Auteur Sujet: Où trouver la force?  (Lu 3084 fois)

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Hors ligne Laurent48

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Où trouver la force?
« le: 06 Mai 2013 à 12:45:50 »
Bonjour à tous,

J'ai perdu mon conjoint il y a deux mois. Nous vivions ensemble depuis près de quinze ans, nous envisagions de nous marier et d'adopter. Nous avions aussi notre boîte, après être venus seuls nous installer en Lozère (département homophobe et à l'esprit communautariste s'il en est). Aujourd'hui, je suis seul, déséspérement seul (ni famille, ni amis), je n'ai par voie de conséquence plus de travail, pas d'argent, plus aucun avenir dans cette région que je souhaite, que je dois quitter le plus vite possible (je ne sais pas comment j'ai déjà tenu deux mois). Bref! Ma question est: où trouver l'énergie d'avancer? De continuer? Trop c'est trop! Perdre mon conjoint est la pire chose qui pouvait m'arriver, mon pire cauchemar. Je carbure aux anxyos et aux anti-dépresseurs. Mais comme si cela ne suffisait pas, il me faut à 46 ans, tout quitter, renoncer à tout ce que nous avions construit, et recommencer! Retrouver un travail me semble déjà une épreuve insurmontable. Je n'arrive pas à me faire un repas "normal", comment pourrais tout recommencer à zéro, tout seul? Je ne suis pas un surhomme... Je pense chaque jour à en finir avec tout ça, mais uniquement parce que je ne vois pas d'autre solution... Et cette solitude... Je m'ouvrirais les veines que personne ne s'en rendrait compte avant trois semaines et encore...
Laurent

Hors ligne *Ephémère*

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Re : Où trouver la force?
« Réponse #1 le: 06 Mai 2013 à 13:39:25 »
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« Modifié: 30 Octobre 2016 à 23:00:56 par *Ephémère* »
*Ephémère*

       Tu es là d ans ma peau comme un coup de couteau.

Hors ligne Laurent48

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Re : Où trouver la force?
« Réponse #2 le: 06 Mai 2013 à 14:55:02 »
Rebonjour Ephémère,

Merci une fois de plus pour tes mots si gentils. Oui, la vie nous envoie une sacrée fichue épreuve. C'est con, mais je me demande pourquoi, alors que la mort est finalement si naturelle, la nature n'a pas mis en nous un processus qui nous permettrait de vivre ces passages obligés plus sereinement. Un peu comme les animaux, une chienne qui perd un de ses petits où son amoureux n'en fait pas toute une maladie. Ma remarque va peut être en choquer plus d'un mais pourtant, c'est l'une des questions "idiotes" qui m'est venue à l'esprit!
Pour répondre à ta question déménagement, cela fait depuis deux mois que j'ai envoyé ma demande de logement social sur Montpellier et alors que l'on m'avait dit que cela ne prendrait guère plus d'un mois pour obtenir non pas un logement mais simplement mon numéro d'attribution de dossier, on vient de me dire qu'il me fallait attendre encore au moins quinze jours... J'angoisse, car bientôt juin, puis les vacances au cours desquelles chacun sait que tout va être en stand-by! Or, je ne vois pas passer tout l'été ici, ça va trop me ramener au cauchemar de l'an passé à la même période...
Question boulot, tu sais un spécialiste, même reconnu, en plantes bulbeuses, on s'en fiche un peu en France... Et quand je vois aux infos les chiffres du chomage et les restrictions de partout, je ne me sens pas vraiment rassuré...
Mais bon, je conserve intacte ma foi et Judi veille sur moi désormais...
Amicalement,

Laurent

Hors ligne Pervenche

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Re : Où trouver la force?
« Réponse #3 le: 08 Mai 2013 à 20:03:44 »
Bonsoir Laurent,

Je ne me connecte plus très souvent sur le site mais je viens parfois lire...
J'y découvre ce soir ta peine qui me touche, qui me ramène un an pratiquement en arrière, où moi aussi je voulais en finir;

Comment vivre sans l'être que l'on aime ? oui où trouver la force ?

Je n'ai pas de réponse, un an plus tard. J'ai pris ma décision grâce notamment à la maman de Samuel, sur ce site. Je ne peux pas me suicider et laisser tant de questions sans réponse à ma fille, la traumatiser pour le restant de ses jours.

Mais je me demande souvent comment continuer ? comment certains soirs, lorsque le chagrin revient si terriblement, si difficilement supportable, comment trouver la force ?

Et bien, un jour après l'autre simplement. Faire une chose puis l'autre. Se lever. Se laver. Manger. Reprendre le travail. Se forcer à parler. Se forcer à trouver de l'intérêt aux autres, aux choses.

Difficile.

Mais, je sais que cela n'est pas une consolation, nous passons tous par ce calvaire et nous y survivons. Et puis, petit à petit, on reste 5 mn sans penser à l'absent. Puis 1 heure... puis un peu plus. Bien sûr, nous n'oublions pas, mais cela devient moins obsessionnel.

Le courage est en toi Laurent. Nous n'avons pas conscience de ce que nous sommes capables de supporter. Parce que ceux qui sont morts ne le sont pas pour nous. Ils sont autour de nous, invisibles, de l'autre côté du miroir.

Mais ils sont là. Nous sommes riches de l'Amour qu'ils nous ont donné, de l'Amour que nous avons donné et donnons encore.

Nous sommes nés et mourrons. Tous. Mais le départ de notre amour nous fait prendre conscience de notre propre finitude. Et puis surtout. Cette terrible séparation.

Laurent, comme nous, le chemin sera long. Il m'arrive d'avoir des "rechutes" de désespoir. Mais cela dure de moins en moins.

Un jour, les rayons de soleil réchaufferont de nouveau ton coeur si lourd. Il te reste tant de choses à voir à faire.

J'ai commencé par les plantes. C'était Bruno qui s'en occupait. Mes premières "sorties" ont été pour les jardineries. Besoin de terre pour replanter telle plante qu'il m'avait offert; Telle autre avait besoin d'un pot etc... et puis en acheter une violette car c'était sa couleur préférée et puis celle ci qu'il aurait trouver magnifique...

Ma fille me dit aujourd'hui que c'est pathologique et peut être n'a t'elle pas tord. Les fenêtres et mon appartement débordent de plantes et de fleurs.

C'est une occupation, c'est beau. J'aime être chez moi. Même si j'y suis seule...

Je te serre dans mes bras petit frère de peine. La lumière est au bout. Fais moi confiance. Je te le promets.

La force est en chacun de nous.

Claire