est évident. Elle intervient sans être
directive... respecte mon rythme ! Je prends un léger anti-dépresseur pour dormir mais me réveille tôt et commence la journée en larmes... alors 1/4 d’anxiolytique et ainsi plusieurs fois dans la journée pour tenir debout ; pour ne pas en abuser j'ai également un traitement homéopathique qui m'aide il semblerait ! Moi qui ne prenait rien !
Je ne peux, moi non plus,  me résoudre à l'absence définitive de ma fille, avancer revient à  m'éloigner d'elle pour le
moment...
Force et douceur  à Toutes et Tous.   Mammj

« Modifié: 04 Avril 2012 à 11:34:51 par Mammj »

Hors ligne mam'deCath

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Re : Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...
« Réponse #131 le: 17 Avril 2012 à 09:58:34 »
Réveil lourd, je reste  bloquée par les images des derniers jours de ma Cath, de sa tristesse, de notre incompréhension
à tous d'une maladie "invisible"  pourtant,  ainsi qu'elle l'a écrit,  si "invalidante" !
Puis, en larmes,  je parviens à faire un  bond comme pour  échapper à ces pensées qui me poursuivent  !
Le même rituel depuis neuf mois....
J'essaie en vain de comprendre pourquoi, lorsqu'on croit avoir tout tenté, il ne reste que la mort pour mettre un terme
à une souffrance indicible... Se donner la mort, encore plus inacceptable qu'une autre mort subie....
 
Dans ses explications au Conseil de l'Ordre, la psychiatre -à qui ma fille faisait confiance depuis plus deux ans pour la tirer
d'affaire- ose écrire "elle ne cessait de m’appeler, c'était " ingérable" !
Si c'était "ingérable" pour un spécialiste, comment  sa patiente pouvait-elle gérer ?
Pourquoi ne s'en est-elle pas remise à un confrère, elle pouvait passer la main.... pour tenter de lui éviter le pire ?
Pourquoi n'a-t-elle pas averti les proches d'être prudents.... alors que dans le code de la santé il est stipulé :
"Certes,  le secret médical ne doit pas être poussé jusqu'à l'absurde. Le médecin ne doit pas refuser des explications
à la famille. Dans certains cas son silence pourrait porter préjudice au patient."....
Plus qu'un préjudice, ma fille est morte de l'absence de soins, du manque de soutien et de chaleur des siens....

L'après-midi de son dernier jour, elle a appelé deux fois les urgences de l'hôpital, (vu sur son mobile) déchirée entre le désir
de se faire protéger (consciente du geste ultime qui la guettait.... c'est terrible)  et celui de voir son fils à 19 h, sans savoir
que son ado la quitterait à son tour, que l'instant d'une distorsion du conscient elle mettrait fin elle-même à sa torture....
après trop de ruptures, trop d'efforts pour remonter la pente, puis cette dépression majeure "mélancolique" (apprise bien
après sa mort) !
 
Informée par ce médecin qui savait que ma fille était chez moi, j'aurai pu mieux prévenir, imposer qu'elle soit plus comprise,
entourée, respectée, aidée ! Je ne savais quasiment rien, je n'ai pas su ni pu la soutenir comme il se devait !
Tous ceux qui l'ont bousculée, précipitée, qui l'ont taxée "de mauvaise volonté" ont fui... Je reste seule à mon tour...
sans pouvoir lui survivre, elle que  j'ai élevée pratiquement seule depuis l'âge de dix ans, privée de   l'affection et la sécurité
de son père,  parti alors à l'étranger.... vivre "sa" vie !
Je ne tiens plus debout, je voudrais que mon coeur s'arrête de battre de lui-même....

J'ai à peine deux semaines pour  trouver la force de répondre à  cette lettre, (incapable de faire un... "mémoire"....)
avant d'être convoquée pour exposer tous les manquements de ce  médecin, pour exprimer la souffrance de mon enfant.
Sachant que cette psychiatre n'aura ni un blâme, ni même un avertissement, j'irai seule à ce Conseil disciplinaire
(inutile de faire les frais d'un avocat, trop tard en plus...) pas rassurée certes, impressionnant je suppose !
Mais....  mon dernier sursaut.... pour Elle, pour ses deux enfants.

Paix et douceur à Toutes et tous.  Mamm'j

« Modifié: 17 Avril 2012 à 10:26:58 par Mammj »

Hors ligne mam'deCath

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Re : Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...
« Réponse #132 le: 18 Avril 2012 à 10:10:48 »
Bonjour cithaxeir et merci de vos MP.

Je vous réponds ici puisque ce n'est pas possible autrement.....
Oui, c'est vrai, ma fille ne souffre plus... mais c'est loin d'être une consolation pour moi sachant en outre tout
ce qu'elle a fait  pendant des mois,  pour ses soins, pour la réfection de son logement pour elle et ses deux enfants
puis l'aménagement, nous en avons fait des magasins.... je ne peux plus y mettre un pied d'ailleurs, puis pour garder
le lien avec ses enfants, pendant sa dépression,  bien que leur père ne favorisait pas les rencontres contrairement
à ce que je pensais  ! Seule avec elle je n'ai pas fait le poids et j'ai accusé la fatigue ce dont elle s'est aperçue....

Elle voulait vivre, elle voulait s'en sortir... Nous n'avons pas trouvé le bon médecin, un bon suivi, elle le déplorait.
Elle avait écrit : "on ne trouve pas ce que j'ai, c'est un cauchemar"...Et son dernier week end a été lourd
de facteurs "précipitants".... Dans l'ignorance de la gravité de son mal, impardonnable,  (un  médecin a fait son mea culpa)
on peut dire qu'elle s'est fait "jeter" par le père de ses enfants qui lui a dit qu' "elle était dérangeante", moi
n'étant pas au courant le dimanche soir,  croyant qu'elle serait avec son fils de 16 ans je l'ai laissée à 19 h, puis
après avoir diné tous les deux, que s'est-il passé ? Le fils est rentré vers 22h30 et a trouvé sa maman morte...
Elle s'est retrouvée seule dans la  maison "familiale" qui n'était plus la sienne,  certainement dans une bouffée d'angoisse...

Et pourtant nous avions tout un programme pour le lendemain matin. Elle devait retirer le passeport de son fils pour
qu'il puisse partir en vacances et je l'attendais à sa petite maison pour y déposer nos derniers achats restés sur le
siège arrière de ma voiture. Elle m'avait dit : "c'est lourd je m'en occuperai avec toi" !
J'avais oublié mon mobile et ai appelé d'une cabine pour le lui dire. Sa sonnerie faible et la maison grande, elle n'a pas
entendu. Par contre elle a écouté  mon message et a essayé de rappeler à la cabine téléphonique, j'en étais sortie !
Tout s'est ligué contre elle ce soir là où dans l'état où elle était (méconnu) elle n'aurait jamais dû être seule ! Horrible...

Elle ne souffre plus dites-vous. Certes, mais elle n'aurait jamais voulu nous voir souffrir à notre tour, ni que
ses enfants soient sans maman !
Ce dimanche 10 juillet, elle devait être en crise suicidaire, (je découvre maintenant) après tous ses efforts qui n'auraient pas
dû être vains si nous avions été avertis, si nous l'avions entourée ! Elle a dû se sentir "larguée" de  tous.... suite à bien  
trop de ruptures générant entre autres une carence affective indéniable...
Il y a eu des signes précurseurs, compris trop tard.... parce que je n'ai jamais envisagé le pire.... pour mon unique enfant !

La mort n'est pas la solution.... même si à mon tour je souffre...  même si je n'arrive plus à vivre depuis....
j'ai beaucoup lu, je sais que lorsqu' on va mal, que le cerveau rumine trop, qu'on n'entrevoit plus une lueur d'espérance,
on n'est pas à l'abri d'un raptus... ou d'un geste malheureux  même "préparé" sur soi....

N'hésitez pas à demander de l'aide, d'essayer de frapper aux bonnes portes.... de vous faire accompagner.... il n'y a aucune
honte à cela.... et d'informer vos proches afin qu'il ne tombent pas dans les travers habituels....

Si la famille a éclaté, que je ne veux l'envahir de mon chagrin, que j'en  veux à tous, surtout à moi-même, j'emploie ce
qui me reste d'énergie.... à aller  chez ma psy, dans "deux" groupes de paroles" il y a les forums... Car, plus de contact,
pas d'activité  pour l'instant , je tente de survivre avec   le manque déchirant de ma fille... Qu'importe pour moi....
puisque c'est elle, venue vers moi chercher de l'aide,  que je n'ai pu sauver, qui devrait être là....

Prenez soin de vous-même. Essayez d'accepter que rien ni personne ne soit parfait en ce monde et vous trouverez certainement
des aspects de l'existence qui valent la peine d'être vécus.... Que vous puissiez y parvenir. Et... venez sur ce forum....
Mes chaleureuses pensées. Mamm'j

A toutes fins utiles.... voici  quelques sites : France-Dépression, Infos-dépression.fr  (voir "soutenir son proche")
 Infosuicide.org (crise suicidaire) et ..... les lignes d'écoute que j'appelle aussi pour...  "parler" ! j'aurais dû appeler pour ma fille
mais je comptais  trop sur le corps médical....l'un n'empêchait pas l'autre !  Pourquoi ne me suis-je pas informée plus tôt ?
Troubles de l'humeur
www.senon-online.com/Documentation/.../Troubles%20humeur.pdf
« Modifié: 18 Avril 2012 à 19:18:05 par Mammj »

Hors ligne Mélie

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Re : Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...
« Réponse #133 le: 19 Avril 2012 à 15:07:16 »
Mammj
 
on dit qu'il nous faut "user son chagrin, se vider de tout ce qui encombre notre tête" pour trouver une paix si difficile à trouver et de toute manière chaque jour à gagner .....
ne soyez pas trop dure avec vous même,votre fille sait que vous ne l'avez jamais abandonnée
nous faisons tous, toutes, le constat qu'il y a eu pour beaucoup un empilage de circonstances terribles pour nos enfants mais nous ne pourrons même si nous offrons notre vie faire le chemin à l'envers refaire le scénario, et cela bien sûr c'est difficile et compliqué à accepter pour nous....d'ailleurs nous ne l'accepteront jamais tout à fait....
j'espère,  que nos enfants où ils sont, cheminent vers un endroit plus lumineux, même si la paix ils la trouveront aussi à travers nous ....
force à vous

Hors ligne mam'deCath

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Re : Avec toi, dans la pensée, dans tes pas, tu devrais être là...
« Réponse #134 le: 30 Avril 2012 à 23:27:01 »
Bonsoir Mélie, bonsoir à tous,
Que nos enfants puissent trouver la paix là où ils sont, nous le leur souhaitons....
Mais mon drame est encore trop récent pour que je me fasse à cette séparation, une réalité
qui ne me laisse pas le choix, mais avec laquelle je ne peux vivre.... je la refuse même et reste dans le déni
neuf mois et trois semaines après....
Je n'ai jamais imaginé une telle souffrance pour ma fille, une telle perte pour ses enfants, un tel manque
et une telle douleur pour moi.... Mais sur ce forum, nous pouvons en parler sans retenue, nous savons que
cette souffrance anéantissante est comprise... parce que de l'ordre du vécu "cruel" de chacun !
Pensées affectueuses.  Mamm'j

« Modifié: 01 Mai 2012 à 12:47:16 par Mammj »