Auteur Sujet: Un si petit mot et tant de peines  (Lu 2862 fois)

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Hors ligne Théodore

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Un si petit mot et tant de peines
« le: 29 Juillet 2016 à 23:24:26 »
Deuil, orphelin, manque, vide. Voilà du vocabulaire. Le vécu au-dedans est si pénible pour si peu de lettres. Voici un diagnostic qui éveille le sens de la douleur : « Déchirures des ligaments croisés du genou ». C’est matériel, c’est solidement rationnel. On regarde le membre et on s’imagine …

Déchirures : Les relations avec nos proches sont faites d’échanges divers, variés et mouvants. Le traumatisme que nous subissons ne s’assimile pas à un fil que coupe une paire de ciseaux aiguisés. Non. Il y a tout un faisceau d’échanges qui cèdent à divers moments. Les fêtes, les situations typiques, les petites habitudes, la façon de regarder. Il faut bien une année pour découvrir l’étendue des déchirures multiples…

Ligaments : La relation, le lien, l’attachement. C’est au moins deux choses. A la fois un point fixe, reposant et sécurisant. C’est aussi un point d’appui permettant l’action, le changement. Fixe et mobile…

Croisés : Un lien se vit souvent, naturellement, dans deux sens, dans deux directions à la fois.
De « toi à moi » c’est une partie. De "moi à toi" en est une autre, distincte. Et la rupture attaque la part de "toi à moi » de façon asymétrique. Et tout est déséquilibré. La part restante est là, pendante dans le vide de « moi à toi …"

Genou : jeu de mot classique, mais puissant. Je-nous. Notre souplesse d’adaptation dépend de cette articulation de « soi » et « les autres ». Comment encore aller de l’avant ? Lorsqu’une relation claque c’est l’ensemble des relations que je tenais qui sont traumatisées. Après la perte on ne dit plus « nous » de la même façon. Le mot est cassé en trois : « vous et moi ». Discrètement et poliment on utilise un « nous » bancal, un je-nous boiteux…

Tant de vécu pour cinq lettres. Deuil.
« Modifié: 30 Juillet 2016 à 09:43:54 par Théodore »

Hors ligne Marina Saboya

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Re : Un si petit mot et tant de peines
« Réponse #1 le: 30 Juillet 2016 à 08:57:34 »
Un message si différent,  qui m'interpelle.
Un analyse qui mêle le physique et le sentiment par le langage...

Et je ressens chaque mot:
Déchirures, arrachements ... et si la souffrance évolue vers quelque chose de plus supportable, plus vivable, elle reste néanmoins là, au fond de nous, tapie, prête à fondre à la moindre faiblesse, malgré les années qui passent.
Le lien existe toujours, puissant, élastique, il ne se rompt jamais. Il permet de "garder le contact" entre les deux mondes. Il permet de continuer à vivre, d'articuler notre nouvelle vie sans honte aussi, de rire, et parfois d'aimer. Le lien d'argent.
Pas de rupture, sa vie et la mienne, ma vie est la sienne... même aujourd'hui, tandis que nous sommes chacun d'un côté du miroir.
Comme c'est vrai, ce "nous" bancal que l'on s'obstine à utiliser comme si le je était l'acceptation de la situation !

Tout est apprentissage.
Un jour, nous ne faisons plus semblant, le deuil nous a transformé(e), et j'ose le dire, enrichie.
Et si jamais nous n'acceptons qu'il (elle) ne soit plus à nos côtés,  nous réapprenons à vivre et à apprécier la vie.
PiMa

Mieux vaut souffrir d'avoir aimé que de souffrir de n'avoir jamais aimé.

Hors ligne Théodore

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Re : Un si petit mot et tant de peines
« Réponse #2 le: 30 Juillet 2016 à 09:45:34 »
Désolé pour la différence.

Hors ligne Marina Saboya

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Re : Un si petit mot et tant de peines
« Réponse #3 le: 30 Juillet 2016 à 10:14:53 »
Je ne comprends pas votre réponse ????
PiMa

Mieux vaut souffrir d'avoir aimé que de souffrir de n'avoir jamais aimé.

Hors ligne Nora

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Re : Un si petit mot et tant de peines
« Réponse #4 le: 30 Juillet 2016 à 20:59:29 »
Théodore,

Je crois que PiMa a voulu dire que ton message l'interpellait car il diffère de tous ceux que nous avons pu lire ici.

Et je pense qu'elle l'apprécie , et moi aussi.

Entamer une réflexion sur les mots,  leur sens, aller au delà du ressenti pur et brut, analyser, imaginer et " jouer " avec eux, cela m'intéresse.

Et j'en ressens le besoin, c'est sans doute le moment pour moi de " transformer " ma trop grande tristesse, au moins de la rendre " constructive ", puisqu'il n'y a plus rien à espérer.

Difficile d'expliquer...

Merci théodore.



Hors ligne Marina Saboya

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Re : Un si petit mot et tant de peines
« Réponse #5 le: 30 Juillet 2016 à 21:37:48 »
En effet Nora,

Le message de Théodore m'interpelle par sa différence par rapport à tous ceux que nous lisons habituellement.
Et chaque mot choisi m'a entrainé vers une réflexion nouvelle, que j'ai appréciée.

Désolée de m'être mal exprimée.

PiMa

Mieux vaut souffrir d'avoir aimé que de souffrir de n'avoir jamais aimé.

Hors ligne Orfila

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Re : Un si petit mot et tant de peines
« Réponse #6 le: 31 Août 2016 à 17:24:48 »
Pas à pas
redire
refaire
pas à pas dire je peux
et je ne peux pas
je peux
mais nous ne sommes plus
que je
et comment je n'est-il pas caduque
je suis handicapé
''il faut reprendre des ACTIVITES et une VIE SOCIALE"
BIEN OK NE PARLEZ PAS SI FORT=
mon cv: femme 40ans amputée du coeur, incapable de se concentrer plus de 2 minutes; plutôt négative dans ses pensées, plutôt pas très joyeuse en ce moment,
cherche quelques heures d'ACTIVITÉS pour ne pas se sentir effacée de la vie